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Réfléchir en citoyen et en citoyenne

Objectif : en lien avec les discriminations, ce thème d'histoire vous permet de réfléchir à la question...

Sommaire

Réfléchir à la protection des minoritésL’impératif de solidarité au-delà des frontières - De l’histoire à l’EMC
Réfléchir aux inégalités femmes-hommesDiscours du député FlandrinStéréotypes et préjugés - De l’histoire à l’EMC

Réfléchir à la protection des minorités

L’impératif de solidarité au-delà des frontières - De l’histoire à l’EMC

Objectif : en lien avec les discriminations, ce thème d'histoire vous permet de réfléchir à la question du traitement médiatique des minorités opprimées.
L’article du journalL’Humanité du 15 octobre 1915 vise à mobiliser la solidarité face au génocide des Arméniens. Le journaliste, qui rapporte des faits qu’il tient notamment duTimes, organise son propos autour d’un fil directeur précis. auquel viennent s'agréger des arguments.
Rédigez à votre tour un article sur l’un des sujets suivants que l’ONU soutient en structurant votre article en : 
  • construisant une introduction présentant la notion de solidarité internationale comme une valeur fondamentale promue par l’ONU, et l’importance de protéger les minorités opprimées dans un cadre international ;
  • présentant l’exemple concret choisi, en décrivant l’initiative ;
  • en expliquant comment les actions contribuent à renforcer la paix et la justice ;
  • en concluant sur l’urgence d’une solidarité internationale pour prévenir les discriminations et conflits.
Quelques exemples de sujets possibles en lien avec les moyens développés par l’ONU :
  • la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques ;
  • le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) agit pour prévenir les conflits liés aux violation des droits des minorités en promouvant le dialogue entre les gouvernements et les communautés minoritaires ;
  • la présentation d’une résolution récente du Conseil des droits de l’homme. Les résolutions sur les droits des minorités nationales, ethniques, religieuses et linguistiques visent à promouvoir une culture de paix ;
  • le réseau des Nations unies sur la discrimination raciale et la protection des minorités. Ce réseau a été créé en 2012 à l’initiative du Secrétaire général. Cette plateforme est coordonnée par le HCDH ;
  • l’Examen périodique universel (EPU), qui permet aux États membres du Conseil des droits de l’homme de recommander des mesures concrètes pour protéger les droits des minorités dans divers pays.

