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Analyser le texte

Le commentaire peut porter sur l'objet d'étude « Récit ». Différents types de romans et récits exist...

Sommaire

Aborder le récitAborder le texte théâtralAborder le texte poétiqueAborder le texte d'idées

Aborder le récit

Le commentaire peut porter sur l'objet d'étude « Récit ». Différents types de romans et récits existent.
Précisons d'emblée que les repères qui suivent :
  • ne sont pas à appliquer comme une grille d'analyse mais peuvent être mobilisés éventuellement ;
  • sont donnés à ce stade du manuel mais peuvent être utiles à n’importe quel moment du travail d’analyse d'un texte.
Voici des questions que vous pouvez vous poser afin de rédiger le commentaire littéraire d'un texte issu d'un récit (un roman ou une nouvelle par exemple) :
1. Quels sont vosressentisde lectrice et de lecteur ? C'est avant tout votrelecture personnelleque doit révéler le commentaire.
2. Pour aller plus loin dans votre analyse du texte, vous pouvez vous demander :
  • De quel type de récit s’agit-il ? : historique, d'aventures, policier, fantastique, d'anticipation, de science-fiction, d'apprentissage, épistolaire, biographique, autobiographique, etc. ?
    Exemple : le romanAnimade Wajdi Mouawad commence comme un roman policier par la découverte d'un cadavre. Cependant, s'il y a bien une enquête visant à retrouver le meurtrier, c'est plutôt un roman dans la tradition du « regard éloigné » qui nous est proposé.
  • Quel est le type de narrateur ? Est-il un personnage de l’histoire ?
  • Quelle est la focalisation (= le point de vue) adoptée ? : interne, externe, omnisciente ?
    Exemple : dans le romanAnimade Wajdi Mouawad, chaque chapitre est assumé par un animal qui observe son environnement depuis sa situation propre d'animal.
  • À quel moment se situe l'action dans le récit ? : situation initiale, élément perturbateur, péripétie, résolution, situation finale ?
  • S'agit-il d'un retour en arrière (analepse) ou d'une anticipation (prolepse) ?
  • Quelle est la progression de l'extrait ?
    Repérez les différentes étapes et le rythme du récit : pause (description, portrait), scène (dialogue, péripétie), sommaire, ellipse, etc.
3. Par ailleurs, votre commentaire peut tirer profit de questionnements supplémentaires :
  • Comment s’articulent les passages narratifs avec les dialogues et les descriptions ?
  • Une forme domine-t-elle ?
Cas particulier de la description(qui est toujours signifiante) :
  • Que décrit-elle ? : un corps, une partie du visage (le blason en poésie par exemple), un objet, un paysage, un animal, un tableau ou une œuvre d'art (ekphrasis), une scène intense (hypotypose) ?
  • Comment est-elle structurée ? Suit-elle l'ordre habituel (de haut en bas de l'objet par exemple) ? Ménage-t-elle un suspens ? Suit-elle le regard du narrateur ? Suit-elle celui d'un personnage ? Néglige-t-elle certains aspects ?
  • Quels sont les réseaux d’images ? Y a-t-il une couleur dominante ? Une image directrice (métaphore filée) ?
Cas particulier du personnage(sa caractérisation et ses rapports aux autres personnages) :
  • L'identité du personnage de roman : son nom fait-il sens (grâce à l’onomastique) ? Indique-t-il son origine sociale ? Les autres personnages lui donnent-ils une autre appellation ?
  • Quelle est son identité physique ? : silhouette et traits distinctifs.
  • Quelle identité morale ? : son caractère, ses sentiments, ses pensées, etc.
    A-t-on accès à tout ? Est-il particulièrement expressif ?
  • Quelle est son identité sociale ? : son statut, son métier, son langage, etc.
  • Est-il exemplaire ?  
  • Correspond-il à un type de personnage ?
    Par exemple : Rastignac, type du jeune ambitieux dansLe Père Goriotde Balzac.
  • Le mode de présentation du personnage de roman :
    - par le narrateur : nous dévoile-t-il son portrait détaillé, son passé, ses pensées ?
    - par un autre personnage.
    - par le personnage lui-même (flux de conscience).
    - de plusieurs façons à la fois : entrent-elles en confrontation ?
    - y a-t-il des objets ou un décor qui lui sont systématiquement associés ?
    - son rapport au monde et les valeurs qu'il incarne.
4. Trois grandes tendances esthétiques dans l'histoire du récit sont à distinguer : idéalisme, réalisme, critique.
  • ldéalisme: vraisemblance en question ; sentiments élevés, valeurs héroïques ?
  • Réalisme: quel milieu social incarne le personnage ? Quelle vision de la société porte le personnage ?
  • Critique: personnage présenté non plus à travers ses actions, mais à travers son intériorité ; aveu de fragilité ; témoin d'un monde en crise ; crise du personnage lui-même (dans le Nouveau Roman par exemple) ?
Pour chacune de ces questions, il convient de s’interroger également sur l’intérêt des choix effectués par l'autrice ou l'auteur.

