Revenir
Revenir

J’ai des élèves qui n’arrivent pas à suivre

La motivation est un phénomène complexe qui a été étudié par de nombreux chercheurs dans divers domaines,...

Sommaire

La question de la motivationÉléments clés sur la motivationComment peut-on motiver nos élèves ?
La question de la difficulté scolairePourquoi l’élève est en difficulté scolaire ?Comment les enseignants perçoivent-ils la difficulté scolaire ?L’un de mes élèves est en difficulté, que faire ?
La question des problèmes de comportementQuand la difficulté entraîne des problèmes de comportementComment éviter le passage à l’acteGérer les conflits avec ses ados - Vidéo

La question de la motivation

Éléments clés sur la motivation

La motivation est un phénomène complexe qui a été étudié par de nombreux chercheurs dans divers domaines, notamment en psychologie, en économie et en sociologie. Voici quelques éléments clés sur la motivation.
La motivation est définie comme l’ensemble des facteurs qui influent sur la direction, l’intensité et la durée de l’effort que l’on déploie pour atteindre un objectif. Elle est souvent considérée comme un processus qui permet de mobiliser les ressources cognitives, émotionnelles et physiques nécessaires pour accomplir une tâche ou atteindre un but.
Les théories de la motivation proposent différentes explications sur les facteurs qui influent sur la motivation. Voici quelques-unes des plus importantes.
  • La théorie de Maslow (1943) propose que les besoins humains sont hiérarchisés, avec les besoins physiologiques et de sécurité au premier plan, suivis des besoins de sécurité, d’estime, d’appartenance et d’autonomie. La motivation est ainsi liée à la satisfaction de ces besoins.
  • La théorie de l’approche (Atkinson, 1957) propose que la motivation est influencée par la perception de la récompense et des coûts liés à une tâche. Lorsque les récompenses sont perçues comme plus élevées que les coûts, la motivation est plus forte.
  • La théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 2000) propose que la motivation est liée à la perception de l’autonomie, de la compétence et de la relation avec les autres. Lorsque les individus perçoivent qu’ils ont le contrôle sur leur vie et qu’ils sont capables d’atteindre leurs objectifs, ils sont plus motivés.
Les facteurs qui influent sur la motivation peuvent être classés en plusieurs catégories :
  • les facteurs intrinsèques : la satisfaction personnelle, la curiosité, la créativité, la compétition avec soi-même ;
  • les facteurs extrinsèques : les récompenses, les punitions, les attentes sociales, les normes ;
  • les facteurs contextuels : l’environnement, les ressources, les soutiens sociaux.
En résumé, la motivation est un phénomène complexe qui est influencé par de nombreux facteurs, notamment les besoins, les récompenses, l’autonomie, la compétence et les relations avec les autres.

Comment peut-on motiver nos élèves ?

Nous pouvons motiver nos élèves grâce à plusieurs types de pédagogies.
  • Une pédagogie du sens
Si l’élève ne sait pas à quoi ça sert d’étudier telle notion, s’il ne fait pas ou reste exécutant d’une tâche qu’il n'investit pas, il sera démotivé.
En revanche, si l’enseignant prend le temps en début de séance d’expliquer à quoi sert la notion qu’il va aborder, dans quelle situation de la vie nous pourrions avoir besoin de ce contenu, il donne envie à l’élève d’être actif et donc de s’investir.
  • Une pédagogie de l’adolescence
Cette pédagogie est fondée sur l’utilisation de supports connus des élèves. L’enseignant élabore des situations d’apprentissage à partir d’un visuel, d’un support sonore, d’une vidéo, d’une image...
  • Une pédagogie active
L’enseignant met en place une démarche pédagogique en mêlant des jeux, des débats, desescape games, des supports numériques : une alternance dans les formes de travail.
Il vaut mieux avoir une posture professionnelle proche de ses élèves. Montrez aux élèves que vous avez confiance en eux, qu’ils sont capables de réussir malgré leur difficulté, que vous considérez l’erreur à un exercice comme une étape normale de tout apprentissage et que vous restez disponible pour les aider et surtout pour les écouter.

La question de la difficulté scolaire

Pourquoi l’élève est en difficulté scolaire ?

