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La société numérique

Ce qu'on appelle « le numérique » renvoie à une manière contemporaine de « faire société », non plus...

Sommaire

De quoi est-il question ?Vérifier ses connaissances
Définitions« Le numérique » : une dénomination équivoqueUn univers tout de discours
Démarches et situationsVous prendrez bien une part de pizza ?Liens utilesL'« invention » du CoronavirusLiens utilesUn mot-valise autorisé : l'infodémieLiens utilesLes sociétés numériques : désordre ou normativité ?
À l'épreuve du réel
Ère numérique : que sommes-nous devenus ? - Podcast
Ère numérique : que sommes-nous devenus ? - Questions
En débatLa société numérique : une question difficile« Je me comprends ! »Tous complotistes ?Prendre ses distancesLe débat numérique en débat (1)Le débat numérique en débat (2)Le débat numérique en débat (3)

De quoi est-il question ?

Ce qu'on appelle « le numérique » renvoie à une manière contemporaine de « faire société », non plus exactement dans le monde physique, mais dans un monde vite considéré comme « virtuel », qui passe principalement par notre pratique des réseaux sociaux, mais aussi par le courrier électronique, les forums de discussion ou les sites web que nous fréquentons et les multiples possibilités d'échanges qu'ils nous offrent.
Il faut cependant mieux chercher à comprendre de quoi « société numérique » est le nom.
L'objet de ce chapitre est à la fois de saisir dans son équivocité la notion même de « numérique » et d'éclairer l'horizon tout uniment économique, social et politique sur lequel elle se projette, qui engage autant notre rigueur intellectuelle que notre responsabilité pratique.

Vérifier ses connaissances

Répondez aux questions suivantes pour tester vos connaissances.
  • Quels sont les composants essentiels d'un outil informatique de communication ?
  • Quelles sont les diverses couches applicatives de cet outil ?
  • Quelles sont les « traces » que nous laissons sur les réseaux ? Que deviennent-elles ?
  • Qu'est-ce qu'une identité numérique ?
  • Existe-t-il des techniques d'anonymisation des communications numériques ? Lesquelles ? Sont-elles efficaces à 100 % ?

Définitions

« Le numérique » : une dénomination équivoque

Le substantif « numérique » renvoie, d'une part, aux outils applicatifs personnels ou professionnels que nous manipulons et aux très nombreux usages que nous en faisons dans pratiquement tous les moments de la vie : discussions, recherche d'informations, études, loisirs, etc. Mais on oublie souvent qu'il recouvre également, d'autre part, le système diversifié de nos machines informatiques : ordinateurs, tablettes, téléphones, ainsi que tous les accessoires qui en complètent les usages (clés USB, imprimantes, etc.).
Or, avec cet oubli vient une illusion : que « le numérique » consisterait seulement en ce que donne à voir l'écran, un monde « virtuel » et luminescent, quand en réalité il désigne aussi l'écran, les circuits imprimés, les matériaux communs ou rares dont ils sont faits, l'univers industriel dont ils sont issus, les concepteurs, les techniciens, les opérateurs impliqués dans ce système. « Le numérique » n'est nullement un monde virtuel, c'est un monde réel, concret, fait « de briques et de mortier », pour reprendre l'expression anglo-saxonne « brick and mortar ».
S'en souvenir et rompre ainsi l'illusion, c'est en somme comprendre que«le numérique» fait mondedans le sens le plus concret de l'expression : il est organisé par l'économie et il organise l'économie, il est organisé comme un monde social et il organise le monde social, il exprime des politiques commerciales ou culturelles et il détermine des politiques commerciales ou culturelles.

