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La servitude

1. Cherche le sens des mots "père" et "despote" dans le dictionnaire en ligne CNTRL. À partir de l’étymologie,...

Sommaire

Le paternalisme - Exercices
Maître : un terme ambiguMaître : synonymes - ExercicesLe Bourgeois gentilhomme, Molière - Extrait vidéo et questions1001 pattes - Extrait vidéo et questionLe Parrain - Extrait et questions
À qui doit-on obéir ? Démasquer le tyranObéissance et soumissionObéit-on à un tyran ?La fresque du bon gouvernement de Sienne - Extrait vidéo et questionsComment la servitude peut-elle être volontaire ? - Extrait audio et analyse
Tyrannie masquée du discours
Hélène, figure mythologique

Le paternalisme - Exercices

1. Cherche le sens des mots "père" et "despote" dans le dictionnaire en ligne CNTRL. À partir de l’étymologie, quel rapport y-a-t-il entre le père et le despote ? Montre que la loi du père n'est pas la loi prise dans son universalité.
2. Le père est maître (dominus) de maison (oikos, qui donnera "économie"). En quoi le despotisme est-il lié à la "maison" ?
3. Quelle est la loi du père ? Est-ce la même dans toutes les familles ?
4. Celui qui "domine" est propriétaire de la terre avant que de l'être de sa famille. Il cherche à combler les besoins de la famille. Peut-on s'en priver totalement ?
5. Comment ramener à la loi les diverses lois issues de l'arbitraire du père ? 
6. N’y-a-t-il pas d’autres maîtres qui ne sont pas des "domini" ?

Maître : un terme ambigu

Maître : synonymes - Exercices

Exercices en groupes
1. Choisis une dizaine de ces synonymes afin de mettre à jour des significations contraires ou paradoxales du mot "maître".
2. Que maîtrise le "maître" ?
3. À partir de l'analyse des synonymes du mot "maître", montre que le maître a plusieurs visages, voire des masques.

Le Bourgeois gentilhomme, Molière - Extrait vidéo et questions

Questions
1. Qu'enseigne le maître de philosophie ?
2. Quelles réactions provoque son cours sur l'élève ?
3. Quel problème pose l'admiration de l'élève envers le maître ?
4. Comment faire pour que le maître ne se transforme pas en "maître à penser" ? Réfléchis aux conséquences politiques de la soumission à un maître à penser.
5. À partir de ce passage, qu'enseigne un maître soucieux de l'autonomie d'un élève ?

1001 pattes - Extrait vidéo et question

Dans cet extrait, quelle signification du mot "maître" apparaît ?

Le Parrain - Extrait et questions

Questions
1. Quels sont les procédés cinématographiques mis en œuvre par le réalisateur pour montrer la puissance du Parrain ?
2. Analyse plus précisément le début du film. Comment comprends-tu les jeux de passage de l'ombre à la lumière ?
3. Pourquoi s’incline-t-on devant le despote ?
4. Comment s’exprime par l’image le renoncement à la liberté ?
5. Le despote est-il seul ? Dialogue-t-il ?
6. Quelle menace met en scène le Parrain?
7. Pourquoi se nomme-t-il "parrain" ?
8. Définis la "soumission" (à qui se soumet-on ?), puis distingue "soumission" et "contrainte".
9. Définis l’humiliation à partir du film, puis cherche le sens de ce mot dans le dictionnaire. 
10. Quelle figure du maître éclaire le Parrain ?
11. Interroge-toi sur les diverses métamorphoses des deux personnages, la lumière et les jeux de caméra montrant le jeu d'interprétation auquel est convié le spectateur. Qui est finalement le maître du jeu ?

À qui doit-on obéir ? Démasquer le tyran

Obéissance et soumission

Le tyran menace la paix, détruit le lien entre les citoyens dans le but de satisfaire ses désirs. Dès lors, on n'obéit plus à la loi mais à sa loi, ce qui devient un acte de soumission.

