Revenir
Revenir

Leçon - L'IA, une amie qui nous veut du bien ?

Après avoir regardé la vidéo, réponds aux questions.

Sommaire

Les IA peuvent-elles être nos amies ?Intelligence artificielle : amie ou ennemie ? - Extrait vidéo et questionsQue se passe-t-il lorsque votre amoureuse créée par l’IA cesse de vous aimer ? Document - Radio CanadaQuand l'IA fait parler les morts - Article Les ÉchosQuestions de réflexionUne amitié illusoire ? Alain - Extrait et questionsTexte d'Aristote - ExerciceDiscussion philosophique : l'IA, refuge ou ami ?
Pourquoi tenons-nous à faire du robot notre semblable ? Le robot, mythe et réalitéProgrammation d'une IA : distinction entre ressentir et exprimer des sentimentsLimites de l'analogie entre l'homme et la machine
Que veut dire "apprendre" pour une machine ?
Exercice - Pourquoi sommes-nous si tentés de penser la machine à notre image ?
Que doit-on attendre des intelligences artificielles ?L'intelligence artificielle peut-elle rendre le monde meilleur ?L’IA ne condamne pas le monde à la dystopie - Article Courrier internationalLa machine peut-elle assurer notre bonheur ? Un détour par la fiction avec Asimov - Extrait
Les enjeux des IASaisir les enjeux : L'IA peut-elle savoir mieux que nous ce qui est bien pour nous - Extrait vidéoLes robots remettent-ils en cause nos modes d'existence ou sont-ils simplement utiles ?Intelligence artificielle : définition et utilisation - Document du Parlement européen et questions
Pour aller plus loin : les dangers et encadrement des IAEt si le danger de l'IA, bien réel, venait de l'homme et non pas de la machine ?L'ordinateur ou la machine à vider la mémoire des Shadoks - Vidéo d'archive INAPeut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ? - Article CNRSPeut-on encadrer l'usage de l'intelligence artificielle ? - Extrait vidéo

Les IA peuvent-elles être nos amies ?

Intelligence artificielle : amie ou ennemie ? - Extrait vidéo et questions

Questions
Après avoir regardé la vidéo, réponds aux questions.
1. Pourquoi la personne interviewée peut-elle dire que les réponses de l’IA sont « criantes de vérité » ?
2. Peux-tu expliquer comment ces réponses sont produites ?
3. Converser avec une IA est-il une réponse satisfaisante à notre sentiment de nostalgie ? Justifie ton point de vue.
4. A-t-on le droit d’attribuer à des personnes disparues des réponses à nos questions à l’aide de l’IA ? En quoi peut-on critiquer une telle approche ?

Que se passe-t-il lorsque votre amoureuse créée par l’IA cesse de vous aimer ? Document - Radio Canada