Un univers tout de discours

Adossé à un système de production de nature à la fois financière, industrielle et commerciale, « le numérique » se traduit communément aussi en un système d'interactions intellectuelles et sociales : les réseaux sociaux, les forums de discussion, les espaces collaboratifs ou marchands, jeux, loisirs, information, apprentissages, etc. « Le numérique » mobilise ainsi au premier chef l'intelligence, il mobilise des connaissances, il mobilise des « compétences psychosociales ».
En somme,«le numérique » est discours. À au moins deux égards : d'une part, parce que nous prenons la parole sur les réseaux selon des modalités extrêmement diverses, ou parce que nous nous exposons à la parole des réseaux ou, pour mieux dire, à leur clameur. D'autre part, aussi – et c'est peut-être le point le plus important et le plus difficile –, parce que nous y laissons en permanence des traces presque indélébiles, les marques informatiques de nos activités professionnelles ou privées.
Ces traces ne sont pas anodines, elles ne sont pas informes, elles sont de l'information et elles sont traitées comme telles par les outils informatiques dont nous faisons usage et dont nous ne savons plus nous passer. Ces traces sont elles-même du discours, non celui formalisé dans lequel nous communiquons, mais un discours sous-jacent fait de la transmission transparente et permanente des bribes d'information que nous disséminons en toute ignorance de cause et dont les machines informatiques auxquelles nous sommes connectés font l'usage pour lequel elles ont été programmées.

Démarches et situations

Vous prendrez bien une part de pizza ?

À l'automne 2016, vers la fin de la rude campagne présidentielle américaine, une rumeur a été lancée, qui a pris une ampleur considérable dans le paysage politique américain, prétendant que l'entourage de la candidate démocrate Hillary Clinton était au centre de pratiques pédophiles et même de satanisme, et que les « séances » avaient lieu dans une pizzeria de Washington, laComet Ping Pong.
Pour en savoir plus sur cette rumeur :
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_conspirationniste_du_Pizzagate
  • https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/12/06/de-la-theorie-du-complot-aux-coups-de-feu-dans-une-pizzeria-les-consequences-reelles-des-fake-news_5044047_4832693.html
Questions
  • Analysez le déroulé de la rumeur.
  • La rumeur, dans le détail de sa narration, vous semble-t-elle crédible ?
  • Quels en ont été les effets ? sociaux ? politiques ?
  • Une rumeur est-elle un simple (ensemble de) discours ? Ou est-elle un mode d'action politique ?
  • Participer à une rumeur, par conviction ou par négligence, est-ce une manière loyale de dénoncer ce qui semble constituer une injustice ? Est-ce un procédé politiquement loyal ?

Liens utiles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_conspirationniste_du_Pizzagate

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_conspirationniste_du_Pizzagate

https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/12/06/de-la-theorie-du-complot-aux-coups-de-feu-dans-une-pizzeria-les-consequences-reelles-des-fake-news_5044047_4832693.html

https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/12/06/de-la-theorie-du-complot-aux-coups-de-feu-dans-une-pizzeria-les-consequences-reelles-des-fake-news_5044047_4832693.html

L'« invention » du Coronavirus

En mars 2020, en pleine « crise du Covid », un internaute – condamné depuis pour diffamation – a prétendu détenir des preuves selon lesquelles l'Institut Pasteur (1) avait « inventé » le Coronavirus, (2) l'avait « breveté » et (3) l'avait diffusé en une « attaque biochimique » avec l'aval du gouvernement français.
Selon les décomptes de l'époque, « en moins de 24 heures, la vidéo [de cet internaute ] a été partagée au moins 96 000 fois et comptabilisé plus de 15 000 likes » sur Facebook, ainsi que nécessité une réponse circonstanciée de l'Institut Pasteur.
Pour en savoir plus :
  • https://www.radiofrance.fr/franceinter/le-coronavirus-brevete-et-cree-par-les-francais-cette-video-virale-raconte-n-importe-quoi-3410582
  • https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/11/05/l-auteur-d-une-video-complotiste-sur-le-coronavirus-et-l-institut-pasteur-condamne-par-la-justice_6058625_4408996.html
Questions
  • Quelle est la nature d'une telle rumeur : politique ? sociale ? économique ?
  • Une épidémie ou une pandémie sont-elles de simples phénomènes sociaux ?
  • Qu'en est-il de leur nature « objective » (des populations entières étantmalades) ?
  • Sur quoi ou sur quelles disciplines l'analyse et le traitement d'un phénomène comme une épidémie ou une pandémie reposent-ils ?
  • Le traitementscientifique d'un phénomène de masse exclut-il toute considération de nature économique ? sociale ? politique ?

