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Développement durable et transition écologique

La définition du syntagme « développement durable » est issue du rapport de l'ONU, dont la rédaction...

Sommaire

De quoi est-il question ?Vérifier ses connaissances
DéfinitionsLe développement durable« Notre avenir à tous »Liens utilesLe développement durable : un développement responsableLa « transition écologique »Liens utiles
Démarches et situationsDe Sophocle à Jonas : le principe responsabilitéDes ressources humaines épuisablesLe développement durable : une analyse critique
À l'épreuve de réel
Environnement : la fracture - Podcast
Environnement : la fracture - Questions
En débatLe développement durable : quels sacrifices ?Liens utiles

De quoi est-il question ?

La définition du syntagme « développement durable » est issue du rapport de l'ONU, dont la rédaction fut dirigée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland (née en 1939), et qui fut publié en 1987.
Cette définition est la suivante : le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ce qui signifie, d'une part, que le présent s'évalue en matière de « besoins » et que nous sommes par conséquent pris dans une logique d'exploitation des ressources contre laquelle nous ne pouvons rien ; et, d'autre part, qu'il faut dissiper le risque de rendre impossible aux générations futures de trouver les solutions appropriées aux conditions de leur propre existence.
En d'autres termes, écologie et développement durable se conjuguent dans l'idée d'une limitation raisonnée de notre emprise sur la nature – considérée comme exploitable – et donc d'une préservation impérative de l'environnement – considéré comme lieu commun à tous les êtres vivants.

Vérifier ses connaissances

Répondez aux questions suivantes pour vérifier vos connaissances acquises au collège.
  • Qu'est-ce qu'un « objectif de développement durable » ?
  • Que désigne-t-on par « accord de Paris » ?
  • Quels rapports convient-il d'établir entre développement durable et solidarité ?

Définitions

Le développement durable

On désigne communément pardéveloppement durabledes actions, dans le domaine de la production comme dans le domaine de la répartition des biens, qui répondent à certaines normes environnementales et sociales et qui, de ce fait, ne grèvent pas le futur de la vie sur terre, ni le bien-être des générations à venir. Il convient alors de distinguer développement et croissance économique, car l'enrichissement d'une nation, par exemple, peut avoir des effets secondaires néfastes sur son présent et sur l'avenir, comme l'augmentation de la pollution ou une accentuation des inégalités sociales. Par voie de conséquence, il convient de réserver le terme de développement à un accroissement des biens qualitatif plutôt que seulement quantitatif.

« Notre avenir à tous »

Publié en 1987 sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU) par laCommission mondiale sur l’environnement et le développement, ce qu'il est convenu d'appeler le « Rapport Brundtland », du nom de la personnalité qui l'a dirigé – la Norvégienne Gro Harlem Brundtland (née en 1939) –, porte le titre : Notre avenir à tous.
Écrit dans le contexte d'un développement économique mondial très inégalitaire – problème qui n'est d'ailleurs toujours pas résolu, même si ses paramètres contemporains ne sont pas ceux des années 1980 – il constitue une réflexion fondatrice tant sur le plan théorique et éthique – que devons-nous faire de notre monde ? – que sur le plan pratique et politique – quelles politiques les nations du monde entier doivent-elles de concert privilégier ?
« L'environnement est le lieu où chacun de nous vit et le développement est ce que nous essayons de faire pour améliorer notre sort à l'intérieur de ce même lieu. Les deux sont inséparables », lit-on dans le rapport. Or, « nombreux sont les problèmes de survie qui sont liés à un développement inégal, au paupérisme et à la croissance démographique. […] La spirale descendante du paupérisme et de la dégradation environnementale est un gaspillage de notre potentiel et de nos ressources, en particulier les ressources humaines ».
On observe ainsi que l'acte de naissance de la préoccupation environnementale, dans son lien intime à la question d'un développementdurable, renvoie immédiatement à la question humaine, c'est-à-dire à la double question de la vie des êtres humains et de la qualité de leurs relations politiques, économiques, sociales et culturelles. L'environnementalisme n'est pas un naturalisme, c'est profondément un humanisme.
Télécharger le texte complet du Rapport Brundtland.

