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L'ivresse

E. Degas, L’Absinthe(ouDans un café), 1875-1876, huile sur toile, 92×68,5 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Sommaire

ArtsL'ivresse, un motif artistiqueL'ivresse, un motif artistique - Questions
LittératureJacques le Fataliste - ExtraitJacques le Fataliste - QuestionsJacques le Fataliste | BNF ESSENTIELS - SiteL'Assommoir - ExtraitL'Assommoir - QuestionsLe Dimanche de la vie - ExtraitLe Dimanche de la vie - Questions

Arts

L'ivresse, un motif artistique

E. Degas, L’Absinthe(ouDans un café), 1875-1876, huile sur toile, 92×68,5 cm, Musée d’Orsay, Paris.
H. de Toulouse-Lautrec,Gueule de bois, 1887-1889, huile sur toile, 47×55,3 cm, Harvard Museum, Cambridge (États-Unis).

L'ivresse, un motif artistique - Questions

1. Quelles impressions avez-vous en observant ces tableaux ?
2. Qu'imaginez-vous des pensées et des sentiments des personnages ?
3. Que vous inspirent les titres des œuvres ?
4. Ces tableaux pourraient-ils illustrer des passages du romanLes Chats éraflés? Pour quelle(s) raison(s) ?
5. Quelles remarques pouvez-vous faire sur la composition des œuvres ? Sur le choix des couleurs ?

