La libre concurrence ne signifie pas l’absence de règles et une liberté totale pour les entreprises. Si les entreprises disposent de marges de manœuvre significatives dans les économies de marché, leurs stratégies sont encadrées par un ensemble de normes juridiques destinées à éviter que la concurrence ne soit limitée ou faussée. Leur activité est encadrée, contrôlée, notamment afin que les consommateurs ne soient pas lésés.
Définir ces règles du jeu concurrentiel, contrôler leur application, sanctionner les comportements déviants ou illégaux, tel est l’objet de la Politique de la concurrence, qui participe de la fonction économique d’allocation des ressources.
Un développement inégal des autorités de la concurrence dans le monde
La politique de la concurrence s’est développée selon des temporalités différentes à travers le monde.
Elle a été très précoce aux États-Unis, où la puissance acquise par certaines grandes entreprises a conduit à la mise en place d’un arsenal législatif dès la fin du XIXe siècle (Sherman Act, 1890 ; Clayton Act, 1914). En revanche, elle n’est encore qu’embryonnaire aujourd’hui dans beaucoup de pays émergents et en développement.
Dans les pays européens, elle ne s’est réellement imposée que sous l’impulsion de la construction communautaire à partir des années 1950. C’est une compétence européenne depuis le Traité de Rome de 1957. Le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) définit aujourd’hui les principes du droit de la concurrence en vigueur dans les pays membres, la compétence pour leur mise en œuvre étant partagée entre la Commission européenne et les autorités nationales. En France, ce sont l’Autorité de la concurrence, autorité administrative indépendante, et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes – DGCCRF –, qui relève du ministère de l’Économie et des Finances.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site de la Commission européenne ou celui de la DGCCRF.