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Égalité femmes-hommes

Si les inégalités engendrées par les sociétés, notamment de richesse et de statut, sont si largement...

Sommaire

De quoi est-il question ?Vérifier ses connaissances
DéfinitionsMauvais genre(s)Le sexismeLutter contre les violences sexuelles et sexistesLiens utilesViolences sexistes et sexuelles : les contacts utilesLiens utilesLes femmes : des barbares ?
Démarches et situationsParité salarialeLiens utiles« Une femme est une femme » – Vraiment ?
« L’amour maternel est une chose qui se construit »
Liens utiles
Filles de pub !
Liens utiles
Invisibilisation des femmes dans l'art : un déni d'existence ?
Liens utiles
Des professions pour les femmes remportées de haute lutte
Le vêtement féminin : expression ou signification ?
Le viol, une négation de la dignité
À l'épreuve du réelFilières scientifiques : où sont les femmes ? - VidéoFilières scientifiques : où sont les femmes ? - Questions
En débatStéréotypes à la télévisionLiens utilesQuestion d'arithmétiqueToutes des s*** ?Questions de vocabulaire… et au-delàLiens utilesLa femme est-elle l'esclave des apparences ?L'émancipation de la femme a-t-elle pour unique condition l'emploi salarié ?

De quoi est-il question ?

Si les inégalités engendrées par les sociétés, notamment de richesse et de statut, sont si largement contestées – par des moyens associatifs, syndicaux, politiques –, c'est fondamentalement parce qu'elles paraissent artificielles et injustes, et parce qu'on pense que des mesures techniques appropriées en viendront à bout.
Il n'en est pas de même des inégalités entre les femmes et les hommes, profondément enracinées dans les sociétés les plus « développées », comme on dit, que celles-ci semblent entretenir durablement et aveuglément.
C'est que les inégalités de sexe ou de genre sont comme naturalisées, exprimant aux yeux de beaucoup une réalité supposée de fait, à savoir que « les femmes ne sont pas faites comme les hommes », ce qui devrait avoir pour conséquence que « la place assignée aux femmes dans la société doit différer de celle qui y est réservée aux hommes ».
Parce qu'ils sont donc naturalisés, ces préjugés sont extrêmement tenaces et demandent un travail politique, juridique et social constant et rigoureux afin de les neutraliser, à défaut de pouvoir les faire totalement disparaître.

Vérifier ses connaissances

Répondez aux questions suivantes pour vérifier vos connaissances acquises au collège.
  • Quelle disposition législative relative à l'égalité entre les femmes et les hommes a-t-elle été prise en 1965 ? et en 1987 ?
  • Qu'appelle-t-on « stéréotype de genre » ?
  • Quelles sont les mesures permettant de réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans le monde du travail ?

Définitions

Mauvais genre(s)

L'égalité n'est évidemment pas l'identité:l'égalité peut se dire en fait ou en droit, mais à chaque fois elle se réfère, même implicitement, à une norme de comparaison, quand l'identité supposerait plus qu'une ressemblance, une exacte similitude.
Ranger les êtres humains par catégories suppose toujours une décision aux enjeux à la fois épistémologiques et éthiques. En disant ce qu'est une chose,afortiorice qu'est un être humain, on dit à la fois ce qu'ils ne sont pas et ce qui n'en est pas : « définir c'est nier », comme disait le philosopheSpinoza(1632-1677). Or, telle est bien la perspective qui sous-tend toute volonté de classer les êtres humains en genres sexués. L'histoire a montré combien les préjugés ont prévalu, le plus souvent en dévalorisant le statut des femmes, réputées passives ou dépourvues de raison. Certains anatomistes du XVIIIe siècle allaient même jusqu'à identifier leur conformation génitale à un sexe masculin inversé !
Au XXe siècle, on doit à la philosopheSimone de Beauvoir(1908-1986), notamment, une remise en cause de l'évidence des différences entre les genres masculin et féminin. L'idée de genre se décline de fait biologiquement, grammaticalement et culturellement. Le sexe biologique, soumis du reste à des variations statistiques, ne fait pas uniment le comportement culturel ou la personnalité. D'ailleurs, selon les cultures, la distribution des genres pour des objets par définition neutres varie : selon les langues, « voiture », par exemple, est masculin ou féminin. Dans Le Deuxième Sexe, publié en 1949, Simone de Beauvoir écrit : « On ne naît pas femme : on le devient. » Elle précise : « aucun destin biologique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la société qui élabore ce produit intermédiaire ente le mâle et le castrat que l'on qualifie de féminin. »
D'ailleurs, cette assignation à un destin historiquement construit et donc variable a des effets réciproques sur la masculinité, comme l'ont soutenu également la philosopheÉlisabeth Badinterdans XY - De l'identité masculine(1992) ou le sociologuePierreBourdieudansLaDomination masculine(1998). Cette dernière expression ne désigne pas seulement les effets du patriarcat sur la condition des femmes, mais également le fait que les hommes se voient à leur tour assignés à des conditionnements identitaires qu'ils croient naturels, alors qu'ils sont le fait des cultures qui les façonnent.

