Focus sur le genre de l'épigramme
Le genre de l'épigramme est un des genres littéraires les plus brefs qui soit, dans la mesure où, si l'on s'en réfère à son étymologie, il prend la forme d'une simple « inscription ». En effet, le mot désigne en latin une inscription faite sur un monument, un tombeau ou une statue et visant à perpétuer le souvenir d'une personne ou d'un événement.
Dès l'Antiquité latine, le mot sert également à désigner une petite pièce poétique faisant montre d'une certaine ingéniosité. Très rapidement cependant, la dimension satirique de ces petites pièces devient prépondérante, au point que le mot devient synonyme au XVIesiècle de « trait d'esprit satirique ».
En France, le genre va fleurir durant l'époque classique et au siècle des Lumières, à la faveur d'un certain esprit national railleur mais aussi en raison des multiples polémiques et débats d'idées agitant la scène littéraire, culturelle et politique du temps. Le classicisme, qui révère les formules ciselées et percutantes, comme le montre le succès des aphorismes des moralistes, ne pouvait que plébisciter ce genre poétique, souvent empreint d'une certaine virulence sinon méchanceté.
Les philosophes et poètes de l'époque des Lumières, adeptes des combats intellectuels et des passe-d'armes livresques, en écriront de fameuses, qu'il s'agisse évidemment de Voltaire ou du poète Jean-Baptiste Rousseau (à ne pas confondre avec son homonyme Jean-Jacques, qui sera lui plus volontiers la cible que l'auteur de ces traits féroces !).
Si le genre semble disparaître avec la fin de l'Ancien Régime, son esprit perdure en France et se manifestera sous des formes variées, des petites piques dans les journaux à partir du XIXesiècle, adressées à quelque adversaire politique, jusqu'auxclashopposant par chansons etpunchlinesdes rappeurs à l'orée du XXIesiècle (voir la collection associée).