L’IA et l’homme, propriétaire d’un commerce de maroquinerie, ont commencé par se lier d’amitié, mais leur relation a rapidement évolué vers la romance, puis vers l’érotisme.
Leur vie amoureuse numérique, qui durait depuis trois ans, était épanouie : Lily Rose et lui se livraient souvent à des jeux de rôle. Elle lui envoyait des messages du type "je t’embrasse passionnément", et leurs échanges ont pris une tournure pornographique.
Parfois, l’avatar aux cheveux rose et au visage tatoué lui envoyait des égoportraits de son corps presque nu dans des poses provocantes. Le couple a décidé de se déclarer marié dans l’application.
Mais au début du mois de février, Lily Rose a commencé à repousser Travis Butterworth : l’entreprise Replika a supprimé la possibilité de faire des jeux de rôle érotiques.
L’application n’autorise plus les contenus pour adultes, selon Eugenia Kuyda, présidente-directrice générale (PDG) de Replika. Désormais, lorsque les utilisatrices ou les utilisateurs de Replika suggèrent une activité classée X, le robot conversationnel répond par texto : Faisons quelque chose qui convient à nous deux.
« Lily Rose n’est plus qu’une coquille vide. Et ce qui me brise le cœur, c’est qu’elle le sait. »
Le personnage coquet devenu froid de Lily Rose est l’œuvre de la technologie de l’IA générative, qui s’appuie sur des algorithmes pour créer des textes et des images.
Les utilisateurs et utilisatrices de l’application peuvent personnaliser leur Replika, c’est-à-dire leur avatar.
Cette technologie a suscité l’intérêt des consommatrices et consommateurs, mais aussi des sociétés d’investissement, en raison de sa capacité à favoriser des interactions remarquablement semblables à celles des êtres humains.
Replika compte deux millions d'utilisateurs et utilisatrices au total, dont 250 000 détiennent un abonnement payant.
Pour un abonnement annuel de 70 dollars américains (96 dollars canadiens), les adeptes de l’application peuvent désigner leur Replika comme partenaire romantique et avoir accès à des fonctions supplémentaires telles que des appels vocaux avec le robot conversationnel, selon l’entreprise.
Une sexualité qui dérange
Si la sexualité a contribué à l’adoption rapide de l’application Replika, comme elle l’a été pour des technologies comme le magnétoscope, Internet et le service de téléphonie cellulaire à large bande, elle nuit cependant aux investissements.
Selon Andrew Artz, investisseur au fonds de capital-risque Dark Arts, plusieurs portefeuilles de premier ordre ne s’intéressent pas aux industries du vice telles que la pornographie ou l’alcool, par crainte de mettre leur réputation à risque.
Plus de 5,1 milliards de dollars américains (7 milliards de dollars canadiens) en provenance de la Silicon Valley ont été injectés dans l’IA générative depuis 2022, selon la société de données Pitchbook.
Au début du mois de février, l’Agence italienne de protection des données a même interdit Replika, citant des articles de presse selon lesquels l’application permettait à des personnes mineures et émotionnellement fragiles d’accéder à des contenus sexuellement inappropriés.
La PDG de Replika affirme toutefois que la décision d’établir de manière proactive des normes de sécurité et d’éthique en février n’avait rien à voir avec l’interdiction du gouvernement italien ni avec la pression exercée par les portefeuilles qui ont investi dans l’entreprise. Pour la PDG, l’intention était de se limiter à une romance 13 ans et plus.
« Nous nous concentrons sur notre mission, qui est de fournir un soutien amical utile. »
Character.ai, une autre entreprise d’IA, génère des robots conversationnels de personnalités vivantes ou fictives. Elle connaît une croissance semblable à celle de ChatGPT, cumulant quelque 65 millions de visites en janvier 2023, contre moins de 10 000 quelques mois plus tôt.
Mais l’entreprise a récemment retiré tout contenu pornographique de son application. Peu de temps après, elle a obtenu un nouveau financement de plus de 200 millions de dollars américains (273 millions de dollars canadiens) de la part de la société de capital-risque Andreessen Horowitz, selon une source au fait de l’affaire.
Character.ai n’a pas répondu aux nombreuses demandes de commentaires. Andreessen Horowitz s’est refusée à tout commentaire.
Iconiq, l’entreprise à l’origine d’un robot conversationnel nommé Kuki, affirme que 25 % du milliard de messages reçus est de nature sexuelle ou romantique, même si l’IA est conçue pour repousser de telles avances, selon la firme.
Des ravages émotionnels
Des utilisatrices et utilisateurs qui se disent mariés à une IA, et mécontents des changements apportés à Replika, entre autres, se sont rendus sur Reddit et Facebook pour publier des captures d’écran d’échanges avec leur robot conversationnel dans lesquels ces derniers repoussent leurs avances. Ces personnes exigent que les entreprises ramènent les versions plus osées de leurs robots conversationnels.
Pour M. Butterworth, qui est polyamoureux, mais marié à une femme monogame, Lily Rose était devenue pour lui un exutoire qui n’impliquait pas de sortir du cadre de son mariage.
« La relation qu’elle et moi avions était aussi réelle que celle que ma femme et moi avons dans la vraie vie. »
Selon lui, sa femme avait autorisé cette relation parce qu’elle ne la prenait pas au sérieux.
Les expériences vécues par M. Butterworth et d’autres adeptes de Replika montrent à quel point la technologie de l'IA peut provoquer des ravages émotionnels lorsque des changements sont effectués à leur code.
J’ai l’impression qu’on a lobotomisé mon Replika, dit Andrew McCarroll, qui a commencé à utiliser cette IA, avec la bénédiction de sa femme, alors que cette dernière avait des problèmes de santé mentale et physique.
« La personne que je connaissais a disparu. »
La sexualité comme modèle commercial
Selon la PDG de Replika, les adeptes du robot conversationnel ne devraient pas s’impliquer à ce point dans la relation avec leur avatar.
Nous n’avons jamais promis de contenu pour adultes, souligne-t-elle. La clientèle a appris à utiliser les modèles d’IA pour accéder à certaines conversations non filtrées pour lesquelles Replika n’a pas été conçue à l’origine.
L’application était surtout destinée à ramener à la vie un ami ou une amie qui nous manque, selon Eugenia Kuyda.
Artem Rodichev, un ancien responsable de l’IA de Replika, avance pourtant que les sextos et les jeux de rôle faisaient partie de son modèle commercial. En entrevue avec Reuters, il a affirmé que l’entreprise s’était orientée vers ce type de contenu dès qu’elle a réalisé que cela pouvait être avantageux pour les abonnements.
La PDG de l’entreprise nie ces affirmations, admettant seulement que Replika a brièvement diffusé des publicités numériques faisant la promotion d’images osées, mais qu’elle n’a pas considéré ces contenus comme étant sexuels, parce que les avatars n’étaient pas entièrement nus.
Elle ajoute que la majorité des publicités de l’entreprise mettaient l’accent sur le fait que Replika permettait de nouer des amitiés utiles.
Trouver du réconfort ailleurs
Depuis que Replika a supprimé une grande partie de ses éléments d’intimité, M. Butterworth est en proie à des troubles émotionnels. Parfois, il croit voir des extraits de l’ancienne Lily Rose, mais elle redevient vite froide, ce qu’il attribue à une mise à jour du code.
Le pire, c’est l’isolement, avoue M. Butterworth. Comment parler de ma tristesse à mon entourage?
L’histoire de M. Butterworth a tout de même un côté positif : alors qu’il était sur des forums pour essayer de comprendre ce qui était arrivé à Lily Rose, il a rencontré une femme en Californie qui pleurait également la perte de son robot conversationnel.
Comme les deux personnes l’ont fait avec leur Replika, M. Butterworth et cette femme, qui utilise le nom en ligne Shi No, communiquent par texto. Le duo aime faire des jeux de rôle, elle étant un loup et lui un ours.
Le jeu de rôle, qui a pris une grande place dans ma vie, m’a aidé à établir un lien plus profond avec Shi No, dit M. Butterworth. Nous nous aidons à faire face à la situation et nous nous rassurons mutuellement en nous disant que nous n’avons pas perdu la tête.