Le sexisme

Le comité des ministres du Conseil de l’Europe a adopté en mars 2019 une recommandation qui inclut la première définition du sexisme reconnue à l’échelle internationale.
« Tout acte, geste, représentation visuelle, propos oral ou écrit, pratique ou comportement fondés sur l‘idée qu’une personne ou un groupe de personnes est inférieur du fait de son sexe, commis dans la sphère publique ou privée, en ligne ou hors-ligne, avec pour objet ou effet :
1. de porter atteinte à la dignité ou aux droits inhérents d’une personne ou d’un groupe de personnes ;
2. ou d’entraîner pour une personne ou un groupe de personnes des dommages ou des souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou socio-économique ;
3. ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ;
4. ou de faire obstacle à l’émancipation et à la réalisation pleine et entière des droits humains d’une personne ou d’un groupe de personnes ;
5. ou de maintenir et de renforcer les stéréotypes de genre. »

Lutter contre les violences sexuelles et sexistes

Laloi n°2018-703 du 3août 2018 porte sur les violences sexuelles et sexistes, sur leur définition et sur les sanctions dont elles sont passibles. Son titre III dispose notamment :
« Constitue un outrage sexiste le fait […] d'imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. »
Une violencen'est pas nécessairement un acte de brutalité physique, mais prend naissance dans nos paroles et dans nos gestes, qui ne sont pas toujours anodins. Ainsi l'outrageest une forme de violence, même si l'on prétend – trop souvent – que « ce ne sont que des mots ». Ce que nous dit par conséquent la loi, c'est que nous devons nous tenir, nous retenir, nous conduire, et que les autres ne sont pas le rebut de nos fantasmes.

Liens utiles

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037284450

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037284450

Violences sexistes et sexuelles : les contacts utiles

Le site interministériel arretonslesviolences.gouv.frdonne les contacts les plus utiles pour les victimes ou témoins de violences sexistes et sexuelles :
Les numéros d'urgence
17La police et la gendarmerie
114En remplacement du 15, 17 et 18 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
112 Les services d'urgence européen
15 Les urgences médicales (SAMU)
18 Les pompiers
Le numéro d'écoute, d'information et d'orientation «Violences Femmes Info»
3919
C’est un numéro d’écoute national destiné :
  • aux femmes victimes de violences ;
  • à leur entourage ;
  • aux professionnels concernés.
Anonyme et gratuit, il est accessible depuis un poste fixe et un mobile en métropole et dans les DROM.

Liens utiles

https://arretonslesviolences.gouv.fr

https://arretonslesviolences.gouv.fr

Les femmes : des barbares ?

L'humanité se partage entre hommes et femmes. Mais comment s'y prend-on pour distinguer, pour diviser ? Qui estnous ? Qui sont les autres ? Est-ce satisfaisant de dire : les autres sont ceux qui ne sont pas nous : les animaux, les femmes, les étranges étrangers ? À ce compte, écrit Platon (vers 428-348 av. J.-C.) dans LePolitique, les grues qui sont des bipèdes ailés fort intelligents, à ce qu'il paraît, diraient : « Nous sommes intelligentes, les autres ne le sont pas. » En ce cas nous, les êtres humains, nous serions rangés parmi les bêtes brutes. N'y a-t-il pas quelque chose qui cloche là-dedans ? Chacun son point de vue ?
Il apparaît au contraire, poursuit Platon que, pour diviser correctement les humains en humains-femmes et en humains-hommes, il faut s'y prendre d'une autre façon que lorsque, couramment, nous opposons les gens prétendument civilisés aux barbares – pour nommer les autrespeuples parlant d'autreslangues, ayant d'autresmœurs, les Grecs de l'époque classique ne disaient pas « étrangers » ni « sauvages », mais « barbares ». Que dit-on quand on dit « barbare » ? En grec ancien le mot signifie « celui qui ne parle pas grec, celui dont nous, les Grecs, entendons les voix comme du bruit, des glapissements et non comme des paroles humaines articulées et sensées ». Le groupe des barbares est ainsi pauvrement défini comme antagoniste à celui des Grecs. Pourtant, d'une part, les Grecs ne sont pas « une race à part » et, d'autre part, le groupe des barbares est en réalité très diversifié : les barbares ne parlent pas tous la même langue ni ne forment un genre unique. Il convient donc d'éviter les discriminations.
Que peut-on conclure de ce détour critique ? Au lieu de répondre bêtement à la question : « qu'est ce qu'être homme ? » par « c'est ne pas êtreun animal, une femme, un barbare, etc. », il vaudrait mieux dire : « les hommes sont ou bien des hommes ou bien des femmes, ou bien des Grecs ou bien des Scythes, comme les nombres sont ou bien pairs ou bien impairs ».
Les femmes ne sont pas « les autres », ce sont d'autres hommes : coupez « homme » bien au milieu et vous aurez « femme ». C'est, par exemple, ce qu'exprime la règle en français selon laquelle en matière d'accord, le genre masculin l'emporte, puisque homme est à la fois le genre (humain) et la différence spécifique (le masculin).
En ce cas, on dira, avec Eduardo Viveiros de Castro, que l'unité de l'esprit humain s'actualise dans une multiplicité de corps – d'ailleurs peut-être pas seulement masculin-féminin, peut-être aussi animal-humain, mort-vivant, comme le pensent si justement les Amérindiens.
Pour aller plus loin
  • Platon,Le Politique,Vrin/bilingue, 2018, p. 59-65.
  • Eduardo Viveiros de Castro,Métaphysiques cannibales, éd. PUF, 2009.

