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L'éthique : la question du choix de vie au cœur de nos discussions

"L'écoute de la parole de l'autre ; ce je ne sais quoi d'essentiel, depuis Socrate. Chacun sait que dans...

Sommaire

Pourquoi l'éthique repose-t-elle sur la discussion ? - Extrait radiophonique et questionsLiens utiles
Enquête - Comment fonctionne un comité d'éthique ?Se parler pour éclairer nos usagesComité consultatif national d’éthique - Description et questionsAvis "Biodiversité et santé" du CCNE - ActivitéAvis Biodiversité et santé du CCNE - Résumé

Pourquoi l'éthique repose-t-elle sur la discussion ? - Extrait radiophonique et questions

"L'écoute de la parole de l'autre ; ce je ne sais quoi d'essentiel, depuis Socrate. Chacun sait que dans la vie humaine, le respect mutuel passe d'abord par l'écoute de la parole de l'autre, voire dans la capacité à se laisser influencer par la parole de l'autre ; une vraie discussion est une conversation où, à la fois j'écoute la parole de l'autre et je réagis - l'écoute de l'autre a toujours défini quelque chose d'essentiel, depuis Socrate.
C'est peut-être au XXe siècle, dans ce siècle aussi de conflits et de guerres extrêmes que l'on s'est aperçu que la discussion et le dialogue ne sont pas seulement un aspect de l'éthique, mais le fondement de l'éthique même. Celui qui est allé le plus loin dans ce sens est le philosophe allemand, Jürgen Habermas, qui est aussi célèbre pour avoir eu une pensée de l'Europe, une pensée de la constitution européenne, justement fondée sur la conversation.
Quelle est la thèse de Habermas ?
C'est de faire de la discussion, le critère même de l'éthique, de définir au fond l'éthique par ce qui rend possible une discussion - cadre voulu comme principe de la vie et de la morale humaine. On appellera alors violence, violation, mal, d'une façon assez radicale, ce qui rend toute discussion impossible ; le fait de quitter une discussion, de ne pas écouter, de ne pas vouloir entrer dans la parole de l'autre, refuser la parole, mépriser la parole de l'autre, cela n'est pas seulement un aspect du mal, c'est peut-être la source de toutes les violences. L'éthique conversationnelle de Jürgen Habermas est une éthique qui cherche à théoriser les principes de toute discussion possible (...)."
Questions
1. Cherche une définition de l'éthique. Pourquoi l'éthique se distingue-t-elle de la morale ?
2. Pourquoi le dialogue est-il essentiel pour définir des choix éthiques ?
3. Quelles sont les caractéristiques de l'éthique de la discussion ?
4. Selon toi, quelles compétences les individus doivent-ils avoir pour pouvoir se prêter à une telle pratique ? 

Liens utiles

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-philo/pourquoi-l-ethique-repose-t-elle-sur-la-discussion-6621610

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-philo/pourquoi-l-ethique-repose-t-elle-sur-la-discussion-6621610

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-2eme-partie/habermas-le-dernier-philosophe-5913624

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-2eme-partie/habermas-le-dernier-philosophe-5913624

Enquête - Comment fonctionne un comité d'éthique ?

Se parler pour éclairer nos usages

Discuter de nos usages du monde a un effet pour le monde. 
Laisser place à la discussion pour éclairer une réalité complexe permet une expression de la pluralités des points de vue. 
La confrontation garantit l'émergence du point de vue le plus complet et le plus pertinent. C'est la force des raisons et non l'argument d'autorité qui permet à la discussion de progresser.
L'enjeu est l'élaboration en commun d'un point de vue informé, qui résulte et intègre l'ensemble du processus de dialogue.

Comité consultatif national d’éthique - Description et questions

Questions
1. Quelle est la mission du CCNE ? Pourquoi aujourd'hui un Comité d'éthique est-il devenu indispensable ?
2. Qui sont les membres d'un comité éthique ? Pourquoi les philosophes sont-ils indispensables au côté des scientifiques au sein d'un comité d'éthique ?
3. Quelle est la méthode du CCNE ? Pourquoi peut-on dire que la discussion tient une place centrale dans la méthode d'élucidation des questions éthiques ?
4. Quels sont les principes du CCNE ? Peut-on dire que la discussion est un principe fondamental du fonctionnement d'un comité d'éthique ?

