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L’installation de la Troisième République

Discours du député Henri Wallon, 30 janvier 1875

Sommaire

La Constitution de la Troisième République - SchémaSéance à la Chambre des députésL’adoption de l’amendement Wallon, 30 janvier 1875
Questionnement

La Constitution de la Troisième République - Schéma

Séance à la Chambre des députés

Discours du député Henri Wallon, 30 janvier 1875
« Dans la situation où est la France, il faut que nous sacrifiions nos préférences, nos théories. Nous n’avons pas le choix. Nous trouvons une forme de Gouvernement, il faut la prendre telle qu’elle est ; il faut la faire durer. [...] Ma conclusion, messieurs, c’est qu’il faut sortir du provisoire. »
Amendement proposé par le député Henri Wallon et voté par une majorité de députés
« Le président de la République est élu à la pluralité des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans. Il est rééligible. »
Cet amendement devient l’article 2 de la loi constitutionnelle.
Séance à la Chambre des députés, 30 janvier 1875.

L’adoption de l’amendement Wallon, 30 janvier 1875

« Ce qui est sorti de là [...] c’est cette proposition, à laquelle un honorable professeur d’histoire, M. Wallon, a eu la fortune de donner son nom, qui n’a réussi qu’à la faible majorité d’une voix, [...]
Ce que M. Laboulaye n’avait pu obtenir deux jours auparavant en proposant nettement et directement l’institution de la république, M. Wallon l’obtenait sous une forme plus adoucie ou un peu plus indirecte.
Quel était donc le caractère de cette proposition Wallon ? Elle avait le mérite de venir à propos, de calmer quelques scrupules, en résumant les seules choses possibles à l’heure où nous sommes. Puisqu’on ne pouvait pas rétablir la monarchie pour faire plaisir aux légitimistes, puisqu’on ne voulait pas sûrement de l’empire, dont les bonapartistes rêvent encore la restauration, puisqu’enfin on sentait le danger de laisser la carrière ouverte à toutes les agitations, à toutes les compétitions, quel autre moyen restait-il que de consacrer ce qui existe en le fortifiant par des institutions coordonnées et précises ? La proposition Wallon ne faisait en définitive rien de plus. Elle n’innovait pas, elle fixait et régularisait une situation. C’était toujours la république sans doute, mais la république avec deux chambres, avec le droit de dissolution pour le président, avec une transmission d’autorité assurée à tout événement ; c’était la république organisée et contenue [...] Une voix, une voix unique de majorité, sanctionnant le principe de ces combinaisons, la victoire était certes modeste, péniblement conquise […]. »
Charles de Mazade (1820-1893), « Chronique de la quinzaine » du 14 février 1875,Revue des Deux Mondes, tome 7, janvier-février 1875.

Questionnement

1.Dans l’amendement Wallon, identifiez cette « forme plus adoucie ou un peu plus indirecte » qui établit la république.
2.Quel élément souligné par le journaliste Charles de Mazade illustre la fragilité de cette fondation de la république ?
3.À partir de l’organigramme, justifiez l’affirmation suivante : « Le Sénat et le président fort rassurent la droite tandis que l’affirmation du principe républicain et le suffrage universel masculin satisfont la gauche. »