Exercer notre libre arbitre nous rend-il responsables ? Descartes - Extrait
Mécanisme d'une serrure au XIIe siècle
Avec le libre-arbitre, nous croyons au pouvoir lucide de la conscience et du sujet. L'erreur ne tient qu'à une disproportion entre l'infinité de la volonté et les limites de la raison.
Texte
"37. Que la principale perfection de l'homme est d'avoir un libre arbitre, et que c'est ce qui le rend digne de louange ou de blâme.
Au contraire la volonté étant, de sa nature, très étendue, ce nous est un avantage très grand de pouvoir agir par son moyen, c'est-à-dire librement ; en sorte que nous soyons tellement les maîtres de nos actions, que nous sommes dignes de louange lorsque nous les conduisons bien : car, tout ainsi qu'on ne donne point aux machines qu'on voit se mouvoir en plusieurs façons diverses, aussi justement qu'on saurait désirer, des louanges qui se rapportent véritablement à elles, parce que ces machines ne représentent aucune action qu'elles ne doivent faire par le moyen de leurs ressorts, et qu'on en donne à l'ouvrier qui les a faites, parce qu'il a eu le pouvoir et la volonté de les composer avec tant d'artifice ; de même on doit nous attribuer quelque chose de plus, de ce que nous choisissons ce qui est vrai, lorsque nous le distinguons d'avec le faux, par une détermination de notre volonté, que si nous y étions déterminés et contraints par un principe étranger. […]
39. Que la liberté de notre volonté se connaît sans preuve, par la seule expérience que nous en avons.
Au reste il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou ne le pas donner quand bon lui semble, que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions."
Descartes, Principes de la philosophie , livre I, trad. du latin par l'Abbé Picot, Œuvres philosophiques, tome III, Classiques Garnier, 2010, p.112-114
Charlot fait du patin à roulettes - Extrait vidéo et questions
Le jeu des forces centripètes et centrifuges détermine le cadrage de l'acteur. Charlot ne cesse de bousculer le cadre. Plusieurs patineurs croisent sa trajectoire au risque de la collision. La liberté est choix de la trajectoire, tout en étant contrainte par les lois physiques.
Questions
1. Quelles sont les figures géométriques que dessine le mouvement des patineurs ?
2. Qu'est-ce qui les interrompt ? Explique la dimension "libre" du personnage : il semble indépendant mais tout le ramène à sa place.
3. Charlot ne cesse de sortir du cadre pour tout aussitôt y retourner : montrer par des références au film comment se met en place un jeu d'équilibre.
4. Cet équilibre est précaire et toujours soumis à la dispersion, comme on disperse une manifestation. Charlot fait-il vraiment ce qu'il veut ?
5. En quoi peut-on dire que la liberté de choix - ici d'une trajectoire - est illusoire ?
Faire ce que je veux dans le cadre qui m'est donné, c'est la leçon de Charlot et du cadrage cinématographique. Rien ne m'empêche dans ce cadre de changer de trajectoire
À retenir
La liberté introduit le trouble, la déviation et la décision.