Démarches et situations

Parité salariale

L'article 1er de la loi n° 72-1143 du 22 décembre 1972, toujours en vigueur, dispose que : « Tout employeur est tenu d'assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. »
Quelques années plus tard, en 1978, on dressait l'état des lieux suivant :
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab7800794601/inegalite-salaires-femmes(reportage inclus dans le journal télévisé d’Antenne 2 du 18 juin 1978).
Questions
  • Quelle est la remarque finale qu'il est possible de retenir de ce reportage ?
  • En près d'un demi-siècle, en2025, la question de la parité salariale vous paraît-elle résolue (comparez le différentiel salarial pointé dans le reportage avec celui que vous pouvez trouver sur l'internet) ?
  • L'égalité salariale est-elle la marque d'une résolution du problème des inégalités hommes-femmes ou seulement un aspect de celle-ci ?

Liens utiles

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab7800794601/inegalite-salaires-femmes

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab7800794601/inegalite-salaires-femmes

« Une femme est une femme » – Vraiment ?

En 1961, le cinéaste Jean-Luc Godard réalisait un film intitulé :Une Femme est une femme, dont voici la bande-annonce :
À débattre
  • Quelle est, selon vous, la nature de l'énoncé-titre du film de Jean-Luc Godard (descriptif, revendicatif, ironique, autre) ?
  • Après avoir visionné la bande-annonce du film de Jean-Luc Godard, commentez la locution courante : « l'éternel féminin ».

« L’amour maternel est une chose qui se construit »

L'égalité entre les femmes et les hommes est le plus souvent le fruit de préjugés, dont le premier consiste à rapporter les femmes à un rôle sexué de mère, censé être garanti naturellement par l'instinct maternel. La philosophe Élisabeth Badinter a consacré de nombreux travaux à remettre en cause l'hypothèse de l'instinct maternel, comme elle le précise dans cette interview :https://www.france.tv/france-2/la-maison-des-maternelles/5510160-l-amour-maternel-est-une-chose-qui-se-construit.html
Questions
  • À quoi rattache-t-on ordinairement uninstinct ?
  • Identifiez les arguments mis en avant par la philosophe Élisabeth Badinter pour nier l'existence d'un instinct maternel.
  • Précisez ce qui conduit Élisabeth Badinter à dire que l'amour se construitet qu'il ne relève pas de l'instinct biologique.
  • Essayez d'expliquer précisément ce que « construire » – qui reste une métaphore – peut signifier.

Liens utiles

https://www.france.tv/france-2/la-maison-des-maternelles/5510160-l-amour-maternel-est-une-chose-qui-se-construit.html

https://www.france.tv/france-2/la-maison-des-maternelles/5510160-l-amour-maternel-est-une-chose-qui-se-construit.html

Filles de pub !

Pour désigner les biais dans la représentation des femmes et des hommes, on parle de « représentation genrée ». Dans les décennies qui nous précèdent, ces biais s'appliquaient de façon si « naturelle » qu'ils en affectaient profondément la vie économique et sociale, dans son quotidien le plus ordinaire, comme le montrent les publicités suivantes :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=JKzULlrSt5Y&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.pearltrees.com%2F&source_ve_path=Mjg2NjY
Questions
  • Comment caractérisez-vous le traitement des femmes dans ces publicités : catégorisation ? stigmatisation ? discrimination ? sexualisation ? autre ? Plusieurs réponses sont possibles et elles peuvent être distinctes selon les séquences.
  • Ces publicités, qui ne sont pas toutes récentes, vous semblent-elles « dépassées » ?

