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Le Second Empire, un régime autoritaire et populiste

La loi de sûreté générale est adoptée le 19 février 1858, officiellement en réponse à l’attentat d’Orsini...

Sommaire

La loi de sûreté générale, base législative du régime autoritaireL’attentat d’Orsini - PodcastLa loi de sûreté généraleLa répression en quelques chiffres
Une pratique « très encadrée » du droit de voteLe système de la candidature officielleLe programme de Léon Gambetta
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Sujet

À l’aide des documents, justifiez l’affirmation suivante : « Le Second Empire est un régime autoritaire et populiste. »

La loi de sûreté générale, base législative du régime autoritaire

L’attentat d’Orsini - Podcast

La loi de sûreté générale

La loi de sûreté générale est adoptée le 19 février 1858, officiellement en réponse à l’attentat d’Orsini. Elle permet de condamner sans procès toute personne ayant déjà fait l’objet d’une condamnation politique depuis 1848. Elle donne donc un cadre « légal » à la lutte contre tous les opposants politiques de Napoléon III.

La répression en quelques chiffres

Sous le Second Empire, on compte en métropole environ 45 000 prisonniers politiques.
Les bagnes, principalement en Guyane et en Nouvelle Calédonie, comptent 20 000 bagnards ; une très large majorité sont condamnés pour faits politiques.
2 500 opposants politiques s’exilent, à l’instar d’Henri Rochefort, d’Edgard Quinet ou de Victor Hugo.

Une pratique « très encadrée » du droit de vote

Le système de la candidature officielle

« Le suffrage est libre. Mais afin que la bonne foi des populations ne puisse être trompée par les habiletés de langage ou des professions de foi1équivoques2, désignez hautement, comme dans les élections précédentes, les candidats qui inspirent le plus confiance au gouvernement, que les populations sachent quels sont les amis ou les adversaires plus ou moins déguisés de l’Empire ; et qu’elles se prononcent, en toute liberté, mais en parfaite connaissance de cause. »
Circulaire du ministre de l’Intérieur aux préfets, 8 mai 1863.
1 Profession de foi : document établi par un candidat à une élection et dans lequel il énonce ses idées et son programme.
2 Équivoque : qui peut revêtir plusieurs significations ou donner lieu à plusieurs interprétations.

Le programme de Léon Gambetta

 En tant que candidat républicain, Léon Gambetta rédige pour les élections législatives de 1869 un programme qui reprend les « doléances » des électeurs de Belleville (nord de Paris).
« Citoyens,
Au nom du suffrage universel, base de toute organisation politique et sociale, donnons mandat à notre député d’affirmer les principes de la démocratie radicale et de revendiquer énergiquement :
- l’application la plus radicale du suffrage universel tant pour l’élection des maires et des conseillers municipaux, sans distinction de localité, que pour l’élection des députés [...]
- la liberté individuelle désormais placée sous l’égide des lois et non soumise au bon plaisir et à l’arbitraire administratifs ;
- l’abrogation de la loi de sûreté générale (prison pour toute tentative d’opposition, arrestation et déportation sans jugement pour délit politique) ;
- la liberté de la presse dans toute sa plénitude, débarrassée du timbre de cautionnement ;
- la suppression des brevets d’imprimerie et de librairie ;
- la liberté de réunion sans entraves et sans pièges avec la faculté de discuter toute matière religieuse, philosophique, politique ou sociale ;
- l’abrogation de l’article 291 du Code pénal ("Nulle association de plus de 20 personnes ne pourra se former qu’avec l’agrément du gouvernement") ;
- la liberté d’association pleine et entière ;
- la suppression du budget des cultes et la séparation de l’Église et de l’État ;
- l’instruction primaire laïque, gratuite et obligatoire avec concours entre les intelligences d’élite, pour l’admission aux cours supérieurs, également gratuits [...] ;
- la suppression des armées permanentes cause de ruine pour les finances et les affaires de la nation, source de haine entre les peuples et de défiance à l’intérieur ;
- l’abolition des privilèges et monopoles, que nous définissons par ces mots : primes à l’oisiveté ;
- les réformes économiques, qui touchent au problème social dont la solution [...] doit être constamment étudiée et recherchée au nom du principe de justice et d’égalité sociale. Ce principe généralisé et appliqué peut seul, en effet, faire disparaître l’antagonisme social et réaliser complètement notre formule :
Liberté, égalité, fraternité »
Le comité électoral de Belleville.