Littérature

Jacques le Fataliste - Extrait

Le romanJacques le Fatalistemet en scène Jacques et son maître : les personnages sont constamment pris dans un dialogue et des anecdotes qui semblent empêcher le récit de se mettre en place. Jacques s'apprête en effet à raconter des amours passées mais de multiples situations interrompent le récit. Les fréquentes adresses au lecteur entretiennent le procédé et transforment le roman en un jeu des possibles narratifs.
Cet extrait reproduit des passages d'un récit-cadre, lui-même enchâssé dans le récit principal : les deux héros se sont arrêtés dans une auberge et s'apprêtent à entendre le récit d'une anecdote scandaleuse qui implique Madame de la Pommeraye.
Et vous, lecteur, parlez sansdissimulation1;car, vous voyez que nous sommes en beau train de franchise ; voulez-vous que nous laissions là cette élégante etprolixe2bavarde d’hôtesse, et que nous reprenions les amours de Jacques ? Pour moi je ne tiens à rien. Lorsque cette femme remontera, Jacques le bavard ne demande pas mieux que de reprendre son rôle, et que de lui fermer la porte au nez ;il en sera quitte3pour lui dire par le trou de la serrure : « Bonsoir, madame ; mon maître dort ; je vais me coucher : il faut remettre le reste à notre passage. »
[...]
L’hôtesse reparut et mit fin au récit de Jacques. La voilà remontée, et je vous préviens, lecteur, qu’il n’est plus en mon pouvoir de la renvoyer. – Pourquoi donc ? – C’est qu’elle se présente avec deux bouteilles de champagne, une dans chaque main, et qu’il est écrit là-haut que tout orateur qui s’adressera à Jacques avec cetexorde4s’en fera nécessairement écouter. Elle entre, pose ses deux bouteilles sur la table, et dit : « Allons, monsieur Jacques, faisons la paix... » L’hôtesse n’était pas de la première jeunesse ; c’était une femme grande etreplète5, ingambe6, de bonne mine, pleine d’embonpoint, la bouche un peu grande, mais de belles dents, des joues larges, des yeux à fleur de tête, le front carré, la plus belle peau, la physionomie ouverte, vive et gaie, les bras un peu forts, mais les mains superbes, des mains à peindre ou à modeler. Jacques la prit par le milieu du corps, et l’embrassa fortement ; sa rancune n’avait jamais tenu contre du bon vin et une belle femme ; cela était écrit là-haut de lui, de vous, lecteur, de moi et de beaucoup d’autres. « Monsieur, dit-elle au maître, est-ce que vous nous laisserez aller tout seuls ? Voyez, eussiez-vous encore cent lieues à faire, vous n’en boirez pas de meilleur de toute la route. » En parlant ainsi elle avait placé une des deux bouteilles entre ses genoux, et elle en tirait le bouchon ; ce fut avec une adresse singulière qu’elle en couvrit le goulot avec le pouce, sans laisser échapper une goutte de vin. « Allons, dit-elle à Jacques ; vite, vite, votre verre. » Jacques approche son verre ; l’hôtesse, en écartant son pouce un peu de côté, donne vent à la bouteille, et voilà le visage de Jacques tout couvert de mousse. Jacques s’était prêté à cette espièglerie, et l’hôtesse de rire et Jacques et son maître de rire. On but quelquesrasades7les unes sur les autres pour s’assurer de la sagesse de la bouteille, puis l’hôtesse dit : « Dieu merci ! Ils sont tous dans leurs lits, on ne m’interrompra plus, et je puis reprendre mon récit. » Jacques, en la regardant avec des yeux dont le vin de Champagne avait augmenté la vivacité naturelle, lui dit ou à son maître : « Notre hôtesse a été belle comme un ange ; qu’en pensez-vous, monsieur ? Le maître : A été ! Pardieu, Jacques, c’est qu’elle l’est encore ! Jacques : Monsieur, vous avez raison ; c’est que je ne la compare pas à une autre femme, mais à elle-même quand elle était jeune. L’hôtesse : Je ne vaux pas grand-chose à présent ; c’est lorsqu’on m’aurait prise entre les deux premiers doigts de chaque main qu’il me fallait voir ! On se détournait de quatre lieues pour séjourner ici. Mais laissons là les bonnes et les mauvaises têtes que j’ai tournées, et revenons à Mme de La Pommeraye.
