« [...] Les marchandises que les Européens livrent en échange à leurs agents Nègres, et que ceux-ci donnent à leur tour à ceux qui leur vendent leurs compatriotes, quand ils ne les enlèvent pas eux-mêmes, sont des cowries, petits coquillages qui servent de monnaie dans les diverses contrées, ou des étoffes et d’autres productions de l’Orient, ou enfin des fusils, de la poudre à canon, des épées, de la batterie de cuisine, du fer en barre, des toiles, des grains de collier, etc. […] C’est avec les liqueurs spiritueuse qu’on paie le plus grand nombre des esclaves. […] Dès qu’un capitaine Européen a jeté l’ancre sur une côte pour la traite, il fait complimenter le Roi du pays, il lui envoie des présents, et lui demande la permission de trafiquer [...]. »
Benjamin-Sigismond Frossard,La Cause des esclaves nègres et des habitans de la Guinée, portée au tribunal de la justice, de la religion, de la politique, ouHistoire de la traite & de l’esclavage des nègres : preuves de leur illégitimité, moyens de les abolir sans nuire ni aux colonies ni aux colons, imprimeur Aimé de la Roche, 1789
La préparation des ventes d’esclaves - Texte
« [...] Quand un navire Négrier est arrivé à sa destination, le Capitaine cherche à s’en défaire au plutôt, de peur d’essuyer de nouvelles pertes. Il ordonne qu’on les nourrisse avec abondance pendant quelques jours, qu’on leur frotte le corps avec de l’huile de Palma Christi, afin de les rendre plus souples ; en un mot, qu’on ne néglige rien pour leur donner l’apparence de la santé, de la vigueur. Quand ces préparatifs sont achevés, il fait annoncer sur les papiers publics la vente de sa cargaison […] Aussitôt après avoir achevé leur vente, et reçu en denrée l’équivalent de leurs esclaves, les Capitaines qui les ont transportés en Amérique, se hâtent de revenir en Europe. [...]
Benjamin-Sigismond Frossard,La Cause des esclaves nègres et des habitans de la Guinée, portée au tribunal de la justice, de la religion, de la politique, ouHistoire de la traite & de l’esclavage des nègres : preuves de leur illégitimité, moyens de les abolir sans nuire ni aux colonies ni aux colons, imprimeur Aimé de la Roche, 1789