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Les figures maternelles

2. Quels points communs voyez-vous entre ces œuvres ? 

Sommaire

ArtsLa maternité, un motif artistique - Questions
LittératureLa Princesse de Clèves - ExtraitsLa Princesse de Clèves - QuestionsLa Nouvelle Héloïse - ExtraitLa Nouvelle Héloïse - QuestionsLa Promesse de l'aube, Romain Gary - ExtraitLa Promesse de l'aube, Romain Gary - Questions

Arts

La maternité, un motif artistique - Questions

1. Observez les tableaux.
  • Berthe MORISOT, Femme et enfant au balcon, 1872, huile sur toile, 60×50 cm, Bridegestone Museum, Tokyo.
  • Pablo PICASSO, Mère et enfant, 1907, huile sur toile, 81×60 cm, Musée Picasso, Paris.
  • Louise BOURGEOIS, Maman, 1999, sculpture en bronze, 1023,6×892,7 cm, Ottawa.
  • Paul-Pierre RUBENS, Portrait d’Hélène Fourment et de leurs enfants, 1636, huile sur bois, 115×86 cm, Musée du Louvre, Paris.
2. Quels points communs voyez-vous entre ces œuvres ? 
3. Quelles différences observez-vous dans le traitement du thème et dans les choix des artistes ? Observez notamment les choix de cadrage, de couleurs...
4. Quelles différences observez-vous dans le traitement du thème et dans les choix des artistes ?
5. Quelles représentations de la maternité ces œuvres proposent-elles ?
6. Que ressentez-vous en observant ces œuvres ?
7. Laquelle préférez-vous ? Pour quelles raisons ?
8. Rédigez un paragraphe en respectant les consignes suivantes : 
  • Deux ou trois arguments sont apportés, dont au moins un argument d'ordre esthétique.
  • Variez les outils grammaticaux et l'expression de la cause.
  • Mobilisez un vocabulaire précis pour décrire les couleurs, les vêtements, les lieux, les attitudes...
  • Justifiez vos sentiments et préférences en recourant à des structures linguistiques variées (adjectifs mélioratifs, superlatifs, verbes d'opinion et de sentiments, constructions passives...).

Littérature

La Princesse de Clèves - Extraits

Texte 1
Madame de La Fayette écrit au XVIIe siècle un roman dont l'action se situe au XVIe siècle. Au début du livre, la narratrice décrit l'admiration suscitée par l'arrivée à la cour de l'héroïne Mademoiselle de Chartres, « une beauté parfaite » et présente l'éducation que sa mère, Madame de Chartres lui a donnée.
Elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de lavertu1et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais degalanterie2devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrêmedéfiance3de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée. Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmementglorieuse4, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. 
Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves,1678.
Vocabulaire
1.Vertu : sagesse, morale, pudeur, respect des règles et des codes (sociaux/moraux).
2.Galanterie : tout ce qui concerne la séduction, l'art de plaire.
3.Défiance : méfiance.
4.Glorieuse : fière.
Texte 2
Mademoiselle de Chartres a épousé Monsieur de Clèves, sans l'aimer. Lors d'un bal, elle rencontre Monsieur de Nemours : le coup de foudre est réciproque mais l'héroïne tente de résister à sa passion. 
Sur le point de mourir, sa mère lui donne ses dernières recommandations.
– Il faut nous quitter, ma fille, lui dit-elle en lui tendant la main ; le péril où je vous laisse et le besoin que vous avez de moi augmentent le déplaisir que j’ai de vous quitter. Vous avez de l’inclination pour M. de Nemours ; je ne vous demande point de me l’avouer : je ne suis plus en état de me servir de votre sincérité pour vous conduire. Il y a déjà longtemps que je me suis aperçue de cette inclination ; mais je ne vous en ai pas voulu parler d’abord, de peur de vous en faire apercevoir vous-même. Vous ne la connaissez que trop présentement, vous êtes sur le bord duprécipice1: il faut de grands efforts et de grandes violences pour vous retenir. Songez ce que vous devez à votre mari, songez ce que vous vous devez à vous-même, et pensez que vous allez perdre cette réputation que vous vous êtes acquise, et que je vous ai tant souhaitée. Ayez de la force et du courage, ma fille ; retirez-vous de la cour, obligez votre mari de vous emmener ; ne craignez pas de prendre des partis trop rudes ou trop difficiles : quelque affreux qu’ils vous paraissent d’abord, ils seront plus doux dans la suite que les malheurs d’une galanterie. Si d’autres raisons que celles de la vertu et de votre devoir vous pouvaient obliger à ce que je souhaite, je vous dirais que, si quelque chose était capable de troubler le bonheur que j’espère en sortant de ce monde, ce serait de vous voir tomber comme les autres femmes ; mais si ce malheur doit vous arriver, je reçois la mort avec joie, pour n’en être pas le témoin. 
Madame de La Fayette,La Princesse de Clèves, 1678.
1.Précipice : vallée très profonde/catastrophe, chute.