– Jacques : Si nous buvions d’abord un coup aux mauvaises têtes que vous avez tournées, ou à ma santé ? L’hôtesse : Très volontiers ; il y en avait qui en valaient la peine, en comptant ou sans compter la vôtre. Savez-vous que j’ai été pendant dix ans la ressource des militaires, en tout bien et tout honneur ? J’en ai obligé nombre qui auraient eu bien de la peine à faire leur campagne sans moi. Ce sont de braves gens, je n’ai à me plaindre d’aucun, ni eux de moi. Jamais de billets ; ils m’ont fait quelquefois attendre ; au bout de deux, de trois, de quatre ans mon argent m’est revenu... » Et puis la voilà qui se met à faire l’énumération des officiers qui lui avaient fait l’honneur de puiser dans sa bourse et monsieur un tel, colonel du régiment de ***, et M. un tel, capitaine au régiment de ***, et voilà Jacques qui se met à faire un cri : « Mon capitaine ! Mon pauvre capitaine ! Vous l’avez connu ? L’hôtesse : Si je l’ai connu ? Un grand homme, bien fait, un peu sec, l’air noble et sévère, le jarret bien tendu, deux petits points rouges à la tempe droite. Vous avez donc servi ? Jacques : Si j’ai servi ! L’hôtesse : Je vous en aime davantage ; il doit vous rester de bonnes qualités de votre premier état. Buvons à la santé de votre capitaine. Jacques : S’il est encore vivant. L’hôtesse : Mort ou vivant, qu’est-ce que cela fait ? Est-ce qu’un militaire n’est pas fait pour être tué ? Est-ce qu’il ne doit pas être enragé, après dix sièges et cinq ou six batailles, de mourir au milieu de cette canaille de gens noirs !... Mais revenons à notre histoire, et buvons encore un coup. Le maître : Ma foi, notre hôtesse, vous avez raison. L’hôtesse : Je suis bien aise que vous pensiez ainsi. Le maître : Car votre vin est excellent. L’hôtesse : Ah ! c’est de mon vin que vous parliez ? Eh bien ! Vous avez encore raison. Vous rappelez-vous où nous en étions ? Le maître : Oui, à la conclusion de la plus perfide des confidences. »
L'hôtesse raconte alors l'histoire d'une trahison amoureuse suivie d'une vengeance : Madame de La Pommeraye, séduite puis abandonnée s'est vengée de son amant en le faisant épouser une prostituée.
Tandis que je disserte, le maître de Jacques ronfle comme s’il m’avait écouté, et Jacques, à qui les muscles des jambes refusaient le service, rôde dans la chambre, en chemise et pieds nus, culbute tout ce qu’il rencontre et réveille son maître qui lui dit d’entre ses rideaux : « Jacques, tu es ivre. – Ou peu s’en faut. – À quelle heure as-tu résolu de te coucher ? – Tout à l’heure, monsieur, c’est qu’il y a... c’est qu’il y a... – Qu’est-ce qu’il y a ? – Dans cette bouteille un reste qui s’éventerait8. J’ai en horreur les bouteillesen vidange9; cela me reviendrait en tête, quand je serais couché ; et il n’en faudrait pas davantage pour m’empêcher de fermer l’œil. Notre hôtesse est, par ma foi, une excellente femme, et son vin de Champagne un excellent vin ; ce serait dommage de le laisser éventer... Le voilà bientôt à couvert... et il ne s’éventera plus... » Et tout en balbutiant, Jacques en chemise et pieds nus, avaitsablé10deux ou trois rasades sans ponctuation, comme il s’exprimait, c’est-à-dire de la bouteille au verre, du verre à la bouche. Il y a deux versions sur ce qui suivit après qu’il eut éteint les lumières. Les uns prétendant qu’il se mit à tâtonner le long des murs sans pouvoir retrouver son lit, et qu’il disait : « Ma foi, il n’y est plus, ou, s’il y est, il est écrit là-haut que je ne le retrouverai pas ; dans l’un et l’autre cas, il faut s’en passer » ; et qu’il prit le parti de s’étendre sur des chaises. D’autres, qu’il était écrit là-haut qu’il s’embarrasserait les pieds dans les chaises, qu’il tomberait sur le carreau et qu’il y resterait. De ces deux versions, demain, après-demain, vous choisirez, à tête reposée, celle qui vous conviendra le mieux.
1.Sans dissimulation : sans vous cacher.
2.Prolixe : qui parle beaucoup, bavarde, diserte.
3.Il en sera quitte : il n'aura qu'à.
4.Exorde : introduction d'un discours (revoyez les perles « Les mots pour le dire »).
5.Replète : qui a de l'embonpoint, un peu grasse.
6.Ingambe : qui a un usage normal de ses jambes, qui marche (encore) bien.
7.Rasades : verres.
8.S'éventer : perdre son gaz (le champagne est un vin pétillant).
9.En vidange : presque vide.
10.Sabler : boire.

