Réflexion de Cavour sur la pertinence d’un soutien français et anglais
« […] Comme il y a là cependant une question de vie et de mort, nous ne devons agir qu’avec une grande prudence. C’est pourquoi j’ai l’intention d’aller à Londres afin de consulter Lord Palmerston et les autres hommes qui sont à la tête du gouvernement. S’ils partagent les vues de Clarendon, nous devons nous préparer secrètement, contracter un emprunt de 30 millions de francs, puis envoyer à l’Autriche un ultimatum qu’elle ne puisse accepter et ouvrir les hostilités.
L’Empereur [des Français] ne peut pas être contre cette guerre. Il la désire dans le fond de son cœur. En voyant l’Angleterre décidée à entrer en lice, il nous aidera certainement. Avant de partir, je tiendrai donc à l’Empereur le même langage que j’ai tenu à Lord Clarendon. […] Le seul obstacle que je prévois, c’est le Pape. Que ferions-nous de lui dans le cas où une guerre italienne éclaterait ?
J’espère qu’en lisant cette lettre vous ne me croirez pas attaqué par une fièvre cérébrale ou en proie à un accès d’aliénation mentale. Au contraire, je suis dans un état parfait de santé intellectuelle. Je crois réellement que nous pouvons risquer avec de grandes chances de succès […]. »
Lettres inédites du comte de Cavour à V. Ratazzi, 12 avril 1856.
La bataille de Solférino (24 juin 1859) - Site
Proclamation de Victor-Emmanuel II
Dans ce texte largement diffusé auprès de la population, Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, s’adresse à la population. Si un vote est bien organisé les 15 et 16 avril 1860, il ne fait dans les faits que « confirmer » une décision déjà prise en 1858.
« Quelque pénible qu’il me soit de me séparer des provinces qui ont fait si longtemps partie des États de mes ancêtres, et auxquelles tant de souvenirs me rattachent, j’ai dû considérer que les changements territoriaux, amenés par la guerre en Italie, justifiaient la demande que mon auguste allié l’empereur Napoléon m’a adressée pour obtenir cette réunion. J’ai dû en outre tenir compte des services immenses que la France a rendus à l’Italie, des sacrifices qu’elle a faits dans l’intérêt de son indépendance, des liens que les traités ont formés entre les deux pays. […]
Toutefois ce grand changement dans le sort de ces provinces ne saurait vous être imposé. Il doit être le résultat de votre libre consentement. Telle est ma ferme volonté : telle est aussi l’intention de l’empereur des Français. »
Proclamation de Victor-Emmanuel II aux habitants de la Savoie et de Nice en avril 1860. Texte affiché à Turin le 1er avril 1860.