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La science-fiction

La science fiction, baptisée au XIXesiècle « le merveilleux scientifique », cultive des thèmes qu’elle...

Sommaire

Le genre de la science-fiction - FocusScience-fiction - SiteÉtymologie et origineDéfinitions et fonctionnementScience-fiction et prospectiveSous-genresHard science-fictionVoyage dans le tempsUchronieCyberpunkSpace operaSpace fantasyPlanet operaLiens utiles
Des exemples de SF : à lire, à regarder
George Orwell, 1984, 1948 - Extrait
George Orwell, 1984, 1948 - Texte intégral - Site
Minority Report, Steven Spielberg, 2002 - Bande-annonce VF
Philippe Pelaez et Benjamin Blasco-Martinez, Noir Horizon, 2023 - Site

Le genre de la science-fiction - Focus

La science fiction, baptisée au XIXesiècle « le merveilleux scientifique », cultive des thèmes qu’elle partage avec le fantastique, comme, par exemple, le thème de l’Autre (l’extraterrestre, à l'instar du fantôme dans le récit fantastique, suscite la peur des personnages). Dans une œuvre de science-fiction, « le surnaturel est expliqué d’une manière rationnelle mais à partir des lois que la science contemporaine ne reconnaît pas » (Tzetan Todorov,Introduction à la littérature fantastique, 1970).
La science-fiction est un genre narratif (et non un registre) qui peut se développer sous des formes diverses (littérature, cinéma, ou encore bande dessinée). Elle décrit l’état futur d’un monde, en anticipant les progrès de la science et de la technologie, et leurs conséquences sur l'humanité. 
Le récit de science-fiction peut prendre la forme d'unedystopie (le contraire de l'utopie, le lieu heureux et inexistant), véritable laboratoire anticipateur depuis le XIXesiècle, de nos sociétés du futur. C’est un ailleurs dans l’espace ou dans le temps, où la situation sociale et politique s’est aggravée par rapport au présent du lecteur. Les maux du monde ont empiré au point de devenir insupportables pour l’homme. 
Partez à la découverte des autres sous-genres de la SF (uchronie,space opera, roman d'anticipation...) en cliquant sur la page Wikipédia qui leur est consacrée !

Science-fiction - Site

Lascience-fictionest un genre narratif principalement littéraire et cinématographique structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur ou ce qu'aurait pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronie, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie.

Étymologie et origine

Le terme français « science-fiction » a pour origine le terme anglais science fiction qui est apparu pour la première fois en 1853 sous la plume de William Wilson dans un essai intituléA Little Earnest Book Upon A Great Old Subject. Mais il ne s'agissait alors que d'un usage isolé. En janvier 1927, on trouve dans les colonnes du courrier de Amazing Stories la phrase suivante : « Remember that Jules Verne was a sort of Shakespeare in science fiction. » Mais c'est en 1929, à la suite de l'éditorial d'Hugo Gernsback dans le premier numéro du pulp magazine intituléScience Wonder Stories, que le terme commence à s'imposer aux États-Unis, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant de facto d'autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme «scientific romance» ou «scientifiction».
Dans son essai intituléOn The Writing of Speculative Fiction, publié en 1947 dansOf Worlds Beyond, l'auteur américain Robert A. Heinlein plaida en faveur du concept de «speculative fiction», ou fiction spéculative réaliste pour se démarquer des récits de fantasy qui paraissaient encore à l'époque sous l'étiquette générale de science fiction. Si le néologisme de Robert A. Heinlein connut un grand succès jusque dans les années 1960, le terme de science fiction s'est toujours maintenu comme référence. Exemple :Le Meilleur des mondesd'Aldous Huxley est un roman de type science-fiction.
Dans le monde francophone, le terme de science-fiction s'impose à partir des années 1950 avec pour synonyme et concurrent direct le motanticipation. Précédemment, il s'agissait plutôt de « merveilleux scientifique » ou de voyages « extraordinaires ». Si le mot anglais original s'écrit le plus souventscience fiction, le mot français s'orthographie avec un trait d'union :science-fiction. L'abréviation françaiseS.F., ouSF, est devenue courante à partir des années 1970.

