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Du discours mythique à la connaissance scientifique

Kronos, fils de Terre et de Ciel, appartient à la deuxième génération divine : « Puis vint le plus jeune...

Sommaire

Comment la pensée mythique comprend-elle le monde ?Kronos/Cronos - Définition Encyclopaedia universalisClarification du terme "mythe" - ExercicesLiens utilesVernant raconte la Théogonie - Extrait vidéoMythe - Exercices
Critiquer et dépasser la pensée mythique pour entrer dans la pensée scientifiqueNaissance de l'interrogation scientifique : questionner nos évidences avec Kant
Quelles relations la science entretient-elle avec son passé ?Sciences et passéDu mythe au mythe - Document BNF et questionsSciences : discontinuité et ruptures, Bachelard - Analyse

Comment la pensée mythique comprend-elle le monde ?

Kronos/Cronos - Définition Encyclopaedia universalis

Kronos, fils de Terre et de Ciel, appartient à la deuxième génération divine : « Puis vint le plus jeune d'entre [les Titans], Kronos aux pensers courbes, le plus terrible des enfants ; et il prit en haine son géniteur florissant » (Hésiode, Théogonie). La légende de Kronos est d'abord placée sous le signe de la haine et de son redoublement, la vengeance : tisis, d'où les Titans tireraient leur nom. Ouranos hait en effet déjà ses enfants qu'il ne laisse pas naître, les maintenant au profond des entrailles de leur mère étouffante. Kronos aide Gaia à se venger : avec la serpe qu'elle fabrique, il tranche les testicules de son père et les jette à la mer. Mais, roi des Immortels à son tour, il enferme ses frères, Cyclopes et Hécatonchires, dans le Tartare, et dévore, à peine nés, les enfants que lui donne sa sœur titanide Rhéa : ainsi d'Hestia, de Déméter, d'Héra, d'Hadès, de Poséidon ; mais, au lieu de Zeus, le dernier-né, mis à l'abri dans une grotte, il dévore une pierre que Rhéa, Terre et Ciel imaginent de langer. Enfin, après une guerre de dix ans, Zeus et les fils de Kronos, « rendus » au jour par leur père, aidés des Cyclopes et des Hécatonchires, triomphent de Kronos et des Titans et les enchaînent au Tartare. Ainsi d'infanticide en parricide se répète l'histoire des dieux. L'autre cycle légendaire, qui subit l'influence orphique, se place au contraire sous le signe du bonheur, de l'heureuse fertilité : mythe de la race d'or (Hésiode, Les Travaux et les Jours) sous le règne de Kronos, quand la vieillesse funeste ne pèse pas sur les hommes et leurs fêtes, qui meurent comme on s'endort, pendant que le sol porte de lui-même les récoltes ; mythe de l'île des Bienheureux, gouvernés par un Kronos libéré et réconcilié avec Zeus (ibid.). Cette ambivalence, cruauté et paix, qu'on retrouverait dans le Saturne romain ou le Baal babylonien, assimilés plus tard à Kronos, ne prend peut-être son sens que dans un jeu de mots qui s'autorise d'Aristote (De mundo, 401 a 15) : Kronos, Chronos, Temps. Que le dieu courbe dévore ses enfants, sa progéniture d'instants, et la mesure du présent règne chez les hommes, qui vivent comme des immortels. Mais Zeus et les Olympiens enchaînent le temps, et les races mortelles se succèdent, croissent et périssent dans la démesure.
Barbara Cassin

