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Histoire littéraire

Lisez les trois documents sur « marivauder » et « marivaudage » puis répondez aux questions suivante...

Sommaire

L'origine des mots « marivaudage » et « marivauder »Lexique : "marivauder" - DéfinitionLexique : "marivaudage" - Définition« Marivaudage », une invention de Madame de Graffigny ? - ArticleLexique - Questions
Le concept à l'épreuve des pièces de MarivauxLa Double Inconstance, 1723Acte II, scène 12Le Jeu de l'amour et du hasard, 1730Les Fausses Confidences, 1737Question
Le marivaudage au cinémaJ'identifie le marivaudage au cinéma
Call Me By Your Name, Luca Guadagnino, 2017 - Bande-annonce
Chronique d'une liaison passagère, Emmanuel Mouret, 2022 - Bande-annonce
Lexique : activité complémentaireLes nouveaux mots du Petit Robert - ArticleLes nouveaux mots du Petit Robert - Questions

L'origine des mots « marivaudage » et « marivauder »

Lexique : "marivauder" - Définition

Lexique : "marivaudage" - Définition

« Marivaudage », une invention de Madame de Graffigny ? - Article

Lexique - Questions

Lisez les trois documents sur « marivauder » et « marivaudage » puis répondez aux questions suivantes.
1. Qu'avez-vous appris de l'origine des mots « marivauder », « marivaudage »?
2. Quelles sont leurs différentes significations ? 
3. Pourquoi la création de ces termes faisait-elle souffrir Marivaux ?

Le concept à l'épreuve des pièces de Marivaux

La Double Inconstance, 1723

Silvia et Arlequin, deux jeunes villageois, sont amoureux l'un de l'autre depuis l'enfance : ils se sont fait le serment de s'aimer toujours. Mais le prince Lelio est, lui aussi, amoureux de Silvia qu'il décide d'enlever pour l'épouser. Face au refus de Silvia, Flaminia, la confidente du Prince, met tout en œuvre pour «détruire »l'amour que Silvia éprouve pour Arlequin. Flaminia, après l'échec de Lisette, tente de séduire Arlequin et s'arrange pour gagner la confiance des deux amants. Silvia est courtisée par le Prince déguisé en simple officier du palais. 