Aborder le texte théâtral

L'objet d'étude « Théâtre » possède des spécificités qu'il peut être pertinent de connaître et de prendre en compte dans la rédaction du commentaire.
Précisons d'emblée que les repères qui suivent :
  • ne sont pas à appliquer comme une grille d'analyse mais peuvent être mobilisés éventuellement ;
  • sont donnés à ce stade du manuel mais peuvent être utiles à n’importe quel moment du travail d’analyse d'un texte.
Voici quelques questions que vous pouvez vous poser afin d'appréhender votre commentaire d'un texte théâtral :
1. Quels sont vosressentisde lectrice et de lecteur ?
C'est avant tout votrelecture personnelleque doit révéler le commentaire.
2. Pour aller plus loin dans votre analyse du texte, vous pouvez vous demander :
  • De quel genre théâtral s'agit-il ? : comédie, tragédie, drame (bourgeois, romantique), tragi-comédie, vaudeville, etc. ?
  • De quel moment de la pièce s’agit-il ? : prologue, scène d’exposition, péripétie, dilemme, coup de théâtre, rebondissement final, dénouement, épilogue, etc. ?
    Par exemple : à l'acte V, scène 2 deMédéede Corneille, le personnage éponyme, après une longue délibération, tranche le dilemme qui la déchire entre son amour pour ses enfants et sa volonté de se venger de Jason, son mari qui l'abandonne et la prive de ses enfants. Ce moment est particulièrement crucial car il précipite les catastrophes en entraînant la mort des enfants puis le suicide de Jason.
  • Quelle est la forme de la prise de parole ? 
    Le théâtre est un genre littéraire qui repose essentiellement sur la mise en scène de personnages qui parlent. Cela détermine plusieurs formes de prise de parole : le monologue (le personnage est seul sur scène ou se croit seul sur scène), la tirade (le personnage parle seul et longtemps, mais en présence d'au moins un autre personnage), le dialogue (plusieurs personnages), la confrontation (deux personnages qui s'opposent), le quiproquo (personnages qui ne se comprennent pas, tout en pensant parler de la même chose, etc.).
  • Quelle est la répartition de la parole ? Un personnage s’exprime-t-il plus qu’un autre ? La parole est-elle répartie de manière équilibrée ?
    Par exemple, à la scène 3 de la première partie deJuste la fin du mondede Jean-Luc Lagarce, une didascalie interne semble indiquer la présence en scène d'un interlocuteur, son frère Louis : « Mais jamais‚ nous concernant‚ jamais tu ne te sers de cette possibilité, de ce don (on dit comme ça, c’est une sorte de don, je crois,tu ris) ».
    Aucune didascalie externe ni aucune réplique de sa part ne venant confirmer la présence concrète de Louis dans cette longue scène, la formule « tu ris » nous fait hésiter à lire la scène comme un dialogue ou un monologue.
  • Quels types de personnages sont en scène ?
    Il existe des personnages de théâtre que l’on retrouve très fréquemment : des personnages nobles dans les tragédies antiques et classiques, des bourgeois, de vieux barbons, des domestiques et de jeunes amoureux dans les comédies classiques par exemple.
  •  Quelle est la relation entre les personnages ? : tension, affrontement, séduction, aveu amoureux, retrouvailles, etc. ?
  • Que se disent-ils précisément ? Ou que se dit le personnage, au cas où seul un personnage parle ? Ce moment de parole apporte-t-il une évolution ? Le personnage est-il le même à la fin (décision prise par exemple ; état d’esprit un peu différent, etc.) ?
  • Le dramaturge a-t-il recours à des didascalies ? Sont-elles externes ou internes ? 
    Une didascalie interne désigne un mouvement, un geste, un déplacement, qui est sous-entendu par la parole du personnage.
    Par exemple : Phèdre à Œnone dans la pièce de Racine : « Tu le veux ? Lève-toi. » (Phèdre, I,3) ; l'étude d'un texte de l'auteur du théâtre de l'Absurde Samuel Beckett comporte très souvent d'abondantes didascalies qu'il faut commenter au même titre que les répliques.
  • À quel degré le spectateur est-il impliqué ? Ne négligez pas le rôle de la double énonciation : tout ce qui est dit sur scène est à destination des spectatrices et spectateurs ET à destination des personnages en scène. Le lecteur est-il pris à parti directement (aparté, adresse directe) ? En sait-il plus qu’un des personnages ?
    Par exemple, dansTartuffede Molière (IV,5), lorsque Orgon se cache sous la table pour observer les stratégies de séduction de Tartuffe auprès de sa femme, le public et les lecteurs disposent d’une information dont Tartuffe est privé.
    Par ailleurs, quelles relations, voire quels jugements, le spectateur vous semble-t-il être amené à avoir/porter sur tel ou tel personnage ? Par exemple lors la scène de la table dansTartuffe, le spectateur nourrit de l'empathie mêlée d'inquiétude pour Elmire tandis qu'il éprouve de la répulsion pour Tartuffe tout en s'impatientant de l'absence de réaction d'Orgon.
  • À quel(s) type(s) de comique recourt la scène ? : situation, caractères, langage, gestes ?
  • D’où vient la dimension tragique du texte ?
Pour chacune de ces questions, il convient de s’interroger également sur l’intérêt des choix effectués par l'autrice ou l'auteur.

