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Je m'exerce à rédiger à partir d'un plan détaillé de commentaire

Dans chaque sous-partie de commentaire littéraire, on veille aux points suivants :

Sommaire

Rédiger à partir d'un plan détaillé - Astuces et méthodes
Pierre Corneille, Médée, Acte V, scène 2, 1634Je m'exerce à rédiger à partir d'un plan détaillé - Consigne

Rédiger à partir d'un plan détaillé - Astuces et méthodes

Dans chaque sous-partie de commentaire littéraire, on veille aux points suivants :
  • Au début de chaque sous-partie, on fait un alinéa. Une sous-partie = un paragraphe (guidé par une idée directrice).
  • Unephrase introductivequi annonce l’idée du paragraphe, et qui doit faire le lien avec l’idée de la partie (= l’axe).
  • Un ou plusieursprocédés, illustrés par une ou plusieurscitations, qui justifient l’idée du paragraphe (en général, 3 exemples analysés constituent une sous-partie convaincante).
  • Uncommentaire analytiquesur les procédés (= l’interprétation) : sens, effet, objectif, etc.
  • Unephrase qui résumel’idée développée dans le paragraphe et introduit le suivant.
Impératif : surtout,ne pas oublier les guillemets lors d’une citation ! Ce sont les mots de l’auteur, ceux que vous analysez, et non les vôtres !

Pierre Corneille, Médée, Acte V, scène 2, 1634

Quand les Argonautes arrivent en Colchide1pour conquérir la Toison d'or, ils se heurtent à l'hostilité du roi Æetès, gardien du trésor. Mais sa fille, Médée, s'éprend de Jason et use de sa magie pour l'aider à conquérir la Toison d'or. Elle trahit alors son père, prend la fuite avec son amant et n'hésite pas à tuer son frère, lancé à leur poursuite. Mais elle est abandonnée par Jason qui lui préfère la jeune Créuse, la fille du roi Créon. Médée connaît alors un tel désir de vengeance qu'elle se dit prête à tuer ses propres enfants pour se venger de son ancien amant. 
Acte V, Scène 2
MÉDÉE
Est-ce assez, ma vengeance, est-ce assez de deux morts ?
Consulte avec loisir2tes plus ardents transports3.
Des bras de mon perfide4arracher une femme,
Est-ce pour5assouvir les fureurs de mon âme ?
Que n’a-t-elle déjà des enfants de Jason,
Sur qui plus pleinement venger sa trahison !
Suppléons-y des miens6; immolons7avec joie
Ceux qu’à me dire adieu Créüse me renvoie :
Nature, je le puis sans violer ta loi ;
Ils viennent de sa part, et ne sont plus à moi.
Mais ils sont innocents ; aussi l’était mon frère8;
Ils sont trop criminels d’avoir Jason pour père ;
Il faut que leur trépas redouble son tourment ;
Il faut qu’il souffre en père aussi bien qu’en amant.
Mais quoi ! j’ai beau contre eux animer9mon audace,
La pitié la combat, et se met en sa place :
Puis, cédant tout à coup la place à ma fureur,
J’adore les projets qui me faisaient horreur :
De l’amour aussitôt je passe à la colère,
Des sentiments de femme aux tendresses de mère.
Cessez dorénavant, pensers irrésolus,
D’épargner des enfants que je ne verrai plus.
Chers fruits de mon amour, si je vous ai fait naître,
Ce n’est pas seulement pour caresser un traître :
Il me prive de vous, et je l’en vais priver.
Mais ma pitié renaît, et revient me braver10;
Je n’exécute rien, et mon âme éperdue
Entre deux passions demeure suspendue.
N’en délibérons plus, mon bras en résoudra11.
Je vous perds, mes enfants ; mais Jason vous perdra ;
Il ne vous verra plus… Créon sort tout en rage ;
Allons à son trépas joindre ce triste ouvrage.
Pierre Corneille,Médée, Acte V, scène 2, 1634
1.Colchide : terme ancien, utilisé pour désigner l'ensemble des anciennes tribus qui vivaient sur la côte orientale de la mer Noire jusqu'à une ville de Turquie, Giresun (anciennement nommée « Cerasus »).
2.Avec loisir : en prenant tout son temps.
3.Tes plus ardents transports : tes émotions les plus vives.
4.Perfide : traître (Jason).
5.Est-ce pour : est-ce assez pour.
6.Suppléons-y des miens : remplaçons-les par les miens.
7.Immolons : sacrifions.
8.Mon frère : dans sa fuite de Colchide avec Jason, Médée n’a pas hésité à sacrifier son frère pour retarder ceux qui les poursuivaient.
9.Animer : exciter, aviver.
10.Me braver : me défier, me provoquer.
11.Mon bras en résoudra : mon bras en décidera.

Je m'exerce à rédiger à partir d'un plan détaillé - Consigne

Après avoir lu le texte extrait deMédéede Corneille, vous choisirez une des parties de commentaire proposées et en rédigerez les trois sous-parties à l'aide des éléments d'analyse suggérés.
I. Un monologue délibératif 
1. Une délibération en apparence réfléchie et logique
  • Médée se pose de véritables questions, qui ne sont pas rhétoriques (v. 1 à 6) ;
  • des arguments se font face (v. 7 à 28) ;
  • puis une prise de décision en fin de passage (29-32).
2. Une délibération où Médée joue tous les rôles judiciaires 
  • Médée est à la fois victime, juge et avocat des deux parties, et bourreau ;
  • la proportion des passages où Médée prend la défense de ses enfants, par rapport à ceux où elle projette leur mort, est moindre, et ces passages sont toujours entourés et contrebalancés par des arguments contraires ;
  • la métonymie « mon bras en résoudra » (29) : Médée bourreau.
3. Une délibération entièrement soumise à la vengeance et non à la justice 
  • lexique de la violence et de la vengeance ;
  • chiasme  « il me prive de vous, et je vais l’en priver » (25) : loi du Talion.
II. Médée est en proie à des sentiments contradictoires et irréconciliables, preuve de sa folie
1. Des sentiments contradictoires : colère, haine et amour maternel
  • alternance de sentiments opposés ;
  • chiasme éloquent des v. 19-20 « (A) De l’amour aussitôt (B) je passe à la colère / (B) Des sentiments de femme (A) aux tendresses de mère ».
2. Un sentiment principal, le doute
  • insistance sur la notion d’entre-deux : « entre deux passions demeure suspendue » : diérèse sur le mot « passion » pour donner plus de valeur au complément circonstanciel ;
  • de nombreuses césures à l’hémistiche ;
  • Médée est le lieu d'un combat entre des forces opposées.
3. Médée contrainte à la folie : les destinataires successifs du monologue
  • Médée change régulièrement de destinataire ;
  • la variété de la ponctuation : Médée ne se maîtrise plus du tout.
III. Une décision tragique
1. Une décision par l’abandon…
  • la présence des négations montrent que la décision se fait par la négative, de manière passive : « rien », « ne plus » ;
  • Médée s'en remet à son « bras » (un membre qui ne pense pas).
2. ... Mais une décision arrêtée et irrévocable
  • de nombreux impératifs ;
  • des futurs de certitude.
3. Un acte presque tangible : le crime presque déjà accompli
  • le présent de l'indicatif : « je vous perds, mes enfants » (30) ;
  • les points de suspension (31) : effet d’attente.