La Princesse de Clèves - Questions

1. En quoi consiste l'éducation que Madame de Chartres a donnée à sa fille ? 
2. Quels conseils lui a-t-elle donnés avant son entrée à la cour ? De quels sujets lui a-t-elle parlé ?
3. Au moment de mourir, quelles recommandations lui fait-elle ?
4. Quelle vision de la maternité ces deux  extraits du roman donnent-ils ?

La Nouvelle Héloïse - Extrait

Julie ou la Nouvelle Héloïseest un roman épistolaire du XVIIIe siècle. Jean-Jacques Rousseau y raconte la passion entre Julie et son précepteur Saint-Preux. L'héroïne renonce à cet amour interdit et épouse Monsieur de Wolmar, un ami de son père, dont elle a deux enfants. Elle écrit ici à son amie, Claire, pour lui proposer de venir passer du temps avec elle.
Tu m’as vue successivement fille, amie, amante, épouse et mère. Tu sais si tous ces titres m’ont été chers . Quelques-uns de ces liens sont détruits, d’autres sont relâchés. Ma mère, ma tendre mère n’est plus ; il ne me reste que des pleurs à donner à sa mémoire, et je ne goûte qu’à moitié le plus doux sentiment de la nature. L’amour est éteint, il l’est pour jamais, et c’est encore une place qui ne sera point remplie. Nous avons perdu ton digne et bon mari, que j’aimais comme la chère moitié de toi-même, et qui méritait si bien ta tendresse et mon amitié. Si mes fils étaient plus grands, l’amour maternel remplirait tous ces vides ; mais cet amour, ainsi que tous les autres, a besoin de communication, et quel retour peut attendre une mère d’un enfant de quatre ou cinq ans ? Nos enfants nous sont chers longtemps avant qu’ils puissent le sentir et nous aimer à leur tour ; et cependant on a si grand besoin de dire combien on les aime à quelqu’un qui nous entende ! Mon mari m’entend, mais il ne me répond pas assez à ma fantaisie ; la tête ne lui en tourne pas comme à moi : sa tendresse pour eux est trop raisonnable ; j’en veux une plus vive et qui ressemble mieux à la mienne. Il me faut une amie, une mère qui soit aussi folle que moi de mes enfants et des siens. En un mot, la maternité me rend l’amitié plus nécessaire encore, par le plaisir de parler sans cesse de mes enfants sans donner de l’ennui. Je sens que je jouis doublement des caresses de mon petit Marcellin quand je te les vois partager. Quand j’embrasse ta fille, je crois te presser contre mon sein. Nous l’avons dit cent fois ; en voyant tous nos petits bambins jouer ensemble, nos cœurs unis les confondent, et nous ne savons plus à laquelle appartient chacun des trois.
[...]
Quand je vois mes enfants et leur père autour de moi, il me semble que tout y respire la vertu ; ils chassent de mon esprit l’idée même de mes anciennes fautes. Leur innocence est la sauvegarde de la mienne ; ils m’en deviennent plus chers en me rendant meilleure ; et j’ai tant d’horreur pour tout ce qui blesse l’honnêteté, que j’ai peine à me croire la même qui put l’oublier autrefois. Je me sens si loin de ce que j’étais, si sûre de ce que je suis, qu’ils’en faut de peu1que je ne regarde ce que j’aurais à dire comme un aveu qui m’est étranger et que je ne suis plus obligée de faire.
Jean-Jacques ROUSSEAU,La Nouvelle Héloïse,1761.
1.Il s'en faut de peu : j'en suis presque à.

La Nouvelle Héloïse - Questions

1. Dans quelle mesure son rôle de mère est-il important pour Julie ?
2. Quels liens établit-elle entre la maternité, la fidélité conjugale et l'amitié ?

La Promesse de l'aube, Romain Gary - Extrait

La Promesse de l'aubeest le titre du roman autobiographique de Romain Gary (1914-1980). 
Il y raconte son enfance en Pologne et son adolescence en France, élevé par une mère dont il évoque la présence aimante. À son retour de la guerre, en 1944, il a appris son décès survenu trois ans plus tôt. Ce passage se situe au chapitre 4 du livre.
Lisez l'extrait de l'ouvrage de Romain Gary, La Promesse de l'aube, 1960, publié par Gallimard.
Début du passage :« On regarde, on espère, on attend. »
Fin du passage :« [...] vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. »

La Promesse de l'aube, Romain Gary - Questions

1. Comment comprenez-vous le titre du roman ?
2. Quelles confidences le narrateur fait-il ?
3. Quelles images de la mère se dégagent de cet extrait ?