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Sujet d’étude

Émigrés : terme qui désigne les Français, souvent nobles, hostiles à la Révolution et qui quittent la...

Sommaire

RepèresVocabulaireChronologie
Les causes de cette journéeLa Patrie en danger, pétition à l’initiative des sans-culottes parisiensLe manifeste de Brunswick
La journée du 10 août et ses conséquencesLes décisions des députés : décret du 10 août 1792La Marseillaise
ParcoursQuestionnementRédiger et prononcer un discours
ComplémentsCapacités travaillées

Repères

Vocabulaire

Émigrés : terme qui désigne les Français, souvent nobles, hostiles à la Révolution et qui quittent la France à partir de l’été 1789. Parmi eux, beaucoup s’engagent dans les armées européennes coalisées contre la France.
Fédérés : nom donné aux membres de la Garde nationale issus des départements provinciaux. Ces milices constituées à partir de 1789 pour assurer l’ordre public exercent aussi des fonctions militaires à partir du printemps 1792.
Sans-culottes : nom donné aux Parisiens issus du petit peuple des artisans et des commerçants. Ils se distinguent par le port du pantalon (et non de la culotte de soie des nobles et des bourgeois) et par un armement rudimentaire (piques et baïonnettes). Ils s’impliquent dans la vie politique de leurs quartiers et participent aux différentes journées révolutionnaires.

Chronologie

Juin 1791 : le roi s’enfuit de Paris avec la famille royale et tente de rallier l’Autriche, mais il est reconnu et arrêté à Varennes. À partir de cette date, les députés s’affrontent entre ceux qui veulent conserver la monarchie constitutionnelle et ceux qui souhaitent proclamer la république.
Avril 1792 : la France déclare la guerre à l’Autriche qui manifeste son hostilité au régime et ne cache pas sa volonté de rétablir, y compris par la force, une monarchie constitutionnelle.
Juillet 1792 : face à la multiplication des défaites et à la menace qui pèse sur Paris, l’Assemblée nationale déclare la patrie en danger. Des troupes fédérées, notamment marseillaises, arrivent à Paris pour en assurer la défense.
25 juillet 1792 : le texte appelé « manifeste du duc de Brunswick » (commandant en chef des armées prussiennes) ne laisse plus aucun doute sur les manœuvres du roi qui complote avec l’ennemi.
10 août 1792 : prise du palais des Tuileries, le roi trouve refuge à l’Assemblée législative.
13 août 1792 : Louis XVI et sa famille sont conduits à la prison du Temple.

Les causes de cette journée

La Patrie en danger, pétition à l’initiative des sans-culottes parisiens

« Représentants du peuple,
La Patrie est en danger. Ce cri de ralliement a retenti [...] Qui a pu mettre la patrie en danger ? [...]
La roi a-t-il tenu sa parole ? [...] Non. Écoutez le cri de la nation qui accuse hautement son premier fonctionnaire public : sa conduite envers ses frères, la journée de Varennes, la proposition de guerre avant la réunion des forces sur lesquelles le peuple devait compter. [...]
Voilà les crimes dont la Nation demande vengeance [...] »
Cette pétition à l’initiative des sans-culottes parisiens est lue aux députés de l’Assemblée nationale lors de la séance du 16 juillet 1792.

Le manifeste de Brunswick

« S’il est fait la moindre violence, le moindre outrage à leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s’il n’est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, [les Majestés impériale et royale étrangères] en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion, et les révoltés coupables d’attentats aux supplices qu’ils auront mérités. »
Charles Guillaume Ferdinand de Brunswick (1735-1806), commandant en chef de l’armée austro-prussienne.
Ce manifeste est publié le 25 juillet 1792 dans leJournal de Paris.
* Manifeste : déclaration écrite solennelle.

La journée du 10 août et ses conséquences

Les décisions des députés : décret du 10 août 1792

Article 1er- Le peuple français est invité à former une Convention nationale.
Article 2 - Le chef du pouvoir exécutif [le roi] est provisoirement suspendu de ses fonctions, jusqu’à ce que la Convention nationale aie prononcé les mesures qu’elle croira devoir adopter pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l’égalité.
Extraits du décret du 10 août 1792 adopté à l’Assemblée nationale.

La Marseillaise

LeChant de guerre pour l’armée du Rhincréé par Rouget de Lisle le 25 avril 1792 est popularisé par les fédérés marseillais venus défendre Paris. Ils l’entonnent lors de leur entrée aux Tuileries. Les Parisiens baptisent aussitôt ce chant unitaire « La Marseillaise ».
La Marseillaiseest déclarée chant national le 14 juillet 1795.
Refrain
Aux armes, citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur...
Abreuve nos sillons !
I
Allons ! Enfants de la Patrie !
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé ! (Bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes
Refrain
II
Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (Bis)
Français ! Pour nous, ah ! Quel outrage !
Quels transports il doit exciter ;
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !
Refrain
III
Quoi ! Des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! Des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (Bis)
Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Refrain
IV
Tremblez, tyrans et vous, perfides,
L’opprobre de tous les partis !
Tremblez ! Vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix. (Bis)
Tout est soldat pour vous combattre.
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Contre vous tout prêts à se battre.
Refrain
V
Français, en guerriers magnanimes
Portons ou retenons nos coups !
Épargnons ces tristes victimes,
À regret, s’armant contre nous ! (Bis)
Mais ce despote sanguinaire !
Mais ces complices de Bouillé !
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Refrain
VI
Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté ! Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (Bis)
Sous nos drapeaux que la Victoire
Accoure à tes mâles accents !
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Refrain

Parcours

Questionnement

Les causes de la journée du 10 août
1.Montrez que cette journée a des causes à la fois intérieures (au pays) et extérieures.
La journée du 10 août
2.Pourquoi est-elle l’une des dates les plus importantes de la Révolution française ?
3.Comparez-la avec le 14 juillet : quelles différences pouvez-vous établir ?
4.D’après vos connaissances, que devient le roi après cette journée ?

Rédiger et prononcer un discours

Préparez par groupe un discours qui sera prononcé devant la classe par un député.
Vous êtes député à l’Assemblée législative et, le 10 août 1792, vous réclamez le renversement de la monarchie. Votre discours doit présenter :
  • une évocation de la situation militaire catastrophique ;
  • les raisons pour lesquelles le roi ne peut plus régner ;
  • la nécessité d’un nouveau régime : la République.
Si vous convainquez votre auditoire, l’Assemblée adoptera le décret du 10 août suspendant la royauté.

Compléments

Capacités travaillées

Comparer des événements historiques.
Construire et former un discours pour convaincre.