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La mer Méditerranée, un espace migratoire

Les migrations internationales sont un phénomène majeur de notre époque.

Sommaire

Entrer dans l'étude de casLes migrations internationales - IntroductionLa Méditerranée, cimetière des exilés - VidéoCapacités et méthode
DocumentsLes volontaires de SOS Méditerranée - VidéoL’itinéraire le "plus meurtrier du monde"Près de 22 000 migrants interceptés en mer MéditerranéeLa mer Méditerranée - Carte
Réviser, s'entraîner, retenirLa mer Méditerranée, un espace migratoire - PodcastBilan généralLa mer Méditerranée - Quiz sur l'étude de cas
Les migrations internationales - Quiz
La mer Méditerranée - Révisions interactives

Entrer dans l'étude de cas

Les migrations internationales - Introduction

Les migrations internationales sont un phénomène majeur de notre époque.
Chaque année, des millions de personnes traversent les frontières pour s'installer dans un autre pays. Les causes de ces départs sont multiples et souvent interconnectées : la recherche de meilleures opportunités économiques est fréquente, mais les migrations sont aussi nourries par les guerres, les violences politiques, les discriminations, les effets du changement climatique (sécheresses, inondations) ou encore le souhait de poursuivre des études à l'étranger.
Ces flux migratoires soulèvent des enjeux considérables, tant pour les pays de départ (perte de main-d'œuvre qualifiée, mais aussi apports financiers des diasporas) que pour les pays d'arrivée (besoins de main-d'œuvre, défis d'intégration, questions de sécurité et de cohésion sociale).

La Méditerranée, cimetière des exilés - Vidéo

Capacités et méthode

En travaillant sur cette étude de cas, vous allez développer et utiliser plusieurs capacités.
Connaître et se repérer :nommer et localiser les grands repères géographiques ainsi que les principaux processus et phénomènes étudiés (ici, les routes migratoires, les pays concernés).
Contextualiser :
  • mettre en relation des faits ou événements de natures, de périodes, de localisations différentes (exemple : lier les crises dans les pays de départ aux tentatives de traversée) ;
  • confronter le savoir acquis en géographie avec ce qui est entendu, lu et vécu (notamment à travers les actualités sur les migrations en Méditerranée).
Employer les notions et exploiter les outils spécifiques aux disciplines :
  • employer les notions et le lexique acquis en géographie à bon escient (migrant, réfugié, route migratoire, passeur, etc.) ;
  • savoir lire, comprendre et apprécier une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique (les différents documents proposés).
Conduire une démarche géographique et la justifier :s’approprier un questionnement géographique (les questions posées pour chaque document).
Construire une argumentation géographique :procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche géographique (en évaluant la pertinence et les limites des informations).
Utiliser le numérique :identifier et évaluer les ressources pertinentes en histoire-géographie (en naviguant sur les liens proposés).

Documents

Les volontaires de SOS Méditerranée - Vidéo

L’itinéraire le "plus meurtrier du monde"

