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La justice peut-elle dépasser la violence originaire ?

Dans cet extrait, René Girard explique la force fondatrice de la violence, ce qui retire à celle-ci tout...

Sommaire

La violence originaire : au fondement de toute justice ?Le bouc émissaire, René Girard - Extrait vidéoMaître Robert Badinter sur les exécutions publiques - Extrait vidéoL'abolition de la peine de mort, INA - Extrait vidéoLes animaux malades de la Peste - TexteRendre la justice : riposter ou réparer ?
Peut-on échapper à la violence ?Justice et force, Pascal - Extrait

La violence originaire : au fondement de toute justice ?

Le bouc émissaire, René Girard - Extrait vidéo

Dans cet extrait, René Girard explique la force fondatrice de la violence, ce qui retire à celle-ci tout lien avec la morale.

Maître Robert Badinter sur les exécutions publiques - Extrait vidéo

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L'abolition de la peine de mort, INA - Extrait vidéo

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Les animaux malades de la Peste - Texte

"Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur  Inventa pour punir les crimes de la terre,  La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)  Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,  Faisait aux animaux la guerre.  Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :  On n'en voyait point d'occupés  A chercher le soutien d'une mourante vie ;  Nul mets n'excitait leur envie ;  Ni Loups ni Renards n'épiaient  La douce et l'innocente proie.  Les Tourterelles se fuyaient :  Plus d'amour, partant plus de joie.  Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,  Je crois que le Ciel a permis  Pour nos péchés cette infortune ;  Que le plus coupable de nous  Se sacrifie aux traits du céleste courroux, Peut-être il obtiendra la guérison commune.  L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents  On fait de pareils dévouements :  Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence  L'état de notre conscience.  Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons  J'ai dévoré force moutons.  Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :  Même il m'est arrivé quelquefois de manger  Le Berger. Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense  Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :  Car on doit souhaiter selon toute justice  Que le plus coupable périsse.  - Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;  Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;  Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,  Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur  En les croquant beaucoup d'honneur.  Et quant au Berger l'on peut dire  Qu'il était digne de tous maux,  Etant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique empire.  Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.  On n'osa trop approfondir Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances, Les moins pardonnables offenses. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,  Au dire de chacun, étaient de petits saints. L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance  Qu'en un pré de Moines passant,  La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense  Quelque diable aussi me poussant,  Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.  Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.  A ces mots on cria haro sur le baudet. Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue  Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,  Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.  Sa peccadille fut jugée un cas pendable.  Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !  Rien que la mort n'était capable  D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.  Selon que vous serez puissant ou misérable,  Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."
Jean de La Fontaine,Fables

Rendre la justice : riposter ou réparer ?

En tant que riposte, la vengeance a pour objectif la conservation de soi.
En se donnant comme but de faire mal à autrui, la vengeance se décentre et demande réparation à  l'autre. La vengeance établit un face à face entre la victime et son bourreau.

Peut-on échapper à la violence ?

Justice et force, Pascal - Extrait

Le rapport ambigu entre la justice et la force : sans l’exercice de la force, qui respecterait les lois ? Mais, si c’est par force que l’on obéit aux lois, comment se distinguent-elles encore de la simple contrainte arbitraire ?
« Justice, force.
Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.
La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.
La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.
La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste.
Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. »
Blaise Pascal, Pensées (103 L-298B)