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Dégager des sous-parties à partir de deux axes de commentaire

Dans ce poème en forme d'épître (il s'agit d'une lettre en vers) , le poète Clément Marot s’adresse au...

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CorpusClément Marot, Petite épître au roi, Épîtres, II, vers 1518Émile Zola, Thérèse Raquin, 1867 - Le meurtre de Camille
ActivitéDégager des sous-parties à partir de deux axes - ConsigneDégager des sous-parties à partir de deux axes - Coup de pouce

Corpus

Clément Marot, Petite épître au roi, Épîtres, II, vers 1518

Dans ce poème en forme d'épître (il s'agit d'une lettre en vers) , le poète Clément Marot s’adresse au roi François 1er, lui-même auteur de poèmes.
En m’ébattant1je fais rondeaux2en rime,
Et en rimant, bien souvent je m’enrime ;
Bref, c’est pitié d’entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rimes ailleurs,
Et quand vous plaît, mieux que moi rimassez3
Des biens avez et de la rime assez.
Mais moi, à tout ma rime4et ma rimaille
Je ne soutiens (dont je suis marri5) maille6.
Or ce, me dit (un jour) quelque rimart :
« Viens ça, Marot, trouves-tu en rime art
Qui serve aux gens, toi qui as rimassé ?
– Oui, vraiment (réponds-je) Henri Macé.
Car vois-tu bien, la personne rimante,
Qui au jardin de son sens la rime ente7,
Si elle n’a des biens en rimoyant
Elle prendra plaisir en rime oyant8;
Et m’est avis, que si je ne rimois,
Mon pauvre corps ne serait nourri mois
Ni demi jour. Car la moindre rimette,
C’est le plaisir où faut que mon ris9mette10. »
Si vous supplie qu’à ce jeune rimeur
Fassiez avoir un jour par sa rime heur
Afin qu’on die11, en prose ou en rimant :
« Ce rimailleur, qui s’allait enrimant,
Tant rimassa, rima et rimonna,
Qu’il a connu quel bien par rime on a. »
Clément Marot, « Petite épître au roi »,Épîtres, II, vers 1518
1.M'ébattant : m'amusant.
2.Rondeaux : type de poème, de forme fixe, composé de trois strophes.
3.Mieux que moi rimassez : François 1ers'adonnait lui-même à la poésie et a livré quelques vers de très bonne qualité.
4.À tout ma rime : tout à ma rime. 
5.Dont je suis marri : ce dont je suis chagriné.
6.Maille : petite monnaie de cuivre (ce qui signifie « je n'ai pas grand chose »).
7.Ente : terme d'horticulture signifiant « pratiquer une greffe ».
8.Oyant : entendant.
9.Ris : rire.
10.Mette : le « je » est ici sous-entendu. 
11.Afin qu’on die : afin qu'on dise.