Liens utiles

https://www.radiofrance.fr/franceinter/le-coronavirus-brevete-et-cree-par-les-francais-cette-video-virale-raconte-n-importe-quoi-3410582

https://www.radiofrance.fr/franceinter/le-coronavirus-brevete-et-cree-par-les-francais-cette-video-virale-raconte-n-importe-quoi-3410582

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/11/05/l-auteur-d-une-video-complotiste-sur-le-coronavirus-et-l-institut-pasteur-condamne-par-la-justice_6058625_4408996.html

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/11/05/l-auteur-d-une-video-complotiste-sur-le-coronavirus-et-l-institut-pasteur-condamne-par-la-justice_6058625_4408996.html

Un mot-valise autorisé : l'infodémie

Une société numérique n'est pas une société où existent simplement des outils numériques, c'est une société dont l'histoire actuelle et effective relève pour une large part de son système communicationnel principal, c'est-à-dire de l'Internet. Bien des phénomènes, donc, sonthybrides : ils présentent une dimension « physique » et dans le même temps une dimension « informationnelle » ou « communicationnelle ».
De manière tout à fait emblématique, dans le contexte de la crise du Covid, au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a été forgé le néologisme « infodémie » (infodemic, en anglais) pour désigner le « trop plein d'information, incluant des informations erronées ou fallacieuses, qui survient au moment de l'essor d'une épidémie ».
Il apparaît ainsi clairement que la société contemporaine s'enveloppe, pour ainsi dire, de sa propre infrastructure communicationnelle et qu'elle modifie, de manière d'ailleurs plutôt naturelle qu'intentionnelle, ses modes de fonctionnement et ainsi la façon dont elle produit ses normes.
Pour en savoir plus
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Infod%C3%A9mie
  • https://shs.cairn.info/revue-questions-de-communication-2022-1-page-159?lang=fr&tab=texte-integral
  • https://www.who.int/health-topics/infodemic#tab=tab_1(en anglais)
Questions
  • Quels sont les enjeux sociaux révélés par le phénomène des infodémies ?
  • Suffit-il de repérer un phénomène infodémiologique pour s'en prémunir ?
  • Désamorcer un phénomène infodémiologique, en quoi cela peut-il consister ?

Liens utiles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Infod%C3%A9mie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Infod%C3%A9mie

https://shs.cairn.info/revue-questions-de-communication-2022-1-page-159?lang=fr&tab=texte-integral

https://shs.cairn.info/revue-questions-de-communication-2022-1-page-159?lang=fr&tab=texte-integral

https://www.who.int/health-topics/infodemic#tab=tab_1

https://www.who.int/health-topics/infodemic#tab=tab_1

Les sociétés numériques : désordre ou normativité ?

Lasociété numérique, c'est en réalité un ensemble nébuleux demultiples sociétés numériques. Or, dans toute société, quelle qu'elle soit – société philanthropique ou société de brigands –, des règles s'imposent à ses membres, que tous sont réputés respecter au risque d'en être d'une façon ou d'une autre exclus.
Questions 
  • Quelles sont les règles prévalant dans les sociétés numériques ?
  • Les règlesinternes aux réseaux excluent-elles des règlesexternes à ces réseaux ?
  • La régulation des réseaux est-elle affaire de morale ? de loi ?
  • L'application des lois aux pratiques sociales dans les réseaux est-elle aisée ? Pourquoi ?

