Les travaux d’Eugène Haussmann
Georges Eugène Haussmann (1809-1891) est un haut fonctionnaire et homme politique français. Il exerce la fonction de préfet de la Seine de 1853 à 1870. Lors de ce mandat, il dirige les transformations de Paris sous le Second Empire.
Il répond alors à une commande impériale car Napoléon III souhaite donner à Paris l’allure d’une véritable capitale européenne et souhaite aussi répondre à un certain nombre de problématiques urbaines. Le modèle pour l’empereur est alors la ville de Londres dans laquelle il a observé les effets positifs de la reconstruction à la suite du grand incendie de 1666.
Au milieu du XIXe siècle, le centre historique de Paris se présente à peu près sous le même aspect qu’au Moyen Âge : les rues y sont encore étroites, peu éclairées et insalubres (la ville connaît de grandes épidémies comme en 1832). La campagne est intitulée « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie ».
Ces travaux ont aussi un objectif politique moins avoué. Paris est une capitale éruptive marquée par plusieurs événements révolutionnaires, comme en 1789, 1830 ou 1948. Haussmann va donc raser des quartiers populaires pour déstructurer les foyers de contestation et permettre l’arrivée de classes sociales plus aisées.
Les travaux sont massifs : 70 voies nouvelles sont dessinées, près de 600 kilomètres d’égouts sont percés, 40 000 nouveaux immeubles sont construits, de nouveaux espaces verts avec 20 squares et 2 grands parcs, 20 arrondissements voient le jour en incluant d’anciens villages...
Les travaux durent jusqu’en 1870. Hausmann reçoit en 1862 la Grande croix de la légion d’honneur pour le récompenser de ses services rendus à l’Empire.
La critique d’Émile Zola
« Paris s’abîmait alors dans un nuage de plâtre. Les temps prédits par Saccard, sur les buttes Montmartre, étaient venus. On taillait la cité à coups de sabre. »
DansLa Curée, deuxième volume du cycle romanesque des Rougon-Macquart, Émile Zola évoque la transformation de Paris menée par le baron Haussmann. Ces grands travaux permettent à Aristide Rougon, dit Saccard, d’acquérir la fortune grâce aux opportunités offertes par les expropriations qui accompagnent le percement des nouvelles voies. Aristide Rougon incarne alors la figure du spéculateur et de la nouvelle bourgeoisie d’affaires portée par les évolutions économiques sous le Second Empire.
« M. Haussmann, qui est plein de sollicitude pour les riches, a fait des bois de Boulogne et de Vincennes des promenades princières [...] Peut-être le préfet de la Seine croit-il avoir assez fait pour les pauvres, en semant Paris de squares. Mais quels tristes coins de nature, quelles promenades poussiéreuses et étouffantes ! Des ruisseaux coulent autour des arbres maigres, des grilles isolent les moindres bouts de gazon, les bancs sont rares et les chaises se paient. Ces bocages de carton sont bons pour les petits bourgeois malingres. »
Émile Zola, causerie publiée dansLa Tribune, octobre 1868.