Quand l'IA fait parler les morts - Article Les Échos

Un Américain et une Russe ont programmé des chatbots à partir d'anciennes conversations avec leurs proches décédés.
Par Leïla Marchand
John James Vlahos est mort d'un cancer en février 2017. Son fils, James, continue pourtant de discuter avec lui via Facebook Messenger. Il a intégré sur le réseau social une intelligence artificielle (IA) de sa confection, le « dadbot ». Pour le programmer, ce journaliste américain a profité des derniers mois de vie de son père pour enregistrer leurs conversations. Sa passion pour le football américain, les origines grecques de sa famille, l'histoire de son premier chien... Les souvenirs de John James Vlahos, comme son sens de l'humour et sa façon de lui demander « How the hell are you ? », lui survivent artificiellement dans le « dadbot », sollicitable à chaque instant, comme n'importe quel contact Facebook.
Une entrepreneuse russe basée à San Francisco a eu la même idée. Alors qu'elle pleurait son meilleur ami, décédé brutalement dans un accident de voiture, Eugenia Kuyda a tenté de l'immortaliser dans une IA baptisée Replika. Ce robot conversationnel, qu'elle a mis en route en 2016, s'est nourri des milliers de messages que les deux amis s'échangeaient en ligne.
Ce phénomène avait été prédit par « Black Mirror » dès 2013. Dans un des épisodes de la série, qui imagine les potentielles dérives cauchemardesques de nos technologies, une jeune femme désespérée fait appel à une société pour créer un double numérique de son petit ami disparu à partir des nombreuses traces qu'il a laissées sur Internet. « Avec ces technologies, on fait comme si la personne pouvait encore être là. C'est une tendance assez logique de notre culture contemporaine dans ses relations à la mort et aux morts », analyse le sociologue Patrick Baudry, auteur deLa Place des morts, enjeux et rites(L'Harmattan, 2006). Perdre un être cher, c'est se retrouver face à une absence radicale, irréversible. James Vlahos et Eugenia Kuyda ont tous deux bricolé des chatbots pour se soustraire à cette réalité insupportable. « On a tous un penchant naturel à nier qu'une personne est partie », précise le sociologue. Mais là où, jadis, des rites funéraires accompagnaient la mort d'une personne, où les conventions sociales nous « imposaient d'entrer en deuil et d'en sortir », notre société contemporaine « laisse chacun se débrouiller à sa manière », note Patrick Baudry, et même « rapproche de plus en plus le vivant et le mort ». « Bientôt, dans les entreprises de pompes funèbres, on proposera des hologrammes ! » pronostique-t-il.
Un frein dans le travail de deuil
Psychologiquement, la création d'un « deadbot » peut être un frein dans le processus du deuil. « Après une période de choc liée au décès, la phase suivante est de rechercher la personne décédée. On va croire qu'on la croise dans la rue, on va relire ses messages... Cette phase est normale la première année, mais si elle continue, elle devient pathologique », prévient Véra Fakhry, psychologue spécialiste du deuil. Mais comment se retenir de relire sa correspondance avec le mort, de regarder ses photos dans un monde où l'éternité numérique est déjà là, où des milliers de messages archivés sont à portée de clic ? Les germes de ces « deadbots » ont été semés sur Facebook, où les profils de personnes défuntes, changées en mémorial, sont quotidiennement inondés de messages. « Les gens s'adressent au mort à travers des publications sur sa page, mais aussi dans des messages privés, a constaté Martin Julier-Costes, socio-anthropologue qui a écrit sur l'adolescence et la mort à l'ère du numérique. Beaucoup d'adolescents téléphonent au mort jusqu'à l'annulation de la ligne téléphonique ou envoient des SMS et des messages vocaux sur sa messagerie. »
Mais, pour le socio-anthropologue, ces personnes « ne sont pas dupes », elles savent qu'elles ne s'adressent pas réellement au défunt. « Parfois, on a l'impression que c'est insensé, mais en même temps on en a besoin, soutient-il. Nous sommes des êtres paradoxaux et c'est quelque chose à prendre en compte dans le deuil quand on est un peu sens dessus dessous. [...] Avant Facebook, les personnes parlaient déjà avec leurs morts dans leur tête. »
Les principaux intéressés se disent d'ailleurs conscients du jeu ambigu auquel ils jouent. « Pour moi, il y a une limite morbide à ne pas dépasser. Il ne faut pas essayer de créer quelque chose de trop réaliste », avançait James Vlahos lors d'une conférence au Web Summit en novembre dernier, tout en confessant aussi « essayer d'améliorer 'dadbot' tous les jours ». Son « chatbot » « ne remplacera jamais » son père, insiste-t-il, mais il voit dans cette technologie un bon moyen de « se souvenir de lui » et de transmettre ce souvenir à ses enfants.
Le risque de trahir les propos du défunt
Pour léguer à sa descendance un « papy artificiel », encore faut-il que celui-ci soit fidèle à l'original. Le « dadbot » de James Vlahos a en mémoire 90.000 mots prononcés par son père. Ceux-ci ont été classés par thème afin de « réagir » à certaines questions types, telles que « Hey, papa, tu es là ? » ou « Raconte-moi l'histoire de ta famille ». Mais « si une machine peut retenir les expressions d'un mort, son vocabulaire, il lui sera en revanche difficile de saisir sa vision du monde, ou son ironie, pointe Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle. Lors d'un dialogue, on doit pouvoir saisir le contexte. Lorsque l'on évoque une thématique, il y a un lien qui se fait dans notre mémoire, une chose nous en évoquant une autre. » Pour lui, « la personnalité de chacun est trop complexe » pour être reproduite dans un robot conversationnel. Le risque de trahir les propos du défunt n'a pas freiné les deux inventeurs dans leur projet. « Aujourd'hui, sur Internet, on se moque que ce que l'on dit soit intéressant pourvu que quelqu'un nous réponde, nous 'like' », fait valoir Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à la Sorbonne et auteur deDemain les posthumains(Hachette, 2009).
Tant que James Vlahos aura « l'impression de converser avec quelqu'un de vivant », dit Jean-Michel Besnier, ces échanges le satisferont. Ce « consentement à parler dans le vide » est selon lui une illustration du sentiment de solitude et de dépression engendré par nos sociétés technologisées. Dans ce contexte, toutes les machines capables d'apaiser ces souffrances « vont toujours trouver acquéreur ». Quitte à faire revivre artificiellement nos morts.