Jacques le Fataliste - Questions

1. Comment l'hôtesse réussit-elle à capter l'attention de ses auditeurs ?
2. Sur quoi et pourquoi la complimentent-ils ?
3. Dans quelles circonstances consomment-ils de l'alcool ? Quels en sont les effets ? Avant le récit ? Après ?
4. Quels sont les choix laissés au lecteur ?

Jacques le Fataliste | BNF ESSENTIELS - Site

L'Assommoir - Extrait

Gervaise, une blanchisseuse, a épousé Coupeau, un couvreur. Peu à peu ces derniers s'adonnent à la boisson et sombrent dans la déchéance. L'héroïne va voir son mari atteint d'alcoolisme chronique à l'hôpital et assiste à une crise.
Maintenant, elle voyait mieux comment Coupeau s'y prenait, elle ne l'oublierait jamais plus, les yeux grands ouverts sur le vide. Pourtant elle saisissait des phrases entre l'interne et le médecin. Le premier ordonnait des détails sur la nuit, avec des mots qu'elle ne comprenait pas. Toute la nuit, son homme avait causé et pirouetté, voilà ce que ça signifiait au fond. Puis, le vieux monsieur chauve, pas très poli d’ailleurs, parut enfin s'apercevoir de sa présence ; et, quand l’interne lui eut dit qu'elle était la femme du malade, il se mit à l'interroger, d'un air méchant de commissaire de police. « Est-ce que le père de cet homme buvait ? – Oui, monsieur, un petit peu, comme tout le monde... Il s'est tué en dégringolant d'un toit, un jour deribote1.– Est-ce que sa mère buvait ? – Dame ! monsieur, comme tout le monde, vous savez, une goutte par-ci, une goutte par-là... Oh ! la famille est très bien !... Il y a eu un frère, mort très jeune dans desconvulsions2. » Le médecin la regardait de son œil perçant. Il reprit, de sa voix brutale : « Vous buvez aussi, vous ? » Gervaise bégaya, se défendit, posa la main sur son cœur pour donner sa parole sacrée. « Vous buvez ! Prenez garde, voyez où mène la boisson... Un jour ou l'autre, vous mourrez ainsi. » Alors, elle resta collée contre le mur. Le médecin avait tourné le dos. Il s'accroupit, sans s'inquiéter s'il ne ramassait pas la poussière du paillasson avec saredingote3; il étudia longtemps le tremblement Coupeau, l'attendant au passage, le suivant du regard. Ce jour-là, les jambes sautaient à leur tour, le tremblement était descendu des mains dans les pieds ; un vraipolichinelle4, dont on aurait tiré les fils, rigolant des membres, le tronc raide comme du bois. Le mal gagnait petit à petit. On aurait dit une musique sous la peau ; ça partait toutes les trois ou quatre secondes, roulait un instant ; puis ça s'arrêtait et ça reprenait, juste le petit frisson qui secoue les chiens perdus, quand ils ont froid l'hiver, sous une porte. Déjà le ventre et les épaules avaient un frémissement d'eau sur le point de bouillir. Une drôle de démolition tout de même, s'en aller en se tordant, comme une fille à laquelle les chatouilles font de l'effet ! Coupeau, cependant, se plaignait d'une voix sourde. Il semblait souffrir beaucoup plus que la veille. Ses plaintes entrecoupées laissaient deviner toutes sortes de maux. Des milliers d'épingles le piquaient. Il avait partout sur la peau quelque chose de pesant ; une bête froide et mouillée se traînait sur ses cuisses et lui enfonçait des crocs dans la chair. Puis, c'étaient d'autres bêtes qui se collaient à ses épaules, en lui arrachant le dos à coups de griffes. « J'ai soif, oh ! j'ai soif ! » grogna-t-il continuellement. L'interne prit un pot de limonade sur une planchette et le lui donna. Il saisit le pot il deux mains, aspiragoulûment5une gorgée, en répandant la moitié du liquide sur lui ; mais il cracha tout de suite la gorgée, avec un dégoût furieux, en criant : « Nom de Dieu ! c'est de l'eau-de-vie ! » Alors, l'interne, sur un signe du médecin, voulut lui faire boire de l'eau, sans lâcher la carafe. Cette fois, il avala la gorgée, en hurlant, comme s'il avait avalé du feu. « C'est de l'eau-de-vie, nom de Dieu ! C'est de l'eau-de-vie ! » Depuis la veille, tout ce qu'il buvait était de l'eau-de-vie. Ça redoublait sa soif, et il ne pouvait plus boire, parce que tout le brûlait. On lui avait apporté un potage, mais on cherchait à l'empoisonner bien sûr, car ce potage sentaitle vitriol6.Le pain était aigre etgâté7. Il n'y avait que du poison autour de lui. La cellule puait le soufre. Même il accusait des gens de frotter des allumettes sous son nez pour l'empester. Le médecin venait de se relever et écoutait Coupeau, qui maintenant voyait de nouveau des fantômes en plein midi. Est-ce qu'il ne croyait pas apercevoir sur les murs des toiles d'araignées grandes comme des voiles de bateau ! Puis ces toiles devenaient des filets avec des mailles qui se rétrécissaient et s’allongeaient, un drôle de joujou ! Des boules noires voyageaient dans les mailles, de vraies boules d'escamoteur, d'abord grosses comme des billes, puis grosses comme des boulets ; et elles enflaient, et elles maigrissaient, histoire simplement de l'embêter. Tout d'un coup, il cria : « Oh ! les rats, v'là les rats, à cette heure. » C'étaient les boules qui devenaient des rats. Ces sales animaux grossissaient, passaient à travers le filet, sautaient sur le matelas, où ils s'évaporaient. Il y avait aussi un singe, qui sortait du mur, qui rentrait dans le mur, en s'approchant chaque fois si près de lui, qu'il reculait, de peur d'avoir le nez croqué. Brusquement, ça changea encore ; les murs devaient cabrioler, car il répétait, étranglé de terreur et de rage : « C'est ça, aïe donc ! Secouez-moi, je m'en fiche !... Aïe donc lacambuse8! Aïe donc ! Par terre !... Oui, sonnez les cloches, tas de corbeaux ! Jouez de l'orgue pour m'empêcher d'appeler la garde !... Et ils ont mis une machine derrière le mur, ces racailles ! Je l'entends bien, elle ronfle, ils vont nous faire sauter... Au feu ! Nom de Dieu ! On crie au feu ! Voilà que ça flambe. Oh ! ça s'éclaire, ça s'éclaire ! Tout le ciel brûle, des feux rouges, des feux verts, des feux jaunes... À moi ! Au secours ! Au feu ! » Ses cris se perdaient dans un râle. Il ne marmottait plus que des mots sans suite, une écume à la bouche, le menton mouillé de salive. Le médecin se frottait le nez avec le doigt, un tic qui lui était sans doute habituel, en face des cas graves. Il se tourna vers l'interne, lui demanda à demi-voix : « Et la température, toujours quarante degrés, n'est-ce pas ? – Oui, monsieur. » Le médecin fit unemoue9.Il demeura encore là, deux minutes, les yeux fixés sur Coupeau. Puis, il haussa les épaules, en ajoutant : « Le même traitement, bouillon, lait, limonade citrique, extrait mou dequinquina10en potion... Ne le quittez pas, et faites-moi appeler. » Il sortit, Gervaise le suivit, pour lui demander s'il n'y avait plus d'espoir. Mais il marchait si raide dans lecorridor11,qu'elle n'osa pas l'aborder. Elle resta plantée là un instant, hésitant à rentrer voir son homme. La séance lui semblait déjà joliment rude. Comme elle l'entendait crier encore que la limonade sentait l'eau-de-vie, ma foi ! elle fila, ayant assez d'une représentation. Dans les rues, le galop des chevaux et le bruit des voitures lui firent croire que toutSainte-Anne12étaità ses trousses13. Et ce médecin qui l'avait menacée ! Vrai, elle croyait déjà avoir la maladie.
1.Ribote : débauche.
2.Convulsions : secousses musculaires involontaires.
3.Redingote : longue veste d'homme.
4.Polichinelle : figure de la commedia dell'arte, ici au sens de « pantin ».
5.Goulûment : avec avidité, comme s'il avait très soif.
6.Vitriol : acide très concentré et très corrosif.
7.Gâté : abimé, moisi, impropre à la consommation.
8.Cambuse : au sens propre, espace où l'on stocke la nourriture sur un bateau/en langage familier, pièce sale, mal entretenue.
9.Moue : grimace.
10.Quinquina : plante dont on extrait la quinine, qui fait baisser la fièvre.
11.Corridor : couloir.
12.Saint-Anne : nom de l'hôpital.
13.À ses trousses : à sa poursuite.