Aborder le texte poétique

L'objet d'étude « Poésie » possède des spécificités qu'il peut être utile de connaître et de prendre en compte dans la rédaction du commentaire.
Précisons d'emblée que les repères qui suivent :
  • ne sont pas à appliquer comme une grille d'analyse mais peuvent être mobilisés éventuellement ;
  • sont donnés à ce stade du manuel mais peuvent être utiles à n’importe quel moment du travail d’analyse d'un texte.
Voici quelques questions que vous pouvez vous poser afin d'appréhender votre commentaire d'un texte poétique :
1. Quels sont vosressentisde lectrice et de lecteur ?
C'est d'abord et avant tout votrelecture personnelleque doit révéler le commentaire.
2. Quels sont les thèmes principaux ?
  • A-t-on des descriptions ? Des notations suggestives ? Des images ?
  • Trouve-t-on un usage particulier des couleurs ? Des sens ?
    Par exemple : dans le poème « Le Mal » d'Arthur Rimbaud :
    « Tandis que les crachats rouges de la mitraille
    Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
    Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
    Croulent les bataillons en masse dans le feu »
    La métaphore des « crachats rouges » (v. 1) témoigne de la laideur de la guerre car elle évoque les balles qui tuent les soldats, mais aussi le sang versé, les bombardements, les explosions, l’adjectif « rouge » renvoyant autant au sang qu'aux flammes.
    Le mot « crachat » montre quant à lui le désir du poète de provoquer du dégoût vis-à-vis de la guerre car la connotation péjorative du mot « crachat » exprime le mépris que l’on éprouve pour ces massacres et peut-être aussi le mépris éprouvé par le souverain pour les soldats qu'il envoie à la mort.
  • Quel registre domine ? S'agit-il de poésie lyrique, sociale ou politique ?
    Par exemple : dans « Le Pain » de Francis Ponge, l'absence de « je » et la présence très discrète du poète à travers le pronom « nous » et l’impératif « brisons » créent une impression d’objectivité et de refus du lyrisme :
    « [...] Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
    Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. »
  • Les mots sont-ils polysémiques ? Quels sont les réseaux sémantiques ?
3. Quelle est la fonction du poète et de la poésie ?
  • Le poète ressemble-t-il aux autres hommes ou s'en distingue-t-il ? Comment se représente-t-il ? À qui/quoi se compare-t-il ? S'il est différent, en quoi l'est-il ?
  • La poésie a-t-elle une fonction lyrique, politique, sociale, esthétique ? 
    Par exemple : chez Rimbaud, la poésie se fait politique lorsqu'elle aborde le thème de la guerre, que cela soit de manière explicite comme dans « Le Mal » ou de manière implicite comme dans « Le Dormeur du val ».
4. Pour aller plus loin dans votre analyse du texte, vous pouvez vous demander :
  • S'agit-il d'un poème versifié ou en prose ? 
  • Quelle est la forme poétique adoptée ? : sonnet, ode, ballade, rondeau, fable, poème en prose, en vers libres, versets, etc.
  • Combien de strophes sont utilisées ?
  • Combien de vers par strophe avons-nous ? : tercet, quatrain, dizain, etc.
  • Combien de syllabes par vers sont présentes ? : décasyllabe, alexandrin, etc.
  • Les vers ont-ils tous le même mètre ?
  • Quel est le système de rimes ? : croisées, embrassées, suivies.
Une fois ces caractéristiques du texte poétique établies, on peut éventuellement analyser :
  • Les sonorités : allitérations, assonances, etc.
    Par exemple : Dans « Le Mal » de Rimbaud, le jeu de mots « sou lié/soulier » (le « soulier » étant un mot rimbaldien déjà rencontré dans « Ma bohème ») ramène les espoirs des mères qui viennent prier pour leurs fils au combat à des considérations bassement matérielles et triviales mais les seules susceptibles d’émouvoir l’Église et Dieu.
  • Les rythmes : anaphore, enjambement, rejet, contre-rejet, etc.
  • Les images : réseaux lexicaux, comparaisons, métaphores, etc.
  • Pensez également à commenter le titre, s’il y en a un.
    Par exemple : si la guerre franco-prussienne de 1870 est nécessairement visée par le poème « Le Mal », le titre à valeur généralisante permet de comprendre que Rimbaud étend sa réflexion, notamment aux abus de l’Église qu’il dénonce ici avec beaucoup d’ironie mais également à tout type de guerre.
Pour chacune de ces questions, il convient de s’interroger également sur l’intérêt des choix opérés par la poétesse ou le poète.

