Revenir
Revenir

Se préparer aux épreuves anticipées de français

George Sand écrit à un ami à propos d'Une conspiration en 1537: « Je travaille à une sorte de brimborion1littéraire...

Sommaire

Je m'initie à la réflexion littéraire : échanges avec ChatGPTJ'organise une réflexion littéraire sur l’œuvre étudiéeLiens utiles
Je m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantiqueLorenzaccio, Alfred de Musset, Acte I, scène 4, 1834 - ExtraitLes Caprices de Marianne, Alfred de Musset, Acte I, scène 1, 1833 - ExtraitRuy Blas, Victor Hugo, Acte V, scène 4, 1838 - ExtraitJe m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantique - QuestionsJe m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantique - Coup de pouce

Je m'initie à la réflexion littéraire : échanges avec ChatGPT

J'organise une réflexion littéraire sur l’œuvre étudiée

George Sand écrit à un ami à propos d'Une conspiration en 1537: « Je travaille à une sorte de brimborion1littéraire et dramatique, noir comme cinquante diables, avec conspiration, bourreau, assassin, agonie, sang, jurons et malédictions. Il y a de tout ça ; ce sera amusant comme tout. »
Dans quelle mesure ce jugement peut-il s'appliquer à la pièce de Musset ?
En fonction du choix de votre professeur :
  • Parcours 1. Initiation à l'argumentation. Vous répondrez à cette question dans un développement organisé après avoir réalisé les activités de la collection.
  • Parcours 2. Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l’œuvre de Musset que vous avez lue et étudiée, ainsi que sur le travail mené dans le cadre de cette séquence. 
1.Brimborion : Petit objet de peu de valeur. Synon. bibelot, babiole, colifichet. Un vendeur de brimborions (Taine, Voyage en Italie, 1866, p. 297). (Source :https://www.cnrtl.fr/definition/brimborion)

Liens utiles

https://www.cnrtl.fr/definition/brimborion

https://www.cnrtl.fr/definition/brimborion

Je m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantique

Lorenzaccio, Alfred de Musset, Acte I, scène 4, 1834 - Extrait

SIRE MAURICE.– Celui qui se croit le droit de plaisanter doit savoir se défendre. À votre place, je prendrais une épée.
LORENZO.– Si l'on vous a dit que j'étais un soldat, c'est une erreur ; je suis un pauvre amant de la science.
SIRE MAURICE.– Votre esprit est une épée acérée, mais flexible. C'est une arme trop vile ; chacun fait usage des siennes. (Il tire son épée.)
VALORI.– Devant le duc, l'épée nue !
LE DUC,riant. – Laissez faire, laissez faire. Allons, Renzo, je veux te servir de témoin ; qu'on lui donne une épée !
LORENZO.– Monseigneur, que dites-vous là ?
LE DUC.– Eh bien ! ta gaieté s'évanouit si vite ? Tu trembles, cousin ? Fi donc ! tu fais honte au nom des Médicis. Je ne suis qu'un bâtard, et je le porterais mieux que toi, qui es légitime ? Une épée, une épée  ! un Médicis ne se laisse point provoquer ainsi. Pages, montez ici ; toute la cour le verra, et je voudrais que Florence entière y fût.
LORENZO.– Son Altesse se rit de moi.
LE DUC.– J'ai ri tout à l'heure, mais maintenant je rougis de honte. Une épée ! (Il prend l'épée d'un page et la présente à Lorenzo.) […] Regardez Renzo, je vous en prie ; ses genoux tremblent ; il serait devenu pâle, s'il pouvait le devenir. Quellecontenance, juste Dieu ! je crois qu'il va tomber. (Lorenzo chancelle ; il s'appuie sur la balustrade et glisse à terre tout d'un coup.)
LE DUC,riant aux éclats. – Quand je vous le disais ! personne ne le sait mieux que moi ; la seule vue d'une épée le fait trouver mal. Allons, chère Lorenzetta, fais-toi emporter chez ta mère.
(Les pages relèvent Lorenzo.)
SIRE MAURICE.– Double poltron ! fils decatin !
LE DUC.– Silence ! sire Maurice ; pesez vos paroles ; c'est moi qui vous le dis maintenant ; pas de ces mots-là devant moi. (Sire Maurice et Valori sortent.)
VALORI.– Pauvre jeune homme !
LE CARDINAL,resté seul avec le duc. – Vous croyez à cela, monseigneur ?
LE DUC.– Je voudrais bien savoir comment je n'y croirais pas.
LE CARDINAL.– Hum ! c'est bien fort.
LE DUC.– C'est justement pour cela que j'y crois. Vous figurez-vous qu'un Médicis se déshonore publiquement, par partie de plaisir ? D'ailleurs ce n'est pas la première fois que cela lui arrive ; jamais il n'a pu voir une épée.
LE CARDINAL.– C'est bien fort, c'est bien fort. (Ils sortent.)

