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Étudier les chapitres VIII à XI

Après avoir été contrariée par des vents d'Occident et avoir consacré un temps certain à la lecture,...

Sommaire

J'étudie des extraits du conte - Chapitre VIIIJ'étudie des extraits du conte - Chapitre VIII
J'étudie des extraits du conte - Chapitre IXJ'étudie des extraits du conte - Chapitre X
J'étudie des extraits du conte - Chapitre XIJ'étudie des extraits du conte - Chapitre XI

J'étudie des extraits du conte - Chapitre VIII

Après avoir été contrariée par des vents d'Occident et avoir consacré un temps certain à la lecture, Formosante se remet en route, direction Albion.
Cependant Amazan était déjà sur le chemin de la capitale d'Albion, dans son carrosse à six licornes, et rêvait à sa princesse.
La Princesse de Babylone, Voltaire, 1768, chapitre VIII.
Questions
1. Quel pourrait être ce fameux rêve ? Imaginez-le sous la forme de votre choix en vous appuyant sur les éléments narratifs des derniers chapitres. Ce travail prendra la forme de votre choix : dessin, peinture, collage, vidéo…
2. Connaissez-vous d'autres œuvres dans lesquelles il est question de rêver de son amour ? Vous pouvez citer des œuvres picturales, cinématographiques ou encore musicales et en faire la présentation dans votre carnet.

J'étudie des extraits du conte - Chapitre VIII

Après une étape bien étonnante, Amazan reprend la route.
« Comme il retournait en Batavie, Formosante volait vers Albion avec ses deux vaisseaux, qui cinglaient à pleines voiles ; celui d'Amazan et celui de la princesse se croisèrent, se touchèrent presque : les deux amants étaient près l'un de l'autre, et ne pouvaient s'en douter. Ah, s'ils l'avaient su ! Mais l'impérieuse destinée ne le permit pas. »
La Princesse de Babylone, Voltaire, 1768, chapitre VIII.
Questions
1. Comment comprenez-vous le syntagme nominal « impérieuse destinée » ? Les personnages voltairiens sont-ils libres ?
2. Et vous, vous sentez-vous libre de mener la vie que vous souhaitez ou dont vous rêvez ?
Invention
Imaginez que ce passage soit une scène de cinéma. Ajoutez une voix-off qui commenterait cette fin de chapitre. Vous pouvez vous enregistrer.

J'étudie des extraits du conte - Chapitre IX

« La belle princesse de Babylone arrivait alors avec le phénix, sa femme de chambre Irla, et ses deux cents cavaliers gangarides montés sur leurs licornes. Il fallut attendre assez longtemps pour qu’on ouvrît les portes. Elle demanda d’abord si le plus beau des hommes, le plus courageux, le plus spirituel et le plus fidèle, était encore dans cette ville. Les magistrats virent bien qu’elle voulait parler d’Amazan. Elle se fit conduire à son hôtel ; elle entra, le cœur palpitant d’amour : toute son âme était pénétrée de l’inexprimable joie de revoir enfin dans son amant le modèle de la constance. Rien ne put l’empêcher d’entrer dans sa chambre ; les rideaux étaient ouverts : elle vit le bel Amazan dormant entre les bras d’une jolie brune. Ils avaient tous deux un très-grand besoin de repos. »
La Princesse de Babylone, Voltaire, 1768, chapitre IX.
Questions
1. Quel regard Voltaire porte-t-il sur cet épisode ?
2. Percevez-vous les signaux de l'ironie ?
Invention
Imaginez un articlepeopleou une vidéo qui rendrait compte de la trahison d'Amazan.