Obéit-on à un tyran ?

Masque de Dionysos, artiste inconnu
On n'obéit pas au tyran : on le craint.... ou on l'admire. Le tyran est toujours masqué.
Questions
1. Cherche le sens du mot "arbitraire".
2. En quoi l'arbitraire n'est pas un arbitrage ?
3. Pourquoi faut-il admettre un droit d'opposition du peuple à la volonté particulière bonne ou mauvaise du prince ?
4. Qu'a de dangereux la bonté d'un Prince ?
5. Où se situe la justice ?
Texte
"Le gouvernement arbitraire d'un prince juste et éclairé est toujours mauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions : elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son successeur quel qu'il soit, méchant et stupide. Il enlève au peuple le droit de délibérer, de vouloir ou ne vouloir pas, de s'opposer même à sa volonté, lorsqu'il ordonne le bien ; cependant ce droit d'opposition, tout insensé qu'il est, est sacré : sans quoi les sujets ressemblent à un troupeau dont on méprise la réclamation, sous prétexte qu'on le conduit dans de gras pâturages. En gouvernant selon son bon plaisir, le tyran commet le plus grand des forfaits. Qu'est-ce qui caractérise le despote ? Est-ce la bonté ou la méchanceté ? Nullement ; ces deux notions n'entrent pas seulement dans sa définition. C'est l'étendue et non l'usage de l'autorité qu'il s'arroge. Un des plus grands malheurs qui pût arriver à une nation, ce serait deux ou trois règnes d'une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire : les peuples seraient conduits par le bonheur à l'oubli complet de leurs privilèges, au plus parfait esclavage. "
Diderot, "Réfutation d'Helvétius", in Oeuvres philosophiques, Garnier, p. 610

La fresque du bon gouvernement de Sienne - Extrait vidéo et questions

Questions
1. Que symbolise la corde que tiennent les citoyens ?
2. Comment reconnaît-on le tyran ? 

Comment la servitude peut-elle être volontaire ? - Extrait audio et analyse

Le pourquoi du comment : Comment les humains peuvent-ils aliéner leur liberté au point de se soumettre à la volonté et au caprice d'un seul ? Histoire d'une servitude volontaire.
Nous nous sommes presque habitués aujourd'hui dans nos sociétés contemporaines à des analyses de nos ambivalences, de nos complications, parfois de nos perversités psychologiques. Nous nous sommes presque habitués à des modalités volontaires, en tous cas acceptées, consenties, de la servitude et de la domination. La psychanalyse nous a montré en quoi le pouvoir et ses ambiguïtés viennent traverser la vie psychique et relationnelle, en quoi le sadisme et le masochisme peuvent être des jeux avec la servitude et la liberté ; comment finalement, notre psychisme est travaillé par une fascination pour la servitude et la domination - avec peut-être, dans ces jeux, lorsqu'ils sont maîtrisés, une façon de s'échapper pour résister au piège de la servitude inconsciente.
À lire :Discours de la servitude volontairede La Boétie, l'un des premiers réquisitoires contre le pouvoir absolu.
Pour La Boétie, la servitude volontaire est le scandale absolu.
Il faut se souvenir du scandale que revêt cette expression de la servitude volontaire, scandale porté par un jeune auteur du milieu du XVIe siècle, ami de Montaigne (1533-1592), décédé avant lui - sur lequel Montaigne fondera toute sa philosophie ensuite - Étienne de la Boétie (1530-1563). Un traité qui sera publié en 1576 : leContr’un ou le Discours de la servitude volontaire. C'est devenu une telle référence qu'on a oublié que, pour La Boétie, la servitude volontaire est le scandale absolu contre lequel il propose une explication et un remède. Comment les humains peuvent-ils aliéner leur liberté au point de se soumettre à la volonté et au caprice d'un seul ? La Boétie ne s'y résout pas, il donne une explication présente aussi chez Montaigne : le principe de la servitude volontaire, ce n'est pas la volonté, c'est l'habitude ; l'habitude de servir qui s'enracine dans nos plus infimes pratiques, et à laquelle nous n'avons plus la force de résister.
Ce renoncement à la liberté, ces jeux de courtisans et de séduction font que la parole a une puissance qu'il ne faut pas négliger. Elle explique cette servitude volontaire, dont parle La Boétie.