L’élève est en difficulté scolaire car il ne correspond pas au standard fixé par l’École.
C’est souvent par son comportement qu’il se fait remarquer par l’équipe enseignante. L’élève en difficulté scolaire est un élève qui nécessite une approche personnalisée, adaptée à ses besoins et à ses forces, qui prend en compte les facteurs extérieurs influant sur son apprentissage et qui met en place des systèmes de soutien pour aider l’élève à surmonter ses difficultés et à atteindre ses objectifs.
  • Quelles sont les causes des difficultés scolaires ?
Les difficultés scolaires peuvent avoir de nombreuses causes : des compétences intellectuelles trop limitées, un trouble d’apprentissage, un manque de confiance en soi, une indisponibilité d’origine psychologique, un manque de motivation et même une saturation de problèmes sociaux vécus par le jeune.
Notre système scolaire crée également de la difficulté scolaire s’attachant le plus souvent aux résultats plutôt qu’aux processus d’apprentissage. L’évaluation portée sur l’élève est quantitative et se borne à lister ce que l’élève a compris, plus qu’à lister comment il apprend et comment il organise son raisonnement pour appréhender une notion.
Le plus souvent, l’élève en difficulté scolaire est un élève démotivé, ne comprenant pas ce qui est attendu et ce vers quoi le système veut l’emmener. Il est comparé à un standard que les programmes segmentent selon la classe d’âge. Il est souvent considéré comme un cas isolé, sans prendre en compte les facteurs qui l’ont amené à cette situation. Cependant, l’élève est un être unique, avec ses propres forces et faiblesses, ses expériences et ses compétences.
  • L’importance du sentiment de compétence
Une des causes possibles de la difficulté scolaire est que le sentiment de compétence est insuffisamment mis en avant. L’élève qui est en difficulté est avant tout un être humain capable de faire beaucoup de choses, même s’il n’arrive pas à utiliser le théorème de Thalès.
Si le jeune ne comprend pas ce à quoi va servir une notion disciplinaire, très vite il va décrocher et se désintéresser de toutes notions complémentaires. Si la notion est explicite, si elle correspond à un questionnement collectif, si elle entre dans un projet collectif, alors l’élève trouve de l’intérêt à s’investir dans l’apprentissage.
Lorsque nous demandons à l’élève d’être en position de recherche, de questionnement, lorsqu’il participe à la réflexion collective, d’une manière ludique, en utilisant de multiples ressources, l’apprentissage est source de progrès. C’est donc bien en cultivant le sentiment de compétence que le jeune pourra évoluer dans son parcours.
Bien entendu, cela ne définit pas un standard du profil de l’élève en difficulté scolaire. La prise en compte individuelle est primordiale.
Enfin, il est important de considérer que l’élève en difficulté scolaire est un élève qui a besoin de soutien et de guidance. Il est donc essentiel de mettre en place des systèmes de soutien, tels que des tuteurs, des ressources en ligne, des groupes de besoins pour aider l’élève à surmonter ses difficultés et à atteindre ses objectifs.
Plus globalement et cela doit être une réflexion collective et un axe fort du projet d’établissement, il est important de créer un environnement scolaire accueillant et soutenant, où l’élève se sentira à l’aise et motivé pour apprendre.

Comment les enseignants perçoivent-ils la difficulté scolaire ?

Les enseignants repèrent très vite les signes de la grande difficulté scolaire chez leurs élèves. Cela se manifeste par de l’hyperactivité, de l’isolement et la plupart du temps par un mal-être.
Bien souvent, ces élèves n’ont plus confiance en la parole de l’adulte et n’éprouvent plus aucune envie d’être en situation d’élève. Le retard accumulé, le manque de bases solides, le manque de stratégie de compréhension, le niveau et le rythme des apprentissages contribuent à creuser cette différence.
Trois types de publics se distinguent :
  • les enseignants « combatifs » qui jugent cela inacceptable et rejettent la faute sur le système éducatif. Ils modifient leur pratique et leur relation à l’élève ;
  • les enseignants dévoués qui mettent en avant leur sens du devoir et leur souci d’équité ;
  • les enseignants « découragés » qui ressentent un sentiment d’impuissance, tout en baissant leur niveau d’exigence.
Pour les enseignants, la difficulté est liée au milieu, à l’environnement familial dans lequel évolue le jeune. « Dans leur ensemble, les enseignants désignent comme principal facteur environnemental l’absence d’intérêt des familles ; parmi les causes liées à l’organisation du système scolaire, l’absence de prise en charge des élèves en grande difficulté leur paraît la plus préjudiciable, tandis que le manque de bases solides est perçu le plus déterminant chez l’élève à l’origine de sa propre difficulté scolaire. » (Source : DEPP,Dossier n° 182 - La représentation de la grande difficulté scolaire, 2007, ministère de l’Éducation nationale)
La moitié des enseignants prennent en compte l’installation des difficultés dans la durée plutôt que leur étendue ou leur gravité. « [...] les professeurs des écoles mentionnent en premier l’incapacité de l’élève à suivre la classe, c’est-à-dire entrer dans les apprentissages, progresser (43,5 %), avant de détailler les compétences de bases non acquises (26,9 %), les manques (12,2 %) et difficultés de compréhension (9,6 %) ; les professeurs en charge du CP sont les plus nombreux à relever l’incapacité de l’élève à suivre la classe. » (Source : DEPP,Dossier n° 182 - La représentation de la grande difficulté scolaire, 2007, ministère de l’Éducation nationale)
« […] les professeurs de collège décrivent plus souvent les manques qui affectent l’élève mais sans mettre à part ses difficultés de compréhension (35,5 %), juste avant d’évoquer l’incapacité à suivre la classe (31,7 %), les compétences non acquises (24,3 %) ; les professeurs de mathématiques sont les plus nombreux à préciser les manques qui font défaut à l’élève. » (Source : DEPP (2007). Source : DEPP,Dossier n° 182 - La représentation de la grande difficulté scolaire, 2007, ministère de l’Éducation nationale)

L’un de mes élèves est en difficulté, que faire ?

