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Classer les arguments grâce aux titres des parties

Au début de la piècePhèdre, tragédie de l'auteur classique Jean Racine, les spectateurs découvrent le...

Sommaire

Jean Racine, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677 - L'aveu à ŒnoneClasser les arguments - Consigne
André Chénier, « La Jeune Tarentine », 1785-1787Classer les sous-parties - Consigne

Jean Racine, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677 - L'aveu à Œnone

Au début de la piècePhèdre, tragédie de l'auteur classique Jean Racine, les spectateurs découvrent le personnage éponyme désemparé. Alors que la jeune femme souhaite se donner la mort, Œnone, sa confidente, tente de lui faire révéler le terrible secret que Phèdre tente de cacher. Ce secret concerne son beau-fils, le fils du roi Thésée.
                                                ŒNONE.
         Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés ;
         Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
         Délivrez mon esprit de ce funeste doute.
                                                PHÈDRE.
         Tu le veux. Lève-toi.
                                                ŒNONE.
                                              Parlez : je vous écoute.
                                                PHÈDRE.
5       Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?
                                                ŒNONE.
         Par de vaines frayeurs cessez de m’offenser.
                                                PHÈDRE.
         Ô haine de Vénus ! ô fatale colère !
         Dans quels égarements l’amour jeta ma mère !
                                                ŒNONE.
         Oublions-les, madame ; et qu’à tout l’avenir
10     Un silence éternel cache ce souvenir.
                                                PHÈDRE.
         Ariane, ma sœur ! de quel amour blessée
         Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !
                                                ŒNONE.
         Que faites-vous, madame ? et quel mortel ennui
         Contre tout votre sang vous anime aujourd’hui ?
                                                PHÈDRE.
15    Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
         Je péris la dernière et la plus misérable.
                                                ŒNONE.
         Aimez-vous ?
                                                PHÈDRE.
                                  De l’amour j’ai toutes les fureurs.
                                                ŒNONE.
         Pour qui ?
                                                PHÈDRE.
                           Tu vas ouïr le comble des horreurs…
         J’aime… À ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
20    J’aime…
                                                ŒNONE.
                       Qui ?
                                                PHÈDRE.
                                 Tu connais ce fils de l’Amazone,
         Ce prince si longtemps par moi-même opprimé…
                                                ŒNONE.
         Hippolyte ? Grands dieux !
                                                PHÈDRE.
                                                          C’est toi qui l’as nommé !
                                                ŒNONE.
         Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace !
         Ô désespoir ! ô crime ! ô déplorable race !
25     Voyage infortuné ! Rivage malheureux,
         Fallait-il approcher de tes bords dangereux !
                                                PHÈDRE.
         Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
         Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
         Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
30     Athènes me montra mon superbe ennemi :
         Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
         Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
         Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
         Je sentis tout mon corps et transir et brûler :
35     Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
         D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables !
         Par des vœux assidus je crus les détourner :
         Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
         De victimes moi-même à toute heure entourée,
40     Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée :
         D’un incurable amour remèdes impuissants !
         En vain sur les autels ma main brûlait l’encens !
         Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
         J’adorais Hippolyte ; et, le voyant sans cesse,
45     Même au pied des autels que je faisais fumer,
         J’offrais tout à ce dieu que je n’osais nommer.
Jean Racine,Phèdre, Acte I, scène 3, 1677

Classer les arguments - Consigne

Classez les sous-parties suivantes en fonction des deux axes proposés.
Les sous-parties possibles pour un commentaire de la scène I,3 dePhèdrede Jean Racine :
  • un aveu incomplet ;
  • un amour qui provoque horreur et pitié ;
  • un amour fatal ;
  • un amour marqué par l'excès ;
  • un aveu extirpé ;
  • un aveu retardé.
Les axes possibles pour un commentaire de la scène I,3 dePhèdrede Jean Racine :
  • la révélation d'un amour monstrueux ;
  • une scène d'aveu dramatisée.

André Chénier, « La Jeune Tarentine », 1785-1787

À la fin du XVIIIes., le poète André Chénier reprend le thème, hérité de la poésie antique, de la jeune noyée. Il raconte ici comment une jeune femme tombe à l'eau le jour même de son mariage et voit sa vie précocement et injustement achevée.
                 Pleurez, doux alcyons1! ô vous, oiseaux sacrés,
                 Oiseaux chers à Thétis2, doux alcyons, pleurez !
                 Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine3!
                 Un vaisseau la portait aux bords de Camarine4:
5               Là, l’hymen5, les chansons, les flûtes, lentement,
                 Devaient la reconduire au seuil de son amant.
                 Une clef vigilante a, pour cette journée,
                 Sous le cèdre6enfermé sa robe d’hyménée
                 Et l’or dont au festin ses bras seront parés
10             Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
                 Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
                 Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
                 L’enveloppe : étonnée7, et loin des matelots,
                 Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
15             Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
                 Son beau corps a roulé sous la vague marine.
                 Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d’un rocher
                 Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
                 Par ses ordres bientôt les belles Néréides
20             S’élèvent au-dessus des demeures humides,
                 Le poussent au rivage, et dans ce monument8
                 L’ont, au cap du Zéphyr9, déposé mollement ;
                 Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
                 Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
25             Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
                 Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
                 « Hélas ! chez ton amant tu n’es point ramenée,
                 Tu n’as point revêtu ta robe d’hyménée,
                 L’or autour de tes bras n’a point serré de nœuds,
30              Et le bandeau d’hymen n’orna point tes cheveux. » 
André Chénier, « La jeune Tarentine », 1785-1787,Bucoliques, 1819
1.Alcyons : oiseaux des mers dont la légende dit qu'ils faisaient leur nid sur les flots.
2.Thétis : divinité marine, une des Néréides (les filles de Nérée).
3.Tarentine : Tarente est un port situé dans le sud-est de l'Italie. Chénier parle donc d’une jeune fille de Tarente.
4.Camarine : port de Sicile.
5.Hymen : cortège nuptial ou mariage.
6.Cèdre : coffret en bois de cèdre désigné par métonymie.
7.Étonnée : le vent l'enveloppe, ce qui la surprend. « Étonnée » a ici le sens classique de « paralysée de frayeur ».
8.Ce monument : le tombeau de Myrto.
9.Cap du Zéphyir : promontoire situé en Italie méridionale, au sud de Locres, à mi-chemin entre Tarente et Camarine.

Classer les sous-parties - Consigne

Classez les sous-parties suivantes en fonction des deux axes proposés.
Les sous-parties possibles pour un commentaire du poème d'André Chénier « La Jeune Tarentine » :
  • l’horreur de la mort est estompée ;
  • la mort est présente mais avec pudeur ;
  • le poème est le récit d’un drame en plusieurs actes ;
  • les fastes du mariage sont annihilés ;
  • l’alternance de deux images de la jeune fille, la défunte et la future mariée ;
  • l’association entre la mort et la mythologie rend le poème émouvant.
Les axes possibles pour un commentaire du poème d'André Chénier « La Jeune Tarentine » :
  • un poème plein de charme et de douceur ;
  • le récit d’une mort injuste.