À l'épreuve du réel

Ère numérique : que sommes-nous devenus ? - Podcast

Ère numérique : que sommes-nous devenus ? - Questions

Les technologies liées au numérique bouleversent profondément nos sociétés, le lien social et les rapports individuels. L’émissionDes Matinsde France Culture « Ère du numérique : que sommes-nous devenus ? » invite l’économiste Daniel Cohen à s’exprimer sur ce qu’il considère comme une « rupture anthropologique ».
Prenez connaissance du podcast radio de France Culture : « Ère du numérique : que sommes-nous devenus ? » (31 août 2022).
Questions
  • Pourquoi le numérique constitue-t-il une véritable révolution ?
  • Que fait « la civilisation du numérique aux individus » et à l’espace public ?
  • Qu’est-ce que le numérique fait à nos économies ?
  • En prenant appui sur les réponses précédentes, montrez comment les interactions humaines sont modifiées par la société numérique.

En débat

La société numérique : une question difficile

« Le numérique » paraît être le centre névralgique de la société contemporaine, car il pilote la quasi-totalité de ses activités, quelle qu'en soit la nature : les communications, les transports, le commerce, les transactions financières, la distribution des ressources énergétiques et même le fonctionnement des moyens de transport, avions, trains, automobiles.
Faut-il dès lors entendre simplement qu'unepart accrue de nos activités privées, professionnelles ou publiques passent par l'emploi d'outils informatiques ? Ou bien – mais l'idée est plus difficile à saisir – que la société contemporaine s'est reconfiguréeen tant que telle comme une « société numérique », les lois du numérique prenant progressivement le pas sur les normes sociales issues d'usages ancestraux, des mœurs et des lois ?
La différence, qu'il va falloir apprendre à creuser, n'est pas anodine.
Dans le premier cas, on se contente de considérer que les outils informatiques se sont d'abord ajoutés, puis substitués parfois, à d'autres outils : lisant sur écran, on imprime moins ; disposant d'outils d'écriture assistée (traitements de texte, intelligences artificielles), nous avons moins besoin de maîtriser les techniques traditionnelles de la calligraphie, d'une part, de la grammaire, de la syntaxe et de l'orthographe, d'autre part. Ici, les choses sont assez simples : avec le progrès, les usages se modifient insensiblement.
Mais, dans le second cas, on fait l'hypothèse que les fondements d'une « société numérique » ne sont pas ceux d'une société traditionnelle et que « le numérique » n'y tient pas lieu de simple outil, mais qu'il en est pour ainsi dire la texture et un mode spécifique de régulation déterminant nos usages sociaux, notre manière de vivre ensemble, de régler nos interactions. Ici les choses sont beaucoup moins simples : et si « le numérique » avait pris le relais des modes traditionnels d'organisation de la société ?
N'en viendrait-on pas alors à poser l'hypothèse d'une société qui délèguerait son destin aux machines informatiques ? D'une société où nos rapports sociaux seraient entièrement médiatisés par les applications auxquelles nous confions laresponsabilité de tenir le compte de nos « proches » et même de nos « amis » ? Bref, une « société numérique » ne doit-elle pas être considérée comme une société au sein de laquelle la nature et la qualité des rapports sociaux sont transformées, voire altérées ?

« Je me comprends ! »

L'essor d'Internet, au milieu des années 1990, s'est accompagné de l'idée que les réseaux allaient favoriser découvertes, enseignement, culture, en un double mouvement :de libre accès à la connaissance, et d'une variation des domaines accessibles de la connaissance et de ses sources. Le monde académique et le monde de l'information seraient à la portée de chacun grâce aux « autoroutes de l'information ».
Le développement effectif d'Internet ainsi que la logique des réseaux sociaux et de leur exploitation, notamment commerciale, ont sans doute partiellement permis un élargissement de l'éventail des possibilités d'ouverture aux idées et aux opinions. Mais, dans le même temps, la constitution de communautés d'intérêt a très fortement favorisé des connivences idéologiques, la formation, le regroupement et la consolidation de collectifs fermés sur eux-mêmes et « partageant de mêmes valeurs », quelles que soient précisément ces « valeurs ».
De réseau de connaissances, Internet a muté en de multiples réseaux de reconnaissance et, derrière la notion de « partage », il y a toujours le risque d'un entre-soi socialement et politiquement périlleux.
Questions
  • Qu'est-ce, exactement, que « faire société » dans les espaces numériques ?
  • Les valeurs traditionnelles de la socialité, de la civilité, de l'amitié ont-elles le même sens sur les réseaux et dans la « vraie vie » ?

