Capacités et méthodes
Contextualiser :mettre en œuvre le changement d’échelles, ou l’analyse à différentes échelles (multiscalaire), en géographie.
Employer les notions et exploiter les outils spécifiques aux disciplines :savoir lire, comprendre et apprécier une carte, un croquis, un document iconographique, une série statistique…
Construire une argumentation historique ou géographique :procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique ou géographique.
Utiliser le numérique.
Question sur le document
En navigant sur la carte interactive proposée par le Portail des données migratoires et en utilisant les réponses aux questions des activités précédentes, expliquez la place de l'Afrique australe dans les migrations internationales.
Aides
- Réfléchir à différentes échelles : mondiale, régionale (en pays africains).
- Penser que certains pays sont récepteurs de migrants, d'autres davantage émetteurs de migrants.
- Penser aux inégalités de développement et aux différents facteurs d'explication des migrations.
- Organiser son argumentation en trois paragraphes et utiliser des exemples précis en provenance de la carte.
Éléments de correction
Cette région, marquée par des inégalités de développement, est composée de territoires qui sont des pays de départ, de transit et de destination pour des millions de migrants.
À l’échelle du monde, l’Afrique australe est un territoire moins concerné par les migrations que l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest ou le Moyen-Orient. En effet, ces pays sont moins attractifs pour les migrations internationales que les grandes puissances mondiales. En revanche, à l’échelle régionale, les migrations internationales sont très dynamiques et s’organisent en des flux combinés.
L'Afrique du Sud, puissance émergente régionale, est l'une des principales destinations pour les migrants en Afrique australe. En raison de son développement économique, elle attire des travailleurs des pays limitrophes et au-delà. La population sud-africaine compte ainsi 2,4 millions d’émigrés sur 64 millions d’habitants (soit 3,75 % de la population). Des milliers de Mozambicains, Zimbabwéens, Malawites et Lesothans fuient la pauvreté, voire la famine, et travaillent dans les activités minières et agricoles ou dans des métropoles comme Le Cap et Johannesburg. D’autres migrants en provenance du Congo, de la Somalie ou du Burundi fuient la guerre, la sécheresse ou les pluies torrentielles et demandent le statut de réfugiés. Aux crises politiques s’ajoutent les conséquences du changement global pour expliquer les migrations en Afrique australe. Ces migrations entraînent un certain nombre d’enjeux sociaux, d’accès aux services de santé, à l'eau potable, à l’éducation et à un logement salubre.
Le Mozambique est un pays à la fois pays d'origine et de transit pour les migrants. Les Mozambicains migrent vers l'Afrique du Sud pour des raisons économiques, tandis que le pays sert également de point de transit pour les migrants en provenance d'autres régions de l'Afrique qui se dirigent vers l'Afrique du Sud. Ainsi, le pays accueille moins de 1 % d’immigrés de sa population totale (353 000 sur 35,5 millions). L'Angola et la Zambie sont également des acteurs importants dans les dynamiques migratoires de la région. L'Angola, avec ses ressources naturelles, attire des travailleurs étrangers tandis que la Zambie est un pays à la fois d'origine et de destination pour les migrants. Les Zambiens migrent vers des pays comme l'Afrique du Sud et le Botswana pour des raisons économiques, tandis que la Zambie accueille des migrants en provenance de pays voisins (250 000 migrants sur 21 millions d’habitants, soit 1,2 % de la population). Le Botswana, bien que moins peuplé, est un pays de transit vers l’Afrique du Sud mais aussi un territoire de destination pour les migrants en raison de sa stabilité politique et économique (116 000 sur 2,5 millions d’habitants, soit 4,6 %). Le pays accueille des travailleurs étrangers, principalement en provenance du Zimbabwe et de la Zambie, qui contribuent à divers secteurs de l'économie.