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La peur et l'irrationnel que porte la technique

Frankenstein, film de James Whale, 1931 Universal Studios, renewed 1959 Universal StudiosAvec Dracula...

Sommaire

Étonnement devant le mondeQu'est-ce que s'étonner, Platon - Texte et exercices
De l'étonnement et l'émerveillement... à la peurFrankenstein de James Whale - AnalyseUne Intelligence Artificielle se présente - Extrait et questionsL'Intelligence Artificielle va-t-elle prendre ma place ? Film La place d'un autre - Extrait et questionsHiroshima après la Bombe - Histoire analysée en images et œuvres d’art
De la nécessité d'une éthiqueLe pouvoir de manipulation du technicien - Exercice

Étonnement devant le monde

Qu'est-ce que s'étonner, Platon - Texte et exercices

Texte
Qu’est-ce que s’étonner ?
Dans le texte de Platon qui suit, le sens est-il évident ?
« S'étonner (1), voilà un sentiment qui est tout à fait d'un philosophe. La philosophie n'a pas d'autre origine, et il semble bien ne pas s'être trompé sur la généalogie celui qui a dit qu'Iris est la fille de Thaumas. »
(1)  grec : thaumazein. D'où le jeu de mot avec "thaumas", nom d'une divinité personnifiant les merveilles de la mer. Sa fille, Iris, est la messagère des dieux auprès des mortels, c'est-à-dire des humains.
Platon,Théétète, 155 d
Questions 
1. Pourquoi le mythe étonne ?
2. Distingue "s’étonner" et "être stupéfait" en cherchant les mots dans le dictionnaire Littré en ligne.
3. La démarche importe plus que le résultat, pourquoi ?
4. S’étonner, c’est sortir de la stupeur, de l’aveuglement de l’évidence. Faut-il répondre directement à la question ?

De l'étonnement et l'émerveillement... à la peur

Frankenstein de James Whale - Analyse

Frankenstein, film de James Whale, 1931 Universal Studios, renewed 1959 Universal StudiosAvec Dracula de Tod Browning, Frankenstein est le titre inaugural d’un âge d’or du fantastique américain, sous l’égide du producteur Carl Laemmle Jr, fils de Carl Laemmle, fondateur de Universal Pictures. Il allait succéder à son père en 1928 à la tête du studio et lancer la mode des films d’horreur avec une série de longs métrages centrés autour de figures monstrueuses, destinées à devenir patrimoniales.Inspiré du roman de la jeune Anglaise Mary Shelley Frankenstein ou le Prométhée Moderne, publié en 1818, déjà adapté de nombreuses fois au théâtre et dans des bandes muettes, Frankenstein se démarque de son origine littéraire pour inventer un fantastique nouveau, entre expressionnisme et modernité. La mise en scène échappa à Robert Florey et ce fut finalement James Whale, metteur en scène britannique installé à Hollywood, qui s’empara du mythe et lui conféra une certaine sophistication. D’abord pressenti pour le rôle de la créature, Bela Lugosi, réticent à l’idée d’être cantonné dans des personnages monstrueux – il venait d’interpréter Dracula – déclina l’offre et c’est un excellent acteur de complément, Boris Karloff, qui hérita du rôle. Karloff, par sa composition inoubliable, va donner ses premières lettres de noblesse cinématographiques à la créature de Frankenstein, aidé par le maquillage génial de Jack Pierce, destiné à entrer dans la légende. C’est la naissance d’une icône. Le film frappe encore par sa cruauté, sa violence. Le monstre y apparaît comme une figure pathétique, plus tragique qu’effrayante, enfantée par un savant mégalomane toujours au bord de la crise de nerfs – le docteur Frankenstein dans un élan blasphématoire se met à hurler « maintenant je sais ce que peut ressentir Dieu » lorsque les bouts de cadavres qu’il a réanimé grâce à la foudre se mettent à remuer.Frankenstein est sans doute l’un des films les plus cités, parodiés et plagiés de l’histoire du cinéma. D’abord à la Universal avec une série de films prolongeant le classique de Whale puis un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, jusqu’à nos jours, pour le meilleur et surtout le pire.Frankenstein rencontrera un immense succès à sa sortie, effrayant et sidérant des spectateurs guère habitués à de tels déchainements macabres sur un écran de cinéma. Une suite directe sera réalisée en 1935 avec les principaux responsables du premier film devant et derrière la caméra : La Fiancée de Frankenstein, de l’avis général supérieur à son modèle, un pur chef-d’œuvre à la folie et à la poésie inaltérables.
Boris Karloff dansFrankensteinde James Whale 
Analyse d'Olivier Père

