Les défaillances de marché en présence de biens communs
Le marché doit reposer sur des conditions très particulières de concurrence pure et parfaite pour atteindre une situation d’équilibre qui maximise la satisfaction des offreurs et des demandeurs.
Comme nous venons de l'étudier dans la Section 3.2 , le marché connaît desdéfaillancesqui ne permettent pas de parvenir à cette situation d’équilibre en présence d'externalités positives et négatives.
Mais il existe aussi d’autres situations de défaillance. En particulier, le marché ne prend pas en compte de manière optimale la production de certains biens et services aux caractéristiques particulières, les biens communs et collectifs.
À la découverte des différentes catégories de biens
À quel point les marchés parviennent-ils à fournir les biens que les individus désirent ? La réponse à cette question dépend du bien considéré. Lorsque nous étudions les différents biens présents dans l’économie, il est utile de les regrouper selon deux caractéristiques.
Les biens diffèrent au regard de leur nature, étant excluables ou rivaux. Un bien est excluable s’il est possible d’empêcher quelqu’un de l’utiliser. Un bien est rival dans le cas où, s’il est consommé par quelqu’un, la possibilité qu’il soit aussi consommé par quelqu’un d’autre est réduite.
Or, si les marchés opèrent au mieux dans le cas de biens privés, qui sont à la fois excluables et rivaux, ils ne fonctionnent pas aussi bien dans le cas des autres biens.
Les biens collectifs ne sont ni rivaux ni excluables. Des exemples de biens collectifs (essentiellement des services) incluent les spectacles de feux d’artifice, la Défense nationale et la recherche fondamentale. Ainsi, les États prennent en charge les biens publics et ils décident de la quantité à fournir.
Les ressources communes ou biens communs sont des biens rivaux, mais non excluables. Les exemples incluent les pâturages communs, l’air pur et les routes encombrées. Comme les individus ne paient pas pour l’utilisation de ces ressources, ils tendent à les utiliser de manière excessive.1
Rajoutons une dernière catégorie de biens : les biens de club, comme une chaîne de télévision payante. Ils sont excluables, mais non rivaux. Le Tableau 3.7 présente ces différents types de biens.
1 G. Mankiw et M. Taylor, Principes de l’économie, De Boeck, 2011.
Exercice 3.3 - Exemples de différents biens
Donnez un exemple de biens appartenant a chacune des catégorie proposéedans le texte extrait de G. Mankiw et M. Taylor,Principes de l’économie, De Boeck, 2011.
Tableau 3.7 - Synthèse des typologies des biens
Aller plus loin
Comme l’illustrent les exemples du Tableau 3.8, le fait qu’un bien soit privé, commun ou collectif dépend non seulement de la nature du bien lui-même, mais également des institutions, notamment, juridiques.
Rappelons, par exemple, que la connaissance (les idées) qui n’est pas protégée par un droit d’auteur (ou d’autres droits de la propriété intellectuelle) peut être considérée comme unbien collectif. Par exemple le théorème de Pythagore peut être utilisé en même temps par tous (non-rival) et gratuitement (non-excluable). Mais à partir du moment où un droit d’auteur ou un brevet est institué, son détenteur détient un monopole temporaire sur le droit d’exploiter cette connaissance, il s’agit d’un bien privatif ou privé. Autre illustration : une terre de pâturage communale est un exemple debien commun. Mais si cette même terre est clôturée afin d’en exclure d’autres usagers, elle devient un bien privé.