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La discussion : un échange improvisé mais normé

Le discours est un développement oral sur un sujet donné, la plupart du temps soigneusement préparé,...

Sommaire

Distinguer discours et discussion : le discoursDistinguer discours et discussion : la discussion
Atelier : si la conversation était un jeuConversation et jeu de paume chez Montaigne - QuestionsJeu de paume - VikidiaPour aller plus loin

Distinguer discours et discussion : le discours

Le discours est un développement oral sur un sujet donné, la plupart du temps soigneusement préparé, visant à produire l'adhésion du public. Il s'agit de convaincre, toucher la sensibilité et déterminer les auditeurs à agir. Le discours obéit à un ordre logique rigoureux afin de produire l'effet voulu. Il est l'occasion pour l'orateur de briller face à un auditoire qui, n'ayant pas la parole, écoute et reste passif. Le discours a pour fonction d'informer, mais il est souvent utilisé pour manipuler une foule ignorante, subjuguée par les belles paroles et la vigueur de l'orateur. 
Il est important de repérer les stratagèmes utilisés par l'orateur afin de ne pas se laisser séduire par les discours mensongers.

Distinguer discours et discussion : la discussion

La discussion s'inscrit dans une situation de communication où les membres, du moins théoriquement, peuvent intervenir librement, à égalité, afin d'examiner en commun l'objet en question. Chacun est à tour de rôle émetteur et récepteur. Il s'agit d'échanger des opinions, de les critiquer, afin de progresser vers un point de vue plus juste. 
La discussion est donc une forme de communication beaucoup plus spontanée que le discours. Dans la mesure où chacun réagit aux propos de l'autre, la parole ne peut être préméditée. Les idées ne sont pas antérieures à l'échange, mais naissent précisément de l'échange. L'issue de la discussion est ainsi imprévisible.
Si nous aimons discuter, c'est parce que nous ne voyons pas les choses de la même façon à l'issue de la discussion. En ce sens, toute discussion authentique est une aventure, qui ouvre l'accès à un nouveau point de vue. 
Néanmoins, les participants à la discussion peuvent chercher non pas à échanger, mais à l'emporter. La discussion devient alors une confrontation où tous les coups sont permis pour battre l'autre, considéré comme un adversaire. 
Pour autant, lorsqu'elle est ainsi instrumentalisée, la discussion est détournée de sa propre fin, qui est l'échange de points de vue à l'aide des ressources du langage. Qu'y gagne celui qui l'emporte ?

Atelier : si la conversation était un jeu

Conversation et jeu de paume chez Montaigne - Questions

Le philosophe Montaigne compare la conversation au jeu de paume, qui est l'ancêtre du tennis.
La paume consiste à se renvoyer une balle, appelée un éteuf, au-dessus d'un filet à la manière du tennis. Il se pratique en individuel (1 contre 1) ou en double (2 contre 2). Le jeu de paume était pratiqué par la noblesse. Il a connu son âge d'or entre le XIVe et le XVIIIe siècle. 
Immédiatement, il vous vient à l'esprit que ce qui rapproche le jeu de paume de la conversation est le fait que les échanges sont au cœur des deux pratiques.
L'analyse de Montaigne s'attache à un aspect plus spécifique de ce rapprochement. En effet, à quelle condition l'échange est-il possible ?
Comme le joueur, celui qui parle doit se préparer, s'apprêter à recevoir la réplique. C'est cette adaptation permanente au jeu de l'autre qui permet à l'échange de se poursuivre.
Questions
1. Ce rapprochement aide-t-il à comprendre ce qui se passe lorsque l'on discute ? À quoi pense-t-on pendant qu'on écoute celui qui a la parole ? À quoi est-on attentif ?
2. Quels autres éléments permettent de rapprocher la discussion d'un jeu ?
3. Choisis un jeu qui te permet d'éclairer, à la manière de Montaigne, la manière dont se déroule une conversation.
4. Identifie les différences entre le jeu et la conversation.

