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Former une société, c'est discuter ensemble du juste et de l'injuste

Pouvoir se parler, est-ce pouvoir s'entendre mieux ?

Sommaire

Ce que peut le langage pour nous unirÀ retenir
Les limites de l'échange verbal pour former une communautéPeut-on former une communauté politique sans parler la même langue ? RéflexionDiscuter pour s'entendre ou discuter parce qu'on s'entend, De Coulanges et Renan - Extraits et questionPourquoi ne parvenons-nous pas à former une société cosmopolitique ? - Questions de réflexion

Ce que peut le langage pour nous unir

À retenir

Pouvoir se parler, est-ce pouvoir s'entendre mieux ?
Nous avons donc, selon Aristote, la parole en commun, ce qui nous permet de nous lier les uns aux autres et de construire un monde commun, la communauté politique dont nous sommes les membres.
La politique est donc l'activité propre aux êtres parlants. Parler, c'est avoir pour responsabilité la tâche de définir en commun les règles qui nous permettrons de vivre ensemble.
Se mettre d'accord est donc le cœur de l'activité politique. L'enjeu, selon Aristote, consiste à déterminer le juste et l'injuste.
Il ne s'agit pas de réduire nos désaccords, mais au contraire de mettre en présence nos points de vue contradictoires en leur accordant le même droit à être exprimés. 
La discussion répond déjà à l'exigence de justice, puisque chaque point de vue a un droit égal à être exprimé.
La conciliation est l'effet de la pratique discursive. L'échange des raisons permet de faire émerger les règles de vie en commun sur lesquelles on s'accorde. 

Les limites de l'échange verbal pour former une communauté

Peut-on former une communauté politique sans parler la même langue ? Réflexion

Comment faire de la politique quand on ne parle pas la même langue ?
Questions
1. Cherche des exemples de pays dans le monde où il y a plusieurs langues officielles. 
2. Que partage-t-on selon toi quand on fait partie d'une même communauté politique sans avoir la même langue ?
3. Peut-on selon toi concevoir que tous les hommes de la Terre forment une communauté ?
4. Cherche la définition du terme "cosmopolitisme".
5. Que partagent selon toi tous les hommes de la Terre ?
6. Si nous n'avons pas la même langue, est-ce un obstacle majeur pour pouvoir communiquer ?

Discuter pour s'entendre ou discuter parce qu'on s'entend, De Coulanges et Renan - Extraits et question

Aristote explique qu'une communauté partage des notions en commun : le juste, l'injuste, le bien, le mal, et d'autres notions de ce genre. 
On peut se demander si cette perception commune des valeurs est le résultats de la discussion, ou si elle fonde les liens entre les hommes, donne une raison d'être à leur vie en commun, leur permet de discuter et de s'entendre.
Texte 1
En 1870, l'historien Fustel de Coulanges définit ainsi la nation : 
"Ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie."
Fustel de Coulanges, "L'Alsace est-elle allemande ou française ? : réponse à M. Mommsen", Dentu, 1870
Texte 2
Dans une conférence donnée en 1882, l'historien Ernest Renan insiste sur le désir et la volonté de vivre ensemble  : 
"Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. […] Je me résume, Messieurs. L’homme n’est esclave ni de sa race ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagne. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation."
Renan, "Qu'est ce qu'une nation", conférence donnée à La Sorbonne, 1882, Calmann-Lévy
Question
Ainsi, les liens qui unissent les hommes reposent-ils sur les liens formés par le langage,  sur des liens affectifs ou sur l'engagement volontaire ?

Pourquoi ne parvenons-nous pas à former une société cosmopolitique ? - Questions de réflexion

1. La langue est-elle selon toi le principal obstacle à la formation d'une communauté de tous les hommes ?
2. Comment expliquer la distance qui sépare les hommes entre eux ? 
3. Avons-nous besoin d'éprouver des sentiments de sympathie avec les hommes pour nous entendre avec eux ?
4. Dans ce cas, le principal obstacle au cosmopolitisme est-il la barrière de la langue ou bien l'absence d'intérêt, de bienveillance, de compassion, à l'égard des peuples éloignés de nous ?