Revenir
Revenir

Prendre sa part, prendre part selon l'équité ou respecter la parité ?

Dans le texte de Rousseau ci-dessous, l'homme s'empare d'un terrain qu'il entoure d'une clôture, indifférent...

Sommaire

Que partageons-nous si ce ne sont pas seulement des objets ?Le cri de propriété chez Rousseau - Extrait et questionsLe sentiment de la pitié chez Rousseau - Extrait et questions

Que partageons-nous si ce ne sont pas seulement des objets ?

Le cri de propriété chez Rousseau - Extrait et questions

Le Cri, Munch
Texte
Dans le texte de Rousseau ci-dessous, l'homme s'empare d'un terrain qu'il entoure d'une clôture, indifférent à l'idée de partage public ou commun, guidé par son intérêt propre. Le partage divise l'espace en deux espaces : espace privé et espace public. La parole se voit alors aussi partagée : il y a celui qui parle et ceux qui écoutent.
"Le premier qui ayant enclos un terrain, s’avisa de dire, ceci est à moi, & trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères & d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables: Gardez-vous d’écouter cet imposteur; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, & que la terre n’est à personne ! Mais il y a grande apparence qu’alors les choses en étoient déjà venues au point de ne pouvoir plus durer comme elles étoient: car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d’idées antérieures qui n’ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d’un coup dans l’esprit humain: il falut faire bien des progres, acquérir bien de l’industrie & des lumieres, les transmettre & les augmenter d’âge en âge, avant que d’arriver à ce dernier terme de l’état de nature."
Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, seconde partie
Questions
1. Le cri fait irruption : qu'est-ce qu'un cri ? Pourquoi est-ce celui qui dit "ceci est à moi" qui l'emporte ?
2. La parole appartient-elle à tous ?
3. Prendre part n'est pas prendre sa part : celui qui intervient refuse de prendre part au vol. Quelle est finalement l'origine du partage ?

Le sentiment de la pitié chez Rousseau - Extrait et questions

Rousseau par Maurice Quentin de La Tour
Les hommes partagent ce sentiment qu'est la pitié pour corriger l'amour de soi. La pitié est un sentiment qui permet d'instituer un intérêt commun par le partage.
Texte
"Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce. C'est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir; c'est elle qui, dans l'état de nature, tient lieu de lois, de mœurs et de vertu, avec cet avantage que nul n'est tenté de désobéir à sa douce voix ; c'est elle qui détournera tout sauvage robuste d'enlever à un faible enfant ou à un vieillard infirme sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs ; c'est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : « Fais à autrui comme tu veux qu'on te fasse », inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle, bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente : « Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible ». C'est, en un mot, dans ce sentiment naturel […] qu'il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l'éducation."
Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755, première partie
Questions
1. Pourquoi le sentiment de pitié est-il plus efficace que la raison ?
2. Quel est le sens étymologique de la raison ? Que nous apprend-il sur les limites de la raison ?