L'Assommoir - Questions

1. Comment se comporte Coupeau ? Que ressentez-vous à la lecture de cette description ?
2. Comment Gervaise réagit-elle ? Pourquoi, à votre avis ?
3. De quoi parlent les médecins ? Quel diagnostic font-ils de la « maladie » de Coupeau ? 
4. Quelles hypothèses formulent-ils ? Qu’en pensez-vous ?
Étude de la langue
5. Comment les paroles sont-elles rapportées ?
6. Quelles voix entend-on dans ce passage ?
7. Est-ce que cette superposition de voix vous aide ou vous gêne dans l'interprétation du passage ?

Le Dimanche de la vie - Extrait

Le titre du roman est emprunté au philosophe Hegel, cité en épigraphe du roman, qui comparait la peinture hollandaise au « dimanche de la vie » et disait des personnages représentés : « Des hommes doués d’une aussi bonne humeur ne peuvent être foncièrement mauvais ou vils. » Raymond Queneau, dont les œuvres sont traversées par la fantaisie verbale, raconte ici les aventures de Valentin Brû qui épouse dans les années 1930 Julia, une mercière plus âgée que lui. Le couple s'installe chez Nanette, la mère de Julia, qui décède quelques mois plus tard, leur léguant son commerce. Cela attise la jalousie de Chantal, la sœur de Julia, et de son mari Paul.  Les deux couples prennent l'apéritif ensemble. La bouteille de Porto de la marque Sandeman que lui sert Valentin fâche Paul, car elle matérialise selon lui l'enrichissement soudain et malhonnête des Brû.
Lisez l'extrait de l'ouvrage de Queneau, Le Dimanche de la vie,1952, chez Gallimard.
Début du passage :« –Qu'est-ce qui en veut ? demanda Paul [...]. »
Fin du passage :« Il les avait eus, les Brû, avec leur apéro acheté sur sa part d'héritage. »

Le Dimanche de la vie - Questions

1. Pourquoi selon vous les personnages consomment-ils de l’alcool ? Ont-ils tous les mêmes raisons de le faire ?
2. Quelle(s) vision(s) de la famille se dégage(nt) de ce passage ?
3. Quels effets de l’alcool pouvez-vous relever dans cet extrait ? Comment sont-ils évoqués ?
4. Que pensez-vous des réactions et des réflexions des personnages ?
Étude de la langue
5. Quelles marques d’oralité repérez-vous dans le passage ?
6. Quels sont les effets de cette écriture inhabituelle sur votre lecture et votre compréhension du texte ?