Aider un élève en difficulté demande de la patience, de l’écoute et une approche adaptée à ses besoins. Voici quelques étapes à suivre.
1. Identifiez la source du problème
  • Est-ce un manque de compréhension du cours ?
  • Un problème de motivation ou de confiance en soi ?
  • Une difficulté liée à des troubles de l’apprentissage (dyslexie, TDAH, etc.) ?
  • Des soucis personnels qui affectent son apprentissage ?
2. Adaptez votre pédagogie
  • Différenciation pédagogique : expliquez différemment, utilisez des supports variés (visuels, concrets, interactifs).
  • Travail en petits groupes : encouragez l’entraide entre élèves.
  • Encouragements et valorisation : soulignez ses progrès, même petits, pour renforcer sa motivation.
3. Accompagnez l’élève de manière personnalisée
  • Proposez-lui des exercices adaptés à son niveau.
  • Fixez des objectifs réalistes et progressifs.
  • Offrez du temps supplémentaire si nécessaire.
4. Communiquez avec les parents et les collègues
  • Discutez avec la famille pour comprendre son environnement et lui proposer du soutien.
  • Travaillez en équipe avec d’autres enseignants ou un spécialiste (psychologue scolaire, orthopédagogue).
5. Encouragez l’autonomie et la confiance
  • Aidez l’élève à développer des stratégies pour mieux apprendre (prise de notes, organisation du travail, gestion du stress).
  • Valorisez ses efforts plus que ses résultats.
Si la difficulté persiste malgré ces efforts, une orientation vers un professionnel peut être envisagée pour un accompagnement plus spécialisé.

La question des problèmes de comportement

Quand la difficulté entraîne des problèmes de comportement

Lorsque qu’un nouvel élève arrive, lorsque l’enseignant a un nouveau groupe-classe, il se pose toujours la même question sur la gestion des individus : est-ce que je vais arriver à faire classe ?
Chaque membre de la classe est une personne qui a ses propres besoins :
  • besoin de sécurité ;
  • besoin d’estime de soi ;
  • besoin de structure, d’organisation ;
  • besoin de reconnaissance, besoin de dignité.
L’humiliation est toujours un outil nocif et inefficace. Chaque fois que, dans une relation, quelle qu’elle soit, ces besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, au moins en partie, pour l’un ou l’autre (ou les deux) des partenaires, il y a risque de difficultés relationnelles.

Comment éviter le passage à l’acte

Au lycée, il est important de ne pas oublier que les adolescents sont en train de construire leur identité et que leur comportement peut être influencé par leur environnement, leur famille, leurs amis, les réseaux sociaux. Il est donc important de prendre en compte ces facteurs pour comprendre leur comportement et les aider à trouver des solutions.
Facile à dire ! Le seul moyen de réussir consiste à créer un climat de confiance et de respect dans la classe, en encourageant l’expression des sentiments des élèves et de leurs pensées, en les écoutant attentivement et en leur offrant des conseils et des soutiens. Il est intéressant de consacrer un temps de discussion dans la classe pour aborder des sujets qui peuvent parfois déborder du cadre scolaire, sans démagogie et sans prise de position. Les ateliers de philosophie sont également des leviers pour amener discussion et argumentation.
Des signes avant-coureurs pouvant être observés
  • L’élève qui n’arrive plus à suivre, ses résultats sont en baisse, les appréciations des enseignants sur les bulletins le tirent vers le bas.
  • L’élève qui volontairement se met à l’écart du groupe, qui ne participe plus, qui est très souvent en retard sans explication valable.
  • L’élève qui ne respecte rien, ni les lieux, ni les personnels, et qui se défend d’avoir toujours raison.
  • L’élève qui tient des propos anticonformistes sans argument.
  • L’élève irritable sans raison apparente pouvant aller jusqu’à la simulation d’une automutilation.
Quelles solutions ?
  • Prévoir un espace « sas » dans l’établissement facilitant la communication dans un endroit autre que de la salle de classe ou l’atelier.
  • Identifier des personnels enseignants ou autres reconnus comme personnes de confiance auprès du jeune qui peuvent aider à identifier la difficulté, voire le trouble.
  • Prendre du recul face au comportement du jeune sans montrer l’impact que son comportement peut avoir sur le groupe et sans le juger. Empathie et bienveillance sont les deux maîtres mots à mettre en œuvre.
Lorsque l’établissement a tout mis en œuvre et que l’élève est toujours dans un état inquiétant, le relais doit être pris par des professionnels de santé : psychologue, centre médico psycho-pédagogique, etc.

Gérer les conflits avec ses ados - Vidéo