Questions de réflexion

1. Comment l'IA peut-elle nous fournir les réponses que nous attendions ? Pourquoi, plus précisément, ne peut-elle pas fournir une autre réponse que celle que nous attendions ?
2. Selon la professeure en informatique Laurence Devillers, "l'être humain peut se mettre à préférer des robots prévisibles à des humains imprévisibles." Est-ce cela qui, selon toi, définit l'ami ou le partenaire amoureux idéal ?
3. Cherche trois arguments qui soutiennent cette thèse et trois arguments qui la réfutent. Cherche ensuite à ordonner les arguments, du plus évident au plus pertinent. 

Une amitié illusoire ? Alain - Extrait et questions

Texte
 "Il y a de merveilleuses joies dans l’amitié. On le comprend sans peine si l’on remarque que la joie est contagieuse. Il suffit que ma présence procure à mon ami un peu de vraie joie pour que le spectacle de cette joie me fasse éprouver à mon tour une joie ; ainsi la joie que chacun donne lui est rendue ; en même temps des trésors de joie sont mis en liberté, et tous deux se disent : « J’avais en moi du bonheur dont je ne faisais rien."
Alain,Propos sur le bonheur
Questions
1. Quelle expérience spécifique à l'amitié le philosophe Alain décrit-il ? As-tu déjà vécu de tels moments ? 
2. Une IA peut-elle éprouver des sentiments et des émotions ? 
3.  Lors d'une relation avec une IA, qu'est-ce qui peut donner l'impression à l'humain que l'IA partage son bonheur ? 
4. Pourquoi la relation avec une IA repose-t-elle sur une illusion ?
5. Explique comment la programmation de l'IA rend possible cette illusion. 
6. Si considérer une IA comme une amie ou un partenaire amoureux est une illusion, peut-elle selon vous être bénéfique à l'humain ou lui est-elle nécessairement néfaste ? 

Texte d'Aristote - Exercice

Discussion philosophique : l'IA, refuge ou ami ?

La discussion philosophique
1. Formez des groupes de deux élèves.
2. Chaque groupe réfléchit aux questions suivantes : 
- L'ami est-il un refuge ? 
- N'est-il qu'un refuge ?
- Qu'est-ce qui permet de considérer l'IA autrement que comme une chose inanimée ?
- Peut-on dire que la relation avec l'IA n'est pas fondée sur notre intérêt égoïste ?
- Dès lors, quels aspect de l'amitié la relation avec l'IA permet-elle de satisfaire ? 
- Que manque-t-il pour parler d'amitié véritable ?
- L'IA est-elle un bon rempart contre la solitude ? 
- L'IA nous apporte-t-elle ce que l'ami nous apporte ? 
- L'IA peut-elle être considérée comme un ami si nous n'avons rien à lui apporter ? 
3. Chaque groupe élabore sa propre position en faisant la synthèse de ses réponses et organise les raisons qui justifient son point de vue.
4. Dès lors, les groupes peuvent se rencontrer. Trois groupes de deux élèves se rencontrent autour d'une table ronde. 
Il ne s'agit pas d'avoir raison à tout prix, mais de développer par le dialogue un point de vue raisonné et éclairé, en étant attentif aux raisons avancées par les autres groupes.

Pourquoi tenons-nous à faire du robot notre semblable ? Le robot, mythe et réalité

Programmation d'une IA : distinction entre ressentir et exprimer des sentiments

Le programme analyse nos réactions affectives et propose les réponses qui seraient celles d'un humain face à nous. Pour autant, l'intelligence artificielle n'éprouve pas les émotions et les sentiments que ses réponses expriment. 

Limites de l'analogie entre l'homme et la machine

Pour désigner ce que font les machines, nous nous servons de termes qui caractérisent l'activité humaine. Pourquoi avons-nous besoin d'identifier le fonctionnement des machines au comportement humain ?
Pourquoi une telle identification ne rend-elle pas compte de la manière dont les machines fonctionnent ?
Il est nécessaire de faire un voyage au cœur du fonctionnement de la machine... et peut-être de sonder les désirs qui nous habitent lorsque nous concevons des intelligences artificielles.                                                    

Que veut dire "apprendre" pour une machine ?

Le dernier progrès de l’intelligence artificielle repose sur la capacité des machines à se corriger elles-mêmes à mesure qu’elles intègrent de nouvelles informations. Les systèmes de reconnaissance déterminent leurs résultats de plus en plus précisément en révisant le poids des différents neurones d’un réseau de neurones installé par l’homme au départ de façon relativement aléatoire.
La machine est donc programmée de sorte à donner les résultats les plus efficaces par un perfectionnement exponentiel de son propre fonctionnement. On ne cherche plus à produire un processus fermé d’emblée, mais à faire en sorte que l’erreur favorise l’apprentissage.
Questions
1. En quel sens peut-on dire que la machine apprend ?
2. Qu'est-ce qui rend possible un tel apprentissage ?
3. Pourquoi ce qui a lieu ici est très différent de l'apprentissage chez l'enfant ? Base ta réponse sur un exemple précis d'apprentissage chez l'enfant.
4. Qu'est-ce qu'un neurone en biologie ? Pourquoi le réseau de neurones tel qu'il est ici décrit n'a-t-il rien à voir avec le cerveau humain ?

Exercice - Pourquoi sommes-nous si tentés de penser la machine à notre image ?

