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Le projet républicain en actes

Le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés,...

Sommaire

Groupe 1 : bâtir la République avec une politique des symbolesL’établissement d’un jour de fête nationaleQuestionnement
Groupe 2 : bâtir la République avec l’ÉcoleLa laïcisation des enseignants de l’école publiqueLes résultats au certificat d’étudesConsigne
Groupe 3 : bâtir la République par l’affirmation de lois fondamentalesDes lois fondamentales - ChronologieQuestionnement
Groupe 4 : bâtir la République en rattachant les campagnesQuestionnement

Groupe 1 : bâtir la République avec une politique des symboles

L’établissement d’un jour de fête nationale

« Messieurs,
Le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés, d’après laquelle la République adopterait la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. La commission, qui m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur, a délibéré sur le projet de loi dont vous avez bien voulu lui confier l’examen. [...] Deux de nos collègues ont combattu, non la pensée d’une fête nationale, mais la date choisie pour cette fête. Ils ont proposé deux autres dates, prises dans l’histoire de la Révolution, et qui, toutes deux, avaient, suivant eux, l’avantage de ne rappeler ni luttes intestines, ni sang versé.
Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre [1792], qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’Ancien Régime. [...] Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir. Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines – et celle-ci a été la plus grande de toutes – ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques.
Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire. Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les cœurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser.
Votre commission [...] convaincue qu’il n’est aucune date qui réponde comme celle du 14 juillet à la pensée d’une semblable institution, votre commission, Messieurs, a l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi voté par la Chambre des députés (…). »
Rapport fait au nom de la commission du Sénat chargée d’examiner le projet de loi adopté par la Chambre des députés et ayant pour objet l’établissement d’un jour de fête nationale annuelle, par M. Henri Martin, sénateur, le 29 juin 1880.

Questionnement

1.Quel est l’objet du projet de loi étudié par la Commission ?
2.Repérez dans le rapport le passage qui témoigne de vifs débats. Quelle opposition se manifeste ?
3.Qu’est-ce qui rend le 14 juillet un jour de fête nationale ? Quels événements ont eu lieu à cette date-là ?
4.Comment le choix de cette date illustre-t-il la politique du consensus menée par les républicains modérés ?

Groupe 2 : bâtir la République avec l’École

La laïcisation des enseignants de l’école publique

La loi du 16 juin 1881 proclame l’école primaire gratuite, obligatoire de 6 à 13 ans et fondée sur une instruction laïque par la loi du 28 mars 1882. La loi de Goblet du 30 octobre 1886confie à un personnel exclusivement laïc l’enseignement dans les écoles publiques (laïcisation complète du personnel enseignant).
« Distinguons d’abord deux questions que l’on confond souvent : la laïcité du personnel enseignant et la laïcité de l’enseignement. […] L’instituteur se doit, doit à ses élèves et doit à l’État de ne pas prendre parti dans l’exercice de ses fonctions ni pour ni contre aucun culte, aucune Église […], ce domaine étant et devant rester le domaine sacré de la conscience. Mais on pousserait le système à l’absurde si l’on prétendait demander au maître de ne pas prendre parti entre le bien et le mal, […] entre le patriotisme et l’égoïsme […]. L’enseignement moral laïque se distingue donc de l’enseignement religieux sans le contredire. L’instituteur ne se substitue ni au prêtre, ni au père de famille ; il joint ses efforts aux leurs pour faire de chaque enfant un honnête homme. »
Ferdinand Buisson, notice « laïcité », dans le Dictionnaire de pédagogie etd’instructionprimaire, 1887.

Les résultats au certificat d’études

Consigne

À partir des quatre documents, montrez que l’École et les écoles sont un élément clé pour l’enracinement de la République.

Groupe 3 : bâtir la République par l’affirmation de lois fondamentales

Des lois fondamentales - Chronologie

12 juillet 1880 : liberté de travailler le dimanche.
30 juin 1881 : liberté de réunion.
29 juillet 1881 : liberté de la presse.
21 mars 1884 : liberté des associations professionnelles ouvrières et patronales dite loi Waldeck-Rousseau.
27 juillet 1884 : loi sur le divorce, dite loi Naquet.

Questionnement

1.Comment la République démocratise-t-elle et libéralise-t-elle la société ?
2.Quel positionnement de l’Église est symbolisé par la construction du Sacré-Cœur sur la butte Montmartre ?
3.Montrez que la loi Naquet s’inscrit dans le processus de laïcisation engagé par la Troisième République. Quel compromis a dû accepter le député ?
4.En rassemblant vos réponses, présentez la mise en œuvre de l’idéal démocratique voulu par la Troisième République. Distinguez démocratie libérale et démocratie sociale et précisez laquelle de ces deux dimensions de la démocratie est privilégiée par l’enracinement républicain.

Groupe 4 : bâtir la République en rattachant les campagnes

Questionnement

1.« Le plan Freycinet s’inscrit dans une politique de désenclavement. » Illustrez cette affirmation :
  • en comparant les deux cartes ;
  • en repérant le temps de parcours de Mantes à Conflans-Saint-Honorine après l’inauguration de la ligne Paris-Mantes en mai 1892 ;
  • en calculant le temps de parcours à pied entre ces deux lieux, à partir d’une recherche sur Internet.
2.Pourquoi peut-on dire que ces lignes locales contribuent à une républicanisation de la société ?