Tyrannie masquée du discours

Hélène, figure mythologique

Hélène et Pâris, cratère en cloche à figures rouges apulien, 380-370 av. J.-C., musée du Louvre
Dans la mythologie grecque, Hélène (en grec ancien Ἑλένη / Helénê) est la fille de Zeus et de Léda. Selon la légende, elle était la plus belle femme du monde, surpassée à ce titre par la seule déesse Aphrodite. Elle était mariée à Ménélas, roi de Sparte, avant d'être enlevée par Pâris, prince troyen, ce qui déclencha la guerre de Troie qui opposa Grecs et Troyens.
Étymologie
L'étymologie du nom d'Hélène continue d'être un problème pour les chercheurs. Georg Curtius a lié Hélène (Ἑλένη) à la lune (Séléné ; Σελήνη). Émile Boisacq considérait Ἑλένη comme dérivant du nom bien connu ἑλένη signifiant « torche ». Il a également été suggéré que le λ de Ἑλένη provenait d'un ν original, et donc l'étymologie du nom serait liée à la racine de Vénus. Linda Lee Clader, cependant, ne considère aucune de ces suggestions comme satisfaisante.
Plus récemment, Otto Skutsch a avancé la théorie selon laquelle le nom Hélène pourrait avoir deux étymologies distinctes, qui appartiennent respectivement à des figures mythologiques différentes, à savoir Sṷelenā (lié au sanskrit svaraṇā « la brillante ») et Selenā, la première déesse spartiate, reliée à l'un ou l'autre phénomène de lumière naturelle (en particulier au feu de Saint-Elme) et sœur des Dioscures, la seconde une déesse de la végétation adorée à Thérapné sous le nom de Ἑλένα Δενδρῖτις (« Hélène des arbres »).
D'autres ont lié l'étymologie du nom à une hypothétique déesse du soleil proto-indo-européenne, notant le lien du nom avec le mot « soleil » dans diverses cultures indo-européennes,. En particulier, son mythe de mariage peut être lié à un « drame du mariage » indo-européen plus large de la déesse du soleil. De plus, elle est liée aux jumeaux divins, tout comme beaucoup de ces déesses le sont. Martin L. West a donc proposé qu'une Hélène (« maîtresse de la lumière du soleil ») puisse être construite sur le suffixe protoindo-européen -nā (« maîtresse de »), connotant une divinité contrôlant un élément naturel.
Origine et jeunesse
Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, engendra quatre enfants : les jumeaux Castor et Pollux, Clytemnestre et Hélène. Mais Hélène et Pollux étaient en réalité les enfants de Zeus. Selon l'une des versions de la légende, Zeus rendit visite à Léda sous la forme d'un cygne ; de cette union, Léda pondit un œuf d'où sortirent les deux enfants divins.
Selon la légende, Hélène était considérée comme la plus belle femme au monde, et sa beauté attirait la convoitise masculine. Inspiratrice d'innombrables passions, elle fut enlevée par Thésée dans sa jeunesse, qui l'emporta en Attique. Mais elle fut secourue par ses frères alors que Thésée s'était absenté pour se rendre aux Enfers.
Lorsqu'elle fut en âge de se marier, tous les chefs de Grèce briguèrent sa main. Comme leur rivalité risquait d'embraser la Grèce, sur la suggestion d'Ulysse, son père Tyndare sacrifia un cheval, fit monter les prétendants sur sa peau et prêter un serment solennel : peu importe celui qui serait choisi, ils promettaient de lui porter secours tous ensemble si jamais quiconque tentait de lui ravir son épouse.
La guerre de Troie