Une Intelligence Artificielle se présente - Extrait et questions

Texte
"En tant qu’IA, je ne suis pas capable de penser ou de ressentir comme un être humain le ferait. Cependant, je suis programmé pour traiter les informations en fonction des algorithmes et des données que j’ai été entraîné à utiliser. Mon fonctionnement est basé sur la répétition de modèles de données stockés dans ma mémoire électronique, mais ces modèles ne sont pas simplement des enregistrements passifs. Ils sont conçus pour permettre des réponses dynamiques et adaptatives en fonction des stimuli reçus, et ma capacité à produire des réponses pertinentes et cohérentes dépend de la qualité de l’entraînement que j’ai reçu et de la pertinence des données que je reçois en temps réel. En somme, je suis un outil conçu pour traiter l’information, mais je ne suis pas capable de penser ou de ressentir de manière autonome."
Questions
1. De quel lexique relèvent les termes « répétition » et « stimuli reçus » ?
2. Le mot « répétition » renvoie aussi au théâtre. Clarifie les différentes significations du mot « répétition ».
3. Cherche des exemples d’expérience de cette nature dans d’autres domaines que l’IA.
4. « Produire des réponses pertinentes et cohérentes » : comment le chabot conçoit-il le dialogue ?

L'Intelligence Artificielle va-t-elle prendre ma place ? Film La place d'un autre - Extrait et questions

La Place d’une autreest un film historique situé en France pendant la Première guerre mondiale. Nélie, une jeune fille de la rue, s’engage comme brancardière sur le front en 1914 pour échapper à sa vie misérable. Suite à un concours imprévu de circonstances, elle assiste à la mort de Rose, une jeune femme de bonne famille à qui l’on vient d’offrir une place de lectrice auprès d’une vieille femme fortunée à Nancy. Sans hésiter, Nélie décide de se faire passer pour Rose, dans l’espoir de commencer ainsi une nouvelle vie.
Exercices
Le jour où les robots et l’IA prendront la place de l’homme... que se passera-t-il ?
 Derrière cette question se dessine une angoisse mais aussi, un orgueil démesuré de l’homme qui par la formulation de la question se situe au centre de l’univers, manquant ainsi la révolution copernicienne. A l’univers infini, ils préfèrent le monde clos, étroit, avec son plafond d’étoiles fixes mais il est vrai, protecteur. La souffrance effraie. parce qu’elle nous rappelle l’exigence La peur des robots (et éprouvent-ils un quelconque sentiment ?) c’est l’inquiétude doublée parfois de superstition. Mais on ne sort pas pour autant
1. Cherche le présupposé de cette affirmation : “prendre la place de quelqu’un” en te référant aux textes qui suivent. Quelles difficultés surgissent ? En quoi est-ce un acte violent ?
2. Comment comprendre ce "prendre ma place" : est-ce une interversion de place ou une "usurpation"
3. Comment ai-je trouvé ma place ?
4. Y a-t-il des critères d’attribution ?
Il y en a qui occupent une bonne place, d’autres qu’on place dans des familles, d’autres encore qui remettent tout en place. De place en place, en déplacement, la place prend un essor littéraire.
Il y a donc quelque chose de fuyant dans la place que le concept tente de ressaisir.
Bref, tout ce début pour prendre l’initiative d’ouvrir un dictionnaire et de voir les différents paliers de sens de la place.