Liens utiles

https://www.are.admin.ch/dam/are/fr/dokumente/nachhaltige_entwicklung/dokumente/bericht/our_common_futurebrundtlandreport1987.pdf.download.pdf/notre_avenir_a_tousrapportbrundtland1987.pdf

https://www.are.admin.ch/dam/are/fr/dokumente/nachhaltige_entwicklung/dokumente/bericht/our_common_futurebrundtlandreport1987.pdf.download.pdf/notre_avenir_a_tousrapportbrundtland1987.pdf

Le développement durable : un développement responsable

Que signifie « être responsable » ?
Ce mot, nous explique Olivier Descamps dans le chapitre I de Prendre la responsabilité au sérieux(collectif, sous la dir. d'Alain Supiot et de Mireille Delmas-Marty, 2015), a pour étymologie la racine latinerespons. La sponsio est l'engagement de payer à sa place la dette d'un tiers qui ne s'en acquitterait pas ; leresponsor, le responsable, est ainsi le garant, celui qui contracte solennellement l'obligation de régler une dette qui n'est originellement pas la sienne. 
Il existe plusieurs formes de responsabilité : parentale, juridique (les morts, les malades mentaux, les enfants ne sont pas responsables juridiquement), morale, sociale.
La responsabilité doit donc être distinguée de la culpabilité, car il est possible d'être responsable d'un dommage qu'on n'a pas causé. Un employeur, par exemple, n'est évidemment pas coupable du vieillissement de son employé, ni de la perte ou de la diminution, de ce fait, de ses capacités de travail. Pourtant, il a une responsabilité sociale envers son employé, et l'obligation de contribuer à des caisses d'assurance maladie, chômage ou retraite.
Plus largement, pour rendre la terre plus et mieux cultivable, les humains ont imaginé de se la répartir en parcelles et se la sont donc appropriée. Ce sont les anciens Égyptiens qui ont inventé le cadastre par le moyen de l'arpentage : leurs terres arables étant des terres inondables, il fallait imaginer des délimitations immatérielles de leurs parcelles respectives, car les crues du Nil auraient régulièrement emporté toute barrière, piquet, haie, etc.
C'est dans les conditions du développement de l'agriculture qu'est est née la fiction d'un « droit de propriété » de la terre. Mais comme la terre est en réalité notre bien commun, un milieu vivant dont tous les êtres vivants sont dépendants, il a fallu assumer la responsabilité de cette fiction commode de la propriété et réglementer l'usage du droit de propriété de manière, par exemple, à éviter la destruction ou la surexploitation de la terre. C'est aujourd'hui l'enjeu du « droit de l'environnement ». Un développement durable est ainsi un développement raisonné et responsable qui prend en compte la réalité des risques écologiques, sociaux, financiers du développement.
Pour approfondir
Karl Polanyi,La Grande transformation , « Le marché régulateur et les marchandises fictives », Gallimard, 1983.

La « transition écologique »

Agissant de concert avec le ministèrede l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, il existe aujourd'hui en France un ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche chargé de mettre en œuvre « la politique du gouvernement dans les domaines du développement durable, de l'environnement, du climat, de la lutte contre la pollution atmosphérique, de la protection de la nature et de la biodiversité, de l'eau, de la prévention des risques naturels et technologiques et de la sécurité industrielle, de la mer, du littoral et de la pêche maritime, de la forêt et du bois ainsi que de la promotion d'une gestion durable des ressources rares ». L'Agence de la transition écologique (Ademe) a quant à elle vocation à intervenir sur l'ensemble du territoire français et constitue un acteur majeur de la politique écologique française.
La notion ainsi institutionnalisée de « transition écologique » appelle cependant des éclaircissements, notamment parce qu'elle pointe vers la nécessité d'une évolution de nos pratiques industrielles et commerciales, mais aussi plus globalement économiques, sociales, politiques et culturelles en vue d'un avenir sécurisé pour les générations futures. Car s'il s'agit bien de « transition », c'est qu'il s'agit aussi de « transformation » et que cela touche toute l'organisation de la vie économique et sociale, par conséquent culturelle et politique.
On a ainsi coutume de distinguer plusieurs domaines de « transition » : l'agro-alimentaire (nouveaux modes de production et nouveaux équilibres végétal-animal, biodiversité), l'énergétique (développement d'énergies nouvelles), l'industriel (réduction de la pollution, réorganisation des transports), l'urbanistique (nouveaux habitats, nouvelle organisation de la ville, nouveaux équilibres ville-campagne) – domaines de « la vie », en somme, sous ses formes les plus diverses.
La transition écologique, c'est donc la transition de notre oïkos – pour reprendre un mot grec qui désigne « la maison », « l'habitat ». Elle implique, d'une part, une volonté de maîtriser l'emprise environnementale de la nation et, d'autre part, une coopération internationale soutenue, chaque nation ne constituant qu'une simple pièce interdépendante dans la demeure de l'humanité et du vivant.
Pour aller plus loin
  • Le site du ministère de la Transition écologique :https://www.ecologie.gouv.fr/lorganisation-ministeres
  • Le site de l'Ademe :https://www.ademe.fr/lagence/notre-organisation/
  • Un article sur la transition écologique :https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_%C3%A9cologique
  • Dominique Bourg, « Transition écologique, plutôt que développement durable », inVraiment durable, 2012/1 n° 1, 2012. p. 77-96 :https://shs.cairn.info/revue-vraiment-durable-2012-1-page-77?lang=fr&tab=texte-integral(accès réservé aux abonnés).
  • Line Touzeau-Mouflard, « La transition écologique, nouveau lieu commun du droit de l’environnement ? », inRevue juridique de l’environnement, 2022/HS1 vo. 48, 2022, p. 417-426 :https://droit.cairn.info/revue-juridique-de-l-environnement-2023-HS22-page-417?lang=fr(accès réservé aux abonnés).

