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Vengeance et justice : un couple inquiétant

Aristote par Ambroise Tardieu

Sommaire

Distinguer colère et indignation, Aristote - Extrait
La colère d'Achille : exemple d'émotionLa colèreLa colère d'Achille - Extrait vidéo et questions
La vengeance ou le refus de la médiation propre à la justiceUne justice sans vengeance est-elle possible ?Athéna ou le discours de la justice - Extrait et questionsPierre Vidal-Naquet sur Eschyle et la tragédie en Grèce ancienne - Extrait vidéo

Distinguer colère et indignation, Aristote - Extrait

Aristote par Ambroise Tardieu
"I. L’opposé de la pitié, c’est principalement l’indignation ; car il y a opposition entre la peine que nous cause un malheur immérité et celle que, dans un même sentiment moral, nous éprouvons à la vue d’un succès immérité ; et, dans les deux cas, ce sentiment est honnête."
Aristote, Rhétorique, livre II, chap. IX

La colère d'Achille : exemple d'émotion

La colère

La colère est pure violence. Elle est incapable de mesure, au sens de raison. C'est une émotion.

La colère d'Achille - Extrait vidéo et questions

 Questions
1. Que nous apprennent ces termes sur la vengeance et la justice ?
- colère
- haine
- brutalité.
2. Qu’est-ce qui oppose la colère et le discours ?

La vengeance ou le refus de la médiation propre à la justice

Une justice sans vengeance est-elle possible ?

La justice s'exprime d'abord dans le langage de la passion et celui de la tragédie.
Les récits archaïques et tragiques permettent de comprendre l'échec archaïque de la vengeance et l'échec à venir des institutions de la justice.
Ainsi, les Euménides et Athéna représentent les deux formes de cette impossible justice.

Athéna ou le discours de la justice - Extrait et questions

Athéna Mattéi
Texte
"ATHÉNA – Écoutez maintenant la loi que je fonde, citoyens d'Athènes, vous qui pour la première fois jugez un cas de sang versé. Ce conseil de juges subsistera toujours dans l'avenir chez le peuple d'Égée. Il siégera sur cette colline d'Arès, où les Amazones s'établirent et plantèrent leurs tentes, lorsque en haine de Thésée, elles apportèrent ici la guerre et fortifièrent de tours cette nouvelle ville contre les hautes tours de l'ancienne. Là elles sacrifièrent à Arès, d'où vint à ce rocher le nom d'Aréopage. Sur cette colline, le Respect et la Crainte, sa soeur, empêcheront les citoyens, la nuit comme le jour, de commettre des crimes, pourvu qu'ils n'altèrent point leurs lois. Si l'on souille une source limpide d'afflux impurs et de boue, on n'y trouvera plus de quoi boire. Ni anarchie, ni despotisme, telle est la règle que je conseille aux citoyens de pratiquer, de vénérer, et aussi de ne point bannir toute crainte de la ville; car quel mortel reste juste, s'il ne redoute rien ? Si vous révérez, comme vous le devez, ce pouvoir auguste, vous aurez là pour protéger votre pays et votre ville un rempart tel qu'il n'en est pas au monde, ni chez les Scythes ni sur le sol de Pélops. Incorruptible, vénérable, impitoyable, sentinelle éveillée pour garder la cité endormie, tel sera le tribunal que j'institue. Voilà les avis que j'ai longuement développés à l'intention des habitants de ma ville pour les jours à venir. Maintenant il faut vous lever, porter votre suffrage et trancher le procès, en respectant votre serment. J'ai dit."
Eschyle, Les Euménides, trad. Émile Chambry, GF, 1964, p. 226-227
Questions
1. Pourquoi fonder la loi ?
2. En quoi est-il nécessaire que ce fondement soit sacré ?
3. Compare cette parole fondatrice avec le Préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
4. Cette parole fondatrice est redoublée d'un mythe. Quel en est le sens ?
5. Pourquoi le passé, le présent, le futur se trouvent-ils réunis ?
6. De quelles dérives politiques protège la loi ?
7. Qu'attend en retour la loi ?

Pierre Vidal-Naquet sur Eschyle et la tragédie en Grèce ancienne - Extrait vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=U83DTbeyabY

https://www.youtube.com/watch?v=U83DTbeyabY