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Perdre ses repères - Extrait, questions et activité

Soizic a commencé à travailler pour son cousin Bokné dans le milieu des bouquinistes. C'est le soir de...

Sommaire

Perdre ses repères - ExtraitPerdre ses repères - Phrase-cléPerdre ses repères - Questions
Perdre ses repères - ActivitésJe rédige un paragraphe d'analyse littéraireJe rédige un paragraphe d'analyse littéraire - Coup de pouceL'alcoolisme atavique - QuestionsPréface des Rougon-Macquart, Émile Zola, 1871

Perdre ses repères - Extrait

Soizic a commencé à travailler pour son cousin Bokné dans le milieu des bouquinistes. C'est le soir de son anniversaire, elle raconte son ivresse...
Lisez l'extrait de l'ouvrage de Camille Goudeau,Les Chats éraflés, aux Éditions Gallimard, pp. 127-130.
Début du passage :« Sobre, j'ai peur de tout. »
Fin du passage :« Je me trémousse sur lui, mais il ne se réveille pas et ça m'agace beaucoup. »

Perdre ses repères - Phrase-clé

« L'avenir existe, le monde est un grand soleil et une guerre dans laquelle je veux me jeter. »

Perdre ses repères - Questions

1. Comment apparaît Soizic lorsqu'elle est « sobre » ? À l'inverse, comment se sent-elle lorsqu'elle est ivre ? Justifiez avec des exemples précis relevés dans l'extrait et qui témoignent de ses deux états.
2. De quels moyens usent les différents protagonistes pour atteindre l'ivresse dans cette scène ? Quel(s) effet(s) cela provoque-t-il sur leur comportement ?
3. Comment qualifier l'écriture de Camille Goudeau dans le deuxième paragraphe de l'extrait, en observant notamment la richesse des figures de style qui le caractérise ? À partir de vos connaissances sur les genres littéraires, que pourriez-vous donc en dire ?

Perdre ses repères - Activités

Je rédige un paragraphe d'analyse littéraire

« On a compris qu'on était bien de la même espèce et que l'esprit de famille Coste se transmet de génération en génération, par ce mimétisme irrésistible des aînés. Je suis soulagée. »
Avec cette remarque, vous montrerez que Camille Goudeau fait entrer Soizic dans la grande famille des personnages de roman rongés par l'alcoolisme atavique. Rédigez un paragraphe le démontrant. Vous nourrirez votre réflexion de vos connaissances littéraires d'autres héros célèbres.

Je rédige un paragraphe d'analyse littéraire - Coup de pouce

Pour le fond
Vous pourrez procéder par étapes :
Étape 1
Il s'agira de démontrer d'abord, en rappelant l'intrigue desChats éraflés, que Soizic s'enivre régulièrement comme le font sa grand-mère et sa mère :
  • ivresse de Jacqueline : p. 11 « je la trouve au petit matin, ronflant dans son fauteuil, frissonnante, la bouteille de rouge posée sur le guéridon… » ;
  • vous pourrez aussi trouver des éléments aux pages 230-231, au moment de son retour à Chinon ;
  • ivresse de Camille : p. 151 « elle pue la gnôle ma mère », p. 205 « des vapeurs du corps imbibé par l'alcool ».
Étape 2
Avec la remarque p. 119 relevée dans l'extrait 4,Soizic prend conscience d'une forme d'atavisme qu'elle verbalise ici.
Étape 3
C'est la notion de l'atavisme énoncée par l'héroïne qui permet à Camille Goudeau celien intertextuel avec les grands héros zoliens. Vous pourrez alors énoncer la théorie naturaliste rappelée dans la préface desRougon-Macquartet prendre comme exemples les personnages de Gervaise, Fine ou Antoine Macquart.
Pour la mise en forme
Voici pour votre mise en forme quelques propositions de formules rédigées qui pourront vous aider à structurer votre paragraphe :
Étape 0 : Formulation de l'axe directeur de notre paragraphe
« Camille Goudeau fait entrer son héroïne dans la grande famille des héros issus de l'alcoolisme atavique… »
Étape 1
« En effet, on peut voir que dans le roman la grand-mère, la mère et la fille… »
Étape 2
« En outre, Camille Goudeau le formule explicitement… »
Étape 3
« Ceci n'est pas sans rappeler… »
Étape 4
« Ainsi tels…, Soizic appartient à cette lignée de héros… »

L'alcoolisme atavique - Questions

1. Qu'est-ce qu'un « atavisme » ?
2. En quoi le projet de Zola dans les Rougon-Macquart est-il lié à cette notion ?
3. Quel personnage de Zola peut se rapprocher de Soizic ? De quel point de vue ?

Préface des Rougon-Macquart, Émile Zola, 1871

Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus, qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres.L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur.
Je tâcherai de trouver et de suivre, en résolvant la double question des tempéraments et des milieux, le fil qui conduit mathématiquement d’un homme à un autre homme.
Et quand je tiendrai tous les fils, quand j’aurai entre les mains tout un groupe social, je ferai voir ce groupe à l’œuvre, comme acteur d’une époque historique, je le créerai agissant dans la complexité de ses efforts, j’analyserai à la fois la somme de volonté de chacun de ses membres et la poussée générale de l’ensemble.
Les Rougon-Macquart, le groupe, la famille que je me propose d’étudier, a pour caractéristique ledébordement des appétits, le large soulèvement de notre âge, qui se rue aux jouissances.
Physiologiquement, ils sont la lente succession des accidents nerveux et sanguinsqui se déclarent dans une race, à la suite d’une première lésion organique, et qui déterminent, selon les milieux, chez chacun des individus de cette race, les sentiments, les désirs, les passions, toutes les manifestations humaines, naturelles et instinctives, dont les produits prennent les noms convenus de vertus et de vices. Historiquement, ils partent du peuple, ils s’irradient dans toute la société contemporaine, ils montent à toutes les situations, par cette impulsion essentiellement moderne que reçoivent les basses classes en marche à travers le corps social, et ils racontent ainsi le second Empire, à l’aide de leurs drames individuels, du guet-apens du coup d’État à la trahison de Sedan.
Depuis trois années, je rassemblais les documents de ce grand ouvrage, et le présent volume était même écrit, lorsque la chute des Bonaparte, dont j’avais besoin comme artiste, et que toujours je trouvais fatalement au bout du drame, sans oser l’espérer si prochaine, est venue me donner le dénouement terrible et nécessaire de mon œuvre. Celle-ci est, dès aujourd’hui, complète ; elle s’agite dans un cercle fini ; elle devient le tableau d’un règne mort, d’une étrange époque de folie et de honte.
Cette œuvre, qui formera plusieurs épisodes, est donc, dans ma pensée, l’Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second empire. Et le premier épisode :La Fortune des Rougon, doit s’appeler de son titre scientifique :Les Origines.
Émile Zola
Paris, le 1erjuillet 1871