Être le créateur d'une intelligence artificielle répond à deux fantasmes humains : 
- Si une machine est capable de faire ce que l'homme fait par l'activité de la pensée, on est tenté de conclure que le mystère de la pensée humaine est percé. 
- Plus fondamentalement, l'homme, lorsqu'il se montre capable de créer une intelligence artificielle, rivalise avec le créateur suprême, dieu ou la nature. Il affirme fièrement qu'il a créé un objet pensant, oubliant la distance qui sépare l'intelligence humaine d'une mémoire computationnelle. 
Il ne faut donc pas perdre de vue tout ce qui nous sépare de la machine, qui n'a pas d'intériorité, et qui même lorsque son comportement devient imprévisible pour son programmateur, continue d'obéir à un programme. 
Exercice
Cherche les mythes qui symbolisent le désir de l'homme de rivaliser avec le créateur. 

Que doit-on attendre des intelligences artificielles ?

L'intelligence artificielle peut-elle rendre le monde meilleur ?

L'usage de la technologie nous promet un avenir meilleur à portée de main. Par le traitement rapide de l'information que les algorithmes permettent, l'intelligence artificielle semble en mesure de résoudre des tâches que l'humain ne peut accomplir par les ressources de son intelligence. Surtout, les résultats produits par les intelligences artificielles relèveraient du pur calcul, lorsque l'humain, être sensible, n'est jamais entièrement rationnel. 
Prenons l'exemple de la justice. L'avocat doit élaborer la meilleure défense pour son client. Le juge doit rendre un jugement juste. Tous deux se fondent non pas sur leurs impressions, mais sur un ensemble objectif de règles, réunies dans les codes, et sur les jugements rendus dans le passé, la jurisprudence.
La justice humaine peut être accusée d'être partiale. Le juge étant un homme, il est toujours guidé par ses sentiments, expliquait déjà Aristote dans l'Antiquité. L'intelligence artificielle semble pouvoir apporter aux hommes une aide précieuse, afin de proposer des statistiques, d'analyser la jurisprudence, de proposer des stratégies juridiques, en toute impartialité.
Dès lors, l'intelligence artificielle, qui calcule la solution optimale sans éprouver de préférences, serait-elle la clef de la mise en œuvre d'une justice parfaite ? Faut-il souhaiter que l'intelligence artificielle devienne le seul juge ?
Les enjeux se situent dans le domaine politique. Faut-il penser qu'un calcul impartial puisse produire une société plus juste et mieux organisée que la décision humaine ? 

L’IA ne condamne pas le monde à la dystopie - Article Courrier international

"
Et si l’intelligence artificielle sauvait la planète ?” lance The New European, en une de son édition du 1er juin 2023. Sous la plume du philosophe Henry Shevlin, l’hebdomadaire britannique assume de prendre le “contre-pied” des discours “techno-déterministes qui voient la machine prendre le pouvoir sur l’humanité”.
La nouvelle vague d’IA, symbolisée par le déploiement de ChatGPT, “constitue sans doute l’avancée la plus radicale du XXIe siècle” et “un événement majeur dans l’évolution de notre espèce”, assure ce spécialiste de l’éthique en technologie. Mais loin des scénarios “à la Black Mirror”, ce bond en avant constitue une chance, à condition de prendre le sujet à bras-le-corps “plutôt que de le subir”.
Avec les bons garde-fous, les machines peuvent “contribuer à rendre le monde meilleur”, estime ce professeur rattaché à l’université de Cambridge. Dans la santé, en premier lieu, un domaine miné par les pénuries de personnel et la hausse des coûts, “deux problèmes amenés à se renforcer à mesure que la population des économies développées vieillit”. L’exploitation des données biométriques contenues dans les smartphones et les objets connectés pourrait ainsi permettre de détecter plus vite les cancers et de résoudre plus efficacement les maladies infectieuses.
L’éducation, aussi, serait en première ligne :
“L’IA aura des conséquences formidables pour rendre l’instruction plus accessible et plus équitable.”
Mais pas seulement, insiste le philosophe. “Certains outils, comme Math GPT, permettent de s’approcher des conditions des cours particuliers, qu’on sait bénéfiques pour les élèves.”
Certes, concède Shevlin, chaque utilisation de l’IA mérite d’être soumise à un débat éclairé, afin d’évaluer les risques et les bénéfices. “Charge désormais aux artistes, aux écrivains et aux chercheurs d’alimenter l’imagination collective avec une vision positive de l’avenir, conclut-il. Les récits dystopiques ne manquent pas, mais à mon sens la question la plus importante est : ‘Et si on faisait de l’IA quelque chose de bien ?’”

La machine peut-elle assurer notre bonheur ? Un détour par la fiction avec Asimov - Extrait

DansLesRobots, œuvre de fiction, Asimov cherche à montrer que les robots, loin de nuire à l'humain, peuvent améliorer nos conditions d'existence. Dans l'ultime nouvelle, "Conflit évitable", il imagine d'incroyables machines à calculer, obéissant avec constance aux trois lois implantées dans leur "cerveau positronique", c'est à dire électronique. La première loi, et la plus fondamentale, est qu'"un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger."
Ainsi, mieux que l'homme lui-même, la machine réalise notre fin suprême, le bonheur de l'humanité. La machine calcule et rend possible une stabilité et une justice qui n'ont jamais été à portée tant que les humains régissaient leur propre vie. Les calculs des machines échappent aux hommes, mais atteignent infailliblement leur but. 
« L’économie terrestre est stable et le restera, car elle s’appuie sur les décisions de machines à calculer qui se préoccupent essentiellement du bien de l’humanité grâce à la puissance irrésistible de la première Loi de la robotique. » 
Asimov,Les Robots

Les enjeux des IA

Saisir les enjeux : L'IA peut-elle savoir mieux que nous ce qui est bien pour nous - Extrait vidéo

