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Être maître de soi

Prendre ses distances à l'égard des discours, paroles et toute forme de séduction, c'est être maître...

Sommaire

Qu'est-ce qu'être maître de soi ?Kant, L’Éducation morale - Extraits et questionsL’École des filles - Dossier BNF

Qu'est-ce qu'être maître de soi ?

Prendre ses distances à l'égard des discours, paroles et toute forme de séduction, c'est être maître de soi. On arrive à une nouvelle figure du maître, libérée de la séparation avec le sujet.
C'est du sujet que naît la liberté de se mouvoir avec les autres.

Kant, L’Éducation morale - Extraits et questions

Texte
"C’est une faute où l’on tombe ordinairement dans l’éducation des grands, que de ne jamais leur opposer de véritable résistance dans leur jeunesse, sous prétexte qu’ils sont destinés à commander. Chez l’homme, le penchant pour la liberté fait qu’il est nécessaire de polir sa rudesse ; chez l’animal, au contraire, l’instinct dispense de cette nécessité.
L’homme a besoin de soin et de culture. La culture comprend la discipline et l’instruction… L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce qu’elle le fait. Il est à remarquer qu’il ne peut recevoir cette éducation que d’autres hommes, qui l’aient également reçue. Aussi le manque de discipline et d’instruction chez quelques hommes, en fait de très mauvais maîtres pour leurs élèves…
L’esquisse d’une théorie de l’éducation est un noble idéal et qui ne nuirait en rien, quand même nous ne serions pas en état de le réaliser. Il ne faut pas regarder une idée comme chimérique et la donner pour un beau rêve parce que des obstacles en arrêtent la réalisation.
Un idéal n’est autre chose que la conception d’une perfection qui ne s’est pas encore rencontrée dans l’expérience. Telle est, par exemple, l’idée d’une république parfaite, gouvernée d’après les règles de la justice. Est-elle pour cela impossible ? Seulement il faut d’abord que notre idée ne soit pas fausse, et ensuite qu’il ne soit pas absolument impossible de vaincre tous les obstacles qui peuvent s’opposer à son exécution. Si, par exemple, tout le monde mentait, la franchise serait-elle pour cela une pure chimère ? L’idée d’une éducation qui développe dans l’homme toutes ses dispositions naturelles est vraie absolument…
Il y a beaucoup de germes dans l’humanité, et c’est à nous à développer proportionnellement nos dispositions naturelles, à donner à l’humanité tout son déploiement et à faire en sorte que nous remplissions notre destination."
Kant, Traité de pédagogie,1803, trad. Jules Barni
Questions
1. Établis la différence entre le dressage mécanique - en montrant qu'il a pour corolaire la peur - et la discipline. Celle-ci a pour objectif de faire "sentir" la contrainte des lois.
2. Définis le sentiment par rapport à l'émotion.

L’École des filles - Dossier BNF

« À l’hôtel de Ville : les examens de jeunes filles », une duPetit journal, 28 juillet 189, BNF
« Rien n’est plus négligé que l’éducation des filles » : la célèbre citation de Fénelon a très longtemps été exacte. Il faut attendre la loi Duruy de 1867 pour imposer la création d’écoles primaires dans toutes les communes de plus de cinq-cents habitants y compris pour les filles et la loi Camille Sée de 1880 pour la création d’un enseignement secondaire pour les jeunes filles. Mais les programmes sont différents de ceux des garçons : on prépare les petites filles à devenir de bonnes ménagères et non de futures universitaires. Les manuels enseignent les travaux d’aiguille, les règles d’hygiène, la morale et la religion. Les sciences, la littérature, la culture générale doivent leur permettre d’éduquer ou d’accompagner les études de leurs enfants. Le baccalauréat ne sera ouvert aux filles qu’en 1924 et avec lui l’accès à l’enseignement supérieur.
La mixité, appelée jusque-là la coéducation, n’est mise en place que par souci d’économie dans les écoles rurales. Elle est proscrite lorsque les effectifs le permettent. L’enseignement des garçons et des filles, même dans les mêmes classes, diffère. La mixité commencera à être défendue par quelques éducateurs en particulier les pionniers de l’éducation nouvelle après la première guerre mondiale. Ce sujet fait encore débat aujourd’hui.
Quant aux enseignantes, elles verront peu à peu leur statut être reconnu et leur formation s’améliorer avec la création des écoles normales pour le primaire (ou écoles normales primaires) puis celle de l’école normale supérieure de Sèvres pour le secondaire en 1881.
Les collections de la BnF permettent de retrouver ces étapes cruciales dans la conquête de l’égalité filles-garçons à travers textes de lois, essais, manuels scolaires, journaux mais aussi photographies et documentaires audiovisuels.