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Rédiger l'introduction du commentaire

1. Amorce ou phrase d’accroche (étape conseillée mais non obligatoire) : commencer par une référence...

Sommaire

Les étapes de l'introduction du commentaire - MéthodeRédiger l'introduction d'un commentaire - Astuces
Clément Marot, Petite épître au roi, Épîtres, II, vers 1518S'entraîner à rédiger l'introduction d'un commentaire - Consignes

Les étapes de l'introduction du commentaire - Méthode

1. Amorce ou phrase d’accroche (étape conseillée mais non obligatoire) : commencer par une référence concernant le contexte historique, le mouvement littéraire et culturel, l’objet d’étude, le genre, etc.
Le but est d’attirer le lecteur, de le séduire par des considérations intéressantes. Il convient d'éviter les généralités/banalités introduites par « de tous temps », « l’homme a toujours été préoccupé par », « depuis toujours », etc.
Mieux vaut une absence d’amorce qu’une amorce maladroite !
2. Présenter l’auteur : siècle, mouvement littéraire et culturel, idées principales, éléments de biographie pertinents pour l'étude du texte, etc. Inutile de trop entrer dans les détails biographiques.
3. Présenter l’œuvre : date, titre, genre, mouvement littéraire et culturel, situation de l’extrait dans l’œuvre, thème du passage.
4. Présentation de la problématique sous forme de question directe ou indirecte.
5. Annonce du plan : une phrase par axe, chacune introduite par un mot de liaison (tout d’abord, dans un premier temps, ensuite, enfin), et chacune comportant un verbe au futur (nous verrons, nous étudierons, nous nous interrogerons sur, nous envisagerons, nous analyserons, etc.).
6. Inutile d’annoncer les sous-parties.

Rédiger l'introduction d'un commentaire - Astuces

Il faut rédiger entièrement l’introduction au brouillon : c’est le premier contact de la lectrice ou du lecteur avec votre copie, elle doit donc être soignée : attention donc à l’orthographe, à la syntaxe.
L’introduction ne doit pas être trop longue : pas plus d’une page.
L’introduction ne doit être constituée que d’un seul paragraphe.

Clément Marot, Petite épître au roi, Épîtres, II, vers 1518

Dans ce poème en forme d'épître (il s'agit d'une lettre en vers) , le poète Clément Marot s’adresse au roi François 1er, lui-même auteur de poèmes.
En m’ébattant1je fais rondeaux2en rime,
Et en rimant, bien souvent je m’enrime ;
Bref, c’est pitié d’entre nous rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rimes ailleurs,
Et quand vous plaît, mieux que moi rimassez3
Des biens avez et de la rime assez.
Mais moi, à tout ma rime4et ma rimaille
Je ne soutiens (dont je suis marri5) maille6.
Or ce, me dit (un jour) quelque rimart :
« Viens ça, Marot, trouves-tu en rime art
Qui serve aux gens, toi qui as rimassé ?
– Oui, vraiment (réponds-je) Henri Macé.
Car vois-tu bien, la personne rimante,
Qui au jardin de son sens la rime ente7,
Si elle n’a des biens en rimoyant
Elle prendra plaisir en rime oyant8;
Et m’est avis, que si je ne rimois,
Mon pauvre corps ne serait nourri mois
Ni demi jour. Car la moindre rimette,
C’est le plaisir où faut que mon ris9mette10. »
Si vous supplie qu’à ce jeune rimeur
Fassiez avoir un jour par sa rime heur
Afin qu’on die11, en prose ou en rimant :
« Ce rimailleur, qui s’allait enrimant,
Tant rimassa, rima et rimonna,
Qu’il a connu quel bien par rime on a. »
Clément Marot, « Petite épître au roi »,Épîtres, II, vers 1518
1.M'ébattant : m'amusant.
2.Rondeaux : type de poème, de forme fixe, composé de trois strophes.
3.Mieux que moi rimassez : François 1ers'adonnait lui-même à la poésie et a livré quelques vers de très bonne qualité.
4.À tout ma rime : tout à ma rime. 
5.Dont je suis marri : ce dont je suis chagriné.
6.Maille : petite monnaie de cuivre (ce qui signifie « je n'ai pas grand chose »).
7.Ente : terme d'horticulture signifiant « pratiquer une greffe ».
8.Oyant : entendant.
9.Ris : rire.
10.Mette : le « je » est ici sous-entendu. 
11.Afin qu’on die : afin qu'on dise.

S'entraîner à rédiger l'introduction d'un commentaire - Consignes

Voici l'introduction à un commentaire de la « Petite épître au roi » de Clément Marot.
Remettez dans le bon ordre les phrases proposées afin d'obtenir une introduction cohérente.
  • LesEpîtresregroupent les poèmes-lettres adressés par Marot à divers destinataires.
  • Poète officiel de la cour de François 1er, Clément Marot incarne un grand esprit de liberté. Il est une figure charnière de la poésie française puisqu’il édita les œuvres du poète médiéval François Villon tout en ouvrant la voie aux poètes de la Pléiade, par l’introduction du sonnet en France notamment.
  • En quoi ce poème plein de virtuosité langagière offre-t-il une réflexion sur l'art poétique ? 
  • « Et le premier qui rimona/ Pour le grand bien qu’en rime en a ». La poétesse Pernette du Guillet semble d’accord avec Clément Marot pour voir en la poésie un métier susceptible de rapporter du « bien ».
  • Nous allons montrer que ce texte est une lettre en forme de poème exprimant une requête puis nous montrerons que ce poème porte un regard empli d’auto-dérision sur le poète lui-même avant d’aborder la réflexion proposée par le texte sur la poésie et ses pouvoirs.
  • Clément Marot s’adresse au roi pour lui demander un soutien financier, en tant que protecteur des arts, et des poètes en particulier, le souverain étant lui-même « rimeur ».