Définitions et fonctionnement

Une représentation répandue que l'on trouve dans les dictionnaires dépeint la science-fiction comme un genre narratif qui met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles ou non avérés en l’état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science, et qui correspondent généralement à des découvertes scientifiques et techniques à venir. Cette description générale recouvre de nombreux sous-genres, comme lahard science-fiction, qui propose des conjectures plus ou moins rigoureuses à partir des connaissances scientifiques actuelles, lesuchronies, qui narrent ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent, lecyberpunk, branché sur les réseaux, lespace opera, laspeculative fiction, leplanet opera, le policier/science-fiction et bien d’autres. Cette diversité de la science-fiction rend sa définition difficile. Mais, bien qu'il n'existe pas de consensus à propos d'une définition de la science-fiction (presque tous les écrivains ont donné leur propre définition), on admet généralement que certains mécanismes narratifs caractéristiques doivent être présents dans une œuvre pour que l'on puisse la classer dans ce genre. Ainsi,The Cambridge Companion to Science Fictionpropose-t-il une synthèse de ces caractéristiques par la formulation de plusieurs réquisits dont l'absence semblerait interdire de parler de science-fiction.
L'expérience de pensée : le récit de science-fiction est toujours unque se passe-t-il si... ?C'est une fiction spéculative qui place les idées au même plan que les personnages.
La distanciation cognitive : le lecteur doit être embarqué dans un monde inhabituel.
« C’est notre monde disloqué par un certain genre d’effort mental de l’auteur, c’est notre monde transformé en ce qu’il n’est pas ou pas encore. Ce monde doit se distinguer au moins d’une façon de celui qui nous est donné, et cette façon doit être suffisante pour permettre des événements qui ne peuvent se produire dans notre société – ou dans aucune société connue présente ou passée. Il doit y avoir une idée cohérente impliquée dans cette dislocation ; c’est-à-dire que la dislocation doit être conceptuelle, et non simplement triviale ou étrange – c’est là l’essence de la science-fiction, une dislocation conceptuelle dans la société en sorte qu’une nouvelle société est produite dans l’esprit de l’auteur, couchée sur le papier, et à partir du papier elle produit un choc convulsif dans l’esprit du lecteur, le choc produit par un trouble de la reconnaissance. Il sait qu’il ne lit pas un texte sur le monde véritable. »
— Philip K. Dick, lettre du 14 mai 1981
L'activité de compréhension du lecteur : elle fait suite à la distanciation. Le lecteur doit reconstruire un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories ou de spéculations scientifiques, même s'il s'agit de connaissances qui violent les principes de nos connaissances actuelles. Ce monde inhabituel n'étant pas donné d'un coup, le lecteur doit se servir pour cela d'éléments fournis par l'auteur (objets techniques spécifiques, indices de structures sociales particulières, etc.). Ainsi, elle se distingue nettement de la fantasy, genre qu'elle côtoie dans les rayons des librairies, ce qui n'empêche pas l'écrivain Terry Pratchett de déclarer avec humour : « La science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons. »
Les références à un bagage culturel commun : le vocabulaire et les thèmes de la science-fiction font partie d'uneculture familière au lecteur qui lui permet de s'yreconnaître.

Science-fiction et prospective

Pour Yannick Rumpala la science-fiction peut être un matériau dans le processus de connaissance de la prospective. Comme la prospective elle construit et diffuse des représentations du futur. Les prospectivistes ne sont pas forcément les mieux placés pour imaginer les conséquences et implications des développements techniques. Ils peuvent aussi avoir tendance à éliminer des hypothèses dérangeantes. La science-fiction est plus à l’aise dans l’exploration imaginaire et moins sujette à des préventions. La mise en récit ou la mise en images facilite les expressions et alerte sur des tendances jugées inquiétantes. Au delà de littérature d’évasion la science-fiction peut être considérée comme une littérature d’idées.

Sous-genres

Hard science-fiction

Une définition de lahard science fiction, ouhard SF, fut proposée par l'écrivain américain Allen Steele en 1992 : « Lahard SF est une forme de littérature de l'imaginaire qui se construit autour de la science établie ou de son extrapolation prudente. » L'expression fut utilisée pour la première fois en 1957 par P. Schuyler Miller dans un compte-rendu deIslands of Spacede John W. Campbell, publié dans la revue Astounding Science Fiction. Ce genre est représenté par exemple par les œuvres de Arthur C. Clarke, Stephen Baxter et Greg Egan.

Voyage dans le temps

Le voyage dans le temps peut être un genre à part entière, ou l'un des thèmes d'une œuvre. Ce genre affronte les problèmes liés aux paradoxes temporels, comme le paradoxe du grand-père, mais peut amener à des réflexions sur certains événements historiques lorsque, par exemple, un personnage crée l'histoire qu'il voulait en fait observer, comme dansVoici l'hommede Michael Moorcock. Le classique du genre estLa Machine à explorer le tempsde H. G. Wells.