Selon les variantes de la légende, Hélène choisit elle-même le plus beau des princes — mais non le plus spirituel —, ou bien ce fut Tyndare qui prit la décision, préférant le plus riche, mais non le plus agréable à sa fille. Hélène épousa Ménélas, devenant ainsi reine de Sparte, et lui donna une fille, Hermione. Plusieurs années plus tard, alors que Ménélas s'était absenté pour aller en Crète, le prince troyen Pâris arriva à Sparte et charma la belle Hélène. Selon certaines versions, il la séduisit grâce à l'intervention d'Aphrodite et la persuada de s'enfuir avec lui, ou bien il l'enleva et l'emmena à Troie. La déesse Aphrodite lui avait en effet accordé l'amour de la plus belle femme au monde à la suite du jugement de Pâris, qui impliquait la pomme de discorde. Furieux de cet affront, Ménélas se rendit auprès de son frère Agamemnon, le plus puissant des rois grecs, et tous deux montèrent une immense expédition pour aller à Troie détruire la ville et récupérer Hélène. Selon le serment prêté peu avant le mariage d’Hélène, tous les anciens prétendants furent contraints de participer à la guerre qui se préparait.
Au chant IV de l'Odyssée, Hélène se qualifie devant Ménélas de « cynique ». Le mot grec κυνώπιδος (« visage de chien ») ressemble à κυνόμορφος (en forme de chien) qui signifie aussi « fleur de safran ». La guerre de Troie ne serait-elle pas une guerre entre les deux grands producteurs de safran, jadis et maintenant, la Grèce et l'Iran via la Turquie ?
Cette guerre dura dix ans et fut la plus meurtrière de l'Antiquité. C'est sur les Portes Scées de la ville de Troie qu'Hélène est invitée par Priam, aux côtés des sages troyens, pour lui présenter les chefs grecs que l'on perçoit au loin ; c'est aussi ici, que contrairement à de nombreux Troyens, il lui témoigne son soutien, et lui prie de ne pas se reprocher les causes de la guerre, qui sont plutôt à lui dévouer. Ménélas et Pâris s'affrontent en duel pour l'amour d'Hélène, chacun protégé par ses déesses protectrices, et le Troyen n'est sauvé dans son duel que par Aphrodite, qui le dépose hors de la zone du combat. Finalement, grâce à une ruse d'Ulysse, les Grecs parviennent avec le Cheval de Troie à s'emparer de la ville, qu'ils détruisent totalement. Ménélas fait partie des Grecs qui s'introduisent dans la ville. Il tue alors Déiphobe (le nouvel époux d'Hélène après la mort de Pâris) et retrouve son épouse.
Ménélas a l'intention de tuer Hélène mais, frappé par sa beauté, il lâche son épée. Un Éros volant et Aphrodite, à gauche d'Hélène, regardent la scène. 
Selon le récit que Déiphobe fait à Énée lorsqu'il le rencontre aux enfers dans le chant VI de l'Énéide, c'est Hélène qui fit signe aux troupes grecques restées à l'extérieur de s'approcher une fois les soldats sortis du cheval, et c'est avec la complicité d'Hélène que Ménélas put ensuite tuer Déiphobe dans son lit :
« Quand ce colosse altier apportant le trépas Entrait gros de malheurs, d'armes et de soldats, [...] Hélène secondait ce colosse guerrier [...], Secouait une torche, et, des tours d'Ilion, Appelait et la Grèce et la destruction. Je sommeillais alors : ce sommeil homicide, Du repos de la mort avant-coureur perfide, À mes vils ennemis livrait un malheureux. Ma tendre épouse alors, ce cœur si généreux, Écarte du palais les armes qu'il recèle, Dérobe à mon chevet ma défense fidèle, Ce glaive qui, la nuit, protégeait mon sommeil; Appelle Ménélas à mon affreux réveil : Il entre; et dans l'instant sa lâche perfidie Lui livre mon palais, mes armes et ma vie. Sans doute se flattant, par cette lâcheté, D'expier envers lui son infidélité. »