Tous complotistes ?

Recherches
  • Le complotisme : qu’est-ce que c’est, au juste ?
  • Identifier et analyser un exemple de théorie complotiste : le « grand remplacement », les attaques du 11 septembre 2001 ; l’assassinat du président Kennedy ; le mouvement QAnon, etc.
  • Les théories complotistes sont-elles subtiles ? grossières ? astucieuses ? systématiques ? séduisantes ? anodines ?
  • Les mécanismes constitutifs des mouvements complotistes sont-ils seulement rhétoriques ou argumentatifs ? Les programmes informatiques et les algorithmes y ont-ils une part ? négligeable ? importante ?

Prendre ses distances

Le fait est attesté : les théories complotistes, sur les réseaux (YouTube, Facebook, Telegram, etc.), sont nombreuses et particulièrement résilientes, et ce phénomène globalisé, qui ne concerne ni tel territoire, ni telle nation en particulier, mais « le monde entier », invite à s'interroger.
À débattre
  • Les théories complotistes sont-elles par elles-mêmes licites ? Peuvent-elles être illicites ?
  • Quels en sont les effets sociaux ? Et sur le plan individuel ?
  • Est-il possible de les intégrer dans des processus compatibles avec le débat démocratique ? Comment ?
  • Quelles responsabilités engagent-elles ? intellectuelles ? pratiques ? sociopolitiques ?

Le débat numérique en débat (1)

La fréquentation des réseaux sociaux traduit une manière très singulière de socialité : nous nous fréquentons les uns les autres, mais nous ne sommes pas en relation directe et effective les uns avec les autres – nos relations sont, à la lettre,désincarnées ; nos écrans seuls et les mémoires informatiques en portent témoignage.
Orientation de recherche1
  • Restant à distance les uns des autres et nos relations numériques étant « sans contact », devient-il permis de « tout dire » ?
  • Des normescognitives contraignent-elles nos échanges ?
  • Qu'est-ce qu'une « vérité alternative » ?

Le débat numérique en débat (2)

La fréquentation des réseaux sociaux traduit une manière très singulière de socialité : nous nous fréquentons les uns les autres, mais nous ne sommes pas en relation directe et effective les uns avec les autres – nos relations sont, à la lettre,désincarnées ; nos écrans seuls et les mémoires informatiques en portent témoignage.
Orientation de recherche 2
  • La distanciation physique implique-t-elle que nous échappions à toute espèce d'identification ?
  • Dans les espaces numériques, les pratiques ou les propos sont-ils jamais tout à fait invisibles ? Pourquoi ?
  • L'impunité potentielle dont nous croyons jouir sur les réseaux constitue-t-elle un blanc-seing pour nos pratiques et nos discours ?

Le débat numérique en débat (3)

La fréquentation des réseaux sociaux traduit une manière très singulière de socialité : nous nous fréquentons les uns les autres, mais nous ne sommes pas en relation directe et effective les uns avec les autres – nos relations sont, à la lettre,désincarnées ; nos écrans seuls et les mémoires informatiques en portent témoignage.
Orientation de recherche 3
  • Avons-nous une quelconque responsabilité vis-à-vis de celles et de ceux à qui nous nous adressons ? Une responsabilité intellectuelle ? morale ?
  • La participation ou l'adhésion à des interprétations « alternatives » des faits engage-t-elle seulement la responsabilité personnelle de celles ou de ceux qui y consentent ?
  • Les effets d'une telle participation ou d'une telle adhésion se mesurent-ils au seul niveau des individus ? Qu'en est-il de la collectivité ?
  • L’adhésion individuelle et sincère à une opinion garantit-elle sa validité ?