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Pourquoi le marché ne permet-il pas d’offrir des biens collectifs ?

Rappelons que du fait des caractéristiques des biens collectifs, notamment leur non-rivalité et leur...

Sommaire

La notion de passager clandestinCoopération versus Passager clandestinExtrait - Coopérer ou ne pas coopérer, telle est la questionExercice 3.7 - Passagers clandestins
Le problème avec les biens collectifsExtrait - Les biens collectifs : des services que les entreprises privées n’ont pas intérêt à produireExercice 3.8 - Biens collectifsExercice 3.9 - Illustrer les comportements de passager clandestin face au changement climatique
SynthèseSynthèse - Biens collectifs et biens communs

La notion de passager clandestin

Coopération versus Passager clandestin

Rappelons que du fait des caractéristiques des biens collectifs, notamment leur non-rivalité et leur non-excluabilité, la rationalité des agents économiques rend difficiles le financement et la préservation de ces biens : chaque individu tend à se comporter par intérêt en passager clandestin. On considère alors que les biens collectifs sont une défaillance du marché.
Découvrons cette situation sous-optimale à travers l’étude du texte suivant.

Extrait - Coopérer ou ne pas coopérer, telle est la question

« Un certain nombre de problèmes importants, où les déficiences de l’intervention publique sont patentes, relèvent aussi d’une telle configuration. La sécurité du transport maritime est un bien collectif pour les pays exposés au risque d’une marée noire. En l’absence de sanctions efficaces et d’une institution capable de les mettre en œuvre, la coopération internationale se heurte aux stratégies de free-riding (passager clandestin) des pays qui jouent sur uneréglementationminimale pour attirer les armateurs (pavillons de complaisance). Les problèmes de coopération en matière sanitaire sont du même ordre. Plus généralement, les situations de crise de l’action publique révèlent souvent à la fois les stratégies d’évitement de responsabilité et les problèmes de coordination entre les acteurs.»
Richard Balme, « Biens collectifs », Dictionnaire des politiques publiques, Les Presses de Sciences Po, 2004.

Exercice 3.7 - Passagers clandestins

1. Pourquoi peut-on dire que certains agents économiques se comportent comme des passagers clandestins ?
2. Quels sont, par exemple, les risques de tels comportements sur les quantités produites ?
3. Expliquez pourquoi ces comportements ne conduisent pas à une allocation optimale des ressources.
4. Donnez d’autres exemples de situations dans lesquelles les agents économiques ont intérêt à se comporter en passagers clandestins.

Le problème avec les biens collectifs

Extrait - Les biens collectifs : des services que les entreprises privées n’ont pas intérêt à produire

Approfondissons cette question de l’incapacité des entreprises à produire des biens collectifs à travers l’étude du textesuivant.
Biens collectifs
«La notion de bien collectif est empruntée à l’économie publique. Elle vise initialement à identifier les situations dans lesquelles le marché se trouve pris en défaut et se révèle incapable de produire certains biens en raison de leurs propriétés spécifiques.
Le questionnement a cependant des implications fondamentales pour comprendre les rapports entre l’État et le marché, entre intérêt privé et intérêt public.
Les biens "privés", dont traite le plus souvent l’économie, présentent deux caractéristiques principales : leur production est divisible, et leur consommation introduit une rivalité entre consommateurs. L’industrie automobile, par exemple, ou celle des produits alimentaires, textiles, pharmaceutiques peut moduler sa production en augmentant ou en diminuant le nombre de biens (véhicules) qu’elle met sur le marché, à l’unité près.
Autrement dit, la capacité d’accès au bien est affectée par la demande des autres consommateurs, et le prix à payer. Ces deux propriétés sont nécessaires au fonctionnement du marché, c’est-à-dire à l’ajustement mutuel entre l’offre et la demande par l’intermédiaire des prix.
Certains biens restent cependant dépourvus de ces caractéristiques. L’éclairage public, par exemple, connaît des variations de qualité, mais sa production est plus difficilement divisible que celle des véhicules automobiles : les rues sont éclairées ou elles ne le sont pas. Surtout, les consommateurs ne sont pas en situation de rivalité : leur usage de l’éclairage public n’affecte pas celui des autres. Par conséquent, il est impossible de sanctionner leur "consommation" par un mécanisme de prix, et ce type de bien n’est théoriquement et généralement pas produit par le marché.
Les biens collectifs répondent précisément à ces deux caractéristiques : indivisibilité de l’offre et absence de rivalité dans la consommation. L’exemple est celui du phare, indivisible à la production (il existe ou pas) et dont les navires bénéficient indistinctement. D’autres problèmes moins anecdotiques ont une plus grande portée pour l’analyse des politiques publiques : la sécurité, l’état épidémiologique (de santé) de la population, la qualité de l’environnement ou celle du système légal (sa capacité à garantir les normes). »
Richard Balme, « Biens collectifs », Dictionnaire des politiques publiques, Les Presses de Sciences Po, 2004.
Les biens collectifs ne peuvent donc être ni produits par les entreprises privées ni échangés sur un marché, car ils sont par nature ni rivaux ni excluables.

Exercice 3.8 - Biens collectifs

1. Pourquoi l’éclairage public ou le phare sont-ils considérés comme des biens collectifs ?
2. Pourquoi les entreprises privées n’ont-elles pas intérêt à produire et à vendre ce type de biens ? Utilisez les termes de rivalité et d’excluabilité pour répondre à cette question.

Exercice 3.9 - Illustrer les comportements de passager clandestin face au changement climatique

Les biens collectifs ne peuvent être ni produits par les entreprises privées ni échangés sur un marché, car ils sont par nature ni rivaux ni excluables.
Sur les marchés imparfaitement concurrentiels, certains agents économiques, notamment des oligopoles, peuvent mettre en place des stratégies en tenant compte des actions des autres entreprises, comme dans le cas du « dilemme du prisonnier ».
Appliquons cette logique pour illustrer le comportement de passager clandestin face aux biens collectifs.
Considérons le problème du changement climatique comme un jeu entre deux pays appelés Chine et États-Unis, chacun étant représenté par un seul individu. Chaque pays dispose de deux stratégies possibles pour faire face aux émissions mondiales de carbone : Restreindre (mettre en place des mesures pour réduire les émissions, par exemple en taxant l’utilisation de combustibles fossiles) et Statu quo (ne rien faire).
Adapté de la figure de l’Exercice 4.14 de Yann Algan-L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.
Rédiger en quelques phrases les quatre situations possibles présentées dans le tableau, en utilisant le terme de passager clandestin.

Synthèse

Synthèse - Biens collectifs et biens communs

Un bien collectif est un bien non rival (la consommation d’un agent économique n’empêche pas celle des autres) et non excluable (il est impossible d’en empêcher l’accès).
Du fait de la non-excluabilité, les entreprises ne produisent pas cette catégorie de services, car elles ne peuvent pas être rémunérées pour leur production. Les agents économiques qui abusent de l’existence de ces biens adoptent éventuellement un comportement de passager clandestin. Le marché est défaillant et l’allocation des ressources est sous-optimale.
La particularité des biens communs : ils sont rivaux (le bien consommé par un agent économique n’est plus disponible pour les autres agents économiques) et non excluables (il est impossible d’en empêcher l’accès).
Du fait de la caractéristique de non-rivalité, les agents économiques cherchent à maximiser leur propre intérêt et finissent par surexploiter les biens communs (c’est « la tragédie des biens communs »). Dans ce cas aussi le marché est défaillant et l’allocation des ressources est sous-optimale.