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Étudier Au Bagne, 1924

Albert Londres, journaliste engagé, n'a eu de cesse de s'intéresser au sort des marginaux et des opprimés...

Sommaire

Introduction à la lectureAlbert Londres et son reportage à CayenneFocus sur l'histoire du bagne en FranceHistoire du bagne colonial - VidéoL'odyssée d'Albert Londres, Introduction - Vidéo

Introduction à la lecture

Albert Londres et son reportage à Cayenne

Albert Londres, journaliste engagé, n'a eu de cesse de s'intéresser au sort des marginaux et des opprimés tout au long de sa carrière. Il était donc inévitable qu'il se penche sur le sort des incarcérés tôt ou tard. Il commence donc à s'intéresser à la question du système carcéral, et plus spécifiquement du bagne, en 1923. Londres vient alors d'arriver dans une nouvelle rédaction, celle duPetit Parisien, et, comme il jouit déjà d'une certaine notoriété, il pourra disposer d'une réelle liberté dans le choix et l'angle de ses sujets. Le bagne est alors un sujet totalement méconnu en France, Londres étant l'un des premiers à sérieusement documenter les conditions de vie des bagnards de l'époque. Après être parti sur le terrain en Guyane plusieurs mois durant, son reportage paraît dansLe Petit Parisien, entre août et septembre 1923. Son travail suscite un fort intérêt du lectorat et provoque de nombreuses réactions du public comme de la sphère politique, d'autant que Londres, à l'issue de son reportage, prend directement à partie Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, dans une lettre ouverte. Cette série d'articles sera rééditée en livre dès 1924, lequel connaîtra lui aussi un grand succès.

Focus sur l'histoire du bagne en France

« C'est pire que le bagne ! » : les expressions françaises utilisant ce mot ne manquent pas, qui servent à désigner de façon figurée des situations particulièrement pénibles ou contraignantes, mais à quelle réalité renvoie précisément cette notion ?
Le bagne désigne à l'origine un établissement carcéral qui adjoint à la privation de liberté une peine de travaux forcés ; la plupart des bagnes se trouvaient d'abord dans des ports français, puis en outre-mer, notamment en Guyane. Les bagnes peuvent être considérés comme un dérivé des galères, ces navires-prisons sur lesquels des détenus étaient mis aux fers et condamnés à ramer. Lorsque ce type de bateau n'est plus considéré comme viable, notamment avec le développement de nouveaux types de navires, bien plus rapides, au cours du XVIIIe siècle, les galériens sont rattachés à des prisons portuaires et, en lieu et place de ramer, ils effectuent des travaux de construction et d'entretien souvent extrêmement pénibles.
À partir du milieu du XIXe siècle, dans la double perspective d'éloigner de la France hexagonale ceux ayant été jugés comme criminels, mais aussi pour peupler et développer ces territoires éloignés, le bagne se déporte dans les différentes colonies françaises : Algérie, Nouvelle-Calédonie, et surtout Guyane. De nouvelles règles juridiques vont en effet contraindre les détenus, condamnés à une certaine durée ou récidivistes, à rester sur place une fois leur peine effectuée. 
Des centaines de milliers de Français, dont des enfants, auront connu la détention au bagne, et nombre y seront morts avant que ces structures carcérales ne soient définitivement fermées en 1953.

Histoire du bagne colonial - Vidéo

L'odyssée d'Albert Londres, Introduction - Vidéo