Jeu de paume - Vikidia

Court de jeu de paume à Paris. Les joueurs jouent avec des raquettes.
Le jeu de paume est un sport qui se développa en France. Il y connut un grand succès principalement pendant la période allant du Moyen Âge à l'époque contemporaine.
Bien qu'assez délaissé de nos jours, il est à l'origine de nombreux sports très populaires.
Description
Primitivement, le jeu de paume se pratiquait à la main, avec la paume, d'où le nom de jeu de paume. C'était un sport individuel, mais bientôt le jouer en double, c'est-à-dire en équipe de deux individus contre une autre équipe du même nombre de joueurs, devient le plus courant.
Le terrain était divisé en deux parties, séparées par un filet. Le but était de renvoyer la balle à main nue. Si la balle tombe sur le sol, c'est celui dont la partie n'a pas été touchée par la balle qui remporte un point, ce qui équivaut à dire que celui qui laisse la balle tomber par terre fait gagner un point à son adversaire.
Au XIIIe siècle, un gant apparaît aux mains des joueurs pour prémunir la paume des éventuelles douleurs que pourrait causer la puissance de la balle à son arrivée. Celle-ci est composée de laine de mouton et la surface est faite avec la peau du même animal.
Pour encore plus de puissance dans le renvoi de la balle, un prolongement du gant de cuir est imaginé et conçu. Mieux, à partir du XVIe siècle, les participants sont dotés de raquettes. Autant dire que cela ressemble de plus en plus au tennis...
Histoire
Les historiens ignorent encore où le jeu de paume trouve ses origines. Pendant l'Antiquité, chez les Grecs, peuple sportif, on pratiquait le phaenide, puis pendant la Rome antique, ce fut au tour du pila trigonalis : ces deux jeux reposent sur l'utilisation d'une balle, et à ce titre il est probable qu'ils soient les ancêtres du jeu de paume.
Une chose est certaine, le jeu de paume s'est développé en France, pendant la monarchie. C'était tout d'abord un sport rural, joué au grand air, les jours de beau temps. Mais lorsqu'il gagna en popularité, il s'implanta dans les villes, et on le pratiquait en plein de milieu de la rue. Avec l'accroissement démographique, il devient impossible de continuer de la sorte. On commence alors à convertir des salles intérieures en court (terrain).
Le jeu de paume devint aussi un des loisirs de la bourgeoisie et de la noblesse. À ce titre, il est l'une des activités que les nobles ont le droit de pratiquer lors d'un séjour d'incarcération. Il fait partie des sports dont les écuyers sont tenus de connaître les règles. Il était joué comme sport de compétition pour le plaisir de se faire applaudir par le public, appelé « la galerie », après avoir remporté une partie. D'ailleurs, de nos jours, on retrouve les expressions amuser la galerie, épater la galerie.
De nos jours, ce sport qui est délaissé est considéré comme historique. Néanmoins, il n'a pas totalement disparu, car il laisse sa trace dans de nombreux sports, comme le tennis, et plus généralement tous ceux où l'on retrouve l'usage de la raquette.

Pour aller plus loin

On peut jouer seul ou à plusieurs : est-ce le cas de la conversation ?
Fais la liste de différents jeux (jeux de cartes, jeux de plateau, jeux sportifs, jeux vidéo, etc.) : toutes ces formes de jeux se ressemblent-elles ?
Sont-elles toutes pertinentes pour analyser ce qui se passe lorsqu'on discute ?
Peut-on jouer sans règles ? Quelle est la fonction des règles, dans ces jeux ? Quelles seraient les règles de la conversation ?
Chacun des jeux auxquels tu penses a-t-il un point commun avec la conversation ? Lequel ?
Pour quelles raisons joue-t-on ? Pour le plaisir de jouer ? Pour gagner ? Faut-il faire des distinctions en fonction des jeux ?
Y a-t-il des compétences spécifiques à avoir pour bien jouer ? Pour prendre part à une conversation ? Quels rapprochements peut-on faire ?
Peut-on gagner ou perdre dans une conversation ? 
Peut-on échouer à jouer ? Pour quelles raisons ? Peux-tu définir la réussite ou l'échec d'une situation de conversation ?