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Étudier des thèmes de l'œuvre

Dans le chapitre XXV, Thérèse et Laurent font face à la paralysie de madame Raquin, qu'ils considèrent...

Sommaire

Vampire(s) et fantôme(s) dans Thérèse RaquinLes représentations du corps dans Thérèse RaquinLa bête dans l'homme, écho des thèses de Darwin
ProlongementsÉdouard Manet, étude biographique et critique, Émile Zola, 1863 - ExtraitÉdouard Manet, étude biographique et critique, Émile Zola, 1863 - QuestionsLe Déjeuner sur l’herbe, Édouard Manet, 1963 - ArticleOlympia, Édouard Manet, 1863

Vampire(s) et fantôme(s) dans Thérèse Raquin

Dans le chapitre XXV, Thérèse et Laurent font face à la paralysie de madame Raquin, qu'ils considèrent ainsi : « Ils comprirent alors qu'ils n'avaient plus qu'un cadavre devant eux, un cadavre vivant à moitié. »Cette caractérisation ne s'applique-t-elle qu'à madame Raquin ?  
Dans le chapitre XVI, le romancier écrit que les deux meurtriers sont désormais « lié[s] […] par un lien de sang et d'horreur ». Si le meurtre apparaît bien comme un pacte tacite, ce dernier ne permet pas le repos des âmes. Dès lors, qui hante qui dans le roman ? Vous vous intéresserez particulièrement aux chapitres XII, XIII, XVI, XVII, XVIII, XXI à XXXII.

Les représentations du corps dans Thérèse Raquin

Émile Zola entend "exposer les vérités du corps humain" comme il le note dans "Les paysagistes".
Réfléchissez aux différentes représentations du corps dans le roman, selon trois dimensions : physiologique, plastique et symbolique. À partir de relevés précis, montrez que Zola adopte le regard d'un scientifique,d'un artiste et d'un romancier naturaliste.
Pour vous aider, vous pouvez utiliser le questionnement suivant :
  • Regard scientifique, dimension physiologique : quels sont les tempéraments (sanguin, nerveux et lymphatique) des personnages ? Associez chaque personnage à son tempérament.
  • Regard de l'artiste, dimension plastique : relevez des descriptions de chairs, de leur texture, de leur carnation, et montrez l'importance des variations de couleurs.
  • Regard du romancier naturaliste, dimension symbolique : montrez comment les personnages sont animalisés. Relevez les mentions du rire, des grimaces, des rictus dans le roman. Quel effet cela produit-il ?

La bête dans l'homme, écho des thèses de Darwin

Le roman de Zola s'appuie sur les thèses de Darwin, notamment en ce qui concerne la caractérisation des personnages.
Mais au-delà cette première filiation, nous pouvons relever que les personnages sont décrits tels des prédateurs, régis par leurs pulsions animales (il est fait référence à la chair et au sang) : « [Laurent] vécut dans une douce quiétude, attendant l'heure. À la première occasion, il était décidé à agir carrément. […] Tous les Raquin travailleraient à ses jouissances […] » (chapitre VI).
N'est-ce pas là le principe de sélection naturelle mis en récit?

Prolongements

Édouard Manet, étude biographique et critique, Émile Zola, 1863 - Extrait

Le Déjeuner sur l'herbeest la plus grande toile d'Édouard Manet, celle où il a réalisé le rêve que font tous les peintres : mettre des figures de grandeur naturelle dans un paysage. On sait avec quelle puissance il a vaincu cette difficulté. Il y a là quelques feuillages, quelques troncs d'arbres, et, au fond, une rivière dans laquelle se baigne une femme en chemise ; sur le premier plan, deux jeunes gens sont assis en face d'une seconde femme qui vient de sortir de l'eau et qui sèche sa peau nue au grand air. Cette femme nue a scandalisé le public, qui n'a vu qu'elle dans la toile. Bon Dieu ! quelle indécence : une femme sans le moindre voile entre deux hommes habillés ! Cela ne s'était jamais vu. Et cette croyance était une grossière erreur, car il y a au musée du Louvre plus de cinquante tableaux dans lesquels se trouvent mêlés des person­nages habillés et des personnages nus. Mais personne ne va chercher à se scandaliser au musée du Louvre. La foule s'est bien gardée d'ailleurs de jugerLe Déjeuner sur l'herbecomme doit être jugée une véritable œuvre d'art ; elle y a vu seulement des gens qui mangeaient sur l'herbe, au sortir du bain, et elle a cru que l'artiste avait mis une intention obscène et tapageuse dans la disposition du sujet, lorsque l'artiste avait simplement cherché à obtenir des oppositions vives et des masses franches. Les peintres, surtout Édouard Manet, qui est un peintre analyste, n'ont pas cette préoccupation du sujet qui tourmente la foule avant tout ; le sujet pour eux est un prétexte à peindre tandis que pour la foule le sujet seul existe. Ainsi, assurément, la femme nue duDéjeuner sur l’herben’est là que pour fournir à   l'artiste l'occasion de peindre un peu de chair. Ce qu'il faut voir dans le tableau, ce n’est pas un déjeuner sur l'herbe, c'est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d'une délicatesse si légère ; c'est cette chair ferme modelée à grands pans de lumière, ces étoffes souples et fortes, et surtout cette délicieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, c’est enfin cet ensemble vaste, plein d'air, ce coin de la nature rendu avec une simplicité si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les éléments particuliers et rares qui étaient en lui.     

Édouard Manet, étude biographique et critique, Émile Zola, 1863 - Questions

1. Qu’est-ce que Zola apprécie dans la peinture de Manet ? Relevez des éléments précis de sa critique d’art. 
2. En quoi cela peut-il éclairer la manière dont il représente le corps dans Thérèse Raquin ?

Le Déjeuner sur l’herbe, Édouard Manet, 1963 - Article

Olympia, Édouard Manet, 1863

L’œuvre d’Édouard Manet a provoqué un scandale : si le sujet a choqué les contemporains du peintre, c'est aussi, et peut-être surtout, la peinture du corps – une peinture de vérité (un corps de femme et non de déesse, un corps de chair et non de marbre) – qui provoqué l'indignation.
Zola, qui a défendu Manet, propose ce même traitement du corps dans ses œuvres. Il s'agit de promouvoir des œuvres d'art qui rendent compte du présent et proposent, de ce fait, une autre manière de voir le monde et de le représenter.
C'est ce qu'il dit dans « Germinie Lacerteux » (Mes haines, 1866 ) : « L'esprit marche, vous en étonnez-vous ? Votre tâche est de constater ses nouvelles formes, de vous incliner devant toute œuvre qui vit. Qu'importent la correction, les règles suivies, l'ensemble parfait [...]. »
Dans L’Événement(27 avril 1867), Zola affirme et confirme ses choix esthétiques : « J'ai peu de sympathie, je l'avoue, pour ces histoires de convention, pour ces contes romanesques qui nous charment pendant une heure ; j'aime les récits âpres et vrais qui fouillent hardiment en pleine nature humaine, j'aime les audaces de la pensée et les audaces de la forme. »