Acte II, scène 12

SILVIA, LE PRINCE.
SILVIA.
Vous venez ; vous allez encore me dire que vous m’aimez, pour me mettre davantage en peine.
LE PRINCE.
Je venais voir si la dame qui vous a fait insulte s’était bien acquittée de son devoir. Quant à moi, belle Silvia, quand mon amour vous fatiguera, quand je vous déplairai moi-même, vous n’avez qu’à m’ordonner de me taire et de me retirer ; je me tairai, j’irai où vous voudrez, et je souffrirai sans me plaindre, résolu de vous obéir en tout.
SILVIA.
Ne voilà-t-il pas ? Ne l’ai-je pas bien dit ? Comment voulez-vous que je vous renvoie ? Vous vous tairez, s’il me plaît ; vous vous en irez, s’il me plaît ; vous n’oserez pas vous plaindre, vous m’obéirez en tout. C’est bien là le moyen de faire que je vous commande quelque chose !
LE PRINCE.
Mais que puis-je mieux que de vous rendre maîtresse de mon sort ?
SILVIA.
Qu’est-ce que cela avance ? Vous rendrai-je malheureux ? en aurai-je le courage ? Si je vous dis : « Allez-vous-en », vous croirez que je vous hais ; si je vous dis de vous taire, vous croirez que je ne me soucie pas de vous ; et toutes ces croyances-là ne seront pas vraies ; elles vous affligeront ; en serai-je plus à mon aise après ? 
LE PRINCE.
Que voulez-vous donc que je devienne, belle Silvia ?
SILVIA.
Oh ! ce que je veux ! j’attends qu’on me le dise ; j’en suis encore plus ignorante que vous. Voilà Arlequin qui m’aime ; voilà le prince qui demande mon cœur ; voilà vous qui mériteriez de l’avoir ; voilà des femmes qui m’injurient, et que je voudrais punir ; voilà que j’aurai un affront, si je n’épouse pas le Prince. Arlequin m’inquiète ; vous me donnez du souci, vous m’aimez trop ; je voudrais ne vous avoir jamais connu, et je suis bien malheureuse d’avoir tout ce tracas-là dans la tête.
LE PRINCE.
Vos discours me pénètrent, Silvia. Vous êtes trop touchée de ma douleur ; ma tendresse, toute grande qu’elle est, ne vaut pas le chagrin que vous avez de ne pouvoir m’aimer.
SILVIA.
Je pourrais bien vous aimer ; cela ne serait pas difficile, si je voulais.
LE PRINCE.
Souffrez donc que je m’afflige, et ne m’empêchez pas de vous regretter toujours.
SILVIA.
Je vous en avertis, je ne saurais supporter de vous voir si tendre ; il me semble que vous le fassiez exprès. Y a-t-il de la raison à cela ? Pardi ! j’aurai moins de mal à vous aimer tout à fait qu’à être comme je suis. Pour moi, je laisserai tout là ; voilà ce que vous gagnerez. 
LE PRINCE.
Je ne veux donc plus vous être à charge ; vous souhaitez que je vous quitte ; je ne dois pas résister aux volontés d’une personne si chère. Adieu, Silvia.
SILVIA.
Adieu, Silvia ! Je vous querellerais volontiers ; où allez-vous ? Restez-là, c’est ma volonté ; je la sais mieux que vous, peut-être.
LE PRINCE.
J’ai cru vous obliger.
SILVIA.
Quel train que tout cela ! Que faire d’Arlequin ? Encore si c’était vous qui fussiez le prince !
LE PRINCE.
Et quand je le serais ?
SILVIA.
Cela serait différent, parce que je dirais à Arlequin que vous prétendriez être le maître ; ce serait mon excuse ; mais il n’y a que pour vous que je voudrais prendre cette excuse-là.
LE PRINCE, à part.
Qu’elle est aimable ! il est temps de dire qui je suis.
SILVIA.
Qu’avez-vous ? est-ce que je vous fâche ? Ce n’est pas à cause de la principauté que je voudrais que vous fussiez prince, c’est seulement à cause de vous tout seul ; et si vous l’étiez, Arlequin ne saurait pas que je vous prendrais par amour ; voilà ma raison. Mais non, après tout, il vaut mieux que vous ne soyez pas le maître ; cela me tenterait trop. Et quand vous le seriez, tenez, je ne pourrais me résoudre à être une infidèle ; voilà qui est fini. 
LE PRINCE, à part.
Différons encore de l’instruire. (Haut.) Silvia, conservez-moi seulement les bontés que vous avez pour moi. Le prince vous a fait préparer un spectacle ; permettez que je vous y accompagne et que je profite de toutes les occasions d’être avec vous. Après fête, vous verrez le prince ; et je suis chargé de vous dire que vous serez libre de vous retirer, si votre cœur ne vous dit rien pour lui.
SILVIA.
Oh ! il ne me dira pas un mot ; c’est tout comme si j’étais partie ; mais quand je serai chez nous, vous y viendrez ; eh ! que sait-on ce qui peut arriver ? peut-être que vous m’aurez. Allons-nous-en toujours, de peur qu’Arlequin ne vienne.