Trad.  Jacques Delille
Ménélas ayant récupéré sa femme, il a tout d'abord l'intention de la tuer à cause de sa trahison, mais devant son immense beauté, il s'éprend de nouveau d'elle et la ramène avec lui. Pendant le voyage de retour, qui dura huit ans, ils s'arrêtèrent en Crète, à Chypre, en Libye, en Phénicie, puis en Égypte. Après la mort de Ménélas, Hélène fut chassée de Sparte et se réfugia à Rhodes. Mais la reine Polyxo, qui l'avait accueillie sur son île, désespérée par la mort de son époux, tué devant Troie, l'accusa de ce malheur. Elle la fit alors étouffer dans son bain par ses servantes et fit suspendre son cadavre à un arbre. Joël Schmidt écrit dans son Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine qu' « Hélène dont la grâce avait désarmé tant de farouches héros, d'ennemis irréductibles, eut, selon quelques versions, une fin digne de son exceptionnelle destinée : comme Protée l'avait prédit dans L'Odyssée, les dieux lui accordèrent l'immortalité et la faveur de vivre éternellement en compagnie de Ménélas dans les Champs Élysées. Selon une autre version, après avoir disparu de la Terre, elle épousa Achille, l'un des rares héros, qui, en raison de sa jeunesse, n'avait pas figuré au nombre des prétendants. Leurs noces eurent lieu dans les Îles des Bienheureux, l'île Blanche, et furent bénies par la naissance d'un fils ailé, Euphorion, qui, dédaignant quelques années plus tard l'amour de Zeus, fut foudroyé ».
Elle fut l'objet d'un culte héroïque important dans la ville de Sparte. Le Xe Discours de Dion de Pruse rapporte que c'est pour avoir parlé d'Hélène comme Homère que Stésichore fut frappé d'aveuglement, en punition de son mensonge, et que la vue ne lui fut rendue qu'après qu'il se fut dédit. Platon préserve dans le Phèdre la palinodie de Stésichore : privé de la vue par les dieux pour avoir nié les faits homériques, il compose alors un poème dans lequel il se rétracte. Toutefois, la tournure qu'il emploie laisse encore place à l'ambiguïté :
« Non, ce discours n’est pas vrai  tu [Hélène] n’es jamais montée sur les navires aux beaux bancs de rameurs,  tu n’es jamais entrée dans la citadelle de Troie. »
Cette palinodie est également citée par Ovide dans L'Art d'aimer.
Culte héroïque dans l'Antiquité
En raison de sa grande beauté, un véritable culte s'est créé autour d'Hélène pour lui rendre hommage. Ainsi, à Sparte, de nombreux objets féminins tels les miroirs, eye-liners, peignes et flacons de parfum lui étaient consacrés. En plus de deux sites majeurs en l'honneur d'Hélène, on trouve également un temple au centre de Sparte et de nombreuses stèles sculptées à son effigie un peu partout dans la ville.
Analyses du mythe
Hélène et Aphrodite
Certaines analyses de mythologues considèrent Hélène comme le double humain de la déesse Aphrodite.
Hélène et la magie
D'après Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio, il semble qu'Hélène pratiquait la sorcellerie, ou la magie : elle utilisait des potions, qu'une femme, Polydamna, lui avait données en Égypte, comme on le lit dans l'Odyssée d'Homère, au Chant IV, où elle utilise un baume magique, le népenthès, qui fait oublier les malheurs, afin que ses convives retrouvent le plaisir du banquet gâché par le souvenir d'Ulysse disparu.