Liens utiles

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=JKzULlrSt5Y&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.pearltrees.com%2F&source_ve_path=Mjg2NjY

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=JKzULlrSt5Y&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fwww.pearltrees.com%2F&source_ve_path=Mjg2NjY

Invisibilisation des femmes dans l'art : un déni d'existence ?

L'image de la femme s'étale sur nombre de publicités d'une manière obsédante, mais les images que créent en réalité les femmes sont difficiles à dénicher dans les musées. Dans les années 1970, aux États-Unis, leHad Hoc Committee of Women Artists organisa une manifestation devant le Whitney Museum de New York pour réclamer une meilleure représentation des femmes dans l'art. En juin 1984, Faith Ringgold (1930-2024), artiste afro-américaine et grande figure du second féminisme, organisa unWomen artists visibility eventle jour de l'exposition inaugurale du musée d'art moderne de New York (MOMA) : « 14 women artists / 151 men artists », pouvait-on lire sur les banderoles.
La revendication politique d'une représentation équitable des œuvres des femmes dans les musées se double d'une invitation à faire valoir la dimension esthétique de leurs vies personnelles et privées. « Le personnel est politique » devient un slogan des luttes d'émancipation, tout comme « Black is beautiful ». 
Faith Ringgoldoriente son travail de plasticienne vers la création de kilts (patchworks) mélangeant peinture et travaux d'aiguille sur tissu pour raconter la vie des femmes, ainsi que des personnes noires aux États-Unis d'Amérique.Echoes of Harlem, œuvre réalisée avec Willi Posey, sa mère,fashion designerà Harlem, date de 1980.
Who's afraid of Aunt Jemina?date de 1983. Tante Jemina est un stéréotype publicitaire de servante noire adorable qui figurait sur les paquets de farine à pancakes ou sur des bouteilles de sirop d'érable. Ringgold réécrit, dans son patchwork, l'histoire : celle d'une femme noire qui s'affranchit et devient un modèle de réussite. 
Observez l'œuvre, puis répondez aux questions :https://www.glenstone.org/artworks/whos-afraid-of-aunt-jemima?rel=exhibitions-18.
Questions
  • Pourquoi mélanger peinture et tissus ?
  • Est-il possible de repérer dans le kiltWho's afraid of Aunt Jemina? des éléments d'un vocabulaire visuel susceptible de changer nos imaginaires de l'identité féminine-noire-américaine-populaire ?
  • Une œuvre à quatre mains pour critiquer le mythe du créateur de génie ?
Pour aller plus loin
  • Exposition :Faith Ringgold : American people, Paris, 2023,https://www.museepicassoparis.fr/fr/faith-ringgold
  • Elvan Zabunyan,Black is a colour,pp. 172-217, « Les femmes artistes afro-américaines », éd. Dis Voir, 2004.

Liens utiles

https://www.glenstone.org/artworks/whos-afraid-of-aunt-jemima?rel=exhibitions-18

https://www.glenstone.org/artworks/whos-afraid-of-aunt-jemima?rel=exhibitions-18

https://www.museepicassoparis.fr/fr/faith-ringgold

https://www.museepicassoparis.fr/fr/faith-ringgold

Des professions pour les femmes remportées de haute lutte

Virginia Woolf (1882-1941), invitée en 1931 à donner une conférence à la National society for woman's serviceà Londres, intitula son discours : Des professions pour les femmes. 
À la question : « Qu'est-ce qu'être une femme ? », elle répondit : « Ma profession est la littérature, je suis une femme qui écrit et vit de sa plume. »
En conclura-t-on qu'il n'y a pas d'essence du féminin, mais seulement des expériences ? « Si vous m'interrogez sur mon expérience spécifique d'écrivaine, poursuivit-elle, je dois vous révéler des choses intimes et profondes. Exercer cette profession a exigé que je gagne un combat long et douloureux contre une image intro-jectée : “le fantôme de l'Ange du foyer”. Car, destinée à plaire, vouée au charme, à la bienveillance, à la séduction, une femme est supposée se tenir à sa place et demeurer sage comme une image : mais écrire exige d'aimer, de chercher et de dire la vérité, qui n'est pas toujours plaisante. Il faut donc d'abord chasser le fantôme. »
Cependant, poursuivait Woolf, une fois le fantôme chassé, se présente un second obstacle encore plus redoutable : comment dire la vérité sur son corps de femme, ses passions de femme, quand on se heurte à l'extrême sévérité des hommes à cet égard ?
Questions
  • Pensez-vous que le diagnostic de Virginia Woolf est dépassé ?
  • Pensez-vous que la société, qui regarde beaucoup les femmes, est prête à accepter leur point de vue ?
  • Qu'est-ce qu'un point de vue ? Poser la question du point de vue, est-ce donner la main au relativisme : chacun son avis, chacun son point de vue ? Ou faudrait-il distinguer lerelativismequi détruit toute valeur, duperspectivisme ?
Pour aller plus loin
Virginia Woolf,Être femme, trad. Rabat, Éd. de la Variation, 2021.

