1. Pense à des circonstances lors desquelles tu as regretté d'avoir agi trop vite, sans réfléchir.
Note l'un de ces souvenirs et détaille ce que tu as ressenti.
2. Qu'aurait pu permettre selon vous, dans ces circonstances, une plus longue réflexion ?
3. Agir sans réfléchir, est-ce être étourdi ?
4. "Bien agir" a deux sens différents : essaye de les définir en distinguant :
- l'action réussie
- l'action bonne.
5. Dans chacun de ces deux cas, quels sont les écueils que la réflexion évite ?
Penser avant d'agir : le propre de l'homme ? Kant - Extrait et questions
Statue, musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes
Texte
"Quand, fouillant dans un marécage, on découvre, comme c'est arrivé parfois, un morceau de bois taillé, on ne dit pas que c'est un produit de la nature, mais de l'art ; sa cause productrice a pensé une fin, à laquelle ce morceau de bois est redevable de sa forme".
Kant,Critique de la faculté de juger, paragraphe 43, traduction Alain Renaut
Exercices
Pour commencer, imaginez que vous êtes archéologue. Vous fouillez un marécage et tombez sur l'objet ci-dessus, situé au musée du Louvre.
Questions
1. Qu'est-ce qui te permet de reconnaître immédiatement, c'est-à-dire sans aucune forme de réflexion ni aucun délai, qu'il s'agit d'une œuvre de l'homme et non d'un effet de la nature ?
Suite à cette évidence, on peut se tourner vers le texte de Kant pour l'analyser précisément.
L'objet a une cause productrice. La cause productrice est la cause dont l'action est à l'origine de l'existence de l'objet.
Dans le cas de l'homme, précise Kant, "la cause productrice a pensé une fin, à laquelle ce morceau de bois est redevable de sa forme".
Pour comprendre quelle est la cause à l'origine de l'existence de l'objet, on ne peut pas se contenter de décrire le rapport mécanique entre la cause et l'effet.
Il faut remonter à une intention : la cause productrice s'est d'abord représenté dans son esprit comme une forme, qu'il a définie comme but à atteindre. L'objet doit moins son existence au mouvement de son créateur, qu'à sa capacité à penser une fin, pour ensuite agir selon cette représentation.
Autrement dit, laforme de l'objet ne peut provenir que d'une intention, et non d'un rapport mécanique de cause à effet.
2. Reviens à l'objet du Louvre, pour préciser ta première réponse. Pourquoi une telle forme témoigne de ce que "la cause productrice a pensé une fin, à laquelle ce morceau de bois est redevable de sa forme" ? Pourrais-tu en voyant l'objet restituer cette intention ?
La raison et l'instinct - Réflexion
Penser avant d'agir est-il le propre de l'homme ?
L'instinct est une réponse prédéterminée aux stimulations du milieu extérieur. Le comportement instinctif est immédiat, stable, automatique et inconscient.
L'action rationnelle comme l'action raisonnable se distinguent du comportement instinctif.
Lorsque l'action est guidée par la raison, la représentation de la fin à atteindre est à l'origine du choix des moyens, puis de l'exécution de l'acte. L'intention d'atteindre une fin guide l'ensemble des gestes.
L'action irréfléchie ne permettrait pas de nous mener à notre fin.
On dit de l'homme qui réfléchit avant d'agir qu'il est prudent.
Être rationnel, c'est calculer de façon juste les moyens d'atteindre nos fins.
Être raisonnable, c'est poursuivre le bien à l'aide de sa raison, en évitant de se laisser aller à suivre nos désirs.
Réfléchissons...
Si l'homme est capable de réfléchir avant d'agir et qu'il omet de le faire, doit-on simplement dire qu'il est étourdi, ou commet-il une faute ?
Méfiance à l'égard du jugement de la raison, Montaigne - Extraits et questions
Peut-on se fier à notre jugement ? Suffit-il d'avoir raisonné pour avoir bien jugé ? C'est ce dont doute Montaigne dans sesEssais.
Texte 1
"Le fait qu’on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée entre nous, ou qui ne puisse l’être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu’il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable : ce qui est le signe que je l’ai saisi par quelque autre moyen que par un pouvoir naturel qui serait en moi et en tous les hommes. (...) Outre cette diversité et cette division infinies, par le trouble que notre jugement nous donne à nous-mêmes et par l’incertitude que chacun sent en lui, il est aisé de voir que ce jugement a son assise bien mal assurée. Comme nous jugeons différemment des choses ! Combien de fois changeons-nous d’opinions !"
Montaigne, Les Essais, 1580
Questions
1. Que veut dire Montaigne en remarquant le fait "qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue ou controversée entre nous, ou qui puisse l'être" ?
2. Que montre ce fait, selon Montagne ?
3. Que produirait le "pouvoir naturel" de bien juger, selon Montaigne ?
Texte 2
"Et s'il est ainsi, que lui seul (l'homme) de tous les animaux, ait cette liberté de l'imagination, et ce dérèglement de pensées, lui représentant ce qui est, ce qui n'est pas, et ce qu'il veut, le faux et le véritable, c'est un avantage qui lui est bien cher vendu, et duquel il a bien peu à se glorifier : car de là naît la source principale des maux qui le pressent, péché, maladie, irrésolution, trouble désespoir."
Montaigne, Les Essais, 1580
Questions
1. Comment l'homme considère-t-il la pensée en général ?
2. Pourquoi l'imagination et la pensée apparaissent à Montaigne comme "un avantage qui lui est bien cher vendu" ?
3. Selon Montaigne, juger par nous-même nous assure-t-il de bien agir ?
Le bon geste est-il toujours une action réfléchie ? L'exemple du sport
Prenons le cas d'un jeu sportif collectif, dont chacun dans la société a une certaine expérience : le football.
Questions
1. Les initiatives des joueurs résultent-elles selon vous de l'intention délibérée d'atteindre un objectif déterminé ?
a) Montre que le geste du joueur semble répondre à un plan.
b) Explique pourquoi l'initiative semble ne pas avoir été précédée d'une réflexion.
2. Le bon joueur gagne en respectant les règles du jeu.
a) Doit-il avoir des connaissances ?
b) Doit-il avoir réfléchi à des stratégies avant de jouer ?
c) Que lui permet l'expérience ?
d) Un joueur peut-il avoir du "flair", de l'"intuition" ? Que cherche-t-on à définir par ces expressions ?
3. Quelles sont les qualités du joueur expert ? Dans quelle mesure doit-il réfléchir :
a) autour du jeu ?
b) pendant le jeu ?
La tendance à bien agir, Aristote - Exercice
Aristote explique que l'action vertueuse est le résultat d'une habitude acquise. Tant que l'on fait des efforts pour atteindre notre fin, nous ne sommes pas encore vertueux. C'est quand l'action est devenue une tendance que l'on agit parfaitement et que le risque de l'échec est le moindre.
Exercice
Trouve un exemple dans votre propre vie pour illustrer cette idée.