J'étudie des extraits du conte - Chapitre X

« De province en province, ayant toujours repoussé les agaceries de toute espèce, toujours fidèle à la princesse de Babylone, toujours en colère contre le roi d’Égypte, ce modèle de constance parvint à la capitale nouvelle des Gaules. Cette ville avait passé, comme tant d’autres, par tous les degrés de la barbarie, de l’ignorance, de la sottise et de la misère. Son premier nomavait étéla boueetla crotte ; ensuite elle avait pris celui d’Isis, du culte d’Isis parvenu jusque chez elle. Son premier sénat avait été une compagnie de bateliers. Elle avait été longtemps esclave des héros déprédateurs des sept montagnes ; et, après quelques siècles, d’autres héros brigands, venus de la rive ultérieure du Rhin, s’étaient emparés de son petit terrain. […]
Plus les oisifs étaient polis, plaisants et aimables, plus on observait un triste contraste entre eux et des compagnies d’occupés.
Il était, parmi ces occupés, ou qui prétendaient l’être, une troupe de sombres fanatiques, moitié absurdes, moitié fripons, dont le seul aspect contristait la terre, et qui l’auraient bouleversée, s’ils l’avaient pu, pour se donner un peu de crédit ; mais la nation des oisifs, en dansant et en chantant, les faisait rentrer dans leurs cavernes, comme les oiseaux obligent les chats-huants à se replonger dans les trous des masures.
D’autres occupés, en plus petit nombre, étaient les conservateurs d’anciens usages barbares contre lesquels la nature effrayée réclamait à haute voix ; ils ne consultaient que leurs registres rongés des vers. S’ils y voyaient une coutume insensée et horrible, ils la regardaient comme une loi sacrée. C’est par cette lâche habitude de n’oser penser par eux-mêmes, et de puiser leurs idées dans les débris des temps où l’on ne pensait pas, que, dans la ville des plaisirs, il était encore des mœurs atroces. C’est par cette raison qu’il n’y avait nulle proportion entre les délits et les peines. On faisait quelquefois souffrir mille morts à un innocent pour lui faire avouer un crime qu’il n’avait pas commis. »
La Princesse de Babylone, Voltaire, 1768, chapitre X.
1. Où sommes -nous ? Qui sont, selon vous, ces « sombres fanatiques » dont il est question ?
2. Comment comprenez-vous la phrase suivante : « C’est par cette lâche habitude de n’oser penser par eux-mêmes, et de puiser leurs idées dans les débris des temps où l’on ne pensait pas, que, dans la ville des plaisirs, il était encore des mœurs atroces » ? Que critique ici Voltaire?
3. Amazan vous semble-t-il arrivé dans un État juste ?

J'étudie des extraits du conte - Chapitre XI

Extrait 1
« Ses guides n'eurent pas de peine à suivre la route de la princesse ; on ne parlait que d'elle et de son gros oiseau. Tous les habitants étaient encore dans l'enthousiasme de l'admiration. »
1. Imaginez ces rumeurs : écrivez-en quelques-unes en reprenant ce que vous avez compris du conte.
Extrait 2
« Amazan, en embrassant son cher phénix, ne lui dit que ces tristes paroles : "Je suis coupable ; si je n’avais pas couché avec une fille d’affaire dans la ville des oisifs, la belle princesse de Babylone ne serait pas dans cet état épouvantable ; courons aux anthropokaies." »
1. Où les personnages sont-ils arrivés ?
2. Quels sont les sentiments ressentis par Amazan lorsqu'il se confie au phénix ?
3. Peut-on dire qu'Amazan a appris quelque chose ? Et Formosante ?

J'étudie des extraits du conte - Chapitre XI

« Ô muses ! imposez silence au détestableCogé, professeur de bavarderie au collège Mazarin, qui n’a pas été content des discours moraux de Bélisaire et de l’empereur Justinien, et qui a écrit de vilains libelles diffamatoires contre ces deux grands hommes.
Mettez un bâillon au pédant Larcher, qui, sans savoir un mot de l’ancien babylonien, sans avoir voyagé comme moi sur les bords de l’Euphrate et du Tigre, a eu l’imprudence de soutenir que la belle Formosante, fille du plus grand roi du monde, et la princesse Aldée, et toutes les femmes de cette respectable cour, allaient coucher avec tous les palefreniers de l’Asie pour de l’argent, dans le grand temple de Babylone, par principe de religion. Ce libertin de collège, votre ennemi et celui de la pudeur, accuse les belles Égyptiennes de Mendès de n’avoir aimé que des boucs, se proposant en secret, par cet exemple, de faire un tour en Égypte pour avoir enfin de bonnes aventures.
Comme il ne connaît pas plus le moderne que l’antique, il insinue, dans l’espérance de s’introduire auprès de quelque vieille, que notre incomparable Ninon, à l’âge de quatre-vingts ans, coucha avec l’abbé Gédoin, de l’Académie française et de celle des inscriptions et belles-lettres. Il n’a jamais entendu parler de l’abbé de Châteauneuf, qu’il prend pour l’abbé Gédoin. Il ne connaît pas plus Ninon que les filles de Babylone.
Muses, filles du ciel, votre ennemi Larcher fait plus : il se répand en éloges sur la pédérastie ; il ose dire que tous les bambins de mon pays sont sujets à cette infamie. Il croit se sauver en augmentant le nombre des coupables. » 
1. Comment interprétez-vous la fin du conte ? À quel autre genre littéraire est-il associé ?
2. Imaginez une autre fin à ce conte.