« Et alors Hélénè, fille de Zeus, eut une autre pensée, et, aussitôt, elle versa dans le vin qu'ils buvaient un baume, le népenthès, qui donne l'oubli des maux. Celui qui aurait bu ce mélange ne pourrait plus répandre des larmes de tout un jour, même si sa mère et son père étaient morts, même si on tuait devant lui par l'airain son frère ou son fils bien-aimé, et s'il le voyait de ses yeux. Et la fille de Zeus possédait cette liqueur excellente que lui avait donnée Polydamna, femme de Thôs, en Aigyptiè, terre fertile qui produit beaucoup de baumes, les uns salutaires et les autres mortels. Là tous les médecins sont les plus habiles d'entre les hommes, et ils sont de la race de Paièôn. »
Elle pouvait aussi imiter les voix et attirer les hommes à la manière des Sirènes, comme elle le fit durant la Guerre de Troie, ainsi que le raconte Homère dans l'Odyssée, Chant IV, alors que les Grecs se trouvaient dans la ville cachés dans le cheval de Troie. La nuit tombée, elle fit trois fois le tour de la construction en appelant chacun des chefs avec la voix de son épouse pour les faire sortir malgré eux, au risque de donner l'avantage aux Troyens, ainsi que le lui rappelle Ménélas, son mari. Ulysse arrive à empêcher les chefs grecs de sortir.
« Je n'ai jamais vu de mes yeux un cœur tel que celui du patient Odysseus, ni ce que ce vaillant homme fit et affronta dans le cheval bien travaillé où nous étions tous entrés, nous, les princes des Argiens, afin de porter le meurtre et la kèr aux Troiens. Et tu vins là, et sans doute un dieu te l'ordonna qui voulut accorder la gloire aux Troiens, et Dèiphobos semblable à un dieu te suivait. Et tu fis trois fois le tour de l'embûche creuse, en la frappant ; et tu nommais les princes des Danaens en imitant la voix des femmes de tous les Argiens ; et nous, moi, Diomèdès et le divin Odysseus, assis au milieu, nous écoutions ta voix. Et Diomèdès et moi nous voulions sortir impétueusement plutôt que d'écouter de l'intérieur, mais Odysseus nous arrêta et nous retint malgré notre désir. Et les autres fils des Akhaiens restaient muets, et Antiklos, seul, voulut te répondre : mais Odysseus lui comprima la bouche de ses mains robustes, et il sauva tous les Akhaiens ; et il le contint ainsi jusqu'à ce que Pallas Athènè t'eût éloignée. »
Ces capacités particulières d'Hélène sont connues dans l'antiquité et Philostrate, dans sa Vie d'Apollonios de Tyane, rapporte un dialogue entre le philosophe Apollonios et son disciple Damis qui commentent le récit d'Homère, mais ils évoquent aussi la possibilité qu'Hélène ait pratiqué les incantations :
« D'ailleurs à quoi bon parler philosophie à des hommes dont l'esprit est abattu ? - Ce sont précisément ceux qui ont le plus besoin qu'on leur parle et qu'on les réconforte. Rappelez-vous ce qu'Homère dit d'Hélène, qui versait dans une coupe les remèdes égyptiens pour y noyer les chagrins des hommes : ne croyez-vous pas qu'Hélène, qui était instruite dans la sagesse égyptienne, prononçait sur cette coupe certaines paroles magiques, et que c'était à la fois la vertu de ces paroles et celle du vin qui guérissaient les affligés ? - Rien n'est plus probable, dit Damis, s'il est vrai qu'elle soit allée en Égypte, qu'elle y ait connu Protée, ou, comme le dit Homère, qu'elle ait été liée avec Polydamne, épouse de Thon. »
Un autre passage du texte d'Homère, au chant XV, montre qu'elle est également capable d'interpréter un oracle.
Représentation dans la culture populaire
Dans la saga de roman A song of ice and fire (1996) et son adaptation télévisuelle Game of Thrones (2011), le personnage de Lyanna Stark semble directement inspiré d'Hélène de Troie.