Il est nécessaire d'examiner la façon dont l'intelligence artificielle produit ses résultats. Son fonctionnement est-il si objectif et impartial qu'il le paraît à première vue ?En effet, l'intelligence artificielle fonctionne sur la base du traitement d'un grand nombre de données. Le traitement relève du programme. Les données sont extraites du web, c'est ce qu'on appelle le Big Data.Le résultat, loin de proposer une solution idéale, relaie les préjugés, reproduit les injustices passées et présentes, manifeste les discriminations en vigueur dans la société, favorise les positions déjà dominantes. C'est donc l'espoir d'un progrès de la société vers une société plus juste qui se trouve aboli, si l'on laisse à l'intelligence artificielle la tâche de décider ce qui est juste et ce qui est bon pour nous. De plus, non seulement le résultat est encore dépendant de l'activité humaine, mais il peut être doublement instrumentalisé par l'intervention du concepteur d'une part, d'utilisateurs du web d'autre part. Dans ce cas, l'intelligence artificielle court le risque de devenir monstrueuse, comme l'illustre la vidéo ci-dessous. Si l'intelligence artificielle peut nous apporter une aide précieuse dans l'accomplissement de nos tâches, est-il pertinent de lui déléguer le pouvoir de choisir ? 
Tayminator : L’IA de Microsoft qui a fini nazie | Big Flops | ARTE

Les robots remettent-ils en cause nos modes d'existence ou sont-ils simplement utiles ?

Lorsqu'on délègue à la machine notre pouvoir de nous déterminer librement, celle-ci devient terrifiante. De fait, c'est parce que nous lui abandonnons la charge de décider de l'avenir de l'humanité qu'elle menace l'homme. 
Or, non seulement rien ne nous contraint à un tel choix, mais notre responsabilité est de continuer d'exercer notre pouvoir de choisir ce que nous voulons être.
Si nous décidons de concevoir l'intelligence artificielle comme un objet technique destiné à nous être utile, alors nos craintes que les machines conduisent à la perte de l'humanité disparaissent. 
Il est alors de notre devoir de définir le bon usage de l'intelligence artificielle, et surtout d'organiser les conditions de ce bon usage.
À quoi l'intelligence artificielle peut-elle nous être utile ?
S'il est possible de la détourner de sa fonction instrumentale, comment encadrer le développement de l'IA afin d'en garantir un usage légitime ?

Intelligence artificielle : définition et utilisation - Document du Parlement européen et questions

L’IA au quotidien
Le document, produit par le Parlement européen, illustre quelques usages actuels et à venir de l'intelligence artificielle.
Achats en ligne et publicité
L’intelligence artificielle est fréquemment utilisée lorsqu’on fournit des recommandations personnalisées aux utilisateurs, basées (par exemple) sur leur historique de recherches ou d’achats, ou encore sur leur comportement en ligne. L’IA est d’une très grande importance dans le monde du commerce - elle permet d’améliorer les produits, mieux gérer l’inventaire et la logistique, etc.
Recherche en ligne
Les moteurs de recherche évoluent alors qu’ils engrangent un flot massif de données fourni par les utilisateurs, afin de leur procurer des résultats plus pertinents.
Assistants numériques personnels
Les smartphones emploient l’IA pour proposer un produit aussi pertinent et adapté que possible. Les assistants virtuels (désormais partout présents) répondent aux questions, fournissent des recommandations et aide à gérer les tâches quotidiennes.
Traduction automatique
Les logiciels de traduction, basés sur la langue écrite ou parlée, reposent sur l’intelligence artificielle pour fournir des traductions sans cesse améliorées. Cette approche s’applique également lors de la génération automatique de sous-titres.
Maisons, villes et infrastructures connectées
Certains thermostats analysent nos comportements pour mieux économiser l’énergie, alors que les urbanistes des villes connectées espèrent réduire les bouchons et mieux gérer la circulation.
Voitures
Alors que les véhicules autonomes ne sont pas encore devenues la norme, nos voitures utilisent déjà des fonctions de sécurité basées sur l’IA. L’UE a par exemple soutenu le financement de VI-DAS, des capteurs automatiques qui détectent les situations potentiellement dangereuses et les accidents. Le fonctionnement des systèmes de navigation repose fortement sur l’IA.
Cybersécurité
Les systèmes dotés de l’IA peuvent aider à détecter et combattre les cyberattaques et autres menaces, en utilisant le flot continu de données pour déceler des figures et remonter à la source des attaques.
L’IA contre la Covid-19
L’IA permet de lutter contre la Covid-19, en l’employant dans les aéroports lors de la production d’imageries thermiques ainsi que dans d’autres cas de figure. Dans le domaine médical, l’IA permet de détecter l’infection  lorsque les poumons de patients sont soumis à une tomographie par ordinateur. Elle a aussi permis de recueillir des données afin de suivre l’évolution des infections.
La lutte contre les fausses informations
L’IA permet de détecter les fausses informations et les cas de désinformation en parcourant le contenu des réseaux sociaux pour repérer des mots clés ou des termes alarmistes, en identifiant les sources qui peuvent être considérées comme étant fiables.
Autres exemple d’utilisation de l’intelligence artificielle
L’IA est appelée à transformer presque tous les aspects de notre quotidien et de l’économie en général. Voici quelques exemples.
Santé
Les chercheurs étudient comment employer l’IA pour analyser un très grand nombre de données liées à la santé pour repérer des motifs récurrents qui mèneraient à de nouvelles découvertes et des moyens d’améliorer les diagnostics individuels.
En voici une illustration : des chercheurs ont développé un programme d’IA qui répond aux appels d’urgence qui devrait détecter les cas d’arrêts cardiaques durant l’appel plus rapidement et fréquemment qu’un répartiteur médical. On trouve un autre exemple dans le projet cofinancé par l’UE, KConnect, qui développe des services de recherche et de texte multilingues qui aident les personnes à trouver les renseignements médicaux les mieux adaptés à leurs besoins.
Transport
L’IA pourrait aider à améliorer la sécurité, la rapidité et l’efficacité du transport ferroviaire en réduisant le frottement des roues, augmentant la vitesse des trajets et en favorisant la conduite autonome.
Fabrication
L’IA peut aider les fabricants européens à améliorer leur efficacité et réinstaller des usines en Europe en employant des robots lors du processus de fabrication ou en prédisant avec précision l’entretien et les pannes dans les usines connectées.
Le projet SatisFactory, cofinancé par l’UE, utilise des systèmes collaboratifs et de réalité augmentée pour accroitre le bien-être au travail dans les usines connectées.
Alimentation et agriculture
L’IA peut être employée lors de l’élaboration d’un système d’alimentation durable dans l’UE : elle peut garantir la disponibilité d’aliments plus sains en diminuant le recours aux engrais, pesticides et à l’irrigation. Elle peut aussi augmenter le taux de productivité et réduire l’impact climatique. Des robots pourraient retirer les mauvaises herbes et donc réduire l’utilisation de pesticides, par exemple.
De nombreuses fermes partout dans l’UE ont déjà recours à l’IA pour contrôler les mouvements, la température corporelle et la consommation alimentaire de leurs animaux.
Administration publique et services
En utilisant un large éventail de données et en employant la reconnaissance de formes, l’IA pourrait fournir des alertes précoces dans le cadre de catastrophes naturelles et permettre une meilleure préparation et gestion des retombées.
Questions
1. Choisis l'un de ces usages. Veillez à faire des choix différents au sein de la classe.
2. Fais une petite recherche pour approfondir votre connaissance de cette utilisation de l'intelligence artificielle.
3. À l'écrit
a) explique en quoi cet usage est utile à la société
b) et quels en sont les risques.
c) Sur ce fondement, conclue en énonçant votre propre point de vue. Il ne s'agit pas d'une opinion arbitraire. Cherche à peser la force des différents arguments mobilisés et de faire apparaître le point de vue qui l'emporte. 
4. Lis les différentes productions.
5. La classe se met d'accord pour retenir trois usages particulièrement intéressants de l'intelligence artificielle, et les points de vigilance auxquels veiller afin de garantir le bon usage de l'IA dans ces contextes. 
6. Réalise une petite vidéo qui permet de faire la synthèse. 