Le vêtement féminin : expression ou signification ?

« On le sait », le vêtement féminin, ça ne va jamais !
Des discriminations sexistes, toujours insupportablement lourdes, parfois justiciables et très graves (par exemple, en cas d'insulte, d'agression physique, de viol), passent par les jugements qu'on porte sur le vêtement et la parure des femmes. Le vêtement féminin est ainsi toujours trop court, trop chatoyant, trop transparent : atours d'une parade amoureuse, la femme n'a qu'à s'en prendre à elle même si cela sollicite la prédation ! Trop noir (punk, gothique, burka), le vêtement est une armure ou même une arme. Neutre, long, discret, on a affaire à une prude, une vieille fille, une femme savante, etc.
Il faut doncporter le regard sur le regard portésur le vêtement féminin ! Pourquoi, à cet égard, ne pas demander aux sciences du vivant d'éduquer notre regard ?
Le zoologiste allemand Adolf Portman (1897-1982), dans un ouvrage intitulé La Forme animale,se préoccupe de la beauté animale : plumes chatoyantes des perroquets, canards, corneilles ; ocelles de certains félins ; rayures des zèbres ; spirales et couleurs des  diverses coquilles. Les biologistes se sont longtemps contentés, dit-il, de demander à quoi servaient ces beautés, d'en avoir une lecture ou bien finaliste et théologique – Dieu aurait créé les beautés naturelles pour se faire reconnaître et aimer – ou bien utilitaire et évolutionniste – ornements et parures serviraient soit à la reproduction sexuelle, soit (chez le caméléon, par exemple) à la défense et à la protection.
Mais Adolf Portman renvoie dos à dos ces théories rivales qui participeraient de la même étroitesse d'esprit : pourquoi ce qui existe devrait-il viser quelque chose, servir à quelque chose ?  Il fait donc une hypothèse toute différente : les motifs et les couleurs des pelages, robes ou plumes, seraient une manière pour les animaux d'être au monde, de se présenter. Attirer le regard n'est en effet pas nécessairement se mettre en avant dans un but de séduction ou de conquête ; n'est-ce pas en effet avant tout affirmerson existence et communiquer ? On n'existe pas tout seul, mais avec les autres et dans l'échange et les croisements des regards. Parures et ornements, dès lors, ne signifient rien, ils sont des moyens d'expression.
Questions
  • Précisez la distinction entre signifier et exprimer.
  • Est-il possible de penser qu'il en va exactement de même pour les êtres humains ? Pourquoi ?
  • Considérer que nos habits ne signifient rien, mais nous expriment, qu'est-ce que cela changerait ?
  • Montrez qu’en interprétant la parure comme expression plutôt que signification, on rompt avec une logique de l’inégalité entre les hommes et les femmes ; et expliquez pourquoi.

Le viol, une négation de la dignité

Dorothée Munyaneza et Holland Andrews présentent en 2017 leur spectacle Unwantedau festival d'Avignon. Ce spectacle, déclare Dorothée Munyaneza, vise à sécher les larmes des femmes violées en temps de guerre, utilisées, notamment au Rwanda, comme moyens de la guerre et proprementdés-intégrées– le corps d'une femme violée étant morcelé et démembré.
Comment la danse peut-elle rendre à la victime un corps qui tienne ensemble de nouveau, et qui parle ? Refait mystiquement, le corps démembré est en fait un corps parlant : la danse ne le crée pas, elle l'institue.
L'ode à la dignité de Dorothée Munyaneza rouvre l'espace où se tiennent les paroles et rend l'appartenance au monde, qui peut se décrire comme cette façon de ne faire qu'un avec l'air, la terre, l'eau, le feu : en fait, c'est exister, c'est être présent.
Mais qu'est-ce que la dignité ? Que signifie être respecté ? C'est être traité, pas seulement comme un moyen, mais aussi comme une fin en soi. On dit de quelqu'un de méritant qu'il est digne d'éloges. Cependant, la dignité humaine n'a rien à voir, ni avec la vertu, ni avec la noblesse, qui sont relatives et peuvent être mesurées et comparées. La dignité humaine est une valeur absolue. Elle n'est pas ce qui, en l'homme, est capable du meilleur ou du pire, mais la potentialité du sens, de la lumière en chaque être humain. Elle est indestructible. C'est cette indestructibilité qu'affirmeUnwanted.
Questions
  • Comment comprenez-vous que la danse puisse rendre la parole aux femmesdés-intégrées ?
  • Cherchez les textes institutionnels définissant le viol comme crime de guerre.
  • Quelles peuvent-être, selon vous, les conséquences sociopolitiques de la systématisation du viol comme technique de guerre ?
Pour approfondir
  • Pierre Legendre,La Passion d'être un autre –Étude pour la danse, Seuil, 1978 (dernier chapitre)
  • Condillac, Essai sur l'origine des connaissances humaines (la danse comme premier langage :d'action)
  • Avishai Margalit,La Société décente, trad. Billard et D'Azay, Champs Flammarion, 2007 (sur l'humiliation)