Les Caprices de Marianne, Alfred de Musset, Acte I, scène 1, 1833 - Extrait

COELIO,rentrant. Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie avant de savoir où sa chimère le mène, et s’il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s’éloigne peu à peu de la rive ; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l’entraînent en silence et, quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu’il a quitté ; il ne peut ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.(On entend un bruit d’instruments.)Quelle est cette mascarade ? N’est-ce pas Octave que j’aperçois ?
(Entre Octave.)
OCTAVE— Comment se porte, mon bon Monsieur, cette gracieuse mélancolie ?
COELIO— Octave ! ô fou que tu es ! tu as un pied de rouge sur les joues ! — D’où te vient cet accoutrement ? N’as-tu pas de honte en plein jour ?
OCTAVE— Ô Coelio ! fou que tu es ! tu as un pied de blanc sur les joues ! — D’où te vient ce large habit noir ? N’as-tu pas de honte en plein carnaval ?
COELIO— Quelle vie que la tienne ! Ou tu es gris, ou je le suis moi-même.
OCTAVE— Ou tu es amoureux, ou je le suis moi-même.
COELIO— Plus que jamais de la belle Marianne.
OCTAVE— Plus que jamais de vin de Chypre.
COELIO- J’allais chez toi quand je t’ai rencontré.
OCTAVE— Et moi aussi j’allais chez moi. Comment se porte ma maison ? il y a huit jours que je ne l’ai vue.
COELIO. — J’ai un service à te demander.
OCTAVE. — Parle, Coelio, mon cher enfant. Veux-tu de l’argent ? Je n’en ai plus. Veux-tu des conseils ? Je suis ivre. Veux-tu mon épée ; voilà une batte d’Arlequin. Parle, dispose de moi.
COELIO.— Combien de temps cela durera-t-il ? Huit jours hors de chez toi ! Tu te tueras, Octave.
OCTAVE. — Jamais de ma propre main, mon ami, jamais ; j’aimerais mieux mourir que d’attenter à mes jours.
COELIO.— Et n’est-ce pas un suicide comme un autre que la vie que tu mènes ?
OCTAVE. — Figure-toi un danseur de corde, en brodequins d’argent, le balancier au poing, suspendu entre le ciel et la terre ; à droite et à gauche, de vieilles petites figures racornies, de maigres et pâles fantômes, des créanciers agiles, des parents et des courtisans, toute une légion de monstres se suspendent à son manteau et le tiraillent de tous côtés pour lui faire perdre l’équilibre ; des phrases redondantes, de grands mots enchâssés cavalcadent autour de lui ; une nuée de prédictions sinistres l’aveugle de ses ailes noires. Il continue sa course légère de l’orient à l’occident. S’il regarde en bas, la tête lui tourne ; s’il regarde en haut, le pied lui manque. Il va plus vite que le vent, et toutes les mains tendues autour de lui ne lui feront pas renverser une goutte de la coupe joyeuse qu’il porte à la sienne. Voilà ma vie, mon cher ami ; c’est ma fidèle image que tu vois.