Uchronie

L’uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Un exemple estLe Maître du Haut Châteaude Philip K. Dick.

Cyberpunk

L’appellation cyberpunk est apparue dans les années 1980. Elle désigne un sous genre de l'anticipation, elle-même sous genre de la science-fiction, décrivant un monde futuriste de manière dystopique (négative). Le cyberpunk met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l'information et la cybernétique). Parmi les principaux écrivains cyberpunk, on peut citer William Gibson, et plus particulièrement de son romanNeuromancien(1984), ou Neal Stephenson.

Space opera

Les récits despace opera articulent leur intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires. Dans ces récits, les théories d'astrophysique croisent les protocoles des récits d'aventures maritimes et en reprennent généralement le lexique (vaisseau, flotte, etc.). Une part non négligeable de ces récits relève également de la science-fiction militaire. Ces récits, où la possibilité des déplacements à très longue distance est centrale, permettront le développement du thème d'empire interstellaire ou galactique.
LeSpace opera apparait en France notamment avec la Roue Fulgurante de Jean de la Hire en 1908 puis dans les années 1920 avec les romans de l'auteur américain Edward Elmer Smith, notammentLa Curée des astres(1928), puis à une plus grande échelle dansTriplanétaire (1934) qui ouvrait leCycle du Fulgur. Après la seconde guerre mondiale, le space opera deviendra un genre prisé de la télévision, avec des séries commeStar Trek(États-Unis, 1964) de Gene Roddenberry etCosmos 1999(Angleterre, 1975) de Gerry Anderson. Pour le cinéma, le genre connaîtra un succès retentissant en 1977 avec le filmLa Guerre des étoiles(renomméA New hope lors de sa seconde parution au cinéma en 1997) (États-Unis, 1977) de George Lucas, premier volet de la trilogie originaleStar Wars, puis quatrième volet de l'hexalogie du même nom. En 1997, le film Stargate est à l'origine de la série Stargate SG-1 (et de trois séries dérivées) qui connaîtront un grand succès populaire tout au long des années 2000.
Coté littérature, le genre se porte bien dans les années 2000 et 2010 avec des grands auteurs et des œuvres majeures au premier rang desquels Dan Simmons (cycles Hypérion et Endymion, Ilium et Olympos), Peter F. Hamilton (cycles L'Aube de nuit, L'Étoile de Pandore, La Trilogie du vide), Alastair Reynolds (cycle des Inhibiteurs) et David Weber (cycle Honor Harrington).

Space fantasy

Les récits qui mêlent à des univers deSpace operacertains éléments typiques de lafantasy: magie, quête initiatique, atmosphère de conte. Ce genre peut réunir aussi bien les univers futuristes façon Warhammer 40000, où elfes et orques se battent à bord d'immenses machines de guerre, que d'autres plus étranges comme Spelljammer, où elfes, nains et humains explorent l'espace à bord de navires magiques, dépourvus de la moindre trace de technologie. Un cycle présentant les caractéristiques de la space-fantasy peut également évoluer en planet-opera fantasy (citons les cycles de Ténébreuse et la Ballade de Pern par exemple).

Planet opera

Les récits deplanet operaont pour décor une planète étrangère aux caractéristiques déroutantes et mystérieuses que les principaux personnages ont pour mission d'explorer et de découvrir sous tous ses aspects (faune, flore, ressources). La trilogie d'Helliconia en est l'exemple canonique.

Liens utiles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture

https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture

Des exemples de SF : à lire, à regarder

George Orwell, 1984, 1948 - Extrait

1984est un roman dans lequel George Orwell décrit la vie à Océania, un pays imaginaire gouverné par un dictateur dont les portraits sont affichés partout.  Voici le début du roman : Winston Smith rentre chez lui.
« À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.
À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l’hiver qui venait de prendre fin.
Au-dehors, même à travers le carreau de la fenêtre fermée, le monde paraissait froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussière et le papier déchiré. Bien que le soleil brillât et que le ciel fût d’un bleu dur, tout semblait décoloré, hormis les affiches collées partout. De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle était déchiré, battait par à-coups dans le vent, couvrant et découvrant alternativement un seul mot : ANGSOC. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était la patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.
Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu’elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu. »
George Orwell,1984, (première partie, chapitre 1), 1948

George Orwell, 1984, 1948 - Texte intégral - Site

Minority Report, Steven Spielberg, 2002 - Bande-annonce VF

Philippe Pelaez et Benjamin Blasco-Martinez, Noir Horizon, 2023 - Site