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PPO - La fusillade du 1er mai 1891

En classe entière, visionnez la vidéo. Puis, en groupe, choisissez l’un des trois dossiers proposés...

Sommaire

ParcoursRéaliser une activité de groupeConstruire une carte mentale
Groupe 1 : la République et la question ouvrièreSauvez-nous, nous, républicains !Questionnement
Groupe 2 : entrer dans les mémoiresLes fiancés du NordLe 1er mai en 5 infos clés - SiteQuestionnement
Groupe 3 : la question de l’arméeQuestionnement

Parcours

Réaliser une activité de groupe

En classe entière, visionnez la vidéo. Puis, en groupe, choisissez l’un des trois dossiers proposés.
Enfin, à nouveau en classe entière, répondez à la question suivante : « Comment la fusillade de Fourmies et ses suites modifient-elles la conscience ouvrière ? »

Construire une carte mentale

Objectif : construire une carte mentale montrant comment la fusillade de Fourmies est un tournant pour la question sociale et les revendications ouvrières.
1.Prenez connaissance des branches de votre carte mentale, ci-dessous, puis organisez votre prise de notes à partir de ces futures branches :
  • le contexte général ;
  • les revendications du 1er mai ;
  • les différents acteurs : les ouvriers et représentants syndicalistes et socialistes, le patronat local, l’armée et les autorités publiques ;
  • le déroulement de la fusillade ;
  • les réactions des autorités et les conséquences politiques.
2.Visionnez la vidéo "Le monde ouvrier : revendications et répression de Fourmies".
3.Construisez votre carte mentale en portant les éléments essentiels sous chaque branche, sans rédiger de phrases.

Groupe 1 : la République et la question ouvrière

Sauvez-nous, nous, républicains !

Un débat parlementaire s’ouvre à la Chambre des députés. Le 8 mai 1891, Clemenceau réclame une amnistie générale. Elle est repoussée par 294 voix contre 191.
« Messieurs, est-ce que vous n’êtes pas frappés de l’importance qu’a prise cette date du 1er mai ? [...] que partout le monde des travailleurs était en émoi, que quelque chose de nouveau venait de surgir. Qu’est-ce que c’est ? Il faut avoir le courage de le dire, et dans la forme même adoptée par les promoteurs du mouvement ; c’est le quatrième État qui se lève et qui arrive à la conquête du pouvoir. [...]
Je savais bien que vous alliez me dire que la Révolution, faite il y a cent ans, a proclamé tous les droits et toutes les libertés. [...] Et puis l’industrie est venue, la mangeuse d’hommes, l’implacable industrie, qui a pris les développements que l’on sait, attachant l’ouvrier à la machine comme le serf était attaché à la glèbe. [Applaudissements à l’extrême gauche] [...]
Vous avez cru qu’il suffirait de leur dire : "Vous êtes souverains tous les quatre ans, le jour où vous déposez un bulletin de vote dans l’urne." [Applaudissements sur divers bancs, à gauche] Et vous avez pensé qu’ils se contenteraient de cette part congrue de souveraineté ? Quelle erreur ! Qui de nous s’en serait contenté ? Assurément, ce n’est pas moi. [...]
Eh bien, quand vous regardez ce qui s’est passé à Fourmies, [...] non, assurément, il y a une disproportion épouvantable entre les actes qui ont précédé la fusillade et la fusillade elle-même. Je n’ai pas à examiner comment les actes se sont produits ; cela ne fait pas partie de ma discussion.
Je ne veux pas le savoir. Mais, encore une fois, il y a disproportion monstrueuse entre l'attaque et la répression ; il y a quelque part, sur le pavé de Fourmies, une tâche de sang innocent qu’il faut laver à tout prix ! [...]
Je dis que le fait capital de la politique actuelle, c’est l'inévitable révolution qui se prépare. C’est l’organisation de ce quatrième État, dont je parlais tout à l’heure. Il faut en prendre votre parti ; ce quatrième État, vous devez ou bien le recevoir par la violence, ou bien l’accueillir à bras ouverts. [Très bien ! très bien ! à gauche]
Le moment est venu de choisir. [...]
"Sauvez-nous, nous, républicains !" Sauvez ceux qui nous ont aidés, soutenus dans les heures douloureuses, ceux avec qui nous avons fait la République et pour qui nous avons fait la République. »
Discours de Georges Clemenceau du 9 mai 1891.

Questionnement

1.Selon vous, à quel ouvrage célèbre de l’abbé Sieyès la citation suivante fait-elle référence ? « Qu’est-ce que c’est ? Il faut avoir le courage de le dire, et dans la forme même adoptée par les promoteurs du mouvement ; c’est le quatrième État qui se lève et qui arrive à la conquête du pouvoir. »
2.« Sauvez ceux qui nous ont aidés, soutenus dans les heures douloureuses, ceux avec qui nous avons fait la République et pour qui nous avons fait la République » : qui sont « eux » et « nous » ? Pour Clemenceau, s’agit-il des mêmes personnes ? Qu’en pensez-vous ?
3.Relevez les arguments de Clemenceau pour justifier l’idée de « contradictions de la Troisième République ».

Groupe 2 : entrer dans les mémoires

Les fiancés du Nord

Chanson de 1891 de René Esse (paroles) et de Gaston Maquis (musique).
– 1 –
Ils étaient du même village
Ils s’aimaient tous deux tendrement
De s’unir par le mariage
Tous deux s’étaient fait le serment
Le gars, travailleur énergique,
Comme son père était mineur
Elle, ouvrière de fabrique,
Pour tout bien n’avait que l’honneur.
Elle était jeune et belle
Il était grand et fort
Chacun se les rappelle
Les fiancés du Nord (bis)
– 2 –
Quand ils passaient devant l’église
Tous les deux relevaient leur front
Lui, murmurait à sa promise :
C’est là que nous nous marierons [...]
– 3 –
[...] Voici, soudain, qu’un vent de grève
A soufflé sur tout le pays
L’homme, l’enfant, même la femme,
Fatigués de trop durs labeurs
S’arrêtent et chacun réclame
Les justes droits des travailleurs [...]
– 4 –
[...] Devant l’église, dans la foule,
Ils étaient dans les premiers rangs !
La poudre parle, le sang coule
Et tous deux tombent en expirant.
Oh! sinistre hécatombe
Que chacun pleure encor
Les voilà dans la tombe
Les fiancés du Nord.
– 5 –
[...] Elle était jeune et belle
Il était grand et fort
Chacun se les rappelle
Les fiancés du Nord.

Le 1er mai en 5 infos clés - Site

Questionnement

À partir des documents, montrez que le massacre de Fourmies entre dans la mémoire collective, dans et au-delà de la ville de Fourmies.

Groupe 3 : la question de l’armée

Questionnement

1.À partir de la vidéo et de la carte postale, que pouvez-vous dire sur le rôle de l’armée ?
2.Que reprochent les socialistes à l’armée après cet événement ?
3.Pourquoi les socialistes s’adressent-ils aux ouvriers pour exprimer ces critiques ? Quel est leur objectif ?