À l'épreuve du réel

Filières scientifiques : où sont les femmes ? - Vidéo

Filières scientifiques : où sont les femmes ? - Questions

Les stéréotypes de genre et leur dénonciation sont un élément central du combat pour l’égalité femmes-hommes. L’émissionSens Publicdiffusée sur Public Sénat reçoit en plateau quatre invitées pour dresser un état des lieux de la sous-représentation des femmes dans le domaine des sciences.
Prenez connaissance de la vidéo podcast de l’émission : « Filières scientifiques : où sont les femmes ? » (7 mai 2025).
Question
Prenez en notes tout élément utile pour établir un compte rendu critique de l’émission. Il peut s’organiser autour des points suivants :
  • dans un premier temps, présentez l’émission, son organisation, son objet et les invitées ;
  • indiquez ensuite quels constats sont dressés, les conséquences induites et les explications données au sexisme dans le domaine des sciences ; puis présentez les propositions formulées pour lutter contre les stéréotypes, les biais de genre et féminiser les filières scientifiques ;
  • enfin, dégagez l’intérêt et l’apport de l’émission.

En débat

Stéréotypes à la télévision

Regardez la séquence suivante, qui présente les réactions d'une classe de lycéens devant deux extraits d'une émission de divertissement de la télévision publique :
Question
Après avoir lu les définitions des termes « sexisme » et « archétype » proposés par le Centre pour l'éducation aux médias et à l'information (Clémi) et reproduites ci-dessous, rédigez une argumentation analysant les stéréotypes véhiculés par cette émission.
« Sexisme : selon leDictionnaire Larousse, le sexisme est une "attitude discriminatoire fondée sur le sexe". Dans le cadre de l'émission Fort Boyard (France 2), les épreuves de force sont très souvent réservées aux hommes et les épreuves d'agilité plutôt aux femmes. Une des épreuves phares est notamment l'épreuve dite du cylindre, apparue dans le jeu en 1993 : un candidat doit se hisser sur des cylindres rotatifs pour essayer d'atteindre la fameuse clé. D'après LeFigaro, "au départ mixte – six hommes y ont participé – l’épreuve est devenue essentiellement féminine pour des évidentes raisons esthétiques". Derrière cet argument d'esthétisme se cache en réalité une vision stéréotypée des candidates féminines : les plans insistent lourdement sur la plastique des candidates. »
« Archétype : pour justifier ces représentations stéréotypées, certains préfèrent employer le mot d'archétype. Cette expression désigne, selon leDictionnaire Larousse, "un modèle original ou idéal sur lequel est fait un ouvrage et une œuvre". Françoise Laborde, ancienne journaliste et membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) jusqu'en 2015, a participé à l'émission Fort Boyard. Interrogée par le site Arretsurimages.net à propos de ces séquences sexistes, elle avait avancé cette notion d'archétype pour dédouaner l'émission : "C'est le principe de Fort Boyard de jouer sur les archétypes : des filles au corps de rêve, des garçons grands et musclés, on est dans les codes de la caricature, de la bande dessinée. Et tout le monde en prend pour son grade. Le principe c'est de mettre des personnes plus ou moins célèbres dans des situations inattendues et parfois ridicules." Pour F. Laborde, rien de choquant : "C'est de la télévision, c'est tout." De son côté, le CSA s'était contenté de préciser, à propos de la participation d'une de ses membres à cette émission, qu'il s'agissait d'une "initiative personnelle, déconnectée de son mandat du CSA". »
Source :https://www.clemi.fr/ressources/series-de-ressources-videos/ateliers-decliccritique/comment-reperer-les-stereotypes-sexistes-dans-les-medias