Près de 22 000 migrants interceptés en mer Méditerranée

La mer Méditerranée - Carte


Réviser, s'entraîner, retenir

La mer Méditerranée, un espace migratoire - Podcast

Bilan général

La mer Méditerranée : un espace majeur et dangereux des migrations vers l'Europe
Un espace migratoire majeur
  • La mer Méditerranée est une interface importante située entre trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Asie.
  • C'est un bassin migratoire régional.
  • Il existe des grandes routes migratoires vers l'Europe qui la traversent.
Des routes particulièrement dangereuses
  • La route migratoire maritime de la Méditerranée centrale (entre la Libye et l'Italie) est considérée comme la route migratoire la plus meurtrière au monde.
  • Des milliers de personnes tentent la traversée chaque année sur des embarcations précaires, impropres à la navigation et surchargées. Ces bateaux sont souvent faits de bois ou de métal et inadaptés aux trajets en mer.
  • Elles fuient des situations insoutenables dans leur pays d'origine ou sur la route migratoire, souvent décrites comme "l'enfer libyen".
  • La grande distance qui sépare les côtes de la Libye et celles de l'Italie (300 à 400 km) contribue à cette mortalité importante.
  • Beaucoup de migrants ne savent pas nager, rendant chaque manœuvre critique.
Un bilan humain très lourd
  • La Méditerranée est la route migratoire maritime la plus mortelle au monde.
  • Plus de 24 613 personnes ont péri ou disparu en Méditerranée centrale depuis 2014 ;
  • 74,6 % des décès en Méditerranée depuis 2014 se sont produits sur la route de la Méditerranée centrale.
  • En 2024, plus de 2 200 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée, dont près de 1 700 sur la seule route de la Méditerranée centrale.
  • En 2021, 1 553 personnes ont perdu la vie en Méditerranée centrale, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à 2020, inversant la tendance à la baisse des années précédentes.
  • En 2019, la Méditerranée centrale a enregistré la majorité des décès en mer (1 262 sur 1 885), avec un taux de mortalité de 4,78 %, en hausse par rapport à 2018.
  • Le nombre record de décès de migrants a commencé à diminuer en 2017, en partie grâce à la coopération entre l’UE, la Turquie et la Libye, mais fermer les itinéraires moins dangereux peut pousser les migrants vers des routes plus longues et plus risquées, augmentant ainsi la probabilité de périr en mer.
Les principaux espaces concernés (d'après la carte)
  • Points de départ : Tripoli, Tunis. (D'autres départs ont lieu depuis la Tunisie, et une recrudescence des départs depuis la Tunisie a été notée en septembre 2023.)
  • Points d'arrivée : Lampedusa, îles grecques.
  • Espaces de transit majeurs : Libye, Maroc. La Libye est particulièrement mentionnée comme un espace de transit chaotique et dangereux.
  • Zones de naufrages fréquents : identifiées sur la carte.
Les acteurs et les politiques de contrôle et de sauvetage
  • Les garde-côtes libyens interceptent les migrants en mer, souvent dans les eaux territoriales libyennes ou internationales.
  • En 2024, près de 22 000 migrants ont été interceptés par les garde-côtes libyens. Ce chiffre est supérieur à 2023 mais inférieur à 2022.
  • La grande majorité des migrants ramenés en Libye se retrouvent en prison.
  • Depuis un accord en 2017 signé entre Tripoli et Rome et soutenu par Bruxelles, l'UE confie aux autorités libyennes la coordination des sauvetages près de leurs côtes, avec pour objectif d'endiguer les flux vers l'Europe. L'Italie équipe et forme les Libyens pour cette mission. L'UE a affecté des fonds (200 millions d'euros) à la Libye pour financer, former et équiper les garde-côtes, dans une politique de "réexternalisation" de la question migratoire.
  • Cependant, la Libye ne peut en aucun cas être considérée comme un "lieu sûr" où les migrants seraient en sécurité et où leurs droits seraient respectés, en contradiction avec le droit maritime et humanitaire international.
  • Les politiques européennes ont évolué, passant d'une opération de sauvetage par l'Italie (Mare Nostrum, 2013-2014, qui a sauvé plus de 150 000 vies) à des opérations centrées sur le contrôle des frontières (Triton).
  • La fermeture des ports italiens en 2018 a marqué une période de blocage des navires de sauvetage. Les navires d'ONG ont été bloqués des jours, voire des semaines, attendant un port sûr.
  • La pandémie de Covid-19 en 2020 a entraîné la fermeture de ports et une suspension des activités des ONG, transformant la Méditerranée centrale en un "trou noir" avec des tragédies.
  • Des décrets italiens (comme le décret Piantedosi en 2023) ont davantage criminalisé les ONG de sauvetage, imposant des amendes et des détentions de navires, contribuant ainsi au manque de secours et à l'augmentation de la mortalité. Ces décrets obligent aussi les navires à se rendre dans des ports très éloignés après un sauvetage, les éloignant de la zone de détresse.
  • Les ONG de recherche et de sauvetage, comme SOS Méditerranée (qui opère notamment l'Aquarius puis l'Ocean Viking), jouent un rôle crucial dans le sauvetage en mer. Elles sont composées de volontaires de différentes nationalités. Leur mission est de sauver les migrants en perdition, en partant du principe que "la vie n'a pas de prix". Elles ont sauvé des milliers de personnes (SOS Méditerranée a sauvé plus de 35 000 personnes depuis 2016). Leur action est cependant entravée par les politiques européennes et les autorités libyennes.
  • Les migrants secourus par les ONG vivent souvent dans la crainte d'être ramenés en Libye jusqu'à leur débarquement. L'Italie est citée comme le seul pays européen du pourtour méditerranéen les ayant acceptés dans un exemple.
  • La coordination des secours en mer a été défaillante.
Les frontières et les contrôles
  • La Méditerranée est bordée par des frontières surveillées (ex : Frontex).
  • Il existe des obstacles physiques (ex : Ceuta et Melilla).
  • Des zones de coopération UE-pays tiers visent à limiter les départs.
En résumé,l'étude de cas de la Méditerranée illustre la complexité et la dangerosité des migrations internationales vers l'Europe, impliquant une diversité d'acteurs (migrants, garde-côtes, États, ONG), des routes maritimes périlleuses et des politiques migratoires qui, en cherchant à freiner les arrivées, contribuent paradoxalement à augmenter la mortalité en mer. C'est un espace où les enjeux humanitaires et géopolitiques se croisent de manière tragique.

La mer Méditerranée - Quiz sur l'étude de cas

Les migrations internationales - Quiz

La mer Méditerranée - Révisions interactives