Ruy Blas, Victor Hugo, Acte V, scène 4, 1838 - Extrait

La Reine
Que voulez-vous ?
Ruy Blas(joignant les mains)
Que vous me pardonniez, madame !
La Reine
Jamais.
Ruy Blas
Jamais !
(Il se lève et marche lentement vers la table).
Bien sûr ?
La Reine
Non, jamais !
Ruy Blas(Il prend la fiole posée sur la table, la porte à ses lèvres et la vide d’un trait).
Triste flamme,
Éteins-toi !
La Reine(se levant et courant à lui).
Que fait-il ?
Ruy Blas(posant la fiole).
Rien. Mes maux sont finis
Rien. Vous me maudissez, et moi je vous bénis.
Voilà tout.
La Reine(éperdue).
Don César !
Ruy Blas
Quand je pense, pauvre ange,
Que vous m’avez aimé !
La Reine
Quel est ce philtre étrange ?
Qu’avez-vous fait ? Dis-moi ! réponds-moi ! parle-moi !
César ! Je te pardonne et t’aime, et je te croi !
Ruy Blas
Je m’appelle Ruy Blas.
La Reine(l’entourant de ses bras).
Ruy Blas, je vous pardonne !
Mais qu’avez-vous fait là ? Parle, je te l’ordonne !
Ce n’est pas du poison, cette affreuse liqueur ?
Dis ?
Ruy Blas
Si ! C’est du poison. Mais j’ai la joie au cœur.
(Tenant la Reine embrassée et levant les yeux au ciel).
Permettez, ô mon Dieu, justice souveraine,
Que ce pauvre laquais bénisse cette reine,
Car elle a consolé mon cœur crucifié,
Vivant, par son amour, mourant, par sa pitié !
La Reine
Du poison ! Dieu ! C’est moi qui l’ai tué ! — Je t’aime !
Si j’avais pardonné ? ...
Ruy Blas(défaillant).
J’aurais agi de même.
(Sa voix s’éteint. La Reine le soutient dans ses bras).
Je ne pouvais plus vivre. Adieu !
(Montrant la porte).
Fuyez d’ici
— Tout restera secret. — Je meurs.
(Il tombe).
La Reine(se jetant sur son corps).
Ruy Blas !
Ruy Blas(qui allait mourir, se réveille à son nom prononcé par la Reine).
Merci !

Je m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantique - Questions

Après une lecture silencieuse des trois textes, répartissez-vous par groupe.
1. Quelles sont les thématiques communes aux trois textes ? Identifiez-en deux ou trois principales.
2. À partir du texte qui a été attribué à votre groupe par votre professeur, montrez comment le conflit se met en place dans le texte.
Selon le temps dont vous disposerez, vous élaborerez le brouillon d'une ou de deux parties de ce commentaire ou vous en rédigerez l'intégralité.

Je m'initie au commentaire : le conflit sur la scène romantique - Coup de pouce

1. Sur l'extrait de Lorenzaccio :Comment Lorenzo agit-il dans cette scène ? Quelle attitude le cardinal Cibo et sire Maurice adoptent-ils face à lui ? Sur quoi le conflit repose-t-il ? 
2. Sur l'extrait desCaprices de Marianne: En quoi peut-on dire que Coelio et Octave sont deux personnages antithétiques ? Peut-on y voir les deux faces d'un héros romantique ? Appuyez-vous sur ce que vous avez appris de Lorenzo et du héros romantique tout au long de la séquence.
3. Sur l'extrait deRuy Blas: Dans quelle mesure peut-on dire que Ruy Blas est un personnage torturé ? Comment cela s'exprime-t-il sur scène ? Soyez attentif aux marques de lyrisme.