Liens utiles

https://www.arretsurimages.net/articles/2016-07-20/Fort-Boyard-26-ans-de-grivoiserie-franchouillarde-et-de-cliches-sexistes-id8952

https://www.arretsurimages.net/articles/2016-07-20/Fort-Boyard-26-ans-de-grivoiserie-franchouillarde-et-de-cliches-sexistes-id8952

https://www.clemi.fr/ressources/series-de-ressources-videos/ateliers-decliccritique/comment-reperer-les-stereotypes-sexistes-dans-les-medias

https://www.clemi.fr/ressources/series-de-ressources-videos/ateliers-decliccritique/comment-reperer-les-stereotypes-sexistes-dans-les-medias

Question d'arithmétique

Sur les réseaux sociaux et de façon très diffuse dans la société contemporaine se fait jour une thématique assez nouvelle dans sa formulation, assez ancienne dans sa teneur axiologique, relative au nombre de partenaires sexuels qu'une femme ou qu'un homme peuvent avoir (eu) au cours de leur vie.
Autrefois, on opposait le donjuanisme, propriété masculine réputée laudative, aux femmes de mauvaise vie, désignant non seulement les femmes acculées à la prostitution, mais aussi celles que leur désir et leur vie portaient à séduire et à assumer librement une vie de séduction.
Aujourd'hui, trivialement et dans un curieux esprit de comptabilité, on parle de body count, de « décompte du nombre de corps ». Dans les milieux dits « masculinistes », l'expression sert à stigmatiser les femmes échappant à des normes d'acceptabilité conçues par… les seuls milieux « masculinistes » eux-mêmes !
À débattre
  • Connaissez-vous la thématique sociale dubody count et qu'en pensez-vous ?
  • Est-il important que soit établi un décompte des relations intimes entretenues par les hommes et par les femmes, quelles que soient par ailleurs leurs préférences sexuelles ?
  • Une approche quantitativedes relations sexuelles est-elle expressive de laqualitépotentielle des relations qu'entretiennent les femmes et les hommes ?

Toutes des s*** ?

Les violences sexistes et sexuelles affectent la société française de longue date et, de longue date, elles sont dénoncées avec une rigueur et une précision irréfutables.
En atteste, par exemple, le documentaire suivant, qui date de 1976 (il est possible de le visionner dans sa totalité ou seulement dans certaines de ses parties) :
À débattre
  • Selon votre expérience, éprouvez-vous une familiarité avec certains propos entendus tout au long de ce reportage (attention : « familiarité » ne signifie pas que vous approuvez, mais seulement que vous reconnaissez certains propos et qu'ils vous paraissent communs) ?
  • Dans un procès pour viol, « l'attitude de la victime doit également entrer en ligne de compte ». Comment comprenez-vous cette proposition ?
  • Le viol constitue-t-il une incartade malheureuse, un délit ou un crime ?
  • La question du traitement juridique du viol vous paraît-elle avoir évolué depuis cinquante ans ? légèrement ? significativement ? pas du tout ?

Questions de vocabulaire… et au-delà

Pourquoi parler d'égalité « femmes-hommes » et non pas « femme-homme » ? Quel est le sens de ce pluriel ?
Les catégories « femme » ou « homme » sont-elles fixes ou changeantes ? Désignent-elles une réalité déterminée ? laquelle ? Ou bien constituent-elles une généralisation ? Celle-ci vous paraît-elle légitime ou abusive ?
Pour aller plus loin: https://www.inegalites.fr/Stereotypes-la-face-invisible-des-inegalites

Liens utiles

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La femme est-elle l'esclave des apparences ?