Liens utiles

https://www.ecologie.gouv.fr/lorganisation-ministeres

https://www.ecologie.gouv.fr/lorganisation-ministeres

https://www.ademe.fr/lagence/notre-organisation

https://www.ademe.fr/lagence/notre-organisation

https://fr.wikipedia.org/wiki/transition_%c3%a9cologique

https://fr.wikipedia.org/wiki/transition_%c3%a9cologique

https://shs.cairn.info/revue-vraiment-durable-2012-1-page-77?lang=fr&tab=texte-integral

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https://droit.cairn.info/revue-juridique-de-l-environnement-2023-hs22-page-417?lang=fr

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Démarches et situations

De Sophocle à Jonas : le principe responsabilité

DansLe Principe responsabilité(1979), le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) nous interroge : pourquoi le développement engage-t-il notre responsabilité ? S'il ne se résume pas aux diverses formes du progrès moderne – augmentation de la production, amélioration des conditions et de l'espérance de vie, etc. –, le problème du développement ne se pose-t-il pas pour nous de façon et dans des termes radicalement nouveaux ?
Sans doute déjà, dans l'Antiquité grecque – comme on peut le lire dans l'Antigonede Sophocle (495-406 av. J.-C.), aux vers 325 et suivants –, les sages ne louaient-ils pas les merveilles de la technique sans laisser crainte et anxiété s'exprimer. L'homme est inventif et intrépide, ce qui est admirable : il traverse les mers contre vents et marées ; il tire fleurs et fruits des flancs labourés de la terre ; il chasse et pêche adroitement ; il apprivoise et domestique les bêtes sauvages qui le gardent ou le secondent à la charrue ou à la meule ; il se soigne, s'abrite, construit des cités pour faire face à l'avenir. Comme si l'intelligence de l'homme s'emparait de tout, que rien, à l'exception de la mort ne lui résistait : merveilles de la technique !
Mais n'y a-t-il pas une forme de démesure dans un tel appétit de conquête ? Sophocle, à son époque, semblait supposer que la terre et la mer étaient sans âge, invulnérables, inépuisables, infiniment fécondes et vivantes. Mais avons-nous aujourd'hui le même point de vue ? le même sentiment ?
Questions
  • Dans quelle mesure la crise écologique que nous vivons est-elle liée à la prise de conscience que la nature n'est ni éternelle ni infiniment vivante ?
  • Pouvons-nous exclure la nature du domaine éthique en prétendant que nous n'aurions de devoirs que les uns envers les autres, entre êtres humains, et nullement envers elle et envers l'ensemble du vivant ?
  • La responsabilité qui nous incombe désormais est-elle simple respect ou simple sollicitude envers la nature, se traduisant par exemple par des « soins appropriés » ?
  • Quel sens y aurait-il à dire que la nature a desdroitset que nous avons desobligationsenvers elle ?

