La fin du régime d'apartheid en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, le régime d'apartheid (littéralement de « séparation » entre blancs et non-blancs) est encore en vigueur dans les années 1980. Constitutionnel depuis 1948, ce régime raciste et ségrégationniste discrimine les populations noires majoritaires en Afrique du Sud et leur interdit notamment le droit de vote, les mariages mixtes ou encore certains lieux publics. Ceux qui résistent et se révoltent sont durement réprimés, comme Nelson Mandela l’a été en 1964 et comme le sont les révoltés des townships de 1985.
5 Cependant, le nouveau contexte international, avec la chute de l'URSS et la fin de la Guerre froide, précipite la fin du régime : le gouvernement afrikaner prétendait en effet contenir le communisme en Afrique. Privé du soutien américain et sous le coup de sanctions internationales, notamment un embargo décidé par l'ONU, Frederik Willem de Klerk, élu président en 1989, annonce de profondes réformes et décide de mettre fin à l'apartheid. Il fait libérer Nelson Mandela en février 1990 et fait voter l'abolition de l'apartheid, les dernières lois raciales étant supprimées en juin 1991.
10 La transition démocratique se déroule en quelques années. Les premières élections libres ont lieu en 1994 et portent au pouvoir Mandela et l'ANC. Le plus difficile est de parvenir à reconstruire le vivre-ensemble en Afrique du Sud : c'est l'objectif de la commission Vérité et réconciliation dirigée par l'archevêque Desmond Tutu. Ses membres tentent de faire la lumière sur les crimes de l'apartheid et d'apaiser les rancunes liées au régime raciste. Desmond Tutu, en 1984, ainsi que Mandela et de Klerk, en 1993, obtiennent le prix Nobel de la Paix.
15 Si l'Afrique du Sud se présente au monde comme la nation arc-en-ciel (sa diversité ethnique en formerait les couleurs) et accueille désormais des événements mondiaux, comme la Coupe du monde de football en 2010, elle n'en demeure pas moins un pays où les inégalités ethnoraciales restent extrêmement vives. La démocratisation s'est accompagnée d'une forte croissance économique depuis la fin de l'apartheid, mais l'Afrique du Sud est encore un des pays les plus violents et les plus inégalitaires du monde.
Biographie de Nelson Mandela
1918 : naissance de Nelson Mandela en Afrique du Sud.
1943 : Mandela rejoint le Congrès national africain (ANC).
1962 : organisation d'une tournée africaine pour lever des fonds pour la branche armée de l'ANC et permettre un entraînement militaire.
1964 : condamné à perpétuité, Mandela est emprisonné d’abord sur l’île de Robben Island, de juin 1964 à avril 1982, puis à Pollsmoor, jusqu’en décembre 1988, et enfin à la prison Victor Verster.
1976 : le massacre à Soweto, township (zone urbaine située en périphérie) du sud-ouest de Johannesburg, attire les regards de la communauté internationale.
1988 : concert à Wembley (Londres) en hommage à Mandela, toujours prisonnier, pour ses 70 ans.
1990 : libération de Mandela.
1993 : Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le prix Nobel de la Paix.
1994 : Mandela devient président de l'Afrique du Sud.
2013 : mort de Mandela.
L'apartheid dans les lieux publics
Plage réservée aux blancs et interdite aux autres groupes ethnoraciaux.
Guinnog,Pancarte à Durban en 1989, Wikimedia commons, 2008, CC BY-SA 3.0
La Constitution de la nouvelle Afrique du Sud
Nous, peuple d'Afrique du Sud, reconnaissons les injustices de notre passé ; honorons ceux qui ont souffert pour la justice et la liberté sur notre terre ; respectons ceux qui ont œuvré à la construction et au développement de notre pays ; et croyons que l'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, unis dans leur diversité.
Par conséquent, par l'intermédiaire de nos représentants librement élus, nous adoptons la présente Constitution comme loi suprême de la République afin de : guérir les divisions du passé et établir une société fondée sur les valeurs démocratiques, la justice sociale et les droits humains fondamentaux ; jeter les bases d'une société démocratique et ouverte où le gouvernement repose sur la volonté du peuple et où chaque citoyen est protégé de manière égale par la loi ; améliorer la qualité de vie de tous les citoyens et libérer le potentiel de chacun ; et bâtir une Afrique du Sud unie et démocratique, capable de prendre la place qui lui revient en tant qu'État souverain au sein de la communauté des nations. [...]
Préambule de laConstitution sud-africaine, 1996