Aborder le texte d'idées

L'objet d'étude « Littérature d'idées » possède des spécificités qu'il peut être utile de connaître et de prendre en compte dans la rédaction du commentaire.
Précisons d'emblée que les repères qui suivent :
  • ne sont pas à appliquer comme une grille d'analyse mais peuvent être mobilisés éventuellement ;
  • sont donnés à ce stade du manuel mais peuvent être utiles à n’importe quel moment du travail d’analyse d'un texte.
Voici quelques questions à se poser pour aborder un texte lié à l'objet d'étude « Littérature d'idées ».
1. Quels sont vosressentisde lectrice et de lecteur ?
C'est d'abord votrelecture personnelleque doit révéler le commentaire.
2. Pour aller plus loin dans votre analyse du texte, vous pouvez vous demander :
  • Quelle est l’idée principale défendue par le texte (la thèse) et quelles sont les idées (qui peuvent être explicites ou implicites dans le texte) auxquelles elle s’oppose ? 
    Par exemple :lorsque Simone Veil présente le 26 novembre 1974 devant l’Assemblée nationale le projet de loi sur la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), elle défend une thèse claire : il faut changer la loi qui interdit l'avortement. Elle anticipe les arguments adverses en les formulant et en y répondant : « Pourtant, d'aucuns s'interrogent encore : une nouvelle loi est-elle vraiment nécessaire ? Pour quelques-uns, les choses sont simples : il existe une loi répressive, il n'y a qu'à l'appliquer. D'autres se demandent pourquoi le Parlement devrait trancher maintenant ces problèmes : nul n'ignore que depuis l'origine, et particulièrement depuis le début du siècle, la loi a toujours été rigoureuse, mais qu'elle n'a été que peu appliquée ». Elle anticipe également l'argument opposé relatif aux avortements de « convenance » : « aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ».
  • Quels sont les arguments successifs qui vont venir alors étayer cette thèse ? 
    Dans le discours de Simone Veil, on peut relever : le nombre d’avortements clandestins (et donc dangereux) très élevé ; les inégalités sociales qui découlent du vide juridique actuel (les femmes les plus riches peuvent aller avorter à l’étranger).
  • Quels sont les mouvements du texte (sa progression) ?
3. Par ailleurs, votre commentaire peut tirer profit de questionnements supplémentaires :
  • L’argumentation est-elle directe ou indirecte ?
  • Quelle est la forme argumentative adoptée ?                                                                            -  - Argumentation directe : essai, préface, article, discours, dialogue d'idées, lettre ouverte, manifeste, maximes, pamphlet, traité, etc.
    - Argumentation indirecte : fable, conte philosophique, parabole, utopie, extrait de roman à thèse, etc.