Des ressources humaines épuisables

La question du développement durable n'est pas seulement celle des ressources environnementales et du vivant ; c'est aussi – et même de façon extrêmement préoccupante – la question de l'humain et, notamment, de l'organisation du travail.
Dans sa leçon de clôture, Alain Supiot (né en 1949), professeur titulaire de la chaire « État social et mondialisation » au Collège de France, invitait le 22 mai 2019 à réfléchir sur les transformations du travail au XXIe siècle et sur la nécessité de critiquer notre modèle de développement, qui n'est plus soutenable, en couplant droit de l'environnement et justice sociale. Non seulement notre système de production entraîne une crise écologique qui menace l'avenir de notre espace habitable – appelé « écoumène » – mais il risque même de conduire à une guerre mondiale encore plus dévastatrice que les deux que nous avons connues.
Après une première révolution industrielle caractérisée par l'invention de la machine à vapeur et par le développement du transport ferroviaire, une deuxième portée par le charbon, l'électricité, le gaz et le moteur à explosion, la troisième révolution industrielle est caractérisée à la fois par les énergies renouvelables et par un développement exponentiel des techniques de l'information et de la communication, notamment de l'Internet.
Comme les précédentes, mais à une échelle manifestement accrue, cette troisième révolution a nécessairement des conséquences environnementales et sociales. Jusque récemment, la transformation des biens d'usage en marchandises n'était pas possible sans lafictiondu marché sur lequel elles s'échangent, comme si elles étaient indifférentes et comme si leur valeur n'avait plus rien de qualitatif, mais qu'elle restait définie par le seul temps de travail indifférencié nécessaire à leur production. Ainsi, le prix d'une tonne de blé est égal à celui den mètres de toile de coton, parce que le temps de travail nécessaire à la production de cette quantité de blé peut être mesuré sur la même échelle de temps de travail nécessaire au tissage de cette quantité de toile. En réalité, bien entendu, il y a des tisserands qui ont du métier et qui travaillent mieux et plus vite que d'autres, mais, par convention, on en fait abstraction. Lafictiondu marché, c'est donc celle selon laquelle ce qu'on désigne comme « humain » n'importe pas à ce qu'on désigne et qu'on échange comme « marchandise » : elle faitabstractionde l’humanité du travail. .
Questions
  • Selon vous, y a-t-il nécessité de réformer et de refonder nos systèmes de droit, faute de quoi les risques de conflits s'accroîtront au point de réunir les conditions d'une nouvelle guerre ?
  • Les défis de la révolution numérique, corrélatifs à l'épuisement des ressources naturelles, exigent-ils l'invention d'un droit social instituant que le travailn'est pasune marchandise ?
  • Afin de rendre nos abstractions et nos fictions compatibles avec la réalité, ne convient-il pas de comprendre la façon dont le travail est une réalité humaine et sociale, quel sens il a et comment il donne du sens à notre existence ? Comment le droit peut-il reconnaître cette qualitédu travail ?

Le développement durable : une analyse critique

Ne serait-il pas possible de donner du volume à nos définitions du développement durable en essayant d'approfondir notre compréhension des termesdéveloppementetdurable(parfois, on trouve « soutenable », de l'anglaissustainable) ?
Quand on fait l'effort de développer son propos, par exemple, cela signifie qu'on le déploie et qu'on le déplie afin qu'il présente le moins possible d'impensé, de sourd, d'obscur ou de confus. 
On parle aussi du développement d'un enfant pour dire qu'il grandit et mûrit. En ce sens, on dit que le bouton se développe en fleur, qui se développe en fruit, puis qui devient semence, laquelle, une fois enfouie dans la terre, donne un nouveau plant, etc. Ce dernier exemple montre qu'il y a solidarité entre développement et enveloppement, le nourrisson se développe par enveloppement (dans les bras, les langes, etc). On pensait aussi autrefois que les morts renaissaient, d'une manière ou d'une autre, des enveloppements qu'on avait soin de leur procurer – bandelettes des momies des anciens Égyptiens, urnes funéraires, suaires, tombes. 
Ce qui importe, c'est de comprendre le lien nécessaire entre développement et durée. Car, enfin, on ne parlera jamais de durée pour désigner une suite d'instants qu'on alignerait comme autant de points. Dans l'Essai sur les données immédiates de la conscience – où il se soucie de penser le temps –, le philosophe Henri Bergson (1859-1941) nous demande de réfléchir sur ce qu'est une mélodie. Dans une mélodie, il y a des notes, mais ces notes ne se suivent pas à la queue leu-leu, elles se mêlent, s'entrecroisent, reviennent sur les autres et sur elles-mêmes, forment des boucles et concertent. Nous ne pourrions pas entendre une mélodie si nous ne tenions activement ensemble les perceptions de plusieurs notes mémorisées.
Ce qui signifie que tout ce qui dure n'obéit pas à la loi du progrès, selon laquelle le présent remplace le passé pour être à son tour remplacé par le futur, sur le mode d'un empilement de couches successives, pour ainsi dire géologiques. Ce qui dure n'est pas minéral, mais vivant : c'est une affaire de générations dans laquelle chacune, poussée vers son avenir, est actuellement féconde de son passé.
Le développement durable pourrait avoir pour emblème la belle image de l'Angelus novusde Paul Klee (1920), louée et commentée par Walter Benjamin dans les Thèses sur le concept d'histoire, qui paraît représenter un mouvement vers l'avenir qui ne se résout pas à tourner le dos au passé.
Questions
  • Quelles sont les caractéristiques de cette œuvre de Paul Klee qui vous paraissent correspondre à l'interprétation qu'en donne le philosophe Walter Benjamin ?
  • En cherchant à clarifier l'idée de « développement durable », où placeriez-vous le curseur entre les contraintes historiques auxquelles sont soumises les politiques publiques, et les exigences liées à leur durée ?