Le souci que les femmes ont de l'opinion qu'on a d'elles leur ôte-t-il toute importance politique ?
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), dans le cinquième livre de l'Émile, son traité (sous forme de roman) sur l'éducation, se penche sur l'éducation des femmes et, dans un passage particulier, se demande quel est leur rôle en politique.
Cette question est abordée par un biais surprenant, puisque Rousseau commence par affirmer que la femme est faite pour plaire à l'homme. Déjà toutes petites, les femmes aiment la parure, se soucient d'être belles, elles habillent et coiffent leurs poupées. Devrait-on en conclure qu'ainsi élevées les femmes devraient vivre exclusivement occupées aux soins du ménage, confinées dans  la sphère privée ?
Rappelant que dans sa patrie d'origine (Genève), des cercles de femmes dictaient ce qu'il y avait lieu d'estimer ou d'admirer, Rousseau affirme que, si l'opinion est « le tombeau de la vertu parmi les hommes », elle est « son trône » parmi les femmes (p. 526 de l'édition indiquée ci-dessous). Comment comprendre cette position paradoxale ? Comment Rousseau déduit-il de l'éloignement des femmes à la vérité et de leur dépendance à l'opinion leur rôle incontournable en politique ?   
Dans le chapitre 12 du livre II du Contrat social, Rousseau affirme que la plus importante de toutes les lois est l'opinion publique. Aucune communauté politique, explique-t-il, ne peut survivre si les citoyens n'ont pas le sens du devoir, autrement dit s'il n'existe pas quelque sentiment qui les obligeintérieurement, qui les incline intimement à obéir aux lois, c'est-à-dire à faire leur devoir. Or, pour se soumettre à la loi, explique-t-il, il faut d'abord respecter les femmes, leurs jugements, leurs opinions : toute obligation (qui, étant libre, diffère d'une contrainte extérieure), qu'elle soit politique ou morale, s'enracine dans le respect des femmes.
Or, ce respect est lié à la pudeur, au vêtement, au voile : il y a dans la femme un retrait, un secret (ne serait-ce que parce que les organes génitaux féminins ne sont pas apparents) qui en fait moins une « étrange étrangeté » qu'une présence digne et inviolable forçant le respect et affirmant son inappropriabilité fondamentale.
À débattre
  • Jean-Jacques Rousseau vous semble-t-il misogyne ?
  • En lisant Rousseau, on a l'impression que la différence entre opinion et vérité consiste en ceci que la première est féminine et la seconde masculine ; est-ce vraiment ce qu'il écrit ?
  • À supposer que le devoir ait quelque chose de sensible, cela justifie-t-il une médiation de la morale ou de la politique par la « féminité » ?
Pour aller plus loin
  • Jean-Jacques Rousseau,Émile ou de l'éducation, introduction et notes de A. Charrak, GF-Flammarion, 2009, livre V (en particulier p. 525-526)
  • Jean-Jacques Rousseau,Du contrat social, livre IV, chap. 8
  • Platon, République, livre 5 : la femme est-elle un guerrier comme les autres ? On se demandera pourquoi la pudeur féminine est la « grosse vague » qui manque de détruire le magnifique modèle de la République.

L'émancipation de la femme a-t-elle pour unique condition l'emploi salarié ?

Lepremier féminismea voulu sortir la femme du foyer et lui ouvrir le monde du travail pour l'arracher à la dépendance économique. Le second féminismeconteste l'exclusivité de cette approche.
Angela Davis (née en 1944), philosophe afro-américaine et militante politique engagée, notamment dans les mouvements d'émancipation, fait observer dans Femmes, race et classeque les femmes afro-américaines n'ont pas le même regard sur la libération de la femme que leurs concitoyennes blanches. Petite fille d'esclave, elle fait observer (prenant la suite de Spinoza [1632-1677]) que ce qui fait l'esclave, ce n'est pas tant l'obéissance à un maître que le fait de travailler dans l'intérêt exclusif ou quasi exclusif d'un autre. Dans les plantations, rappelle-t-elle, le travail domestique était le seul travail que l'on faisait pour soi, qui avait un sens et qui était libre.
Dans Caliban et la sorcière, Silvia Fédérici (née en 1942) complète les analyses de Marx (1818-1883) sur la violence capitaliste. Non seulement le capitalisme naissant avait besoin d'une main-d’œuvre exploitée, ne retirant de son travail que le strict nécessaire à la réparation de la force de travail, mais encore avait-il besoin de s'assurer le contrôle du ventre de femmes vouées exclusivement à faire des enfants, afin de renouveler et d'augmenter le nombre de travailleurs disponibles. Furent persécutées et assassinées en masse toutes celles (appelées sorcières) qui, par leur savoir (médical, notamment relatif au contrôle des naissances) ou par leurs capacités de production (tissus, fours, poteries, nourritures, remèdes, par exemple) résistaient à ce nouvel ordre.
Questions
  • Comment peut-on caractériser la différence entre le rôle actif des femmes comme agents économiques de premier plan dans un mode domestique de production et l'enfermement de la « femme au foyer » moderne vouée à la consommation ?
  • Pourquoi faut-il veiller à l'entrecroisement complexe des dominations : jamais seulement familiales, par exemple, mais toujours en même temps raciales, sociales, politiques ?
Pour aller plus loin
  • Spinoza,Traité des autorités théologique et politique,Gallimard, Folio essais 1954, p. 245 : « Peut-être va-t-on prétendre »... « au pire des esclavages »
  • AngelaDavis, Femmes, race et classe, trad. Taffin et le collectif Des femmes, éd. Des femmes, 1983
  • Silvia Federici, Caliban et la sorcière: Femmes, corps et accumulation primitive,trad. Senonevero, Guazzini, éd. Entremonde, 2017