Avis "Biodiversité et santé" du CCNE - Activité

1. Comprendre le thème de l'avis.
a) Qu'est-ce que la bioéthique ?
b) Qu'est-ce que la biodiversité ?
c) Pourquoi selon toi la relation et le vivant est une question éthique importante ? S'agit-il de préserver la diversité du vivant ? L'humanité ?
2. Regarde le rapport : combien y a-t-il d'auteurs ? Cela t'étonne-t-il ? Quel travail préalable a-t-il selon vous été nécessaire à la rédaction du rapport.
3. Mission : réaliser par groupe une synthèse sur la question en quinze lignes.
- Chaque groupe lit le résumé puis se concentre sur une partie du rapport.
- Chaque groupe lit plusieurs fois le résumé puis sa partie du rapport.
- Chaque groupe souligne les éléments qui semblent essentiels.
- Les arguments te semblent-ils aller tous dans le même sens ou prennent-ils en compte des points de vue différents ? Que retenir ?
- Chaque groupe restitue les idées qui lui paraissent essentielles.
- Présentation à l'oral de votre synthèse.
4. Ce travail peut donner lieu ensuite en classe à une discussion philosophique dans la classe autour de la question : l'homme a-t-il la responsabilité de préserver la biodiversité ?

Avis Biodiversité et santé du CCNE - Résumé

Résumé de l'avis
Les relations entre la santé humaine et la biodiversité, la partie vivante de la nature, sont à la fois documentées et complexes. Si la biodiversité est une menace au regard du réservoir de maladies et de vecteurs qu’elle comporte, elle est aussi une source essentielle de molécules actives, au-delà des services directs que les écosystèmes rendent à la santé et au bien-être de l’humanité. L’ensemble de ces éléments fait de la biodiversité un enjeu majeur de santé pour l’humanité. Or, les connaissances actuelles dans les sciences de la vie et de l’environnement soulignent le caractère parfois dramatique de l’érosion de la biodiversité notamment sous la pression des activités anthropiques, ainsi que l'ampleur nouvelle de la contribution humaine à la biodiversité.
En proposant une réflexion éthique sur les relations de l’humanité avec la biodiversité et, plus largement, la nature, le CCNE rappelle d’abord que l’humanité fait partie de la biodiversité. Sa position au sein de la biodiversité et ses capacités à l’altérer rendent nécessaire un changement des relations qu’elle tisse avec l’ensemble du vivant. Le questionnement éthique réside dès lors dans l’analyse des conséquences de nos actions voire, plus fondamentalement, dans l’analyse des causes, c’est-à-dire les modalités de nos interactions avec les autres membres de l’humanité et l’ensemble du vivant.
Pour le CCNE, la démarche éthique en sciences de la vie et de la santé se doit de porter dans le débat public les questionnements sur les causes de la pérennité de la pauvreté et de la faim dans le monde ou sur l’accroissement de la paupérisation relative et des problèmes de santé, en rapport avec les atteintes à la biodiversité, l’augmentation de la démographie et l’accroissement des flux migratoires. Au sein du vivant, la responsabilité particulière de l’humanité l’oblige aussi à questionner la notion de progrès jusqu’ici assimilée à une maîtrise croissante du vivant.
Cette responsabilité concerne, au premier chef, les communautés scientifiques appelées à faire preuve d’humilité pour mieux comprendre les liens entre biodiversité et santé, dans un contexte d’imprévisibilité inhérente aux processus dynamiques en interaction, en particulier ceux de l’évolution biologique.
 Alors que les biotechnologies de transformation du génome sont de plus en plus performantes et aisées à mettre en œuvre, il est essentiel de mobiliser une éthique de responsabilité dans les domaines scientifiques et techniques.  Mieux partager l'ensemble des connaissances scientifiques, tout en contribuant aux questionnements de leurs applications, avec les décideurs politiques et l’ensemble de la société, constitue un enjeu éthique majeur.
La protection et l’usage de la biodiversité nécessitent une analyse éthique plus complexe que le seul objectif de sa conservation, d’autant plus que les altérations de la biodiversité sont souvent à mettre en corrélation avec la situation de fragilité de nombreuses populations humaines.
 Approche éthique et solidarité doivent être mobilisées conjointement pour intégrer les perspectives de lutte contre la pauvreté dans la question de la gestion à long terme des ressources naturelles.
Abandonner l’utopie d’une nature asservie par l’humanité et rechercher des synergies entre les possibles développements de l’humanité ainsi que le respect des processus dynamiques des écosystèmes s’impose désormais, tant au niveau local qu’à travers des éléments de gouvernance mondiale qui restent à inventer.
 Cela passera nécessairement par l’engagement des citoyens, dont les scientifiques, dans l’identification de pistes d’actions pour faire évoluer le droit dans ce domaine.
C’est sur la base de ces questionnements éthiques que ce rapport propose de rechercher les voies d’une coévolution raisonnée de l’humanité avec l’ensemble du vivant afin de mieux préserver ses potentialités de bien-être et de santé.