  • Est-ce un éloge ou un blâme ? : plaidoyer, oraison funèbre, discours officiel, critique laudative, etc. / Réquisitoire, satire, pamphlet, critique, polémique, etc.
  • Le texte est-il destiné à convaincre ou à persuader ? Quels moyens sont employés ?
  • Le texte est-il destiné à délibérer ? Quels moyens sont employés ?
  • Quelle est la stratégie argumentative ?
  • Quels sont les types d'arguments ? : recours aux faits, à l'expérience, argument d'autorité, argumentad hominem, tautologie, appui sur des valeurs, argument par la cause/conséquence, etc.
    Par exemple : dansLa Critique de L’École des femmes(1663), Molière fait formuler au Marquis un jugement hostile à la pièceL’École des femmes: « Elle est détestable parce qu'elle est détestable ». La tautologie suffit à ridiculiser le Marquis bien en peine pour argumenter contre la pièce.
    Autre exemple : au début deDom Juan(1665), c'est un argument d'autorité que brandit Sganarelle, le valet du personnage éponyme de la pièce de Molière : « Quoi que puisse dire Aristote, et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac ». Cependant les lecteurs et spectateurs perçoivent derrière l'anachronisme (le philosophe grec ne pouvait pas connaître le tabac) le caractère ridiculement pédant du personnage.
  • Quels sont les types de raisonnement ? : recours au raisonnement par induction, par déduction, par syllogisme, par sophisme, par analogie, par l'absurde, par concession...
    Par exemple : à la scène 16 de l'acte III duMariage de Figaro(1784) de Beaumarchais, la domestique Marceline concède avoir commis des erreurs de jeunesse en se laissant séduire par les promesses de mariage du médecin Bartholo : « MARCELINE, s’échauffant par degrés.Oui, déplorable, et plus qu’on ne croit ! Je n’entends pas nier mes fautes ; ce jour les a trop bien prouvées ! mais qu’il est dur de les expier1après trente ans d’une vie modeste ! ». La concession porte sur la culpabilité de Marceline mais c'est pour mieux retourner l'accusation contre les hommes : « Mais dans l’âge des illusions, de l’inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiègent pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d’ennemis rassemblés ? »
1.Expier : Réparer ses erreurs en subissant une souffrance / payer les conséquences de ses erreurs.
  • Quelle est l'énonciation ? Quel usage est fait des pronoms personnels ? Interpellations et apostrophes ?
  • Présence d'une morale ou d'un enseignement ?
  • Quels sont les registres (ou tonalités) mobilisés ? : satirique, comique, polémique, etc.
Pour chacune de ces questions, il convient de s’interroger également sur l’intérêt des choix effectués par l'autrice ou l'auteur.