Émile Zola, Thérèse Raquin, 1867 - Le meurtre de Camille

Thérèse Raquin, son mari Camille et Madame Raquin sa belle-mère, vivent dans une mercerie à Paris. Camille est employé dans l’administration, pendant que Thérèse et sa belle-mère s’occupent de la boutique. Laurent, un ami d’enfance, peintre amateur et collègue de travail de Camille, devient l’amant de Thérèse. Ils songent ensemble à se débarrasser de Camille. Profitant d’une promenade en barque à Saint-Ouen…
Laurent cessa de ramer et laissa descendre le canot au fil du courant.
En face, se dressait le grand massif rougeâtre des îles. Les deux rives, d’un brun sombre taché de gris, étaient comme deux larges bandes qui allaient se rejoindre à l’horizon. L’eau et le ciel semblaient coupés dans la même étoffe blanchâtre. Rien n’est plus douloureusement calme qu’un crépuscule d’automne. Les rayons pâlissent dans l’air frissonnant, les arbres vieillis jettent leurs feuilles. La campagne, brûlée par les rayons ardents de l’été, sent la mort venir avec les premiers vents froids. Et il y a, dans les cieux, des souffles plaintifs de désespérance. La nuit descend de haut, apportant des linceuls dans son ombre.
Les promeneurs se taisaient. Assis au fond de la barque qui coulait avec l’eau, ils regardaient les dernières lueurs quitter les hautes branches. Ils approchaient des îles. Les grandes masses rougeâtres devenaient sombres ; tout le paysage se simplifiait dans le crépuscule ; la Seine, le ciel, les îles, les coteaux n’étaient plus que des taches brunes et grises qui s’effaçaient au milieu d’un brouillard laiteux.
Camille, qui avait fini par se coucher à plat ventre, la tête au-dessus de l’eau, trempa ses mains dans la rivière.
— Fichtre ! que c’est froid ! s’écria-t-il. Il ne ferait pas bon de piquer une tête dans ce bouillon-là.
Laurent ne répondit pas. Depuis un instant il regardait les deux rives avec inquiétude ; il avançait ses grosses mains sur ses genoux, en serrant les lèvres. Thérèse, roide, immobile, la tête un peu renversée, attendait.
La barque allait s’engager dans un petit bras, sombre et étroit, s’enfonçant entre deux îles. On entendait, derrière l’une des îles, les chants adoucis d’une équipe de canotiers qui devaient remonter la Seine. Au loin, en amont, la rivière était libre.
Alors Laurent se leva et prit Camille à bras-le-corps.
Le commis éclata de rire.
— Ah ! non, tu me chatouilles, dit-il, pas de ces plaisanteries-là… Voyons, finis : tu vas me faire tomber.
Laurent serra plus fort, donna une secousse. Camille se tourna et vit la figure effrayante de son ami, toute convulsionnée. Il ne comprit pas ; une épouvante vague le saisit. Il voulut crier, et sentit une main rude qui le serrait à la gorge. Avec l’instinct d’une bête qui se défend, il se dressa sur les genoux, se cramponnant au bord de la barque. Il lutta ainsi pendant quelques secondes.
— Thérèse ! Thérèse ! appela-t-il d’une voix étouffée et sifflante.
La jeune femme regardait, se tenant des deux mains à un banc du canot qui craquait et dansait sur la rivière. Elle ne pouvait fermer les yeux ; une effrayante contraction les tenait grands ouverts, fixés sur le spectacle horrible de la lutte. Elle était rigide, muette.
— Thérèse ! Thérèse ! appela de nouveau le malheureux qui râlait.
À ce dernier appel, Thérèse éclata en sanglots. Ses nerfs se détendaient. La crise qu’elle redoutait la jeta toute frémissante au fond de la barque. Elle y resta pliée, pâmée, morte.
Laurent secouait toujours Camille, en le serrant d’une main à la gorge. Il finit par l’arracher de la barque à l’aide de son autre main. Il le tenait en l’air, ainsi qu’un enfant, au bout de ses bras vigoureux. Comme il penchait la tête, découvrant le cou, sa victime, folle de rage et d’épouvante, se tordit, avança les dents et les enfonça dans ce cou. Et lorsque le meurtrier, retenant un cri de souffrance, lança brusquement le commis à la rivière, les dents de celui-ci lui emportèrent un morceau de chair.
Camille tomba en poussant un hurlement. Il revint deux ou trois fois sur l’eau, jetant des cris de plus en plus sourds.
Émile Zola, Thérèse Raquin, chapitre 11, 1867

Activité

Dégager des sous-parties à partir de deux axes - Consigne

1. Voici une proposition d'organisation de remarques sur le poème « Petite épître au roi » de Clément Marot :
« Un poème qui formule une requête » et « Un poète qui s'amuse de lui-même ».
Proposez pour chacun de ces axes trois arguments. Vous justifierez chacun de ces arguments en vous appuyant sur au moins deux éléments tirés du texte (au moins deux citations dont les procédés d'écriture sont analysés et interprétés).
2. Voici une proposition d'organisation de remarques sur le texte « Le meurtre de Camille », extrait du romanThérèse Raquind’Émile Zola :
« Le récit d'une scène de meurtre » et « Une peinture inquiétante ».
Proposez pour chacun de ces axes trois arguments. Vous justifierez chacun de ces arguments en vous appuyant sur au moins deux éléments tirés du texte (au moins deux citations dont les procédés d'écriture sont analysés et interprétés).

Dégager des sous-parties à partir de deux axes - Coup de pouce

Les textes proposés dans cette collection font l'objet d'activités dans le manuel.
- L'extrait de « Petite épître au roi » de Clément Marot : dans la séquence « Poésie : entre jeux et enjeux », chapitre « 50 nuances de jeux poétiques », collection « Jouer avec les sonorités »/« Poème de Clément Marot » ;
- L'extrait deThérèse Raquind'Émile Zola : dans la séquence « Thérèse Raquin », chapitre « Problématique et analyse », collection « Étudier des passages précis ».
Les remarques formulées au cours de ces activités peuvent vous aider à établir des sous-parties de commentaire.