À l'épreuve de réel

Environnement : la fracture - Podcast

Environnement : la fracture - Questions

L’adaptation au changement climatique et plus largement la transition environnementale clivent aujourd’hui de plus en plus le débat public et les opinions. L’émission 28 minutes diffusée sur Arte reçoit en plateau trois invités autour de la priorité donnée par la loi à l’écologie dans la définition des politiques publiques.
Prenez connaissance du podcast de l’émission : « Environnement : l’État en fait-t-il trop ou pas assez ? » (9 avril 2025).
Question
Prenez en notes tout élément utile pour établir un compte rendu critique de l’émission. Il peut s’organiser autour des points suivants :
  • dans un premier temps, présentez l’émission, son objet et les débatteurs ;
  • puis indiquez les divergences et les convergences des points de vue entre les invités ;
  • enfin, critiquez la qualité des arguments échangés, la tenue du débat par les journalistes, l’intérêt et l’apport de l’émission.

En débat

Le développement durable : quels sacrifices ?

Il paraît absolument nécessaire de changer les modes de production, de distribution et de consommation pour faire face aux défis du changement climatique. Pourtant, les freins sont nombreux, à commencer par l'opposition de nombreux secteurs industriels refusant de changer de modèle industriel, priorisant l'optimisation de leurs profits et encourageant des pratiques consuméristes pernicieuses. Les liens entre le positionnement des industries et du commerce, d'une part, et celui des consommateurs et des usagers, d'autre part, deviennent d'autant plus forts qu'ils se rencontrent dans un partenariat forcé au cœur d'une économie partagée. La question ne s'en impose que plus : comment accepter de changer nos habitudes ?
Le philosophe Hans Jonas (1903-1993) a montré que la prise en compte du droit des générations futures ne va pas de soi : quel gouvernement, quel individu, quels acteurs économiques seraient prêts à changer leur mode d'être actuel en prévision d'un futur par définition incertain ? Il lui semble ainsi qu'« il est manifeste que le nouvel impératif s'adresse beaucoup plus à la politique publique qu'à la conduite privée, cette dernière n'étant pas la dimension causale à laquelle il peut s'appliquer ». Autrement dit : ce sont des politiques étatiques et internationales qu'il faut mener. Mais comment l'accepter et qui y sera prêt ? Vous, à titre personnel, que seriez-vous prêt à faire ?
L'industrie du smartphone, par exemple, consomme une quantité inimaginable d'énergie et se révèle loin d'être dématérialisée comme le fait croire le mot « virtuel » : extraction des composants, fabrication, transport, course effrénée à la nouveauté, surconsommation, etc. sont autant de formes d'une agressivité environnementale apparemment impossible à contenir. Là où les générations passées conservaient pendant une ou plusieurs décennies leurs appareils électroménagers, les smartphones ont aujourd'hui une « durée de vie », comme on dit, à la fois limitée et raccourcie par des mises à jour informatiques plus cosmétiques que nécessaires. Ainsi, 60 % des impacts environnementaux des smartphones sont liés à leur fabrication et 40 % à leur utilisation ; un téléphone fait en moyenne quatre fois le tour du monde pendant tout le processus de sa conception ; et la seule industrie du numérique représente deux à trois fois l’empreinte environnementale de la France !
Seriez-vous donc prêt à...
  • vous imposer des périodes pendant lesquelles couper complètement votre téléphone (la nuit par exemple) pour économiser de l'électricité ?
  • réduire de moitié le nombre de consultations (un Français sur deux regarde son smartphone toutes les dix minutes) ?
  • garder votre smartphone plus de trois ans ?
  • faire recycler votre smartphone ?
  • préférer l'achat d'un smartphone reconditionné à celui d'un smartphone neuf ?
Pour aller plus loin: « Comment devenir plus malin avec son smartphone »

Liens utiles

https://www.qqf.fr/infographie/comment-etre-plus-malin-que-son-telephone/

https://www.qqf.fr/infographie/comment-etre-plus-malin-que-son-telephone/