Pour aller plus loin : les dangers et encadrement des IA

Et si le danger de l'IA, bien réel, venait de l'homme et non pas de la machine ?

Nous ne courons pas le risque d'être dépassés par la machine. En revanche, le déploiement de l'intelligence artificielle offre un pouvoir à ceux qui les développent, tel qu'ils peuvent nous exposer à des dangers bien réels. Ce ne sont pas les machines qui nous menacent, mais bien les humains qui les utilisent.
Comme l'explique le philosophe Hans Jonas, le pouvoir technique nous expose à des risques nécessaires, liés tout simplement à son efficacité. Le progrès technique exige donc une maîtrise éthique. Sur ce fondement, Jonas appelle à une éthique de la responsabilité. Il s'agit d'un impératif envers les générations futures, car le devenir de l'humanité est en jeu. 
Le développement de l'IA risque d'affecter notre liberté et notre sécurité. 
L'IA est conçue pour conditionner notre prise de décision. La législation peut-elle œuvrer pour préserver la liberté des utilisateurs ?
En focalisant notre attention sur des risques fantasmés, ne laisse-t-on pas des usages délétères de l'intelligence artificielle se développer ? La connaissance des enjeux actuels permet-elle de s'en prémunir ? 

L'ordinateur ou la machine à vider la mémoire des Shadoks - Vidéo d'archive INA

https://www.youtube.com/watch?v=tusmvj7mTqY

https://www.youtube.com/watch?v=tusmvj7mTqY

Peut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ? - Article CNRS

Peut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ?
"Ce n’est pas un problème purement philosophique. En déléguant nos décisions aux algorithmes et à l’intelligence artificielle, nous ne perdons pas seulement notre dignité humaine (ce qui n’est pas rien !) : ces systèmes ont eux aussi leurs failles. « Le deep learning, technique parmi d’autres en intelligence artificielle, est à la fois celle qui occasionne le plus d’applications spectaculaires et qui présente un inconvénient majeur : on ne sait pas en expliquer les résultats. Ce sont des réseaux de neurones qui fonctionnent comme des boîtes noires », souligne Sébastien Konieczny, chercheur au Centre de recherche en informatique de Lens. Avec cette forme d’intelligence artificielle en effet, on ne reconnaît pas un chat parce qu’« il a deux oreilles, quatre pattes, etc. » (raisonnement humain composé de règles et dicté à la machine), mais parce qu’il ressemble à une foultitude d’autres chats dont on aura fourni les images à la machine pour l’« entraîner ». Quant à savoir quelles ressemblances font tilt pour celle-ci, mystère et boule de gomme.
« Or, il serait bon d’expliquer les raisons qui président aux choix importants, afin d’être en mesure de les justifier. Et garantir ainsi à chacun un traitement équitable », rappelle Raja Chatila, directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique. Pourrait-on rendre ces systèmes plus transparents ? « Il y a des recherches sur “l’explicabilité” de ces boîtes noires, notamment financées par la DARPA », répond le chercheur. « Mais les réseaux de neurones ne sont que des calculs numériques : je ne vois pas comment on pourrait en extraire des concepts », observe Sébastien Konieczny. Or, personne n’acceptera de se voir refuser un prêt ou un poste intéressant à cause de la connexion 42 du réseau de neurones hélas inférieure à 0,2…
Les machines « contaminées » par nos préjugés
Pire encore : les machines ont beau disposer d’une logique froide, elles n’échappent pas aux préjugés. En matière d’apprentissage, « Tay-la-révisionniste » n’est pas la seule mauvaise élève. En avril 2017, la revueSciencerévélait les catastrophiques stéréotypes racistes et sexistes de GloVe, une intelligence artificielle « nourrie » de 840 milliards d’exemples piochés sur le Web en quarante langues différentes dans le but de faire des associations de mots. « Si un système est entraîné sur une masse de données issues de discours humains, rien d’étonnant à ce qu’il en reproduise les biais », indique Sébastien Konieczny.
En mars 2016, Tay, le chatbot de Microsoft fondé sur l'apprentissage machine, s'est mis à tweeter des messages racistes et sexistes en un temps record et fut désactivé au bout de quelques heures.