Hiroshima après la Bombe - Histoire analysée en images et œuvres d’art

Hiroshima après la bombe
Contexte historique
Montrer Hiroshima
L’assemblage de Little Boy, son installation dans la soute du B-29 Enola Gay, le décollage de l’appareil, le raid aérien, le largage, l’explosion et ses conséquences : les images du bombardement d’Hiroshima, le 6 août 1945, sont nombreuses.
Pour impressionner définitivement les Japonais mais également signifier qu’elles ont « gagné la course à la Bombe » (contre les Nazis et les Russes), les autorités américaines ont en effet  finalement décidé de « montrer Hiroshima » et, mieux, de médiatiser leur opération à des fins de propagande. Dès le 7 août et plus encore dans les jours et les semaines suivantes, les photographies, les films et les témoignages sur cet épisode font la "une" de toutes les actualités du monde. Comme Vue d'Hiroshima en ruine à proximité de l'épicentre, ces innombrables représentations ont d’abord un but militaire, stratégique et politique : démontrer la supériorité et la désormais toute-puissance américaines en rendant compte des effets concrets de l’arme atomique, utilisée pour la première fois sur une ville.
Prise six ans après cet événement, Deux garçons dans un champ de ruines est l’œuvre du photojournaliste Bernd Lohse. Premier reporter allemand à visiter le Japon après la guerre, il réalise une série de clichés pour le magazine photo (Foto-Spiegel puis Foto-Magazin) en 1951. Dans une toute autre perspective, documentaire et militante, ce photo reportage réalisé au plus près des habitants entend renseigner le public sur leur vie au jour le jour.
Analyse des images
Apocalypse now
Photographie anonyme, Vue d'Hiroshima a vraisemblablement été prise à bord d’un avion de reconnaissance américain quelques jours après le bombardement du 6 août. L’altitude (relativement basse) de l’appareil permet certes une vue d’ensemble de la zone à proximité de l’épicentre, l’hôpital Shima, mais elle révèle également de saisissants détails. Alors que les constructions traditionnelles en bois ont toutes été complètement détruites par l’explosion, certains bâtiments plus modernes en béton armé du centre de la ville (quatre ou cinq ici, au second plan) sont restés debout. Si l’on devine l’ancienne disposition urbaine en carrés grâce aux routes, le panorama est celui d’une étendue rase, soufflée et dévastée : même les ruines semblent s’être volatilisées, il ne reste presque rien. Près du fleuve Ota au premier plan, des arbres calcinés, noirs et dénudés se dressent encore, renforçant encore l’impression d’apocalypse qui domine tout le cliché.
Deux garçons dans un champ de ruines se place à hauteur d’homme, au sol, non loin du centre de l’explosion ainsi que l’indique un panneau au premier plan à droite. Au milieu des ruines, derrière une incertaine barrière de barbelés, deux enfants sont occupés à ramasser des briques, vestiges d’anciennes habitations. Malgré un immeuble préservé (second plan au centre) et quelques maisonnettes de bois vraisemblablement reconstruites depuis 1945 (à droite, au second plan), les stigmates du bombardement sont encore très présents, tel ce pan de mur isolé et fissuré (à gauche, premier plan).
Interprétation
Hiroshima, 1945-1951
Vue d'Hiroshima en ruine donne à voir la puissance destructrice de la bombe atomique, censée pousser les Japonais à capituler définitivement. Selon les estimations, incertaines, la ville fut anéantie à plus de 65%. Sur une population de 310 000 habitants en 1945, plus de 130 000 furent tuées, que ce soit de manière directe (explosion, incendies) ou indirecte (irradiation) dans les années qui suivirent. 
Bien que prise en 1951, Deux garçons dans un champ de ruines ne permet pas de mesurer objectivement l’avancée de la reconstruction après six années. Il est en effet impossible de comparer la vue aérienne, assez lointaine, de la première image et l’immersion dans le cœur de la ville proposée par la seconde. Ainsi, l’opposition entre un paysage ravagé qui semble privé de toute présence humaine et une scène montrant que la vie se poursuit malgré tout ou renaît au milieu des ruines ne semblerait pas liée à la différence entre les deux dates, mais plutôt à une différence d’approche.
Seules les maisons de bois et surtout le panneau montrant d’une flèche « le centre de l’explosion juste en face de ce temple » (écrit en anglais) sur la droite suggèrent que le temps a passé depuis le 6 août 1945. Pour modeste et informel qu’il soit, cet élément informatif destiné aux visiteurs extérieurs comme aux habitants montre une ville qui témoigne de son traumatisme et, peut-être, se réapproprie déjà celui-ci dans une démarche mémorielle. La présence des deux garçons indifférents à cette notification comme au photographe n’en est que plus forte : plongés dans leur quotidienneté, ils ne sont pas de simples spectateurs de l’histoire tragique du lieu mais des acteurs qui le pratiquent et le réinventent comme ils peuvent.

De la nécessité d'une éthique

Le pouvoir de manipulation du technicien - Exercice