Le Jeu de l'amour et du hasard, 1730

Silvia, fille de Monsieur Orgon, veut connaître, avant de l'épouser, le fiancé que son père lui destine. Pour découvrir le vrai visage de Dorante, elle se travestit et échange sa place avec Lisette, sa servante. Elle espère ainsi pouvoir mieux observer son prétendant. Mais le jeune homme a eu la même idée qu'elle…
Acte II, scène 9
DORANTE.
Ah, ma chère Lisette, que je souffre !
SILVIA.
Venons à ce que tu voulais me dire, tu te plaignais de moi quand tu es entré, de quoi était-il question?
DORANTE.
De rien, d'une bagatelle, j'avais envie de te voir, et je crois que je n'ai pris qu'un prétexte.
SILVIA, à part.
Que dire à cela ? Quand je m'en fâcherais, il n'en serait ni plus ni moins.
DORANTE.
Ta maîtresse en partant a paru m'accuser de t'avoir parlé au désavantage de mon maître.
SILVIA.
Elle se l'imagine, et si elle t'en parle encore, tu peux le nier hardiment, je me charge du reste.
DORANTE.
Eh, ce n'est pas cela qui m'occupe !
SILVIA.
Si tu n'as que cela à me dire, nous n'avons plus que faire ensemble.
DORANTE.
Laisse-moi du moins le plaisir de te voir.
SILVIA.
Le beau motif qu'il me fournit là ! J'amuserai la passion de Bourguignon : le souvenir de tout ceci me fera bien rire un jour.
DORANTE.
Tu me railles, tu as raison, je ne sais ce que je dis, ni ce que je te demande ; adieu.
SILVIA.
Adieu, tu prends le bon parti… Mais, à propos de tes adieux, il me reste encore une chose à savoir, vous partez, m'as-tu dit, cela est-il sérieux ?
DORANTE.
Pour moi il faut que je parte, ou que la tête me tourne.
SILVIA.
Je ne t'arrêtais pas pour cette réponse-là, par exemple.
DORANTE.
Et je n'ai fait qu'une faute, c'est de n'être pas parti dès que je t'ai vue.
SILVIA, à part.
J'ai besoin à tout moment d'oublier que je l'écoute.
DORANTE.
Si tu savais, Lisette, l'état où je me trouve…
SILVIA.
Oh, il n'est pas si curieux à savoir que le mien, je t'en assure.
DORANTE.
Que peux-tu me reprocher ? Je ne me propose pas de te rendre sensible.
SILVIA, à part.
Il ne faudrait pas s'y fier.
DORANTE.
Et que pourrais-je espérer en tâchant de me faire aimer? Hélas ! Quand même j'aurais ton cœur…
SILVIA.
Que le ciel m'en préserve ! Quand tu l'aurais, tu ne le saurais pas, et je ferais si bien, que je ne le saurais pas moi-même : tenez, quelle idée il lui vient là !
DORANTE.
Il est donc bien vrai que tu ne me hais, ni ne m'aimes, ni ne m'aimeras ?
SILVIA.
Sans difficulté.