Réfléchir aux inégalités femmes-hommes

Discours du député Flandrin

Pierre-Étienne Flandin, député de l’Yonne, est rapporteur de la commission du suffrage universel. Il s’engage en faveur du vote des femmes et défend une proposition de loi prudente – afin de rassurer le Sénat conservateur – qui limiterait le vote des femmes aux élections municipales, générales et d’arrondissement : elles ne participeraient pas aux élections législatives. (Celles-ci sont les plus importantes puisque le président de la République n’est alors pas élu au suffrage universel direct comme aujourd’hui et n’a que peu de pouvoirs. Le pouvoir est essentiellement détenu par le Président du conseil, qui dépend de la majorité à l’Assemblée.)
La Chambre adopte la proposition de la commission mais le Sénat la rejette au bout de trois ans, de discussions, ce qu’il fait à nouveau en 1925, en 1932 et en 1935. La France, très en retard par rapport à ses voisins européens, doit attendre l’ordonnance du 21 avril 1944, après l’engagement des femmes dans la Résistance, pour que le suffrage devienne réellement universel.
Extraits du discours du 8 mai 1919
« [...] Cependant, voici que depuis vingt ans, autour de notre démocratie un peu fatiguée et vieillissante, de toutes parts, les femmes ont été appelées à prendre part à la vie politique.
C’est la Norvège, la Suède, le Danemark, ce sont les États de l’Améri­que du Nord, de l’Australie, la Nou­velle-Zélande, la Finlande, qui, les premières, ont appelé les femmes à la vie publique. Puis, et surtout, depuis que la guerre a bouleversé la quiétude du monde, ce sont les nations plus voisines de la nôtre, c’est l’Angleterre, c’est la nouvelle Allemagne démocrati­que, c’est la Russie, c’est l'Autriche, c’est, hier, enfin, la Belgique.
De toutes parts, le mouvement se précipite et la question se pose de savoir si nous serons les derniers à le suivre.
Laissez-moi vous dire que nous ne pourrions nous obstiner, à mon sens, dans cet esprit conservateur qui a été de tout temps, en France, l’apanage des partis au pouvoir, qu’à deux conditions : démon­trer que ces nations audacieuses se sont trompées et que l’expérience du suffrage des femmes n’a pas donné de résultats heureux ; ou bien prouver que la femme française ne possède pas les mêmes apti­tudes à exercer ses droits politiques que l’Anglo-Saxonne, la Scandinave, la Russe ou l’Allemande, voire la Canadienne fran­çaise qui, aujourd’hui, bénéficie de ces droits.("Très bien! Très bien!")
[...] Je sais bien que monsieur Taine a écrit un jour, sentencieusement et définitivement : "Boutiquière, femme du monde ou lorette, voilà l’emploi d’une Française. Elle excelle en cela et en cela seulement."
La guerre nous a permis de réviser ce jugement : monsieur Taine avait oublié les paysannes françaises.("Très bien! Très bien!")
[...] Quand, au moment de la mobilisation, il a fallu remplacer dans nos campagnes, environ trois millions de travailleurs, les femmes ont pris la charrue, la hotte et la bêche, la fourche et l’aiguillon, et elles ont fait lever les mois­sons, elles ont vendangé les vignes ; elles ont accru et conduit les troupeaux. Mon­sieur Taine avait oublié aussi les ouvriè­res françaises.("Très bien! Très bien!")
Quand il a fallu, pour vaincre, aug­menter la production des armes, des munitions et des avions, c’est par centai­nes de milliers que les femmes françai­ses sont entrées dans l’usine de guerre.
Monsieur Taine avait oublié aussi les employées qui sont entrées dans tous les grands services publics [...] dans toutes les administrations publiques et ont permis à la France de continuer de vivre.
Il avait oublié enfin – laissez-moi vous le rappeler – les infirmières. Je crois, que mieux informés, nous pou­vons nous incliner respectueusement devant ce que les femmes françaises ont fait pendant la guerre.(Applaudisse­ments.)
Nous devons nous souvenir que monsieur Lloyd George, qui naguère, était un adversaire déterminé du suffragisme féminin, est venu prononcer à la chambre des communes, lorsqu’il a sou­tenu le projet étendant la franchise élec­torale aux femmes du Royaume-Uni, ces paroles significatives : "Le travail des femmes a été, pour le succès de nos armes, d’une importance vitale. Allons-nous, demain, les laisser sans voix dans la détermination des nouvelles conditions du monde ? Ce serait un outrage."
Et la chambre des communes l’a suivi et a accordé aux femmes le suf­frage politique intégral. ("Très bien! Très bien!") »
Pierre-Étienne Flandin, rapporteur de la commission du suffrage universel, discours du 8 mai 1919, assemblee-nationale.fr.

Stéréotypes et préjugés - De l’histoire à l’EMC

Objectif : procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique pour construire une argumentation en vue d’une restitution orale.
Le 8 mai 1919, le discours du rapporteur de la commission sur le suffrage universel invite les députés présents à ouvrir le droit de vote aux femmes. Cet extrait souligne des arguments liés à l’effort de guerre des femmes jusqu’en 1918.
1. Relevez ses arguments en faveur de ce droit dans l’extrait choisi.
2. Développez des arguments, basés sur les connaissances acquises lors de précédents chapitres d’histoire, pour nuancer l’affirmation de Pierre-Étienne Flandrin : « Quand, au moment de la mobilisation, il a fallu remplacer dans nos campagnes environ 3 millions de travailleurs, les femmes ont pris la charrue [...] » 
3. Choisissez l’un des pays mentionnés dans lequel le droit de vote a été accordé aux femmes. Par des recherches, relevez au moins deux arguments ayant conduit à leur accorder ce droit. Construisez votre discours pour présenter les arguments en faveur du droit de vote des femmes dans le pays choisi. 
4. Enregistrez votre discours (1 minute à 1 minute 30 maximum). N’oubliez pas d’être convaincant en choisissant des arguments solides et en usant de la prosodie (débit, ton, silence...).