L’empire des frères Pereire - Chronologie
1835 : création de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint Germain en Laye.
1852 : création du Crédit mobilier et de la Compagnie du chemin de fer du Midi.
1853 : création de la Compagnie des chemins de fer de l’est et du Grand Central, et achat de l’établissement thermal de Vichy.
1854 : création de la société immobilière Rivoli.
1855 : investissement dans des compagnies d’assurance, exploitation de mines de charbon et création de la Compagnie générale maritime qui devient en 1861 la Transatlantique.
1857 à 1867 : investissements immobiliers à Paris dans le contexte des travaux d’Haussmann, comme la société du Nouveau Louvre.
1858 : investissement dans les chemins de fer espagnols.
1860 : investissement dans les chantiers maritimes de Saint-Nazaire.
1862 : création de la ville d’Hiver, quartier aisé d’Arcachon.
Éléments biographiques
Jacob Émile (1800-1875) et Isaac (1806-1880) Pereire sont des hommes d’affaires et banquiers français, associés toute leur vie. Ils connaissent une ascension sociale et politique fulgurante et incarnent les milieux d’affaires sous le Second Empire.
Les deux frères sont issus d’une famille implantée à Bordeaux depuis le XVIIIe siècle. Fils d’un assureur maritime, ils sont envoyés à Paris en 1822 par leur mère après le décès de leur père. Introduits dans les milieux économiques, ils adhèrent aux idées des Saint-Simoniens. Ce courant de pensée économique affirme que la société industrielle peut créer une prospérité en favorisant la circulation des hommes et des productions.
Alors qu’ils collaborent à des journaux commeLe National, ils entrent en relation avec James de Rothschild dont ils obtiennent le soutien pour la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Saint-Germain-en-Laye en 1835.
Avec l’avènement du Second Empire, les frères Pereire participent au développement économique de la France dans les domaines de la banque et des transports. En 1852, ils créent la banque Le Crédit mobilier, établissement très novateur et spécialisé dans les prêts à long terme aux industriels avec un système d’actions (le capital de 60 millions de francs est divisé en 120 000 actions).
Parallèlement, les frères Pereire investissent dans les chemins de fer français (ils sont à l’origine de la construction de la ville d’Arcachon), les transports maritimes (ils fondent la Compagnie maritime française), l’immobilier (travaux haussmanniens). Leur succès est consacré par leur élection au corps législatif en 1863.
Cependant, en 1867, après des investissement peu rentables ou hasardeux, Le Crédit mobilier est en faillite. Les frères Pereire doivent se retirer de la banque qui est renflouée notamment par la Banque de France. La puissance financière et industrielle des Pereire demeure, malgré l’échec bancaire, avec les chemins de fer, la Compagnie maritime française et les investissements immobiliers.
Des investisseurs d’un genre nouveau
Le militant socialiste Paul Lafargue présente l’originalité et les limites des frères Pereire en tant qu’acteurs économiques.
« Dans les premières années du règne de Napoléon III, Rotschild [ce banquier est à la tête de la première fortune de France] s’en tenait à l’ancienne manière de spéculer ; il n’entreprenait que des opérations sûres et manipulait exclusivement des millions qui lui appartenaient ou dont répondait sa banque. Mais les frères Pereire et autres (...) dirigeaient la spéculation dans d’autres voies. Ne possédant pas de fortune, ils se faisaient verser par le public des capitaux dont ils avaient besoin, et comme ils spéculaient avec l’argent des autres ne couraient aucun risque. [...]
Ainsi, ils ont pu trouver les capitaux dont avait besoin à ses débuts la grande industrie en plein essor. »
Paul Lafargue,Die Neue Zeit(revue socialiste allemande), 1892.
Une action du Crédit mobilier
Certificat provisoire nominatif de 5 actions de 500 francs de la Société générale de Crédit mobilier, signé de la main d’Émile Pereire.
Le Crédit mobilier est créé en 1852 pour financer le tissu industriel français. Son capital initial de 60 millions de francs est divisé en 120 000 actions de 500 francs (titres qui représentent un partie du capital). Tous les épargnants peuvent acquérir des actions. En 1866, les frères Pereire tentent de relancer les investisseurs mais le Crédit mobilier fait faillite en 1867.