Les Fausses Confidences, 1737

Dorante, un jeune homme de bonne famille mais désargenté, est tombé amoureux de la riche veuve Araminte. Son ancien valet Dubois enchaîne les manigances et les tromperies pour que Dorante, engagé comme intendant par Araminte, parvienne à conquérir son cœur. 
Acte III, scène 12
DORANTE, ARAMINTE.
[…] 
ARAMINTE.
Demain, dites-vous ! Comment vous garder jusque-là, après ce qui est arrivé ?
DORANTE, plaintivement.
De tout le reste de ma vie, que je vais passer loin de vous, je n'aurais plus que ce seul jour qui m'en serait précieux.
ARAMINTE.
Il n'y a pas moyen, Dorante ; il faut se quitter. On sait que vous m'aimez, et on croirait que je n'en suis pas fâchée.
DORANTE.
Hélas Madame ! Que je vais être à plaindre !
ARAMINTE.
Ah ! Allez, Dorante, chacun a ses chagrins.
DORANTE.
J'ai tout perdu ! J'avais un portrait, et je ne l'ai plus.
ARAMINTE.
À quoi vous sert de l'avoir ? Vous savez peindre.
DORANTE.
Je ne pourrai de longtemps m'en dédommager ; d'ailleurs, celui-ci m'aurait été bien cher ! Il a été entre vos mains, Madame.
ARAMINTE.
Mais, vous n'êtes pas raisonnable.
DORANTE.
Ah ! Madame ! Je vais être éloigné de vous ; vous serez assez vengée ; n'ajoutez rien à ma douleur !
ARAMINTE.
Vous donner mon portrait ! Songez-vous que ce serait avouer que je vous aime ?
DORANTE.
Que vous m'aimez, Madame ! Quelle idée ! qui pourrait se l'imaginer ?
ARAMINTE, d'un ton vif et naïf.
Et voilà pourtant ce qui m'arrive.
DORANTE, se jetant à ses genoux.
Je me meurs !
ARAMINTE.
Je ne sais plus où je suis. Modérez votre joie ; levez-vous, Dorante.
DORANTE, se lève, et tendrement.
Je ne la mérite pas ; cette joie me transporte ; je ne la mérite pas, Madame : vous allez me l'ôter ; mais, n'importe, il faut que vous soyez instruite.
ARAMINTE, étonnée.
Comment ! que voulez-vous dire ?
DORANTE
Dans tout ce qui s'est passé chez vous, il n'y a rien de vrai que ma passion, qui est infinie, et que le portrait que j'ai fait. Tous les incidents qui sont arrivés partent de l'industrie d'un domestique qui savait mon amour, qui m'en plaint, qui par le charme de l'espérance du plaisir de vous voir, m'a, pour ainsi dire, forcé de consentir à son stratagème : il voulait me faire valoir auprès de vous. Voilà, Madame, ce que mon respect, mon amour et mon caractère ne me permettent pas de vous cacher. J'aime encore mieux regretter votre tendresse que de la devoir à l'artifice qui me l'a acquise ; j'aime mieux votre haine que le remords d'avoir trompé ce que j'adore.
ARAMINTE, le regardant quelque temps sans parler.
Si j'apprenais cela d'un autre que de vous, je vous haïrais, sans doute ; mais l'aveu que vous m'en faites vous-même, dans un moment comme celui-ci, change tout. Ce trait de sincérité me charme, me paraît incroyable, et vous êtes le plus honnête homme du monde. Après tout, puisque vous m'aimez véritablement, ce que vous avez fait pour gagner mon cœur n'est point blâmable : il est permis à un amant de chercher les moyens de plaire, et on doit lui pardonner, lorsqu'il a réussi.
DORANTE.
Quoi ! La charmante Araminte daigne me justifier !
ARAMINTE.
Voici le Comte avec ma mère, ne dites mot, et laissez-moi parler. 

Question

Lisez les trois extraits des pièces de Marivaux. Diriez-vous qu'ils illustrent la définition du marivaudage ?

Le marivaudage au cinéma

J'identifie le marivaudage au cinéma

Regardez les deux bandes-annonces, celle deCall Me By Your Namede Luca Guadagnino (2017) et celle deChronique d'une relation passagèred'Emmanuel Mouret (2022).
En quoi les films dont elles donnent un aperçu peuvent-ils être à chaque fois considérés comme du marivaudage au cinéma ?

Call Me By Your Name, Luca Guadagnino, 2017 - Bande-annonce

Chronique d'une liaison passagère, Emmanuel Mouret, 2022 - Bande-annonce


Lexique : activité complémentaire

Les nouveaux mots du Petit Robert - Article

Les nouveaux mots du Petit Robert - Questions

Outre le néologisme, quels sont les autres procédés qui permettent l'accroissement du vocabulaire dans une langue vivante ?
Lisez l'article sur les nouveaux mots duPetit Robert:
  • Quels sont les mots qui sont entrés depuis peu dans la langue française ?
  • Quelles sont leurs origines ? 
  • Commentez-les. Que nous apprennent-ils sur notre société ?