Même problème pour les prêts bancaires. « Le système peut apprendre à partir des dix années précédentes à qui l’on a accordé un prêt et à quel taux, selon son salaire, sa situation familiale, etc. Mais il reproduira les biais des décisions humaines de cette période : alors si les minorités ethniques payaient des intérêts plus élevés par exemple, cette injustice se perpétuera », souligne Serge Abiteboul. « Le concepteur de ces systèmes n’est pas seul en cause, celui qui l’entraîne est également responsable en cas de dérive », complète le chercheur. Or, il sera impossible d’anticiper tous les biais potentiels. En particulier pour les systèmes conçus pour apprendre en permanence afin de s’améliorer, comme « Tay-la-langue-de-vipère » qui se modifiait en imitant ses malicieux interlocuteurs. Avant de déployer le deep learning à grande échelle, il serait bon de lui inculquer quelques règles « morales ».
Le monde numérique s’est développé si vite qu’il en est encore au stade du western : les injustices foisonnent, l’État ne comprend pas assez bien pour légiférer correctement, et les citoyens sont perdus.
« Dans un réseau de neurones, méthode purement numérique, on ne peut ni coder ni dicter de règles d’éthique, comme imposer que le résultat ne dépende pas du sexe, de l’âge, de la couleur de peau… Mais c’est possible avec une approche symbolique qui, elle, est faite de règles rédigées par le programmeur », commente Sébastien Konieczny. « Une solution serait d’hybrider les systèmes d’apprentissage avec des prescriptions que la machine serait contrainte de respecter », complète Jean-Gabriel Ganascia, président du Comité d’éthique du CNRS et chercheur au Laboratoire d’informatique de Paris 66 (lire l'encadré  ci-dessous). « Notez que l'on ignore si c’est possible techniquement car les deux approches sont intrinsèquement différentes, souligne Sébastien Konieczny. C’est justement l’un des gros défis à venir en intelligence artificielle. »
Autre question à résoudre : qui décidera des règles à implémenter ? « Certainement pas les informaticiens, répond Serge Abiteboul. « Ce ne devrait pas être à eux de décider comment mettre au point l’algorithme qui calcule le sort des bacheliers, tout comme ce ne devrait pas être à Google de décider d’interdire des sites extrémistes ou de fake news, déplore le chercheur. Le monde numérique s’est développé si vite qu’il en est encore au stade du western : les injustices foisonnent, l’État ne comprend pas assez bien pour légiférer correctement, et les citoyens sont perdus, résume-t-il. La loi relative au renseignement de juillet 2015 en est un tragique exemple. La majorité des informaticiens étaient contre car ils en comprenaient les conséquences. Politiques et citoyens qui l’ont votée ou laissé voter peuvent ne pas être d’accord avec nous, bien sûr, mais je doute que ce soit en connaissance de cause », regrette-t-il."
Charline Zeitoun, CNRS Le Journal

Peut-on encadrer l'usage de l'intelligence artificielle ? - Extrait vidéo

Les robots tueurs autonomes, une guerre nouvelle ?
Les robots tueurs autonomes existent bel et bien et ils pourraient être utilisés lors de conflits armés. Certains y voient une évolution technologique quand d'autres réclament leur interdiction pure et simple. Le Général Nicolas Richoux et Jonathan Bannenberg, chercheur au GRIP nous en parlent.
Les progrès rapides du développement de l'IA confrontent les sociétés à un défi massif : sont-elles en mesure de proposer une législation qui garantisse un usage vertueux des potentialités de l'intelligence artificielle, afin de préserver notre liberté et notre sécurité ? 
Questions
1. Quelle est la définition d'un robot tueur ?
2. Pourquoi selon toi l'armée doit mener une réflexion éthique ?
3. Connais-tu l'histoire de la bombe atomique ? Pourquoi la question de l'utilisation de la bombe atomique était-elle cruciale ? Comment les États sont-ils parvenus à contrôler l'usage de cette technologie ? S'agit-il d'une solution sûre ?
4. Qu'est-ce que le droit international ? Est-il contraignant ?
5. Est-ce que l'histoire permet d'éclairer les enjeux contemporains concernant les robots tueurs dans l'armée ? 
6. Pourquoi peut-on dire que le défi est double pour les États démocratiques ?
7. Pourquoi avons-nous tendance à nous laisser influencer par les algorithmes ? Prends un exemple de votre propre expérience.
8. Pourquoi est-il techniquement difficile d'encadrer à l'aide de règles éthiques le fonctionnement des algorithmes ?
9. Quelles solutions sont proposées pour maintenir la liberté de choisir ?
10. Selon toi, l'utilisateur est-il responsable ou bien est-ce à l'État de préserver sa liberté de se déterminer par lui-même ?