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1981 : abolition de la peine de mort

La chanson « Je suis pour » de Michel Sardou paraît en 1976 dans le contexte de l'affaire Patrick Henry...

Sommaire

DocumentsMichel Sardou chante « Je suis pour » en 1976Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort
Parcours long : analyser une situation historiqueLe procès de Patrick Henry, un moment historique - QuestionsLes enjeux du débat autour de la peine de mort - Activité
Parcours rapide : réaliser une frise chronologiqueChronologie de l'histoire de la peine de mort en France - Activité
ComplémentsAbolition de la peine de mort - Capacités

Documents

Michel Sardou chante « Je suis pour » en 1976

La chanson « Je suis pour » de Michel Sardou paraît en 1976 dans le contexte de l'affaire Patrick Henry. Elle adopte le point de vue d'un père dont l'enfant a été assassiné qui réclame justice et vengeance. La chanson fait polémique en étant considérée comme un plaidoyer en faveur de la peine de mort.
5 « Tu as volé mon enfant
Versé le sang de mon sang
Aucun Dieu ne m'apaisera
J'aurai ta peau
Tu périras
10 Tu m'as retiré du cœur
Et la pitié et la peur
Tu n'as plus besoin d'avocat
J'aurai ta peau
Tu périras
15 Tu as tué l'enfant d'un amour
Je veux ta mort
Je suis pour
Les bons jurés qui s'accommodent
Des règles prévues par le code
20 Ne pourront jamais t'écouter
Pas même un christ à tes côtés
Les philosophes, les imbéciles
Parc'que ton père était débile
Te pardonneront mais pas moi
25 J'aurai ta tête en haut d'un mât
[...] »
Michel Sardou et Jacques Revaux,Je suis pour,1976

Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort

En vérité, la question de la peine de mort est simple pour qui veut l'analyser avec lucidité. Elle ne se pose pas en termes de dissuasion, ni même de technique répressive, mais en termes de choix politique ou de choix moral.
5  Je l'ai déjà dit, mais je le répète volontiers au regard du grand silence antérieur : le seul résultat auquel ont conduit toutes les recherches menées par les criminologues est la constatation de l'absence de lien entre la peine de mort et l'évolution de la criminalité sanglante […]. C'est seulement pour la peine de mort qu'on invente l'idée que la peur de la mort retient l'homme dans ses passions extrêmes. Ce n'est pas exact. […]
10  La question ne se pose pas, et nous le savons tous, en termes de dissuasion ou de technique répressive, mais en termes politiques et surtout de choix moral. […] Les choses sont claires. Dans la majorité écrasante des démocraties occidentales, en Europe particulièrement, dans tous les pays où la liberté est inscrite dans les institutions et respectée dans la pratique, la peine de mort a disparu. […] La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est par là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires. […]
15  À cette considération de fait, il faut ajouter une donnée morale : utiliser contre les terroristes la peine de mort, c'est, pour une démocratie, faire siennes les valeurs de ces derniers. Quand, après l'avoir arrêté, après lui avoir extorqué des correspondances terribles, les terroristes, au terme d'une parodie dégradante de justice, exécutent celui qu'ils ont enlevé, non seulement ils commettent un crime odieux, mais ils tendent à la démocratie le piège le plus insidieux, celui d'une violence meurtrière qui, en forçant cette démocratie à recourir à la peine de mort, pourrait leur permettre de lui donner, par une sorte d'inversion des valeurs, le visage sanglant qui est le leur. […]
20  Et je ne parle pas seulement de l'erreur judiciaire absolue, quand, après une exécution, il se révèle, comme cela peut encore arriver, que le condamné à mort était innocent et qu'une société entière – c'est-à-dire nous tous – au nom de laquelle le verdict a été rendu, devient ainsi collectivement coupable puisque sa justice rend possible l'injustice suprême […].
25  Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer, au nom de ses valeurs fondamentales – celles qui l'ont faite grande et respectée entre toutes – la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition.
Robert Badinter,Discours de M. Robert Badinter, ministre de la justice, sur l'abolition de la peine de mort,à l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981, Collection des discours publics, Actualité de Paris, Journal officiel, 1981, Assemblée nationale

Parcours long : analyser une situation historique

Le procès de Patrick Henry, un moment historique - Questions

Prenez connaissance des documents, puis répondez aux questions suivantes en développant et en justifiant vos réponses.
1.Comment Robert Badinter réussit-il à convaincre les jurés de ne pas condamner Patrick Henry à mort ?
2.Comment réussit-il à donner de la solennité à son intervention médiatique ?
3.Comment relativise-t-il le verdict du procès par rapport à l'abolition de la peine de mort ? En quoi le contexte ne semble-t-il pas encore favorable à l'abolition ?

Les enjeux du débat autour de la peine de mort - Activité

Conduisez une démarche d'historien afin de comprendre les enjeux du débat qui a eu lieu au moment de l'abolition de la peine de mort. Il ne s'agit pas de vous positionner dans ce débat pour ou contre la peine de mort, mais de comprendre les arguments mobilisés dans le contexte historique du moment de l'abolition.
Formez un binôme et répartissez-vous les documents "Michel Sardou chante « Je suis pour » en 1976" et "Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort". Prenez connaissance du document dont vous êtes chargé et relevez les arguments développés pour ou contre la peine de mort. Puis échangez avec votre binôme pour confronter les arguments.
Rédigez ensemble une synthèse et utilisez le document "L'évolution de l'opinion publique en faveur de la peine de mort" en guise d'ouverture. Mettez en valeur :
  • la nature différente des arguments développés dans les deux documents que vous avez étudiés ;
  • les réponses qu'apportent les arguments présentés par Robert Badinter aux critiques formulées dans la chanson de Michel Sardou à l'égard des opposants à la peine de mort.

Parcours rapide : réaliser une frise chronologique

Chronologie de l'histoire de la peine de mort en France - Activité

Prenez connaissance de l'ensemble des documents et notez les dates importantes. Effectuez des recherches complémentaires pour enrichir votre chronologie de l'histoire de la peine de mort en France depuis la Révolution jusqu'à son abolition en 1981.
Réalisez votre frise avec le logiciel de votre choix ou recommandé par votre professeur.

Compléments

Abolition de la peine de mort - Capacités

Identifier et évaluer les ressources pertinentes pour construire une chronologie.
Utiliser le numérique pour réaliser un document.
Savoir lire, comprendre et apprécier un document audiovisuel.
Procéder à l'analyse critique d'un document.
Identifier et expliciter l'acteur-clé d'un grand événement.