Clarification du terme "mythe" - Exercices

Travail en groupe. Chacun s'attache à définir le mythe à partir de matériaux différents.
Groupe A. Délimiter le sens du mot « mythe »
Sur le site TV une série d’émissions présentant des analyses de Jean Pierre Vernant : http://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-ulysse
Groupe B. Délimiter le sens du mot « mythe »
À partir d’une autre émission de Jean-Pierre Vernant : Qu’est-ce qu’un mythe ? https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-qu-est-ce-qu-un-mythe
Groupe C Délimiter le sens du mot « mythe » à partir de Jean-Pierre Vernant : Les mythes grecs, L’origine du monde : https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-l-origine-du-monde
Groupe D. Délimiter le sens du mot « mythe » : Jean-Pierre Vernant : Les mythes grecs, La création de la femme : https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-la-creation-de-la-femme?portail=edutheque
Groupe E. Délimiter le sens du mot « mythe : La BNF propose un riche dossier sur le mythe qui permet de le distinguer de ce qu’il n’est pas :

Liens utiles

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-ulysse

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-ulysse

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-qu-est-ce-qu-un-mythe

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-qu-est-ce-qu-un-mythe

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-l-origine-du-monde

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-l-origine-du-monde

https://www.lesite.tv/edutheque/lycee-general-et-technologique/antiquite/video/jean-pierre-vernant-les-mythes-grecs-la-creation-de-la-femme?portail=edutheque

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Vernant raconte la Théogonie - Extrait vidéo

Question
À quelles questions répond ici Jean Pierre Vernant ?

Mythe - Exercices


Critiquer et dépasser la pensée mythique pour entrer dans la pensée scientifique

Naissance de l'interrogation scientifique : questionner nos évidences avec Kant

"L’étonnement est un choc de l’esprit qui procède de l’incompatibilité d’une représentation, ainsi que de la règle qu’elle donne, avec les principes qui se trouvent déjà dans l’esprit comme fondements ; et celui-ci suscite un doute : a-t-on bien vu ? A-t-on bien jugé ?"
Kant,Critique de la faculté de juger, p. 281-282
Pour Kant, il y a au cœur de l’étonnement l’idée d’une prise de distance avec les représentations que notre esprit se fait du monde et ainsi un désir de libération de l’homme à l'égard de ses croyances et préjugés.
Cela constitue la première étape de la démarche de connaissance. C’est ainsi qu’une culture scientifique rencontre, en tous ses progrès, de véritables étonnements de l’intelligence qui viennent sans cesse contredire le dogmatisme du savoir acquis, sans cesse rectifier des rationalités trop élémentaires.

Quelles relations la science entretient-elle avec son passé ?

Sciences et passé

Si le passé  est conservé par le mythe, comme le rappelle Hésiode au début de laThéogonie,en invoquant Mnémosyne une Titanide, fille d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre)  la déesse de la Mémoire, il n'en va pas de même pour les sciences, qui ne cessent de rompre avec leur passé.

Du mythe au mythe - Document BNF et questions

Questions
Les sciences ne pensent pas leurs croyances. Elles ne parviennent pas à examiner leurs présupposés, auquel appartient le mythe de la ligne du progrès.
1. Cherche des exemples dans le discours scientifique.
2. Que nous apprend le dossier de la BNF sur le mythe ?

Sciences : discontinuité et ruptures, Bachelard - Analyse

Bachelard va chercher à conceptualiser les bouleversements scientifiques. Il avance ainsi que l’histoire du progrès scientifique se pense en termes de discontinuité et de « ruptures épistémologiques ».
Cette approche se veut à l’opposé du positivisme d’Auguste Comte, en plein essor dans les pays anglo-saxons, et qui procédait déjà d’une mise en perspective historique du progrès scientifique.
Pour les positivistes, le progrès scientifique s’opère par accumulation continue et graduelle selon une logique encyclopédique. Pour Bachelard, le développement de la science avance par une série de ruptures nécessaires à l’émancipation de l’esprit vis-à-vis des conceptions scientifiques antérieures.
La notion d’erreur prend alors toute sa place dans la dynamique de la pensée. Elle devient constitutive de l’esprit scientifique qui a appris à la repérer et à la rectifier. Il y a ainsi une positivité de l’erreur chez G. Bachelard.