État gendarme et État-providence
Pendant longtemps, la fonction principale de l’État consistait à assurer la sécurité de la nation, intérieure comme extérieure : on parle alors d’État gendarme. Les dépenses publiques sont totalement destinées au financement de trois activités : le maintien de l’ordre (police), la justice et la défense nationale.
Pendant la première moitié du XXesiècle, les interventions économiques de l’État se développent. De plus, la forte crise des années 1930 impose la nécessité d’un recours à l’État pour soutenir l’activité économique. Après la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction impose une nouvelle impulsion du rôle économique de l’État avec notamment la création de la Sécurité sociale en 1945.
L’État-providence est alors né. Au sens strict et historique, il s’agit de l’intervention de l’État dans le domaine social par l’intermédiaire de la Sécurité sociale ; au sens large, il s’agit de l’ensemble des interventions économiques et sociales de l’État.
L’État-providence assure trois fonctions principales :
- larégulation avec la mise en place de politiques économiques pour réguler l’économie,
- laredistribution avec des politiques sociales visant à réduire les inégalités,
- laproduction de servicesavec des services publics ou d’autres services grâce à des entreprises publiques, semi-publiques ou l’acquisition de parts dans les entreprises privées.
Le libéralisme économique
Le libéralisme économique est né à la fin du XVIIIe siècle, avec différents économistes comme Adam Smith (1723-1790) et Thomas Malthus (1766-1834).
Quand un certain nombre de libertés sont assurées et respectées (liberté de la propriété privée, libre concurrence, liberté du travail), chaque agent économique peut poursuivre son activité et l’harmonie sociale est alors assurée.
Le marché est le seul moyen permettant de concilier l’autonomie individuelle et un minimum d’ordre social et de contraintes sociales.
L’interventionnisme - Article
L’intervention de l’État dans l’économie selon Keynes
Avant la crise de 1929, le budget de l’État a pour fonction principale de financer les administrations. Pour faire face à la crise, les pouvoirs publics tendent à utiliser le budget comme un levier économique. Les théories développées par John Maynard Keynes (1883-1946) justifient l’intervention de l’État. Elle passe par les différents canaux des finances publiques :
- augmentation des dépenses publiques et extension de leurs domaines d’intervention (exemples : Sécurité sociale, assurance chômage),
- rôle redistributif et incitatif de la politique fiscale (exemple : impôts progressifs),
- intervention directe de l’État dans l’économie, par la détention d’entreprises, la mise en place de monopoles publics et la planification indicative,
- conséquences favorables du déficit et de l’emprunt public sur la croissance économique et le système financier : en période de crise, une hausse des dépenses publiques, même non financée par les ressources courantes, permet de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs et la demande s’adressant aux entreprises.
Un interventionnisme accru
Après la Seconde Guerre mondiale, l’intervention de l’État dans l’économie augmente sensiblement, notamment pour son financement (nationalisations, grands projets industriels). L’État s’attache à reconstruire le pays, puis à contrôler le rythme de la croissance économique.
L'État cherche ensuite à résoudre la crise des années 1970 et à développer une couverture sociale. Avant cette crise, l’État veut conserver son équilibre budgétaire. Après la fin des années 1970, l’intervention de l’État est de plus en plus discutée, cette dernière étant jugée comme étant peu efficace pour lutter contre les déséquilibres économiques, notamment contre l’inflation.
Depuis, la situation des finances publiques en France s’est progressivement érodée, comme en atteste la croissance du poids de la dette publique dans le produit intérieur brut.